LUNDI DE LÀ PASSION. — HAINE DU PÉCHÉ
lundi de la passion. — Haine du péché.
Préparation. — La Passion, si féconde en grands enseignements nous apprend surtout : 1° Quelle est la malice du pèche. 6>o Combien nous devons le haïr et le combattre en nous. — Comme fruit de cette méditation, nous tâcherons de nous pénétrer d'une vive horreur du péché mortel et aussi des moindres fautes, puisque toutes ont contribué à faire souffrir un Dieu. Ipse vulneratus est propter iniqiùt.ates nostrasJ
lo La passion nous fait comprendre la malice du péché.
Si vous demandez aux bourreaux qui est la cause du crucifiement de Jésus, ils vous répondront que c'est Pilate; Pilate en accusera les Juifs; ceux-ci en rejetteront la faute sur les princes des prêtres, qui à leur tour la renverront à Satan. Mais ce n'est ni Satan, ni les Juifs, ni Pilate, ni même les bourreaux qui ont commis cet attentat : c'est nous-mêmes, pécheurs et pécheresses, par nos offenses contre Dieu. « Je l'ai frappé, dit le Père éternel, à cause des crimes de mon peuple. » Propter scelus poputi mei, percussi ettm.-
Oi\ si je voyais tomber du ciel des milliers de séraphins, j en serais moins étonné que de voir crucifier un Dieu. La ruine de Sodome et de Gomorrhe, le déluge qui fit périr presque tous les hommes, la malédiction portée contre Adam et qui remplit la terre de maux depuis six mille ans, tous ces événements célèbres ne m'instruisent pas de la malice de mes offenses, comme la vue d'un Dieu agonisant sur une croix.
Descendez en enfer; qu'y voyez-vous? des multitudes innombrables d'anges déchus, des millions d'âmes immortelles, sous les coups terribles d'une justice inflexible. Rien n'approche ici-bas de l'intensité et de la durée de leurs supplices; et ce n'est pas trop pour châtier le péché. Cependant ce spectacle, tout épouvantable qu'il est, ne me frappe point de stupeur comme la vue d'un Dieu crucifié. En enfer, on ne tourmente que des créatures ; sur la
(l)ls. 53. (2)lbid.