VIE CACHÉE A NAZARETH 9I
Considérons de plus l'emploi qu'il faisait de son temps de préparation.
Il travaillait dans un atelier. Il aurait pu en un instant exécuter ce qu'il voulait. Il eût suffi d'un acte de sa volonté pour réunir ensemble les pièces de bois éparses, (comme il rassemblera les cendres des morts au jour de la résurrection), et en former les objets d'art les plus beaux et les plus parfaits que rhomme ait jamais vus. Il n'avait, chaque matin, qu'à entrer dans cet atelier, à étendre sa main et à bénir tous les matériaux disposés pour le travail de la journée, et, comme au jour où il changea l'eau en vin, tout aurait pris la forme qu'il aurait voulu. Ainsi il aurait pu passer le reste du temps en des occupations plus agréables et plus élevées.
Mais Jésus voulait nous donner une leçon plus profonde. Il désirait encourager ceux qui peinent davantage pour acquérir ce que d'autres obtiennent presque sans effort. Quand nous travaillons longtemps, en ne faisant cependant que peu de progrès, nous ressemblons plus à Jésus que lorsque notre tâche s'achève en peu de temps. N'aimerons-nous pas à tourner souvent nos pensées, au milieu de nos humbles occupations, vers Jésus travaillant comme un apprenti sous la direction de Joseph? Quand le découragement et la fatigue s'empareront de nous, en voyant peu avancée la
lâche qui nous a été imposée, ou que nous nous sommes fixée nous-mêmes, n'aimerons-nous pas à considérer Jésus s'appliquant du matin au soir sur une pièce de bois, et n'arrivant qu'à peu de résultat ? Au lieu de nous décourager à la fin d'une journée ainsi passée, et que nous considérons comme perdue, consolons-nous plutôt par la pensée que nous l'avons passée en compagnie de Jésus et comme lui.
ffcctionô et MéAolutîonA
« O humble et aimable Sauveur, il me semble que je vous vois, dans la pauvre boutique de Nazareth, courbé sur un travail vulgaire aux yeux du monde ! Vos membres se fatiguent dans un labeur incessant ; vos mains se durcissent à la rude besogne qui vous absorbe; la sueur coule de votre front dans votre ardeur au travail. Toujours vous êtes aimable ! Quel sourire céleste sur votre figure! Quel éclat doux et pénétrant dans votre regard! Quelle influence divine, quelle atmosphère de grâce on respire autour de vous ! Que votre présence doit réjouir tous ceux qui vous approchent, et adoucir leurs peines et leur fatigue !