NAISSANCE DE NOTRE SEIGNEUR I
refuser l'entrée des hôtelleries ; pour moi, que la pauvreté et l'indigence entouraient son berceau ! Qu'ai-je donc fait pour mériter tant d'amour ? L'ai-je aimé de façon à me rendre digne de tant de dévouement ? Ah ! plaise à Dieu que je puisse dire seulement que je ne suis pas tout-à-fait indigne de la moindre de ces marques d'amour 1 Plaise à Dieu que je puisse trouver, dans toute ma vie, un moment pendant lequel j'aurai aimé mon Sauveur comme je le dois î
Jùffcctionô et Ei^olutionô
Allons en esprit auprès de la Sainte Famille dans la pauvreté et prenons part aux souffrances du divin Enfant en le consolant par des témoignages d'amour. Disons-lui du fond du cœur : « O doux Jésus, vous vous êtes donc fait enfant par amour pour moi 1 Que n'ai-je été à Bethléem pour vous prendre dans mes bras et réchauffer contre mon cœur vos tendres membres glacés ! Que n'aiie eu une demeure digne de vous pour vous y abriter avec votre bienheureuse Mère, la vierge Marie ! Puisque vous dédaigniez les honneurs et les pompes de ce monde, du moins je vous aurais prodigué les caresses et le dévouement d'un cœur aimant. Oh! pauvres habitants de Bethléem, quel
trésor avez-vous perdu, ou plutôt quel trésor avezvous repoussé !
Mais non, si vous aviez reçu mon Sauveur et si vous l'aviez accueilli avec honneur, il ne fût pas devenu au même degré mon trésor et ma joie. C'est comme un Enfant faible et sans appui, malgré que vous soyez le maître de tout, ô Jésus, que je veux vous prier ; c'est couvert de pauvres langes en lambeaux, bien que ce soit vous qui revêtiez la nature de ses parures, que je veux vous aimer; c'est tout transi de froid dans votre berceau de paille que je me plais le mieux à vous embrasser et à vous presser sur mon cœur !
Oh ! oui, c'est toujours ainsi, tel que vous étiez à Bethléem que je veux vous contempler; rejeté par les hommes, afin de me mieux appartenir; pleurant, afin que je puisse pleurer avec vous; plein d'amour pour moi, afin que je puisse vous aimer !
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QUATRIÈxME MÉDITATION
J^AI??ANCE DE J^OTRE ^EIQNEUR (Suite)
premier Çoint
OTRE Sauveur eut de nombreuses ^*^ souffrances à supporter dans cette nuit de Noël, début de son existence ici-bas. Dès le premier instant de sa vie, sa raison et sa sensibilité jouissaient de leur entière perfection et le rendaient capable de comprendre et de ressentir tout ce qui lui arrivait. Sa naissance a lieu au plus fort de l'hiver, dans la saison la plus
rude et la plus pénible à supporter, dans les ténèbres d'une longue et triste nuit. Que notre terre dut paraître lugubre au premier regard qu'il reposa sur elle ! Quel présage de ce que devait être sa vie ! Quel commencement bien en harmonie avec le reste de son existence !
A cette même heure, peut-être, d'autres enfants venaient au monde. Mais des bras dévoués les berçaient, les enveloppaient de langes bien chauds et les déposaient dans un berceau moelleux; pour eux cette première nuit ne fut qu'un paisible sommeil, et n'a pu laisser de trace dans leur souvenir. Si un passant avait pu contempler la demeure de Jésus et celle de ces autres enfants, qui dans sa pensée brillerait un jour dans la gloire et la vénération? San^ doute l'un de ceux qui reposaient dans une chambre somptueuse ; quant à l'autre humble enfant, il eût versé sur lui des paroles de pitié : Pauvre petit être, vous êtes bien l'enfant de la misère et du malheur, paria dès le berceau, rejeté des hommes et relégué parmi les animaux, banni de toutes les maisons et réduit à une étable, repoussé des hôtelleries et n'ayant pour tout refuge qu'une crèche! Quelle triste destinée vous attend ! Quelle vie de misère présage une telle naissance !...
En tenant ce raisonnement, ce passant eût été dans le vrai pour une part: mais pour une part