‹ Méditations socialesChapitre 47 sur 52 · M. JOSEPH TASSE · texte numérisé non relu

M. JOSEPH TASSE

ciont-les pour la maijière dont is font h^ciaie tout-i-coup comme la flinme qui

honneur à noire pairie commune. Si nous I après avoir couvé sous la c^n ir»^, éclate'

représentons le passe. Ils rcpreseutent l'a- | >o\i lain>ement avtc une f jroe irrésistible.

Si son inactivité a pu paraître trou prolongé, c'était -si vous me permeit z cette oompa'-aison — à la mai ière du roi de la forôi, qui ne semble sarrajher à un long repos, que pour montrer &a force et sa tout 1 puissance.

Oui, ce réveil 'de la Société Si. Jean- Bipii-.te de Montréal feri éo):{'ie non

M. le Président, Messieurs,

J'ai lu quelque part que les tourment'' de la parole publique arrdcherent un jour à Clceron ce en piamtif : •' Quel est 1 ora

leur qui, au moment de pailer, n'a senti ; seulement dan-, 1 s annales de ceite a«so-

ses chevaux Se roidir et ses extrémités sglacer?" 81 le ce èbre orateur romain, avec son incomparable laleLt, a pu f ire an pareil aveu, vous ne serez pa-j sur^rL qu'en présence d'une réumon aussi iaipo-

iaiion, mais dans l'histoire ds notre pays, lans l'hi t>i'-ede li race franc use tout i matière en Anerique. Cir, non content l'avoir entrepris la lâche lilliiîile de 11 réorgii'iidtioa de cette soci<$te, non content

d'dvoir constitué dix-neuf sections, dont une seule compte quatre cents membres, vous avtz voulu, infatigables organisateurs de cttte fêle, que toute la nationalité canadienne vint pour ainsi dire saluer votre glorieux réveil et passer en revue, au jour de la célébration nationale, les forces dont nous pouvons disposer pour combattre les nobles combats de la patrie. El de suite, comme par un mouvement électrique, sans songer aux obstacles, à la graadeur des d;fli;uitês, regardant seulement à l'immensité des résuliats à atteindre, oubliant vos divisions ordinuires ei n'écou tant que la voix puissante de votre patriotisme, vous (lies un chaleureux apptl à tous les membres de la nationalité, à nos compatriotes di -perses sur la va;te surface du Canada et des Etats- Uais, les invitant à accourir de tous les points, du nord et du miii, de l'orient et de l'occident, pour se réjnir à vous, au jour de la St. Jean Bapt.ste, dans cet e belle it grande cité de Montréal, afin de nous prosterner lou? ensemble aux mêmes autels, a&n de resserrer nos rangs, afin d'afQrmer notre union, notre viialité, comme notre foi iuvincible dans les destinées des enfants de la France, des descendants de la g:aade nation sur ce sol d'Amérique.

S'il appartenait, Messieurs, à une société nalionald de prendre l'initiative de celte grande croisade, s'il appartenait à une sociéié nationale de convier tous Ks membres de la famille canadienne à cette fête de U patrie, c'était bien à l'Association St. Jean-Baptiste de Montréal. Car, votre cité l'emporte non seulement sur toutes les autres par son développement commercial et industriel, par la splendeur de ses édifiijes, par 1^ chiffre de sa population ; non seulement elle renferme le groupe franco-canadien le plus populeux du continent, s'il n'est pas le plus ancien ; mais elle peut encore revendiquer la gloire d'avoir ttè le berceau des suciétés St. Jean* Baptiste, et d'être ÏAlma Mater de tjutes nos associations nationales, qui nous ont doané en ce jour solennel une si haute iJée de leur vitaiiié et de leur impo; tance.

Oui, c'est ici qu'à germé et que s'est développée la patriotique i lée de réunir tous les Canadiens-Français sous une même banière, sous la protection de St. Jeau- Baptiste, afi.i de pouvoir aux jours de lu'ites et d'épreuves, se com^ur, se mesu er, pour dtfinlie leurs libe.ljs civiles, leurs libertés religieuses et leurs li'îertés politique, chaque fois qu'elles serùiint menacées. La Société Si. Jeai.-3apt-.tt ■, une f jis fondée, ne tarda pas sans doute à se ramifier, et aujourd'hui eih est devenue un arbre puissant dont les rameaux délachés croissent ça tt là depu s les bouches du St. Laurenl'jusque sur liS bords de la Bivièrt-Rouge, depuis les pittoresques montagnes du Vtrmont jusque sur les ri-

ves lointaines du mapstueux Missi^ippi.

Mais répétoQS-le hautement, c'est Monttréal qui a vu naître l'idée de nos sociétés St. Jean-Baptiste, et c'est M. Ludger Duvernay, l'un de ses plus nobles citoyens, l'un des plus vaillants défenseurs de la cause canadienne, qui a eu le mérite de la mettre le première e.Kécution. Nous pouvons même voir de cette salle le vieil éditlce de l'hùtel Rasco, où eu lieu plus d'un banquet national en ces jours tourmentés, où le patriotisme se traduisait par des luttes à outrance et de tous les jours contre les ennemis de nos droits, — luttes non moins ardentes, non moins vives,que celles des premiers jours de la colonie, où nos valeureux ancêtres tenaient d'uue main la charrue et de Jautre le fusil pour défendre leur sol sans cesse envahi.

S'il appartenait, M. le Président, à la Société St. Jean-Baptiste de Montréal de prendre l'initiative de ce grand mouvement patriotique, elle peut s'enorgueillir aujourd'hui avec raison du succès éclatant, du succès inespéré, qui a couronné ses efforts. Son appel à tous les Canadiens-Français, son appel à toutes les sociétés soeurs, a produit l'un de ces frémissements électriques, qui remuent spontanément tout un pays, toute une nationalité. Son appel a trouvé partout de l'écho, et les milliers de compatriotes qui n'ont pu participer à ces grandes réjouissances de la patrie, n'en sont pas moins animés des mêmes sentiments, du même patriotisme, et leurs cœurs, j'en ai la certitude, ne battent pas avec moins de force à l'unisson des nôtres.

Les messages de congratulations patriotiques que viennent de nous adresser nos compatriotes de l'ile lointaine de Vancouver, comme nos compatriotes de Manitoba, ie^te. Anne, de l'IUinois, et de New York, sont, du reste, la meilleure preuve de l'unanimité des sentiments qui dominent aujourd'hui toute la race franco-canadienne.

Non seulement nous avons vu des milliers de compatriotes venir de tous les coins de la province de Québec — ce boulevard inexpugnable de la nationalité — ; ! non seulement nous avons vu des centaines de canadiens de la province d'Ontario et des représentants du noble peuple acâdien venir resserrer les liens politiques et nationaux qui les unissent à nous ; mais nous avons pu contemplersurtout le spectacle inespéré de milliers de compatriotes, expatriés de l'autre côté de la ligne 4 Jéme, partis des régions manufacturières de la Nouvelle Angleterre comme des vastes prairies de l'IUinois et du Minnesota, do l'extrême est comme du far wesl des Etats-Unis, pour venir attester en ce jour leur invincible attachement au sol natal. Oui, c'est avec un indicible

bonheur que nous avons vu un si grand nombre de ces compatriotes émigrés figurer, ce matin, dans les rangs de notre immense procession, revêtus de magnifiques costumes, des insignes de leurs sociétés respectives, défilant fièrement dans nos grandos rues, si bien pavoisées, si richement décorées, à lombre des couleurs nationales, aason j lyoux de nos vieux airs canadiens, répercutes par tous les échos du Mont-Royal, par tous les échos de notre grand fleuve, et donnant un cachet si particulier et si louchant à cette imjposanie manifestation.

Car, nous qui avons tant de fois gémi sur l'émigration des Canadiens aux Etats- Unis ; nous qui les avons vus si souvent s'arracher à tout ce qui leur était cher, à tout un monde de souvenirs, àleurs parents, à leurs amis, pour aller manger le pain del'exil : nous qui les avons vus si souvent se disperser, comme autrefois les Troyens, aux quatre vents du ciel, nous étions loin de nous douter que nous serions un jour les heureux témoins d'une pareille reunion de frères. Nous étions loin de caresser l'espoir qu'un joui* ils nous reviendraient en légions, pour chômer avec nous la fête de St. Jean-Baptiste, pour discuter avec nous les graves intérêts de la nationalité, pour retremper leur patriotisme à ses sources les plus vives, et pour respirer durant au moins quelques jours, les brises embaumées de la patrie.

Notre cœur saignait alors à la vue de leur éloignement, car nous savions que le Canada perdait en eux la sève, la fleur de sa jeunesse, beaucoup de ses meilleurs enfants, beaucoup de ses plus dignes citoyens, et nous craignions qu'une fois enserres dans l'étreinte de 3G,OuO,000 d'âmes, qu'une fois jetés çà et là au jnilieu des flots de ce peuple envahisseur, ils n'y perdissent leur caractère national, leur foi, leurs moeurs et leur langue, qui, suivant l'expression d'un grand poète, sont " les trois nobles Royaux de leur bel héritage. "

Dieu soit béni! Toutes nos sinistres prévisions ne se sont pas réalisées, grâce à la vitalité, grâce à la force de conservation de l'élément franco-canadien partout où il s'implante.

Le séjour aux Etats-Unis a été funeste à un grand nombre de nos compatriotes — je ne crains pas de l'affirmer, — mais il n'a pas eu toutes les conséquences désastreuses que l'on en appréhendait.

A fur et à mesure que les Canadiens émigrés ont pu s'agglomérer, ils se sont efl'orcés en beaucoup d'endroits de se donner une organisation sociale complète, ils ont fait élever des églises, des maisons d'écolis, des couvents, et ils ont soutenu leurs prêtres avec beaucoup de libéralité. Leur développement a été tel durant les di.\ dernières années, qu'ils

sont en voie de franciser certains étals, de franciser les bords du magnifique lac Champlain. regagnant par leur pacifique envahissement ce que le sort des armes nous a fait perdre, et les seuls districts manufacturiers de la Nouvelle-Angleterre joints au grand état de New- York comptent, à n'en pas douter, une population franco-canadienne d'environ :iOO,0UO âmes. Les Canadiens de l'ouest sont au nombre d'à peu près 250,000, et tous les voyageurs s'accordent à dire qu'ils ont en général bien conservé les principaux traits du caractère national.

Je lisais tout récemment que certaines paroisses de l'IUinois ressemblenljen tous points à nos vieilles et bonnes paroisses de la province de Québec, et qu'elles semblent avoir été transplantés comme par enchantement dans cet état.

Nos compatriotes ont acquis tellement d'importance politique, qu'ils ont élu le premier lieutenant-gouverneur de l'Jllinois, le regretté Colonel Ménard, et qu'ils ont élu tour à tour plusieurs sénateurs et membres des législatures d'état. Il n'y a pas longtemps, le Michigan envoyait au Congrès de Washington, un sénateur d'origine canadienne, M. Lorangér, et l'un des rares sénateurs catholiques, qui siègent actuellement dans cette importante chambre, est un homme qui a également du sang canadien dans les veines, l'honorable M. Bougy, du Missouri.

Dans l'est comme dans l'ouest fleurissent un grand nombre de sociétés St. Jean-Baptiste, et tous ceux qui, comme moi, ont j)U assister à quelques^ unes de leurs démonstrations patriotiques, peuvent dire avec quel éclat et avec quoi enthousiasme, ils savent chômer la fête de la patrie — dont on ne comprend jamais mieux les charmes que lorsqu'on est éloigné.

Somme tout, 500 à 600,000 Canadiens, au moins, sont éparpillés d'un océan à l'autre, dans l'immense^rayon que couvrent les Etats-Unis, et il est facile de voir quelle serait notre force, quelle serait notre influence dans les conseils de la natioa, si les .Canadiens-français unis aux Acadiens, aux métis du Nord- Ouest, au lieu d'être 1,110,000 âmes, atteignaient le chifl're imposant de près de 2,000,0ÔiJ d'habitants.

Sans doute il ne sera jamais possible de les faire revenir tous au pays, ceux de l'ouest surtout, vu qu'un grand nombre sont ancrés dans le sol, et sont propriétaires d'une partie de ces vastes étendues de terres, sur lesquelles les LaSalle, les Joliet, les Marquet, sont allés planter les premiers, au nom du roi de France, le drapeau aux fleurs de lis, le drapeau de la civilisation. Mais comme il est bien constaté que des milliers de ces compa-

triot'^5 desiF'-iu r-.-;': rudre le chemin de leur pavs, et que le manque de ressources est souvent la seule raison qui les retient sur la terre étrangère, la question de leur rapatrioment s'impose forcément à nous et mérite qu on lui donne la plus sérieuse attention. Mieux vaut favoriser de toutes nos forces leur retour au Canada, que d'encourager, à prix d'or, une émigration étrangère.dont les avantages sont trop souvent problématiques.

Noire pavs, je suis heureux de le proclamer, a bien grandi et a bien prospéré depuis le départ du plus grand nombre de nos compatriotes, et beaucoup de ceux qui ont assisté à cette fête, n'ont pas dû être peu surpris de notre progrès et de notre développement depuis un certain nombre d'années. Nous sommes fiers, et avec raison d'être déjà la troisième puissance maritime, en attendant que nous arrivion au second plan: nos ressources naturelles de tout genre sont illimitées et nous commençons à les exploiter sur une grande échelle : notre industrie fait de rapides progrès, notre pays est en voie de se cou\Tir d'un réseau de chemins de fer, et le sifflet de la locomotive se fera entendre avant longtemps dans les gorges les plus reculées de nos montagnes.

Notre Nord-Ouest renferme les terres les plus fertiles de l'univers, dont elles deviendront l'inépuisable grenier, et les bords de ses grandes rivières, de ses lacs géants, se garniront plus tard de belles et importantes cités, les futures rivales de Chicago, de St. Louis et de Milwaukee ; et avant qu'une autre décade ne s'écoule, un chemin de fer sillonnera la région de la Saskatchewan, s'il n'escalade même pas les sommets neigeux des Montagnes Rocheuses.

Nous sommes en mesure de donner du pain, de l'espace et de la liberté— suivant un mot fameux du trop célèbre Chiniquy— et ceux qui voui^onl revenir iiu pays n'au ront pas à regretter les oignons d'Egypte. La patrie qui, comme une autre Rachel, demande à grands cris les milliers d'enfants arrachés de son sein, leur tend aujourd hui ks bras : qu'ils ne soient pas sou.-ds à ce pressant appel 1 Ils doivent y être d'autant cen-ibles, que le Canada marche aujourd'hui sûrement dans la vo e de ses destinées qu il est en train de former une grande nation au nord de ce continent, et de réaliser la prédiction du célèbre Montalembert, que notr-^ pays sera un jour le di" ne rival des Etats-Uni<,

Quand bien même, M. le President.cetle prande réunion des Canadieiis-Frau'.ais n'aurait pas pour elTet de faire revenir au navsun grand nombre de nos compatnoi a des Etats-Unis, elle n'en serait pas moins féconde en résultais. j, v j

Cette imposante manifestation a d abord

un caractère unique, un caractère exceptionnel. L'idéede réunir les membres épars de la nationalité canadienne en un jour donné, sur un même point, a été caressée depuis longtemps par plusieurs d'entre nous mais elle avait paru n'être jusqu'à présent qu'un beau rêve, qu'une chimère. Aujourd'hui, grâce à la haute intelligence, au zèle inaltérable de la Société St. Jean-Baptiste de Montréal ; grâce au patriotisme et au généreux concours des Canadiens des Etats-Unis; grâce au dévouement des sociétés sœurs, ce rêve n'en est plus un, cette chimère est à jamais passée dans le domaine des faits.

On pouvait d'autant plus regarder ce projet comme irréalisable, que je ne connais pas dans toute l'histoire moderne, le seul exemple d'une nation qui ait mis à effet une aussi patriotique et aussi large idée. Si mes souvenirs ne me trompent pas, tout ce qui dans l'histoire du monde entier, a pu ressembler de près ou de loin à cette réunion de tout un peuple, à cette manifestation de toute la nationalité, ce sont les fêtes olympiennes à Athènes, auxquelles participaient non seulement les habitants de la Grèce, mais .ceux des iles voisines, qui s'enorgueillissaient d'appartenir à la même origine qu'Homère et Démosthènes.

Cette manifestation. Messieurs, aura du retentissement non seulement sur les bords du St. Laurent, non seulement dans toutes les colonies françaises du Canada et des Etats-Unis, mais même de l'autre côté de l'Atlantique. La France, j'en suis sûr. tressaillera de bonheur, lorsque I le fil électrique lui apportera l'écho bien I affaibli pourtant de cette grande fête, i elle se sentira fière de ce million et demi j de ses enfants, restés invinciblement fî- I dèles â ses nobles traditions, et c'est après cette éclatante démonstration de la nationalité canadienne, que le poète français,

■ qui a salué en vers si éloquents, le passa- ; ge de nos zouaves à travers l'ancienne

■ mère-patrie, pourrait s'écrier de nouveau :

I Français dn njaveaa monde allez vo.-e '^he-

[mit».

Cette grande réunion nationale aura d'abord pour effet de nous mieux faire connaître, de nous mieux faire apprécier de nos compatriotes des Etats-Unis, qui certaine l'ent n'ont jamais vu notre pays à une époque plus florissante. Elle de.'ra faire dispa aitre tout sentiment dinf riorilé qui aurait pu >e glisser dai.s leurs esprits, et resserrer l'S liens qivi les unissent â nous. Elle nous inspirera à tous une haute idée de notre force, de notre vital it'^, de nos moyens d'action, et en rami-nant la confiance dans nos rangs, elle conlriljuera pui-samment à nous fiire craindre et respecter de l'étranger. Car, les autres rices qui ont pu contempler notre immense procession de Ce matin, ont dû se dire qu'il

ne ferait pas bon d'attaquer impunément une nationalité qui a pu, avec t ni iii> spoulanéito. g-ouper sous son drapeau d'aussi g^-os baUiillons.

Elle nor.8 démonirera surtout l'importance de nous uni'', l'impoiianie d'oublier au besoin nos dissensions ordinaires, l'imporiance de nous rallier comme un seul homme sur les questions d in lé»ét ^ital, à l'ombre du drapeau nation:il, à l'ombre de la bannière de St. Jean-Bai tisle. Car l'union ne nous fut jamais plus nécess ire qu'à cette époque. No s ne sommes plus sans doute au lem^s où il nous fallait sceller de notre sang l'acte de nos libertés politiques, mais nous n'en avons pas moins des luttes importantes, des luttes difficiles à soutenir, luttes où nous combattons un contre trois, un contre quatre, à l'instar, de nos pères sur les champs de bataille, mais dont Hous finirons par sortir victorieux, si nous savons montrer toujours un invincible dévouement à la cause de la jatrje.

Nous avonsjnsqn'à présen', M. le Président, mérité l'admiratio • du monde entier par notre prodigieux développement, p^i notre attachement à la foi de nos pères, par la manière dont nous avons su conserver les plus beaux joyaux de notre couronne nationale Eh ! bien, ne laissons pas notre tâche à demi, redoublo s d'efforts; redoublons d'énergie, afin d'asseoir l'édifice de la nationalité sur des ba«es telles qu'il ne pourra plus être ébranl*^ par les toiirment''S, qui aujourd'hui bidayent tant de sociétés. Continuons de rester fidèles à tout ce que nos pères nous ont ';ô^uau prix de tant de sacrifices, et sachons de tpmps à autre attester notre un on, notre force, notre importance, par d'imposantes demonstrat ons comme celle d'à jourd'liui, où nous viendrons raviver notre patriotisme.

Continuons de nous grouper sons la bannière de Si. Je n Baptiste et fondons, dans tous les centres canadien^, des sociétés nationales.qui nous tiendront forts et unis, et contribueront puissamment à la conservation de toutes ces helles et grandes choses qui, après avoir fait notre force par le passé, peuvent seules assurer notre grandeur luture. Et en terminant, Messieurs, laissez-moi espérer que le jour n'est (as élo gné où nous verrons nos compatriotes des Eiats-Unis se joindie enco eà nous en nombre imfio-ant pour chômer la célébration national-, pour entonner ensemble une t ymne de gloire en l'honneur de la nationalité, pour ratifier d'un c mm n accord— c' mme l'a dit en t^mes si émus M. l'abbé Primeau — le [>acte de a Sainte Alliance' que nous avons si;/né aujourd'hui— et pour atlestor à la face do ce [lays, à la factf du monde, que les Canadiens-Françai«, sous les couleurs étoil es comme sous celles d'Albion, reconnaissent avant tout

pour drapeau celui là sou! qui renferme d.ins ses jdis la conservation do la race franco-canadienne en Amérique.

Le Président proposa la santé " Au.x Sociétés Nationales Etrangères."

M. l'échevin McShane, au nom de la société S'. Patica de Montréal, répondit. Il lem^rcia l'assemblée de l'honneur qu'on ui avait fait en rnvitani à venir au oanquei flA léponjre à la sauté di-s sociétés • trargères. Il dit que 1-s sociétés St. Pa- TiCH cte Montréal, l'avaient rhaige de les reuré'euier à cette f^ie et d'tXî^rimer l'Urs syn pathie<: aux Gioadiens.

En apercevant les bannières des sociétés améiicainss et en voyant cesinvignts de paix et ces inscripiions religieuses, il a constaté que los Gunarliens des Etats- Unis ont conservé la fci de leurs arcètres. Il exprima le souhait de voir le gouvernement feiléral adopter une politique prott-ctionniste et modifi-^r le tarif de manière à protéger nos manufactures. Ce qui cause l'emîgration aux Etais-Unis, c'est le manque d'emploi flans les manufaetur»'*. lU vont chercher cet emploi aux Elatf-U is.

M. M^rcer, président de la société anglaise de ^t. George de Montréal, prit ensuite la parole, el exprima les sympathies de la société qu'il représenta*, pour 1» peuple canadien-français. Quoique nous soyons d'origine ditlérente. dit-il, nous scmmes compalrioles, nous vivons dans le même pays, nous a'ojs le même attachem«-nt poi.r notre Souveraine.

la loyauté d s Canadiens est connue, E le aeté consacre dans lesang de leurs ancêtres. Tout sujtt de divis on entre les deux na iona il>*s a disparu. Nous sommes unis co(r.me un seul peuple, et nous travaillons ensemble à fonder un grand empire sur c»* contiLent

M. D. MiK^y, président delà Société écossaise Si. And.é, exprima à peu près les mêmes iil^e.^, en françaii». Il dit qu'il avait droit de fraterniser avicles Gmadinns-F ançais. Il est à Montréal depuis cinquante tns, 1 y fst chi z lui au même foyer avec .'a famille canadienne. Toutes l'S .ociéiescana iennes sympathisent paifalt^menl, comme les races diverses qui composent le pkU[.le canadien, "Elles sont soeus. ^

Le co'sul d'AllemaJcne, M. Bûcher, pa;la à son tour ^n frarçais et avec beaucoup de taci. Il fil l'éloge des (^anadiensfjarçais *l des Frarçais. Il parla des he- '(ïiues fondations du Canada et dit que les nit onaliles qui composent le peuple canadien devaient être unies et vivre fraleniellemeiit. Avant d'être écossais, anglais, irlandais, frarçais ou alleroand<i, nous sommes des bcmujes, el nous devons ucus aider et nous aimer les uns les au» 1res.

La France a été malheureuse, mais ce quVIle a fdil pour la civilisation et le progrès r^•^te■8 toujours dans l'hit-toire en c>racières lodèiibius. Et, bien qu'elle nii etbatiue par la nation qie j-i repréteaie ici, cela ne saurait m'^mijèch-r de rt'connait'-'sa graniieur et rl'ex|irimer les sym,ibthi-tque jVurouve pour la nation canalienoefrai'çaise qui a ti glorifiusemenl perpéiue ses tradil cas sur ce conliaeal.

L'i Président — "A la santé de la Presse."

MM. A. Dansereau et Beausoleilrépondreni.

M. Dansereau.

A C(-lte hfiure avancée de la so'T^c, dit-il, je me ga'derai bien de donner couisau fin de pensées qu'une telle santfait naîire ilans la lêie d'un journailsl« Et je vous avoue que j^ ne revien drai pas de l'ûorreur qu'il y a de fdirl'éltg- de c-ite chis) elfroyabh qui &'&[:pelle la presse, si je ne m'en conSQlais par 1 i lee que la presse est aussi la plus d^goe. la plus i/obltj a la plus glorieuse les brai ches lie l'aotivite humaine. Le journali me est la pire » t la meil eure des carrières, parcequ'ii pt^ui èire un fl^au où un bienfait. Et It-s j lurnallsies en savent qu-, que chose, puisque tous l-^s mat ns ils ont à chois. r seljn la classe de lectei-rs qu'ils rencoaireni ou l'opiDlon d-8 jmrua'ix qu'ils ouvrent, entre un brevet de suhlmiié ou de scélerot^sse. Ils «o. naisseni bien le nom'îre i)e veilles qu'un écrit leur coûieia, mais ils ne savent jamais si l:*.tresses qu'ils uièparent leur serviront de courono'^s ou île verges.

C'est daus notre pays surtout que les membres de la presbe ont 1^ privilège insigne de passer tous les jours par 1-! suppl ce Mai-- quand on vi:!ut à consid^r-r Id somme de libertés dont jiuit la presse ea Canada, l'on Huit encore par donner la préférence à cetie guerre ^auvag»que la presse se fait à elle-même, si on la compare à la guerre que le pouvoir lui fai dans d'ai très pays.

Un graud écrivain angliis, May fait remarqu-r que les s^uls jours diffijil-s pour la presse furent ceux où elle tût à lutier conire la lyraonie ries Htuarls, et que, du momeni que ses rédacteurs ne furent plus exposés qu'aux coaps de bâtons d is à l'e^prit de parti, bile éprouva le pius grand soulagi^mni.

Jamais iustilution n'a eu une enfance aus-i orageus-1 que Civile delà presse, de mômts q le jamais classe n'a montré au lanld'rutrgM et de force de résistance que les j iurnaliites.

L'hi toirtj de la presse est partout la mèoQd, et celle du Canada n'a pas échappé a ce iH persecuUon. Ce n'est pas Sanémotion que ces souvenirs reviennent 4

ma pensée, car je n'oublie pas que si j'ai aujourd'hui l'honneur de parler pour la pies-se le jour de notre fête nationale, c'est parceque je représente l'œuvre d'un grand mirtyr de la presse, qu; f t aussi le fonlat-ur de la bt. Jean-Bautiste.

Ce n'est poiut par égoï^meetparune arrlèie pensée de réclame déplacée que je ce le à ce rapprochement. La sœur doit avoir le droit de saluer en passant sa sœur vénerée,ei je ne pense pasque des hoaam^s le cœur me perm- tiraient d'ignorer, en ce jour, li nom de c^ 1 .i qui, tout entier i son pay*, comj.l-^iait sa nobe idée, non Sful ment en trouvant une formule à ce Liairiotisme qui devait sauver la nationalité mai- en lui donnant dans la presse d'alors ui.e défense e£B;ace et énergique.

M Lulger Duvernay nous offre dans sa personne la preuve de la puissance de Il pres?e. Hotnme du peuple, M Duvern»y s'est p r la presse élevé en un juU'* à la hauteur des premiers hommes de son époque, et c'est de lui que disait un journal étranger' le Lout5iarmaij, en date du 4 octobre 1839 : " Oa se rappellera que j'e t au patriotique dévouement de ces leux i. lustres proscrits, Papini^au et Duvernay, que les Canadiens doivent les -fiielqueg lejormes que le Parlement de la Grande-Bretagne a décrétés da loin en oin en l-ur laveur."

Je fiia abstraction du présent, auquel je n'ai pas le droit de fure allusion, pour contempler un instant ceue bille figure qui n'appartient ni à un parti, ni à un journal, mais à la cause sacrée de la prese, dont il a reclamé les droits, au prix de la ruine, de l'exil et de la pri-on.

C'est Goldsmiih qui disait qu'un hoBme en état de bien écrire a plus d importance pour le gouvernement d'un pays que vingt fonctionnaires de la Chambre des Communes.

C'est un grand bonheur poilr un pays le posséder une presse libre, parceque ce n'est pas tint un gouvernement irréprochable qu'il faut ambitionner, que les uaiiyens île faire enten Ire les j .istes plaintes cotitre les actes l'un gouverneonent.

La presse est devenue le grand auxiliaire de la pensée. Autrefois les idées faisaient lentement leur cheo^in. Il fallait l'éloquence de Demosihéne, l'excentiicité le Dio.ène, la sagesse et l'auioiile de 6ocrate, ou plus tard, le courage hercique 1-8 a^ôires et des martyrs pour sem-^r les idées nouvelles parmi une population.

Liaissez tomber la moinire parcelle d'ilée sur le bout des ailis de ce rapide oiseau, il ira en quelqu-s jours le semer à l'auire bout du monde et porter à des rég ons inconnues une semence nouvelle et bienfaiïant^.

La pensée a fait une grande conquête en s'adjoigiiaul la presse. D'im.iuiasante qu'elle était, elle a pris des allures de

fliinine, et dans un «lècle où l'on n'a pas l j'f^branlerai la corruption sur la hauteur

la leoaps d'èire patient, l'instrumeat mo derne de ta iieosr'e est une prolongation de la vie La presse a créé d(^s jouissances et les fdcultes que la pensée ignora t Elle a ie>lr-ai>'Di mo 1 fi'^ les formes It; gouvern^mput qu'aujourd'hui l'aheoluiisme serait cbose impossible. La presse est la nati iQ qui pense tout haut, et l'on sait qu'f 1 e ne se gène pas de penser.

ALtrcfois, oa% ttil obl'gé d'instituer d'S censeurs, comme à Rome, pour corrifrer les abus que la loi ue pouvait atielmlre La pr^-ss** se charge aujourd'hui de ct-tie magistrature avec un zèle dont personne na saur lit douter.

Lorsque les citoyens romains voulaient discui-r sur les affiires du pay<- i's se rendaient au forum. Li pre»se est mainte- Baiit le vrdi forum oii tout U pays peut ea même temps entendre et discu er.

Les ag-s de l'antiquiié n'avaient d'autres re- sources que dejseigner dans les ru^s. C'est la presse qui se charge aujourd'hui de ce rôle. Les malir<8 môm>pourraient ajouter que si autrefois Démosibè le aimait à se rempur la bouche de cailloux pour rendre soo organe plus

ÎtU'irSiit devant les mas e?, aujourd'hii ea Uemostbènes delà publ Lit>j quoditieone se contentent de loger ces Cdilloux dans la bouche de leurs adversaires. I's ^urraieni dire qu'au lieu de Diogëne se promenant av^-c une lanierne, l'S Dogèoes d'aujourd'ëui donnai t bien fouvem des vessitrs pour des lanternes ; et que si de son temus Socrate ne pouvait f^urvivre à la cigû-, lea Socrates de la plume ont appris A se jouer de t jus les venins que peuvent 'n'eiii»'r des adversaires.

Il suûîiia t autrefois d'eire tribun pour jouer uu id e en pcl lique ; aujourd'hui ii faut èire homme d'état. L'hoa.me politique qui a le monde entier pour auditoire ne manque pas de lomb r, su n'uoii le fonds de la pensée à la ii>rme du langage. Nou^ avons 11 preuve de C'^tie verlie en Angleterre qui, selon l'exi're-slon de Milion, a été la première à apprendre la vie aui nations

La, gr&ce à la presse, le talent d'un seul i Bouveui triomphé contre toute un»chdmbre. Shérida i di-ait : " Donnezmoi s-ulement la liberté de la presse ; d^ mon côte, je concéderai au ministère une chambre des pairs nouvelle ; je lui donnerai une chajibre des Communes serviie et corrompue : je lui noanerai la libre dispositiou des emplois ; je lui donnerai tout le pouvoir de l'inQaeoce minliterielle; je lui donnerai tous les moyens dont peut dispoS' r un homme en pldce pour acheter la soumission tt iaiimi 1er la résisidnce Puur mol, arme de la lineite de la plum^, jemrtV ncerdi s-tns crainte à sa rencontre ; j'at aquerai le puissant ed lice qu'il d élève avec cet engin plus puissant encore;

qu'elle occupe ; je l'en ferai tomber et je l'ensevelirai sous les ruines des abus qu'elle était destini^e à abriter. Comme la goutie d'eau qui finit par ceuser la pierre, li presse tinit par mmer les échafaudag-'sqiJ'e !■< attaque. GuUa caval lapidem, non vi, sed sœpe cadendo.

Jt ne voudrais pas êire taxe d'fxagérailon en ne voyant que ks côtés fivorables le la presse. La presse est bonne piuiÔL par le mal qu'elle empêche que par le bien ju'ell'-ldil. C'est une puissance extraordinaire, 81 ét'-ang-ment mêlée de biens et de maux, que, sans elle, la liberté ne sauriii nuire et qu'avec elle l'ordre peut i peine se mainl»-nir.

C't si ce qui faisait dire à un dépulé anglais en plein parlement : " Nous voulons bien admettre que la voix du peuple soit Id voix de Dieu ; mais ce n'est pas tous les jours le bon Dieu qui converse avec nous par l'organe du limes. Messieurs, j'admets tout cela ; la presse est sujette à l'erreur ; mais nul ne niera l'immense in» ûaence qu'exerce sur les destiné s du monde entier un journal comme le Times par exemple de qui le Saturday Revtew disait, il n'y a pas très lon8tem|.8 : *• La premi^'r ministre actuel, le futur premier et 1- Times qui les gouverne t )us deux.

Le limes est devenu le génie familier lu peuple anglaiï^.Ea 1834. lors de la loi sur les pauvres, la question n'était pas de savoir si la loi devait être adaptée ; mais si le Times la supporterait. Le sort de gé néraiioos futures était au bout de la plume d'un journaliste.

La lic»-nce est, sans doute, inséparable de la liberté de la presse, pour la même rdlson que le soleil qui nous éclaire peut aussi parfois nous brûler les yeux. De même qu'un gouvernement vici-ux est impuissant à étuniTer la presse; de même Id presse vicieuse est impuissante à attaquer un bon gouvernement. Il arrive 4ue des individus sans mission, sans tair-ut et ne représ'^ntant li^n se mettent h e<;rlre dans un journal. Ils ne donnent aucune garantie comme gui le de l'opi- QioD. Ils sont faux, traîtres, hargneux et malfaisants. Ne nous en effrayons pas trop. La presse porte le remè Je en ellemême.

Plus il y aura d'éducation, plus la mauvaise presse deviendra Impo-sible. Avec l'eilucatlon, l'on ne verra jimdis un faux journadste obtenir beaucoup de crédit, ue Succès du scandale ce dure qu'un jour. Il ne laisse ni sillon, ni écho, ni souvenir.

Q 0 qi'il en soit des mArites de la presse, J-) puis constater une chose, c'est lorsqu'il s'agit de patriotisme, toute la presse lu pays est unanime. L'on n'entend de ■ ouïes parts qu'un cri d'enthousiasme et les jourualisies de toutes nuances s'uccor-

dent et s'unissent pour célébrer la patrie.

C'est un bon signe, M^•s^if^urs; c-la prouve que s'il y a une classe d'espriis convaincus, c'est celle des journalistes Bt dans ce beau jour consacré à la nationalité, dans ct-tie véritable fêle des journa listes, tous sont pr-is à se donner la ma'n afin que le spectacle d'aucun -différend ou d'aucune aigreur n'afflige la patrie irioo:phale.

M. Beausoleil.

Monsieur le Présid-nl,

Je vous remercie de l'honneur que vous ft lies à la pressp, d'avoir propoié sa santé, et vous messieurs, de l'avoT rfçue avec autant d'enihouïiasme. Je dtis d re néanmoins que le compl ment lui était '.ù et que la presse françai e, l^s services qu'elle a rendus autrefois tt qu'elle rend encore aujourd'hui, ne sauraieLt être oubliés dans une fête nationale.

Car, Messieurs, la j resse française a été fondée dans un moment où une p litique m> ladioite exploitait 1* s haines natio nales eng'-ndrées par les longues guerf-espassées, et travaillait à faire disparaître le nom français du cottinent américain Q larante-rinq années ie poseessi n paisible, le dévouement et la loyauté dout les cana diens avaient fa t preuve durant la guerre d'indépendatce, n'avaient point stffi à faire laire les craintes et à réconcilier le gouvert.emenl colonial à liiée d'une nationalité iracçaise au ml eu d'une colonie britannique.

Touie la polifque anglaise s'inspira donc de ce mauvais sentiment. Les gouverneurs qu'e le nous envoya priient là che de détruire l'une apiès l'auire It-sclauses du Traiié de Paris qui garanlissai à la foie nos droits religieux et nationaux Ce n'ett qu'au moment cii le dan^çer ex te rieur devenait pressant qu'elle chargeai^ de lac ique et tenta t de concilier le peu- 1 le dont elle avait besoin.

Les gouverneurs qui jouissaiect alors d'une autorité piesqu'absolue.exagèrereDi Cttte tendance et ils trouvèrent dans la plupart des journaux anglais publies à cette époqu», des auxlU aires et des iuttrumects serules de leuis desseins.

La populailoa toute entière, les prêtres à sa lôie, résista courageusement à toutes les agressions et repoussa energiquemeni toutes les ai laques.

Les feuilles hostiles représentèrent 1?

résistance du boa droit à linjusiice comme ai tant d'actes séditieux et signalèrent les prêtres comme des conçpiraieurs. L'éle ntl refrain était toujours qu'il fallait quia pr ovmce devint anglaise et proleslaoïe pour Ci 1 uer les frayeurs d Albion. Ou se mita l'œuvre.

Pendant que le gouverneur établispaii des écoles anglaises et qu'il se préparait à faire déclarer que personntf ne pourraii

prendre le soin des àm-^B sans obtenir une I cepcedu gouverneur, et à faire disparaître l'autrrii*' du Pdp<», le A/e/'cu -y "en»/ ^àt : " Celte province est déjà trop française pour une colonie anglaise. Qurj nous scions en guerre ou en paix, il eslab^clamei t necessai e que nous fassioûs icu3 nos eiforis par tous les moyens avouables, pour nous ooi'oser à l'accroifsemeni des IVançiis et de le 'r icfl lence. Après une possession le 47 ans, il est Juste que ce te province dévier ne anglaise."

Voyant qu'il importait de ce prlnl laisser acci è liier en Angleterre des cr lomnies que l'on ne poi rrait détruire et s'-'uraciner d» s préjngps qu'il serait plus lard impos'-ible d-^ faire dsparaitre ; considérant t,u il 1-ur fa lait un moyen de communication, un signe de ralliement, une voix par laque le ils pourri i-Lt avertir les soldais les dingers qui les menaçaient, les patriotes d'alors, les Bélard, les Tasch^rrau elles Blarch't déc^idèrent de fonder ua journal frai çais qui serait à la fois un inetcument tour déiiuire l'oligarthie qui ecrafa t notre race ; un moyeu de réfuter les calcmuies et de répondre aux attaque^ eiundiapeau autour duquel loul sauraient se rallier. C'ett dans ces vu**« aussi n< bl^s que patriUiques qu'en 1803, le Canadien fut établi.

L œuvre que ses fondateurs entreprenaient éii.ieni rude. Il y allait alors de la ibeité. de l'honneur et, j'oserais dire, de' la vie si l'on s'avisa t de crii q ler les actes d'uue ol garchie infatuée a'el e-anème et d'exercer ie premier droit du libre cituyen angais.

L' s fondateurs du Canadien ne tardèrent pas à l'apprendre à leurs dépens q>iand ils allèrent gemir pendant des mois sous les veirous de la prison de Québec.

La voie éia t ouverte, et bien qu'elle fut rudf', d'autr^^s a h'eles se j-'ièrent à la suit" du Canadien ei paitagèreui avec ses pt'ii s l'houuei.r de la vicio re. Celui qui est seul resté sur la Dreche. el dont le fondateur, M. Lu Iger Duvernuy, a laissé un souvenir inséparable de celle féie, est la Minerve. Cette feu lie eut, comme le Canadien, â subir li s avanies du pouvoir ; luais l'oligarchie d'niors est tonQbe« pour ne se relever jamais ; une nouvelli ère s'est levée sur notre pay>s, 1 1 les persécutes d'autreti is eut reçu leur récompense. Voi à quels furent les gloiieux ccm iiencements de la presse cana ùeune-française.

Al jiurd'hui, elle est dev nue une puissance réelle. E h a p is des développements q'ie ses l'on laleurs n'avaieii pas rôVfS. Ni'us possédons sept grand' journaux quoiilieiis, et toutes les loca l'es un lieu impotautes ont d.e organ s qui leur font honneur.

Mclgre n')8 d'Visions politiques, Mesiôurs, je suis persuadé que la Presse frac-

f ii:« rs' toujours «t avaat toul patri it«; qnVl e j.lace avant loni le reste, la c »nsT- .vtt^on d; •' noire el gion, de nos tnsiiiulicn-, de noire lan^un tld-» no» loii."

Le concou s quM • a donné à c^tt' grande d'-mouilraiioa en est la preuve.

La p->riole des luUes datigert-u-* 3 ejl pa-!""e pour «-le ; elle n'a plus à crdu:die l-^s r gueurs d'un gouvernfm^-nt arbitrai e. E 1-! esl libre ni jusù iabie seul" m^nl du tribunal de l'hom-ur, de la oon-cienC'^ et de la Ici Mais sa mi-^ion n'esi pas lerœiDée. La peupl- a b soin encor'de ses travaux, de tes v>^illes el de s>'s études pour s'ec alrer, §■' nit*iire au couraot des évèn<'in»»Dls et pour se for jier un» o^rûiou ini- 1 iff'Dt-' ds hotnm-'s el d-^s choses. Elle doit iravaiiler au d'*vel ip lejoeni de DOS immenses ressources d>^ louies sortes, ei >urtoui aux repatriemenl d-is aoaliens émigrés.

B" à propos de rf>palriemeat, j^ ne puis terminer tans vous dire un rrol de nos coiifières c«na liens d'-s Eiaif-Unis Au milieu de d.fficu'tés sans nombre qui au-

raient Tait reculer les plus hnavest, ils se soni i.ODla' l^s au milieu de la pupulation ItaiiÇHise, Vonl ralliée autour du draoeau naiional, onl r^l<ibii les ilea- de la fraleriiii«, ft si noue avons aujourd'ùui l'avant'K» de voir figurer dans nos ranes nos frères desEtiif-U lis en nombre imposant c'est h leurs 'ffnts que nous la devons lis -oatinueronl au'^ei Nur ce ivr-i pairi')tique Al avec lies h >mmes co inne MM. Gagnoa, Houde, L-t œ if ei B-iaugrao 1 que jn vois dutour de ces libl s, il n'y a pas à douter )u'ellrt sera poussée énergiquemeni yit- ^u'du bout T'ilie est l'œuvro à laquelle a prt-sse canaiienn») du Gtna la aides Eiais-Unis doit vouer ses effirls

La saniA d'-s Dames fut entu te proposé ?t M. L. O. Tdiilon y répondit par une h ueuse improvsaiion. qu^ lui valut des ip^ Uud'Ssemenls plusieurs foiî r-^pétés, •il qui fut écoulée atiect vemaot, malgré 1 h^ure «vancee.

L-^s convives se dispertèraat alors. IL était deux heures du malin.

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