LA PRÉSENTATION AU TEMPLE
Quelle différence avec le jour OÙ sonancêtrejoas, enfant aussi, fut montré à son peuple dans le Temple, quand Joïada, le faisant avancer, « mit sur sa tête le diadème et le livre de la loi, devant la foule qui le proclama Roi, l'oignit, et, battant des mains, s'écria : Vive le roi !.., tandis que tout le peuple se réjouissait et sonnait de la trompette *. » Tout cela pour un enfant qui devait devenir indigne de sa vocation ! Et le Fils de Dieu, le Roi d'Israël, le Maître du Temple qui avait le droit d'y être adoré, vient dans ce Temple, inaperçu, ignoré, sans un regard, sans une pensée pour lui î Aucune trompette pour l'annoncer ; pas d'huile sainte dans les mains de ses prêtres pour l'oindre ; aucune voix pour l'acclamer î « In propria venit et sui eiim non recepertint. Il est venu parmi les siens, et les siens ne l'ont pas reçu * ! »
Il quitte les parvis sacrés sans une marque d'attention, sauf les paroles mystérieuses de Siméon et de la prophétesse Anne.
Hélas ! ne subit-il pas le même traitement de nos jours dans son Temple, voilé sous lès espèces sacramentelles, de la part des hommes qui vont et viennent, et ne font pas attention à lui ? Ils admirent les décorations et les ornementations, mais ils ne
1 IV. Reg., x(. 12, 14.
2 S. Jean., i, 11.
<jO HUITIEME MEDITATION
remarquent pas le Maître du Temple ; c'est à peine s'ils l'adorent et le prient !
Ayons à cœur, pour compenser ces négligences, toutes les fois que nous entrons dans une église, de saluer notre divin Sauveur sous les voiles de son amour, et adorons-le avec reconnaissance.
deuxième ^oint
Cherchons à pénétrer les sentiments des membres du petit groupe qui entoure l'enfant Jésus au moment de sa présentation au Temple.
D'abord Siméon, l'auguste vieillard, un des derniers représentants de la race patriarcale, qui a travaillé devant le Seigneur dans la simplicité et la droiture, reçoit ici la réalisation de la promesse qu'il avait eu de ne point mourir avant de voir l'oint du Seigneur. La vie n'avait pour lui de prix que dans l'espoir de cette promesse ; ses yeux ne restaient ouverts que pour apercevoir un jour le Sauveur. Depuis longtemps il aurait désiré mourir, si son attente n'avait dû lui valoir la présence du Christ. Depuis longtemps il aurait soupiré après son départ du milieu de ce monde matériel, s'il n'avait désiré avec plus d'ardeur encore entrevoir l'aurore de temps meilleurs. De quel cœur joyeux il se hâte donc pour la dernière fois vers le