‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 91 sur 258 · CARÊME. QUATRIÈME SEM. MERCREDI. — MOTIF DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

CARÊME. QUATRIÈME SEM. MERCREDI. — MOTIF DE CHARITÉ

loin de nous dédaigner, il est descendu du haut des cieux, il est venu se charger de nos misères ; tout laids et tout odieux que nous étions, il n'a pas hésité à répandre son sang pour nous rendre beaux et agréables à Dieu. Oh ! que nos sentiments diffèrent des siens ! Au lieu d'avoir pitié du prochain qui souffre, nous nous montrons insensibles à son égard ; au lieu de nous réjouir de sa prospérité, nous lui portons envie.

L'envie, passion détestable, est la tristesse volontaire que l'on ressent du bien d'autrui, par la raison qu'il empêche le nôtre. Ennemi de la paix intérieure et de la charité fraternelle, ce vice est tout l'opposé des dispositions de Celui qui n'a rien épargné pour nous élever jusqu'à la participation de ses grandeurs et nous rendre en quelque sorte ses égaux, en nous faisant ses frères et les cohéritiers de son royaume. — N'ètes-vous pas atteint de cette fièvre maligne, nommée l'envie? Mal honteux qu'on se dissimule à soi-même et aux autres, il ronge le cœur comme fait un ulcère et porte en soi la tristesse et le chagrin. Si vous souffrez de cette maladie, humiliez-vous-en devant Dieu, et remerciez-le des biens qu'il accorde aux autres et dont il vous comble vous-même au delà de vos mérites.

0 mon Sauveur! si j'étais sincèrement humble, jamais je ne blesserais la charité. C'est ma suffisance et ma présomption, qui me font juger, critiquer, condamner le prochain et lui porter envie, au détriment de votre gloire et de mon salut. Par l'intercession de la Mère de miséricorde, donnez-moi la conviction de ma misère extrême, afin qu'en veillant constamment sur moimême, je cesse de m'occuper des travers et des défauts d'autrui.

CARÊME. QUATRIÈME SEMAINE. MERCREDI. - MOtif de Charité.

Préparation. — Un puissant motif de charité envers le prochain, est sans contredit la dignité de son âme. Considérons donc : 1° La noblesse de l'âme humaine. 2° Sa sublime destinée. — Le fruit de cette méditation sera de nous faire honorer, aimer et assister de plus en plus le prochain, au spirituel et au temporel, par la pensée que rien ici-bas n'est si précieux que son âme. Quam dabit liomo commutationem pro anima sua?1

(l)Matth. 1G, 26.

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