LES BIENFAITS DE L INCARNATION 1 I
obtenir ses grâces. Toute prière qui passe par Jésus est souverainement efficace et assurée d'être exaucée : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l'accordera ' ». Par la miséricorde de Dieu, ses droits sont nos droits, ses mérites deviennent nos mérites. Il est comme une digue interposée entre nos péchés et la justice de son Père irrité. Que de bienfaits dans cette Incarnation de notre divin Sauveur !
Mais voici qui surpassetoutle reste. Il est devenu notre modèle ! Comme Dieu, il n'eût jamais pu l'être, mais en revêtant notre corps, il a pu nous apprendre à prier et à servir Dieu, à souffrir et à pardonner, à vivre et à mourir. Il s'est fait notre maître et notre éducateur dévoué. Il est apparu comme la voie, la vérité et la vie ; il a été le bon pasteur, la vigne symbolique, l'auteur de notre salut. De lui nous viennent les flots de la grâce que nous verse le Dieu invisible ; de lui sont les sacrements et l'Eglise, tous les trésors de pardon suspendus sur la tête des pécheurs, toutes les sources d'eau vive qui, sans cesse, jaillissent de la très sainte Eucharistie. En venant en ce monde, il nous a donné une mère en Marie, et il nous a assuré des droits à son affection ; il a abaissé le Ciel jusqu'à la terre, et en nous pressant de l'aimer
I s. Jean, xiv, 13.
dans sa chair visible, il nous a élevés jusqu'à l'amour du Dieu invisible, éternel, infini !
^ffectionà et Itéàolutionâ
« Quel abîme insondable de bienfaits et de miséricorde vous avez ouvert pour nous dans l'instant béni de votre naissance, ô divin Enfant de Bethléem ! Quels liens étroits d'intimité et de relations entre vous et moi ont été formés à cette heure bienheureuse ! Quelles puissantes attaches nous ont unis l'un à l'autre pour toujours, et qui pourrait jamais les rompre! Ni la terre, ni l'enfer, ni la force, ni les menaces, ni les dominations, ni les puissances, ne sauraient les ébranler. Vousmême, ô Jésus, si votre amour en pouvait supporter l'idée, vous ne pourriez détruire la parenté formée entre vous et moi, vous ne pourriez effacer les titres de fraternité et d'amitié que vous avez créés entre nous. Non, ô bien-aimé Jésus ! nous sommes frères pour l'éternité, et je ne laisserai prescrire aucun de mes droits. Je réclame, et je réclamerai sans cesse mon droit à vous aimer et à être aimé de vous; je vous demanderai, puisque je suis pauvre, de m'ouvrir le trésor de vos grâces ; je vous prendrai comme médiateur entre notre commun Père céleste et moi ; je pourrai toujours
LES BIENFAITS DE l'iNCARNATION 1}
recourir à vous en toute confiance, quand j'aurai besoin de secours et de protection ; je m'assoierai à votre banquet ici-bas, et là-haut je partagerai votre gloire, car je suis votre co-héritier! Cohœredes autem Christ i ' !
I s. Pani, Rom. viii, 17.
J^AIg^ANCE D£ JNJOTRE ^ E I Q N E U R
Prélude. — Représentons-nous l'étable de Bethléem ; Jésus est couché dans la crèche par une froide nuit d'hiver; sa divine Mère et saint Joseph sont en adoration.
premier point
N peut avec fruit considérer le contraste qui existe entre l'empereur Auguste portant dans sa vanité un décret de recensement général, et l'abaissement de cet humble Enfant de la crèche, seul vrai maître de l'univers.