‹ Méditations sur l'évangileChapitre 22 sur 64 · ADORATION DES MAGES · texte numérisé non relu

ADORATION DES MAGES

à Jérusalem, et ils avaient sans doute été trompés par l'astuce d'Hérode leur demandant de revenir vers lui, « afin, avait-il dit, que moi aussi j'aille l'adorer '. > Ils s'attendaient donc encore à quelque manifestation digne de la mission céleste qu'ils avaient reçue, et, nous disent les Ecritures, ils continuaient leur chemin ^^ tout remplis de joie *. if

Pourtant nous pouvons difficilement nous imaginer qu'ils ne ressentirent pas quelque perplexité au seuil de la pauvre demeure, et qu'ils n'eurent pas un léger désappointement en y pénétrant. Mais ils y trouvent tout ce qu'ils peuvent désirer : un enfant dont la beauté, la majesté, la divinité, frappent immédiatement leurs regards, la mère dont l'extérieur trahit l'âme virginale, le père nourricier à l'aspect vénérable qui les garde et les protège. Ils n'ont aucune hésitation; ils se prosternent devant cet enfant et l'adorent. Ils ouvrent leurs trésors et lui offrent leurs présents royaux, de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Quelle foi de leur part! Comme elle ressemble à la foi que Dieu exige de nous, spécialement dans 1 adorable sacrement de son amour! Leur raison, peut-être, se demandait : un si petit enfant peut-il

1 67 et ego veniens adorent enm. S. Matth.. ii, 8.

2 Gavisi sunt gaudio magno. Ibid.. ii, lo.

être le Dieu tout-puissant? Un être si frêle, si semblable à tous les autres enfants, peut-il être la Sagesse incarnée du Père? Mais, en dépit de toutes les apparences, ils croient et ils adorent. De même devons -nous, en désavouant les vaines suggestions des seris, et les orgueilleuses prétentions de la raison, nous prosterner devant notre Sauveur, l'adorer, anéanti sur l'autel dans un état plus humble encore que celui de la crèche, et lui offrir les meilleurs dons de nos âmes.

Peu^cièmc Point

Admirons comment la foi de ces mages fut magnifiquement récompensée. Une étoile les avait guidés jusqu'au lieu où Jésus était né ; mais c'était Dieu lui-même, par l'entremise de ses anges, qui les conduisait.

Ils reçurent avis de s'en retourner par un autr^ chemin ; si cet avis, sans doute, avait un sens matériel, il avait aussi une profonde signification spirituelle. Car, en venant, ces hommes avaient marché dans la voie du doute et de l'incertitude, de la crainte et de l'inquiétude, touchant ce qui les attendait ; mais, maintenant, ils s'en vont p^r le chemin de la foi et de la certitude, de la joie et de la reconnaissance. Ils prévoient que beaucoup de

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