I. s. Luc, II
Pour Marie, comment pourrons-nous traduire ses sentiments en cette occasion ? Elle ressent la joie bien naturelle à toute mère qui voit son enfant caressé et honoré par des personnages d'une si haute sainteté. Elle considère avec délices comment d'autres, outre Joseph et elle, commencent à connaître et à vénérer Jésus, quel objet d'espérance et d'attente impatiente il est pour tous ceux qui soupirent après le salut d'Israël. Et puis, elle s'étonne de ce qu'elle, la pauvre servante du Seigneur, soit ainsi entourée d'égards. Avec quelle modestie, mais aussi avec quelle joie intime, elle entend les paroles de louanges et d'adoration adressées à son cher Enfant ! Mais hélas ! quel coup cruel vient interrompre sa joie. « Tuam ipsius animain pertransibit gladius . Un glaive de douleur transpercera votre cœur \ » Pourquoi donc, ô Marie, vous révéler sitôt vos douleurs futures ? Pourquoi jeter l'amertume dans votre cœur pour tout le reste de votre vie, par cette parole qui y fit naître une angoisse impossible à calmer ? O Reine des douleurs, préparez-vous désormais aux tourments et aux afflictions, car vous êtes la mère d'un Dieu torturé et persécuté ! Avec quel amour plus ardent avez-vous dû presser à ce moment votre divin Enfant contre votre cœur, en songeant