‹ Méditations sur l'évangileChapitre 25 sur 64 · VIE CACHÉE A NAZARETH · texte numérisé non relu

VIE CACHÉE A NAZARETH

aimés. Mais il connaissait la parfaite conformité de leur volonté avec celle de Dieu, et il savait qu'en sa compagnie la retraite et la pauvreté non seulement leur étaient supportables, mais même agréables.

Qui donc parmi nous ne préférerait une pauvre chaumière où Jésus habite avec la paix, la charité et la grâce, plutôt qu'une demeure princière d'où il est exclu par le luxe, les divisions ou l'impiété? Si la gêne et le travail rigoureux sont notre lot, tandis que nous en voyons d'autres parmi nos frères qui semblent plus favorisés, au lieu de nous plaindre, ne nous efforcerons-nous pas par notre humilité, notre résignation, notre fidélité à nos devoirs, de rendre notre humble toit digne du Sauveur? Ne trouverons-nous pas une consolation dans le souvenir de la pauvre maison de Nazareth, sentant que Jésus est avec nous, et qu'il nous récompensera généreusement de tous les sacrifices que nous supportons par amour pour lui ? N'est-ce point là une leçon simple, mais bien encourageante, à recueillir des scènes admirables de cette enfance silencieuse de Jésus ?

Cette période de la vie de Jésus fut une préparation à son ministère public et à son rôle de

Docteur et de guide du peuple d'Israël. Sans doute, il n'avait aucun besoin de préparation, ni d'études ; mais de même qu'enfant il acceptait la nourriture des enfants, bien qu'il eût pu s'en passer, ainsi voulut-il se réserver un temps de retraite préparatoire avant de commencer sa mission, comme s'il voulait faire croître et se développer en lui les vertus qu'il devait plus tard enseigner.

Nous disposons aussi d'un temps semblable de retraite, avec cette différence que pour nous ce temps est absolument nécessaire, et que nous avons tout à apprendre, et la science de Dieu et la piété. Jésus peut donc nous servir de modèle. Que sa vie cachée et préparatoire est longue, comparée à sa vie active ! Dix-huit années pour la première, et trois seulement pour la seconde. N'est-ce point l'inverse que trop souvent nous désirons pour nous ? Nous aspirons à de longues et agréables années de travail dans la vigne du Seigneur, mais nous trouvons longues, ennuyeuses, fastidieuses, les années de préparation. Nous voulons nous précipiter dans la lutte, avant de connaître le complet usage de nos armes : nous nous hâtons vers le champ du Père de famille, encombré et envahi de mauvaises herbes, sans avoir acquis l'habileté nécessaire dans le maniement des outils propres à sa culture. Quelle différence dans la conduite de notre Sauveur!

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