‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 74 sur 258 · CARÊME. DEUXIÈME SEMAINE. LUNDI. — DE L'ORAISON. U · texte numérisé non relu

CARÊME. DEUXIÈME SEMAINE. LUNDI. — DE L'ORAISON. U

naturel, elle réveille sa ferveur endormie et forme les résolutions les plus généreuses et les plus pratiques. N'est-ce pas là une véritable transfiguration ?

0 mon 'Dieu ! inspirez-moi l'estime de la méditation quotidienne, sans laquelle mon ame languit, ne sachant plus se renoncer pour obéir, ni souffrir avec patience, ni s'appliquer à la vie spirituelle. Accordez-moi lagrAce de faire toujours oraison avec foi, — recueillement — et dévotion, afin d'en retirer les fruits les plus précieux et les plus abondants. Gustate et videle.

2o Fins a sr proposer dans l'oraison.

Ce ne sont pas les consolations spirituelles qu'il faut rechercher dans l'oraison, mais le vrai progrès de notre âme. En quoi consiste ce progrès ? dans la répression de nos défauts, la pureté de notre cœur, la conformité à la volonté divine et la vraie charité. Sainte Thérèse assurait qu'elle se contenterait toute sa vie, d'une oraison aride, pourvu que par là elle devînt plus humble, plus soumise à Dieu et plus fidèle à la grâce. — Les douceurs sensibles n'assurent donc pas le succès de nos méditations, mais bien les convictions profondes qu'on y acquiert des vérités de la foi, et les résolutions sincères qu'on y prend de devenir meilleur. Notre cœur est naturellement dur et indocile; quoi de plus propre à l'assouplir que le feu de l'oraison ? il y apprend à se plier à toutes les dispositions de la Providence, à toutes les exigences de la vie intérieure et surnaturelle.

Proposons-nous encore dans la méditation d'obtenir les grâces qui sanctifient. Celles-ci ne nous sont accordées qu'en vertu de la prière, sous toutes ses formes : élans du cœur, saints désirs, ferventes aspirations, actes de contrition, de confiance, d'amour et de demande. Ces diverses affections, provenant des réflexions que nous suggère l'Esprit-Saint, sont comme le miel de nos oraisons, miel qui doit nourrir, pendant le jour, notre vie d'union avec Dieu et nous rendre ainsi capables de pratiquer les vertus.

Sont-ce là les fins qui vous dirigent en méditant ? Quels effets produisent en vous les réflexions que vous faites sur les vérités du salut ? Etes-vous par là chaque jour bien résolu de fuir la torpeur spirituelle, de vous vaincre courageusement, d'obéir sans réplique, de recevoir en paix les contrariétés, de supporter les défauts d'autrui, de prier souvent, et de chercher Dieu seul en

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