XIII
Rappelons à notre mémoire toutes les paroles de Jésus- Christ, sur le sujet de Judas dans cette nuit. Dès le lavement des pieds: « Vous êtes purs, disoit-il, mais non pas tous. Car » il savoit qui étoit celui qui le devoit trahir » ; et un peu après : « Je ne parle pas de vous tous; je connois ceux que )) j'ai choisis; mais il faut que TÉcriture soit accomplie, où il » est dit : Celui qui mange à ma table lèvera le pied contre » moi ; et je vous le dis avant que la chose arrive , afin que » vous connoissiez qui je suis, lorsqu'elle sera arrivée ' ».
Ce n'étoit -pas seulement pour l'instruction de ses fidèles disciples que Jésus-Christ parloit ainsi; c'étoit pour la conversion de ce perfide. Car qu'y a-t-il de plus puissant pour convertir un pécheur, que de lui dire : Tu es vu ; comme Nathan disoit à David : Cest vous qui êtes cet homme ^ ; vous êtes cet adultère, cet homicide ; vous l'avez fait en secret, et moi je le découvrirai à toute la terre. Et David, averti de cette sorte , confessa son péché, et commença sa pénitence. C'est ainsi que le Sauveur lui-même dit à Judas * : C'est toi, c'est toi, malheureux : tu caches en vain tes noirs desseins ; tu vas en vain chercher les Juifs dans le secret et parmi les ténèbres de la nuit : Tu es vu; on lit dans ton cœur; perfide, tu veux trahir ton Sauveur. Pourquoi nous cachons-nous, malheureux, si nous ne pouvons éviter les yeux de Jésus-Christ? N'est-ce pas assez que Dieu nous voie? Le comptons-nous pour rien, et ses yeux nous sont-ils indifférents.
Il poui-suit ; et de peur de n'être pas assez entendu : a Un de )) vous, dit-il, me trahira. Ils se regardoient les uns les au-
'Joan. \m, 10. U 18. 19.— MI. Rpg xii. 7. 13. — » Matth.