LA MULTIPLICATION DES PAINS I
promesses de Jésus, et ne nous donne-t-il pas tout ce qui nous est nécessaire pour nous livrer sans trouble au grand travail de notre sanctification, laissant à d'autres la tâche de prendre soin de nous, afin que, sans souci des choses matérielles, nous puissions nous donner à la seule chose nécessaire : écouter dans le silence et la contemplation les paroles de Jésus ? Ne nous consacrerons-nous donc pas entièrement à cette unique occupation, profitant de notre liberté vis-à-vis des besoins terrestres, pour acquérir des trésors de science et de sagesse céleste que nous pourrons un jour dépenser au I service de notre Maître ? Mieux encore, quand, dans l'avenir, nous ne serons plus seulement des auditeurs, mais des interprètes de la parole de Dieu ; quand ce sera notre rôle de réunir à notre tour les foules et de leur expliquer les mystères du royaume du ciel, nous n'hésiterons pas à nous jeter avec une confiance aveugle dans les bras de notre Sauveur, à lui confier nos besoins, et à compter sur son appui. Comment oserions-nous distraire pour nos propres intérêts ce qui ne doit être consacré qu'aux choses divines ? Est-ce que Dieu n'est pas doublement engagé à veiller sur nous et à réaliser pour nous ses promesses infaillibles, si, pour son service, comme les Apôtres, nous allons sans besace ni bâton travailler au grand œuvre qu'il commençait lui-même au désert?
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« Si nous sommes appelés à cette sublime vocation, ô divin Rédempteur, où trouverons-nous la force pour en remplir les obligations ? Nous tournant vers vous, nous nous écrierons à notre tour : « Où achèterons-nous du pain pour nourrir ces multitudes ? »
Où trouverons-nous, pauvres et indigents que nous sommes, une nourriture suffisante pour les besoins insatiables de tant dames affamées? Où trouverons-nous le zèle, le talent, la science, la grâce, nécessaires pour rompre à ces multitudes immenses le pain de votre parole dont elles ont besoin ? « Voyez, il y a ici un enfant qui a cinq pains d'orge et deux poissons. Mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ' ? »
En vérité c'est tout ce que j'ai, pauvre serviteur que je suis ; et encore ce serait beaucoup pour cette foule, en comparaison du peu que je puis offrir à tous ceux qui me réclament.
Que ferai-je donc sinon me tourner vers vous, ô Jésus, qui pouvez vous servir des oiseaux pour pourvoir à la nourriture de vos prophètes, et qui
I s. Jean, vi, 9.