CARÊME. TROISIÈME SEMAINE. JEUDI. — CONFESSION FRÉQUENTE
Après tant de magnifiques promesses sorties de la bouche de la Vérité même, qui ne s'exercerait sans relâche à vivre dans la crainte du Seigneur? On le fait avec profit quand on médite les grandeurs de Dieu, la sévérité de ses jugements, la puissance de sa justice, I'éternité de ses châtiments. Il faut toutefois tempéreu cette crainte par la confiance et par l'amour. Car si Dieu est juste et terrible, il est aussi la bonté même et la miséricorde infinie. De là cette parole de TEsprit-Saint : « Conservez soigneusement la crainte de Dieu; elle affermira votre espérance à la dernière heure ; elle vous procurera une mort douce et précieuse.1 » — On voit, en effet, les saints qui ont vécu dans une appréhension continuelle au sujet de leur future destinée, on les voit mourir en paix, le sourire sur les lèvres et la joie dans le cœur.
0 mon Dieu ! par les mérites de Jésus et de Marie, pénétrez-moi de cette crainte salutaire qui me fasse respecter partout votre divine présence, — éviter de vous déplaire — et remplir parfaitement tous mes devoirs. Rappelez-moi souvent cette grave sentence de l'Imitation : « Celui qui néglige la crainte du Seigneur ne pourra pas longtemps persévérer, mais il tombera bientôt dans les pièges de Satan.2»
Carême, troisième semaine, jeudi. — Confession fréquente.
Préparation — Un autre moyen de nous conserver dans l'amitié divine, c'est la confession fréquente. Considérons 1° Ses heureux effets. 2° Les dispositions qu'il y faut apporter. — Un des fruits de cette méditation sera de nous décider a faire chacune de nos confessions, comme si elle était la dernière de notre vie, c està-dire avec humilité, componction et retour sincère vers Dieu. In spiritu humUitatis et in animo contrites
Effets salutaires de la confession.
Figurez-vous le plus grand des criminels, qui s'agenouille aux pieds d'un prêtre, le cœur contrit et décidé à changer de vie. Au moment où il reçoit l'absolution, qu'arrive-t-il ? Son âme, morte
(1) Prov. 23, 17. (2) L. 1. c. 24. (3) In Missà.