SES LUTTES
MM. A un moment donné dans U
vail de dissoiiuicm, ne ruui s et de mort. Alors, le Seigneur taille de larges zones dans les flancs du globe et apj>elant à lui le peu de Justes qu'il lui restent fidèles il leur donne pour patrie ces zones nouvelles ; il les prend gous sa protection puissante, et, nou veaux missionnaires, ils les envoie à la conquête de ces nouveaui. Pays qu'il leur destine. A l'approche de ses hommes lea difficultés s'aplanissent, les obstacles S(5cartent, les ennemis fuient, au son des trompettes retantissantes les mui^ des Jéricho nouvelles s'ébranlent, se brisent et s'écroulent avec fracas, entraînant sous leurs ruines, leurs prévaricateurs habitant?. Voilà le secret de notre origine, MM. Défait, c'était presqu'au commencement de ce 16è.
siècle si corrompu en Europe, de ce eiècle épouvantable où V Eglise était plongée dans la plus lugubre tristesse.
A cette époque où l'Europe vit les guerres funestes de 30 ans, celles des paysans, les guerres civiles de France, d'Allemagne, d'Angleterre et de Flandre 1 Les assassinats du prince d'Orange, de Charles 1er. d'Henri III, de Marie Stuart, les massacres de Mérindol, de la St. Barthelemi. A cette époque néfaste où le moine Luther venait de lever l'étendard de la révolte la plus audacieuse contre sa mère, l'Eglise, et où, jetant ses principes de mort dans la société vermoulue du temps, avait contribué à saper les fondements sur lesquelles étaient assises les nations.
L'édifice social ainsi renversé, les plus mauvaises passions du cœur humain s'insurgèrent contre l'autorité ; le monde européen, faiblis.sant à sa mission, allait à jamais s'engloutir dans l'abîme qui se creusait sous ses pas I La colombe de l'Eglise, triste et inquiète, ne sait où poser le pied ! Partout l'erreur, partout la violence, partout la ^ persécution. Or, voilà, que sur une j plage, encore inconnue au vieux monde, i vivaient, plongées dans les sombres té- i nèbres de l'idolâtrie, de nombreuses peuplades. Au cadran du temps l'heure ! du Canada allait sonner. Voilà qu'un homme s'embarque sur un frêle vais- Seau pour chercher ce monde nou !
veau dont l'idée avait longtemps travaillé le génie de Colomb. Et sur ce vaisseau ne voyez vous pas, MM., la colombe de l'Eglise qui s'y repose avec I confiance ? Cette nouvelle arche fut I donc notre berceau et notre destin, I longtemps ballotté sur les flots de l'A- I tlantique, fut à jamais scellé sur ces , rives enchanteresses de notre fleuve Roi. qui depuis cette époque redit les j échos joyeux de nos fêtes, comme les I plaintes déchirantes de nos amertume»
j et de nos discordes civiles, religieuse^ et politiques.
Jacques Cartier, en abordant ces rî- ! ves s'en empara au nom de son Dieu i et de son Koi. Il plante une simple ' croix de bois pour annoncer que désormais le règne du Christ est arrive' et que sa -volonté y sera faite à jamais,
Puis, remontant ce fleuve majestueux jusqu'à la bourgade d'Hochelaga, il peut s'aventurer, au milieu des soènca les plus grandioses et les plus nouvelles jusque sur les sommets enchanteurs de cette montagne, magnifique renpart de notre Cité, qu'il trouve si belle, qu'il l'appelle Mont Royal. Là, dans la personne de Jacques Cartier, nous contractâmes cette solennelle alliance avec le ciel, que je prie ma patrie de conserver toujours. Comme au Père des Croyants, une nouvelle terre de Jes.s€n fut donnée en partage à nos pères, à nous, et à nos descendaijts 1 Héritage sacré, contrat solennel, puissions-nous vous conserver toujours intacts malgré les violences, les persécutions et
et les difficultés. *
Notre patrie, vous l'avez vu par sa noble origine, a une alliance intime, avec sa mère l'Eglise dont elle est la fille aînée la plus chérie en Amérique. Je viens de vous le démontrer, la foi émigra de l'ancienne France, autrefois florissante et glorieuse et aujourd'hui la Niobée des Nations pleurant en vain ses deux dernières filles perdues sans retour, l'Alsace et la Lorraine, pourtant si patriotiques, ei nobles, si mal heureuse^;, — à cette France nouvelle si remplie d'espérance, de patriotisme, de foi et d'avenir Mais pour atteindre à^ la position du jour que de luttes I qweo
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de souffrances ! que d'héroïsme ! que de combats !
Suivez le parallélisme glorieux que je vais établir. La destinée de notre patrie eet tellement subordonnée à celle de l'Eglise que ce que celle-ci souSrit en général, celle là le souffrit en parti culier. Ici cette vérité est palpable ; les faits attestent pour elle.
A sa naissance, TE^çlise souffre toutes les persécutions les plus sanglantes et les plus cruelles delà part des Puissants de la terre, qui ne déposent le glaive que sous la victoire écrassante de la croix, portée triomphalement sur les étendards de Constantin : le sang des chrétiens coula à flot et cette semence fit croître des défenseurs et des adeptes à la religion. Au berceau du Canada, le farouche Endien, puissant ty ran de la forêt, fera couler 1^ sang de nos frères et de nos-missionnaires et il ne déposera la hache sanglante du combat qu'épuisé et terrassé lui même, par ce signe redoutable qu'avait entrevu Constantin le catholique. • A la lutte infructueuse du sang, succéda centre l'église "celle des schismes, de l'impiété, et du mensonge. Contre ces nouveaux ennemis la barque de l'Eglise tint ferme, elle appelle à elle des savants, les pères de TEglise, les conciles, les chrétiens fervents, les moines et les anachorètes, qui tous, forment une armée invincible avec laquelle l'Eglise triomphe et marche d'un pas assuré vers ses immortelles destinées.
Egalement pour notre Patrie MM. à la lutte sanglante que la barbarie lui a faite, elle eut à soutenir les plus graves assauts de la part du schisme, de l'impiété, de la force brutale, et du mensonge : notre patrie s'est vu abandonnée et reniée lâchement par la France, calomniée et traitée en vain eue, vae- victis^ par l'Angleterre, écrasée sou» le talon du militaire grossier et insolent et quelquefois trahie par les siens, vendus d'avance à ses plus mortels ennemis ! Ni la coupe des tribulations, ni colle des ignominies ne lui furent épargnées. Cependant, s'armant alors d'une nouvelle énergie, appelant à elle tous ses enfants dévoués, ses héroïques défenseurs, elle accepte
toujours le combat pour finir sans cesse par la victoire, pour ne s'arrêter jamais sur le chemin de sa grande mission en Amérique.
Enfin, MM., une persécution contenporaine, sous une forme nouvelle s'est livrée contre lEglise, c'est celle des loges et du radicalisme ; c'est le dernier combat possible, c'est le nec plus uUva, de la ruse, du mensonge et de l'hypocrisie. Je n'entre pas dans les détails, MM., ce serait abreuver vos cœurs d'angoisses dans un jour consacré à la joie.
Vous me pardonneriez, cependant, vous rappelant que sur la même lyre se retrouvent les accents du désespoir et de la félicité et que le cœur humain est un mystérieux instrument qui possède toutes les facultés à la fois ; celle du rire et des larmes, de la gaieté et de la douleur. Mus cela m'entraînerait trop loin, d'ailleurs, l'Eglise est certaine de sa victoire ; j'entends déjà son hosanna solennel dans les airs,
Dites le moi, notre pays, depuis les rives de l'Altantique, à celles du Pacifique, ne souffre-t-il pas dans la personne de ses descendants français les plus hypocrites persécutions ; celle des loges et du radicalisme. D'un côté la tyrannie ^'entendant nous refuse le libre exercice de nos droits religieux comme catholiques, de l'autre, le libre exercice de nos droits politiques comme peuple.
Cependant, ne vous découragez pas, MM., car à noâyeux,comme à ceux de l'armée du 1er. Empereur Chrétien comme à ceux de l'Eglise brille le Labarum du silut, signe de notre espérance sur lequel sont gravés ces mots : " In hoc signo vinces. Aussi compte-t-on bientôt que les écoles athées du N. B. s'écrouleront d'elles-mêmes et que sur les ruines de leurs ennemis, les Métis de l'Ouest entonneront bientôt le chant de triomphe et l'alleluia de la délivrance.
2o Souffrance de la patrie et Son