‹ Méditations sur l'évangileChapitre 12 sur 64 · ADORATION DES BERGERS ^T · texte numérisé non relu

ADORATION DES BERGERS ^T

tous les autres enfants? N'était-il pas à craindre même, qu'à l'annonce de circonstances si humiliantes, la foi ne soit ébranlée dans l'âme de ces bergers ?

Mais la vérité divine ne connaît pas de déguisement ; elle ne cherche pas à voiler les humiliations de la crèche à ceux qui verront un jour les anéantissements du Calvaire.

Ces bergers, donc, quittent leurs troupeaux, et se dirigent vers Bethléem où « ils trouvent Marie et Joseph, et l'enfant couché dans la crèche. * :^

Pouvons-nous nous imaginer l'élan de leur amour en voyant vérifiées les paroles de l'ange? Comme ils durent témoigner leur affection à ce cher enfant et recevoir en retour de délicieux sourires ! Ils ne regrettent en ce moment que leur indigence qui les empêche de soulager dans sa pauvreté cette bienheureuse famille. Que leurs pensées durent, ce jour-là, et les jours suivants, et longtemps après, se reporter à la scène inoubliable qu'ils avaient vue! Et depuis lors, comme ils durent délaisser leurs plaintes réciproques sur leur état et leur misère ! Plus d'une fois, durant le séjour de la sainte famille dans leur voisinage, ils durent retourner la visiter, lui offrir quelque présent prélevé sur leurs gages péniblement acquis, ou

I s. Luc, II, i6.

^6 SIXIÈME M]^DITATI6n

quelques prémices de leurs troupeaux, comme Abel jadis. Ils furent les Abels de la nouvelle Loi, dont Hérode et sa cour furent les Caïns. Leur cœur dut saigner à la nouvelle du massacre des Innocents. Mais leur douleur, si quelqu'un de leurs enfants fut victime, dut être adoucie à la pensée que Lui peut-être, Jésus, avait échappé.

Ah! qui donc n'aurait voulu être avec bonheur un de ces bergers de Bethléem, à ce moment, pour se trouver avec ces heureux privilégiés !

pcuxicmc ^oint

Admirons aussi la glorieuse apparition dont ces bergers furent les témoins éme'rveillés, quand du sein de la milice céleste un ange fit entendre le cantique de louange en l'honneur de Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté ! ' »

Ces paroles s'appliquent à nous autant qu'à eux. Elles annoncent les deux grands bienfaits apportés au monde parle Sauveur.

Par sa naissance, Jésus a procuré à son Père éternel plus de gloire que n'en auraient jamais pu

I Gloria tn altissimis Dco. et in terra pax hominibus honœ voltintatis. S. Luc, II, 14.

Page 1