PARABOLE DU PHARISIEN ET DU PUBLICAIN
pour toutes mes fautes passées, et pour toutes mes offenses quotidiennes. Faites que, chaque fois, je remporte l'assurance d'avoir été exaucé et d'avoir reçu mon pardon ! »
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pARABOLE DE L'ENFANT PRODIQUE
premier Çoint
■OÏCI bien l'image vivante, dans cette touchante parabole, de "notre conduite et de notre condition, quand nous abandonnons Dieu par le péché. Il y eut un temps où je demeurais dans sa maison, son enfant aimant et aimé, plein de confiance dans sa bonté, ne désirant aucune autre richesse que ce qu'il me donnait lui-même. Connaissant par expérience sa bonté, 'je savais que l'avenir ne pouvait rien
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m'apporter de meilleur. J'aspirais à rester pour toujours avec ce Dieu, dans sa maison.
Hélas! vint une heure maudite, où l'inquiétude et le trouble couvrirent mon âme. J'en voyais d'autres qui vivaient au dehors, et qui semblaient goûter des joies, que ne pouvaient. me permettre les bornes resserrées de la demeure de mon Père. Le son de leur voix arrivait peut-être jusqu'à mes oreilles, m'invitant à me joindre a eux et à partager ce qu'ils appelaient leurs plaisirs. Au fond de mon cœur s'agitait un vague désir de connaître d'autres délices, que celles dont j'avais joui jusqu'alors. Peu à peu je m'aperçus qu'il me fallait choisir entre mon Père et son ennemi, entre la paix de sa maison et lagitation funeste de mes passions. Longtemps, dans sa miséricorde, mon Dieu s'opposa à mes projets ; la parole de son ministre, les conseils d'amis véritables me prévinrent des maux que j'allais si étourdiment m'attirer. Ils me suppliaient de demeurer où j'étais, dans la compagnie et dans la maison de mon Père.
Insensé que j'étais ! Je restai sourd à tous leurs avis, à toutes leurs remontrances. Je prêtai l'oreille aux paroles de déception que le tentateur me répétait, et je demandai à mon Père désolé, en même temps qu'indigné, la part d'héritage qui me revenait. Loin de lui, je livrai mon corps à tous les plaisirs des •> sens. J'employai ma fortune à me
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procurer toutes mes satisfactions. Je dépensai toutes les ressources de mon esprit à assouvir mes désirs sans rien réserver au souvenir et au service de mon Dieu. Je consacrai toutes mes facultés à mes fins personnelles, sans souci du but pour lequel elles m'avaient été données. Ayant abandonné la demeure de mon Père, je n'éprouvai bientôt plus pour lui qu'une froide indifférence. Je m'éloignai jusqu'à ce que je ne puisse plus le voir, et que rien ne pût me rappeler son souvenir.
Quelque temps, les plaisirs, les folles dissipations me le firent oublier. Mais bientôt la famine s'abattit sur ces régions où je me trouvais : mes ressources ne tardèrent pas à être épuisées; mon corps et mon esprit, se prirent de dégoût pour leurs vaines et indignes satisfactions. Ah ! le troupeau immonde que je gardai alors pour le tyran qui nxe commandait dans ce pays maudit ! Ah ! l'odieuse rétribution que j'en reçus! Les mets abominables que je dévorai pour apaiser la faim qui me torturait dans mon esclavage! Que je me parus dégradé à mes propres yeux! Je n'osais plus regarder vers le ciel, où demeurait mon Père si plein de tendresse. Mon cœur était tenaillé par le remords, mes pensées assombries de regrets ! Que de réveils pénibles, et que de craintes le soir en allant prendre mon repos!
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Pauvre prodigue que je fus! Enfant ingrat, dénaturé! Que j'ai été sévèrement puni, par mon cœur lui-même, de ma témérité et de ma faute !
Petudèmc ^cint
Que de fois, peut-être, cette scène s'est passée pour nous ! Notre cœur a-t-il été touché, et nous sommes-nous réconciliés avec Dieu, notre Père? Ou bien est-ce là un but encore à atteindre? Dans ce cas, appliquons-nous cette parabole.
Souvent, dans l'état misérable où je me suis trouvé, la voix de mon tendre Père, comme un doux murmure, s'est fait entendre à mon oreille, telle que jadis aux jours de mon innocence ; elle m'a parlé dans quelque méditation solitaire, et m'a dit : « Lève-toi, pauvre enfant; reviens à moi, je te recevrai avec amour! » En entendant ces accents, tout d'abord j'ai tressailli. Si loin était mon Père! Comment pouvais-je entendre sa voix? Alors, dans mon angoisse, je me suis écrié : « Non, non, c'est impossible ! Jamais il ne me pardonnera. Et puis, je suis trop faible pour retourner si loin. Je ne suis plus bon qu'à paître ces pourceaux, et jamais je ne pourrai demander à rentrer dans sa demeure. Non, il me faut rester où je suis, perdu pour toujours!... »
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Mais la voix de nouveau a insisté. D'où venaitelle ? Etait-ce de moi-même ou d'ailleurs ? Etait-ce mon oreille qui l'entendait ou mon cœur? Je ne sais. Elle me poursuivait de sa douce importunité, partout où j'allais. Tantôt elle semblait accuser mon ingratitude, tantôt elle se faisait émue et attirante. Elle était tour à tour sévère et indulgente, accusatrice et encourageante, toujours aimante. C'était bien la voix de mon Père. Ah ! pourrai-je jamais assez bénir l'heure où, vaincu par l'heureuse violence de cette voix, honteux de ma misère, fatigué de ma triste condition, je me suis levé, versant toutes les larmes de mon cœur aux pieds de celui que j'avais si longtemps offensé et méprisé ; l'heure ou j'ai pris ma résolution fermement : « Je retournerai à la maison de mon Père ! » Je me rappelais les jours heureux où, innocent et aimé, je m'asseyais parmi mes frères ; j'aspirais après le moment où je pourrais les revoir. Mais étais-je digne d'un pareil bonheur! Pouvais-je demander autre chose qu'un emploi parmi les serviteurs de la maison ? Oui, je travaillerai, je m'emploierai au service de mon Père ; je me ferais le. servant de ses enfants, et je consacrerai ma vie, mes facultés, toute mon âme, à préserver de mon funeste exemple tous ceux que je pourrai. Voilà tout ce que je demanderai ! Tel était mon désir, et il dépassait encore de beaucoup mes mérites.
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Mais que vois-je ? Mon Père bien-aimé accourt sur le chemin à ma rencontre, avant même que j'aie atteint sa demeure ! Il m'a aperçu et il se hâte le premier vers moi ! 11 ne me laisse pas achever ma propre accusation ; il me serre dans ses bras, et baise mes larmes de repentir. Déjà il a ordonné à ses serviteurs d'apporter l'anneau et les robes les plus belles, pour me couvrir et me parer. Déjà il a tué le veau gras, et a invité ses amis à venir se réjouir, car son fils qui était mort, est ressuscité ; celui qui était perdu est retrouvé !
^fiectionA et ^^olution6
« Est-ce d'un tel Père qu« je me suis éloigné? Est-ce d'un ami si tendre, au cœur si plein de mansuétude, que je me suis séparé ? Oh ! que je vous connaissais peu, mon Dieu !
Combien peu pouvons-nous vous connaître, jusqu'au jour où vous nous pardonnez! C'est dans les embrassements de la réconciliation que nous nous sentons vraiment vos enfants. Aucune faute, aucun forfait de notre part, n'a jamais été capable de briser votre amour paternel, ni de rompre les liens formés entre votre cœur et le nôtre ! Si prodigue que j'aie été, mon cœur a refusé d'aller jusqu'au bout du chemin de la perdition ; de loin
en loin, il a eu des envolées, qui lui rappelaient les beautés et les délices de votre demeure. Maintenant que, comme le passereau, il l'a revue, que, comme la tourterelle, il a retrouvé son nid sur votre sein, il ne le quittera plus.
Gardez-le de toute séduction, de toute tentation, ô Seigneur! Ne permettez pas que mes aînés, qui vous sont toujours restés fidèles, me repoussent et me méprisent à cause de mon indignité à demeurer sous le même toit. Cachez ma honte dans votre cœur. Et faites que, désormais, je vous aime et je vous serve avec plus d'ardeur que les autres, comme l'apôtre Pierre, ainsi que doit faire quiconque vous a offensé. »
^PeAUCOUP D'APPELÉ?, PEU D'ÉLU?
ES quelques mots suffisent à une sérieuse méditation ; car ils s'appliquent à tous, et à chacun en particulier, d'une manière immédiate.
€ Beaucoup sont appelés ^ » Dans une autre circonstance solennelle, le Sauveur avait dit : « Mon sang doit être versé pour le salut de beaucoup % »
1 Muiti enim sunt zocuti. S. Matth., xxii, 14.
2 S. Marc, xiv, 34.
c'est-à-dire, pour tous les hommes, puisque Jésus- Christ est mort pour tous. Ainsi pouvons-nous dire également que « beaucoup » signifie ici tous les hommes.
Toutes les fois que parle la voix de la conscience, c'est l'appel de Dieu. Cet appel pénètre jusque dans les solitudes brûlantes du midi, et jusque dans les forêts impénétrables du nord ; le sauvage de l'occident dans sa cabane l'entend, comme le nomade de l'orient sous sa tente. Il parle à l'oreille du petit enfant, avant l'éveil même de ses mauvais penchants; il fait entendre ses reproches au cœur du pécheur blanchi par l'âge, et lui demande de se repentir avant de quitter la terre. L'appel de Dieu résonne dans la brise tiède de l'été, invitant l'homme à l'aimer; il retentit dans les grondements de son tonnerre, rappelant à tous sa justice.
Il en est à qui cet appel est adressé plus directement et plus solennellement, non seulement par la voix de la loi naturelle, mais encore par l'éclat retentissant de la révélation. A des millions et à des millions d'êtres la parole de vie a été prêchée, les dons du Seigneur ont été offerts, les promesses ont été faites de la vie éternelle obtenue par l'observance des commandements, et par la foi aux doctrines révélées. Le sang des apôtres et des martyrs a crié vers eux, pour affermir leur confiance. Les vertus des saints se sont épanouies
BEAUCOUP d'appelés, PEU d'ÉLUS 1 73
à leurs yeux, pour leur montrer le chemin du bien. Dieu leur a fait entendre son appel dans son église, par ses prédicateurs, par les sacrements, par les attaques des adversaires et les encouragements des amis, par les livres qu'ils ont lus, par les circonstances qui les ont entourés, par sa loi et même par les transgressions dont ils se sont rendus coupables. Sommes-nous du nombre de ces appelés ? Oui, certes.
Mais il y a d'autres appels plus intimes, qui nous concernent aussi. Il est une circonstance de l'Evangile où des serviteurs sont envoyés par le Maître pour dire aux invités : « Venez à mon festin '. » C'est là que le Maître a réuni ses amis privilégiés, dans des liens plus étroits d'affection ; c'est là qu'il les appelle pour fréquenter ses sacrements, pour prier avec plus de ferveur, pour méditei avec plus d'attention, pour se tenir en sa présence, pour marcher dans son service et son imour. C'est l'appel des âmes choisies, quelle que >oit leur vocation.
Pour quelques-unes, le Seigneur donne encore
des témoignages d'amour plus vif. Il ne se contente
>as d'envoyer ses serviteurs vers eux ; il les appelle
lui-même, leur disant comme à Pierre et à Jean:
« Suivez-moi!» Dès leurs plus tendres années, il
I s. Matth., XXIV, 4.
les visite par des inspirations toutes particulières, et il leur communique des désirs ardents, bien que vagues d'abord, de se consacrer à lui. Il les nourrit et les purifie par le progrès de l'âme. Même au milieu des ténèbres des passions, qui parfois peuvent soulever quelque orage et menacer leur frêle embarcation, il garde allumée la flamme de la vie surnaturelle, qui leur est comme une étoile tutélaire pour les guider. Il les conduit lui-même par des sentiers miraculeux, à travers les rochers et les escarpements, et il les mène enfin au port de leurs désirs. C'est le plus grand et le plus bel appel qu'il puisse adresser aux enfants des hommes.
N'est-ce pas ainsi que nous avons été appelés? Depuis notre enfance, depuis que la voix de nos parents et de nos maîtres s'est fait entendre à nos oreilles, n'avons-nous pas été invités par Dieu à nous séparer du monde et de ses vanités, et à nous unir plus étroitement à lui? Depuis que nous avons mieux connu ses desseins, n'avons-nous pas senti, plutôt qu'entendu, au-dedans de nous, un appel qui nous invitait à nous faire les serviteurs de sa maison et les ouvriers de sa vigne? Ne sommesnous pas, dès lors du nombre de ceux qui sont tout spécialement des « appelés » ?,