CONSOLATION DE L'ÊTRE SOUFFRANT
Sois forte, mon ftme, qnoiqnMl puisse se faire ^ne demain tu sois arrachée aux joies du monde ; — courage, quoique peut-être la douleur la plus amère te laissera inconsolable. Relève toi, prépare-toi à paraître devant Pieu, tt espère ; sois digne de la glorieuse destinée que Celai qui est mort pour toi, le Fils, a obtenue de son Père. Cette vie n'est qu'on rêve de^courte durée.
Mets tout ton zèle à rendre heiireux ton prochmn, — et, quand le nnmde entier s'attierait contre toi , — ne te repens jamais de ta droiture, de ton zèle. Que les ruses ni les moqueries du péché n'étouffent la voix qui parle en toi^ qu'elles n'arrêtent pas tes actes de charité «t d'amour. Dieu dans le eiel te tiendra compte du bien que tu auras fait.
(IL TiMOTHÉE IV. 7-8.)
Le Chrétien le plus vertueux devrait déjà être le plus heureux ici- bas, cependant il n'en est pas *, toujours ainsi. La Religion, il est vrai, verse son baume consolateur, sa paix céleste dans le cœur de
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ses adeptes, de sorte qu au plus profond de leurs misères, ils ne sont jamais complètement malheureux; elle est une ancre de salut dans les orages les plus furieux, une étoile qui les guide dans la nuit la plus sombre. Mais il est des heures, des jours, où cette ancre même ne suffit pas, où Téclat de cette étoile semble faiblir. Il est des heures et des jours où la conscience de notre droiture, le sentiment de notre mérite, le souvenir de nos vertus, loin de consoler notre abattement, ne font que l'assombrir et nous accablent même d'un excès d'angoisse. C'est à une heure semblable que Jésus se prosterna dans la poussière, et, qu'en répandant des larmes de sang, il s'écria : « 0 mon Père, faites, s'il se peut, que cette coupe s'éloigne de moi! »» C'est à une heure semblable, étant sur la croix, qu'il fit entendre d'une voix mourante ces paroles : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as -Tu abandonné ? »
Il se peut que des souSrances extraordinaires viennent quelquefois ébranler notre foi. Quand — pleins de résignation aux voies de la Providence, d'une foi immuable en l'amour éternel de Dieu, d'une afiectueuse sympathie pour le malheur de notre prochain, et quoiqu'on nous dévouant avec zèle aux devoirs qui nous sont échus — nous sommes visités par le malheur et l'aflBiiction, pendant