‹ Méditations sur l'évangileChapitre 21 sur 64 · LA PRÉSENTATION AU TEMPLE · texte numérisé non relu

LA PRÉSENTATION AU TEMPLE

à tout ce qu'il vous faudrait un jour, ensemble, endurer de souffrances !

^f{cction6 et ^lidcluticnA

« O bien-aimé Sauveur, que vos triomphes sur la terre sont petits, comparés aux douleurs que vous avez eu à subir ! Quelle triste compensation trouvons-nous à votre crucifiement dans votre entrée à Jérusalem le jour des Rameaux ; à votre crèche, dans l'adoration des bergers ; à votre fuite en Egypte, dans la visite des Mages ; à l'humiliation de votre présentation au Temple dans les hommages du vieillard Siméon ! Vous êtes venu dans le Temple comme un enfant qui doit être racheté au prix d'une paire de tourterelles, alors que vous êtes le Rédempteur du monde. Vous êtes venu comme un suppliant, alors que vous êtes le dispensateur de tous biens ; vous êtes venu comme un pécheur, alors que c'est vous qui pardonnez le péché ! Quels abaissements par amour pour moi ! Quelles humiliationscommencées à votre naissance et terminées seulement à votre mort !

Je veux souvent m'unir en esprit aux scènes touchantes de vos humbles triomphes, en vous donnant l'hommage d'uu cœur plein de reconnaissance et d'amour. Comme le vieillard Siméon, je

ne veux attacher à la vie d'autre prix que la faculté d'étendre votre règne. Donnez-moi de voir votre sainte religion répandue partout, dans ma patrie, et victorieuse de toutes les embûches de la terre et de l'enfer. Si le jour où ce vœu sera réalisé estencore lointain, je nereculerai néanmoins devant aucune fatigue pour travailler à son avènement ; s'il est proche, je descendrai en paix dans la tombe. Mais quoi qu'il en soit, ô doux Jésus, faites que je sois réconforté, comme le saint vieillard Siméon et sainte Anne, du viatique de votre divine présence en mon cœur ! »

)\dORATION DEp ^AQE?

Prélude. — Représentons-nous l'arrivée de ces rois d'Orient, avec leur suite, à la pauvre étable de notre Sauveur.

premier ^oint

^f^^V^'UEL étonnement pour ces personnages ^^5^ j|à quand, après leur long et pénible voyage, >tS2S^ ils voient l'étoile qui leur avait servi de guide s'arrêter au-dessus d'une pauvre étable, ou plutôt d'une misérable hutte, dans laquelle était couché l'enfant Jésus, entouré de sa mère et de

«jô NEUVIÈME MÉDITATION

saint Joseph. Il est vrai qu'ils avaient été peu à peu habitués aux désappointements : au lieu de la joie universelle à laquelle ils s'attendaient dans tout ce pays privilégié, ils n'avaient pas même rencontré un signe de triomphe pour traduire l'honneur dont était gratifié cette contrée; au lieu de trouver Jérusalem toute bruyante de fêtes et de réjouissances pour la naissance de son nouveau roi, ils avaient eux-mêmes appris à la ville étonnée la nouvelle de cet événement. Et encore cette nouvelle n'avait excité que des sentiments de crainte et de trouble. « Le roi Hérode fut troublé, ainsi que tout Jérusalem. Audiens aiitem Herodes rex turbatus est, et omnis Jerosolyma cum illo ^ » O malheureuse cité, toujours favorisée et toujours ingrate, toujours bénie et toujours prévaricatrice, est-ce ainsi que tu reçois ton roi nouveau-né, le fils de David, le vengeur de tes infortunes, le Seigneur glorieux! Qui ne devine déjà ta conduite future, qui ne prévoit déjà que, célébrant ainsi la naissance de ton roi, la couronne que tu lui tresseras sera d'épines, et le trône que tu lui élèveras sera une croix?...

Suivons dans leur voyage les pieux pèlerins de l'Orient. Il est probable qu'ils n'avaient pas compris les sentiments qui s'étaient manifestés

I s. Matth., II, 3.

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