‹ Méditations sur l'évangileChapitre 24 sur 64 · JKSUS RECOUVRÉ DANS LE TEMPLE · texte numérisé non relu

JKSUS RECOUVRÉ DANS LE TEMPLE

ia science, et il la sème autour de lui. Un instant Marie s'arrête sur le seuil; elle hésite entre son désir de se précipiter et de serrer son enfant sur son cœur et la crainte de troubler un spectacle si beau et une scène si intéressante; entre la pensée de ce qu'elle vient de souffrir, et l'orgueil plein d'amour d'une mère qui retrouve son fils dans une telle circonstance.

Elle s'avance avec calme et modestie au milieu de la vénérable assemblée, et s'approchant de son fils, elle lui dit avec douceur : « Mon fils, qu'avezvous fait ? Votre père et moi nous vous cherchions tout affligés ^ » Mais Jésus lui répond par de mystérieuses paroles, dont elle-même ne comprenait pas l'importance : « Pourquoi me cherchiezvous? Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père*? » Nous pouvons, nous, en •quelque sorte mieux comprendre ces paroles, car par la suite de la mission de Jésus, nous savons ce qu'étaient les affaires de son Père.

Quel fut l'entretien de Jésus avec ces graves vieillards, nous ne le saurons jamais, mais nous pouvons être certains que Jésus n'eut qu'un but :

1 Fili, quid fecisti nobis sic? Ecce pater tuiis et ego dolentes quairebamus te. S. Luc, n, 48.

2 Quid est quod me qucerebatis? Nesciebatis quia in his qutr patris niei

siint oportet me es^e? Ibid., 11, 49.

éclairer et. instruire ceux qui l'écoutaient. Quelle leçon pour nous! Jésus, à douze ans, s'occupait des affaires de son Père ; et nous à vingt, à trente ans, à peine pouvons-nous dire que nous avons commencé ! Lui, un enfant à l'âge si tendre, aux allures si humbles, ne craint pas d'aller au milieu de docteurs anciens pour leur parler, et les enseigner plutôt que pour s'instruire! Et nous, quelle négligence nous apportons à l'acquisition des connaissances les plus nécessaires pour notre âme ! Honte à notre nonchalance et à notre indifférence dans les choses de Dieu et le soin de nos âmes !

N'oublions pas la réponse que le Fils de Dieu nous a apprise et qu'il a placée lui-même sur nos lèvres, si nous voulons fermement le servir et éviter tout ce qui pourrait distraire ou amoindrir notre énergie pour sa cause. Quand nos amis essaieront de nous attirer dans le tumulte du monde, au sein de ses occupations, de ses divertissements, répondons-leur : « 11 faut que je sois aux affaires de mon Père ! »

— Nous vous avons cherché en vain, diront-ils peut-être, l'autre soir, à notre intéressante réunion, à notre partie de plaisir, où se trouvaient un grand nombre de vos amis.

— Pourquoi me cherchiez-vous? Ne savez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père?

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— Vos amis seraient heureux de jouir davantage de vous, ajouteront-ils peut-être; vos talents sont trop remarquables pour rester ainsi cachés sous le boisseau ; il faut prendre une part plus active aux affaires publiques, littéraires, politiques ou sociales.

— 11 faut que je sois aux affaires de mon Père ! Toujours ce sera notre même réponse.

Si nous nous attachons à ce principe, et si, sans affectation exagérée, nous nous abstenons de tout ce qui peut nous dissiper, ou nous distraire de notre grande tâche, quel bonheur pour nous, et que de bénédictions divines couronneront nos efforts !

^ffccticnâ et H^Àcluticnâ

« Imprimez dans mon cœur, ô très cher Jésus, ces belles leçons de votre enfance, déjà trop sublimes et trop profondes pour l'homme le plus exercé dans la vertu. Que mes amis me cherchent en vain, quand quelque bonne œuvre m'appelle ; que l'on sache par expérience qu'en pareil cas il est inutile de me chercher.

Que toujours on me trouve dans votre temple : soit dans votre église matérielle, prosterné devant votre autel, priant et méditant, participant à vos

sacrements; soit dans le temple spirituel dont vos fidèles sont les pierres, en les secourant dans les besoins de leur âme, en les instruisant de vos grandes vérités.

Que souvent on me rencontre sous le toit du pauvre, au chevet des malades, aux asiles des délaissés, plutôt que dans les compagnies joyeuses ou choisies, à moins que l'œuvre de votre Père ne m'y appelle. Car je ne veux m'occuper que de cette œuvre. Je veux m'y dévouer tout entier, j'y veux trouver mon unique plaisir et mon seul bonheur. Quand je laisse ma' solitude pour aller parmi les hommes, ou que je quitte le monde pour la solitude et l'étude, que mon but soit toujours le même, sans dissipation dans le premier cas, sans contention d'esprit dans le second : travailler aux affaires que vous et votre Père m'avez confiées. »

^IZ CACHÉE A J^A2;ARETH

premier Çcint

^â^S^PRÈS qu'il eut été perdu et retrouvé dans ^^^^k^"^ le Temple, Jésus alla à Nazareth avec ^^I^^ Marie et Joseph, et demeura dans la retraite et le silence jusqu'au jour de sa grande manifestation au peuple d'Israël. Cette période embrasse un espace de dix-huit ans.

A première vue, il semble que nous ayons été frustrés, par cette solitude, d'un grand nombre de leçons utiles et délicieuses de vertu, en ne pouvant

suivre le développement de la sainteté et de la perfection qui devaient produire des fruits si abondants en leur splendide maturité. Qu'il eût été agréable de contempler Jésus dans la compagnie de ceux qu'il aimait tant, de connaître l'emploi de son temps, de lire le récit de ses entretiens édifiants ! Quel profit pour nous de voir la douceur avec laquelle il se comportait envers tous, son amabilité avec les enfants de son âge, son respect pour les vieillards, sa charité pour les plus pauvres que lui, son obéissance envers ses supérieurs ! Quel prix dans chaque parole échappée de ses lèvres, dans chacundesesgestes, s'ilsnousavaient été conservés!

Mais l'Esprit de Dieu, qui sait mieux que nous ce qui nous est le plus profitable, a jeté un voile sur tous ces détails intéressants, et a résumé toutes les leçons de cette période de la vie du Sauveur, dans la déclaration de son obscurité, de son obéissance et de son progrès dans la vertu. Chacun de ces points suffirait à lui seul pour une méditation distincte.

Quelle preuve frappante nous avons ici du profond mépris dans lequel Jésus tenait la richesse et la réputation, preuve plus forte peut-être que les condamnations qu'il a proférées plus tard contre elles. S'il avait voulu, il aurait pu devenir riche en un instant, et s'il ne l'avait pas voulu pour lui, il aurait pu le vouloir pour ses parents bien-

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