‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 14 sur 40 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Qne tout ce qui respire loue le Seigneur! •— L'écho harmonieux éveille dans notre esprit une profonde dévotion, et une joie sainte et sans

Groûtez-Le, éprouvez-Le, voyez combien II est bon. La vérité, la compassion, le tendre amour, tels sont Ses attributs. Son rëgne est éternel, n domine sur nous et sur tout ce qui nous entoure, et Sa miséricorde est inépuisable.

Que tout ce qui sait aimer aime le Seigneur, n siège sur son trône, adoré par tous les saints, par les séraphins et les chérubins, par tous les habitants des cieux. Le plus heureux est celui qui L*aime le plus.

Comme les anges qui jouissent de la béatitude dans le céleste séjour, que nos âmes aient soif d'un amour constant pour Celui qui nous a créés, et qui nous soutient de Sa bienfaisante volonté.

Salut au Très-Haut! nous L'aimons à jamais. La poussière aime son Consolateur, — elle met en Lui sa confiance. Il satisfera toutes ses vives aspirations, tous ses désirs. — Il séchera luimême ses larmes.

(Saint Matthieu v. 8.)

Je sortirai de la fange de ce monde, je m'élèverai au-dessus des orages de cette vie, et je prendrai

100 , UN fVANT-GOUT DU CIEU

possession des choses sublimes qui procurent la paix durable de Tesprit, une félicité inaltérable. Que me fait le tumulte bruyant du monde, au milieu duquel je n'éprouve jamais une satisfaction parfaite ; où toute lumière a son ombre, où toute joie est accompagnée de tristesse ? Puis-je y vivre entièrement pour moi-même, m'y posséder complètement ? Non, j y suis victime de toute espèce de maux, en butte à mille perturbations, aux soucis, aux vains désirs, aux déceptions, aux événements sinistres, aux plaisirs promptement suivis de lassitude et de dégoût. Je ne me sens jamais moins dans la solitude qu'à ces heures où , seul , plongé dans une muette méditation, j'élève mon âme jusqu'à Toi, Souverain Maître de t(iutés les destinées. J'ai pitié de ceux qui n'ont jamais goûté de semblables ravissements ; heureusement le nombre en est peu considérable, car pour l'homme du monde même le plus frivole il finit par venir une heure — peut-être sonne-t-elle plus tôt pour lui que pour les autres — où le plaisir lui pèse, où la société est pour lui un fardeau, ou du moins ne lui procure plus qu'une bien faible jouissance, où il soupire après quelque chose d'inconnu, où, en réfléchissant à l'indignité de l'existence insignifiante qu'il mène, il commence à avoir le pressentiment et la soif ardente d'une vie meilleure.

Cependant il ne parvient pas à s'amender. Il lui semble incroyable, en effet, que ce soit au sein de la plus haute sagesse, dans la sainteté de la religion, qu'il lui faille chercher le souverain bien auquel il aspire. La religion, telle qu'il la comprend, lui inspire trop peu de respect. Ce n'est pour lui qu'un mélange confus de phrases, de préceptes vagues et décousus, restés dans sa mémoire depuis son enfance, mais snzr lesquels il n'a jamais médité, ou qu'il n'a jamais fait le moindre effort pour coordonner: Il s'étonne que l'on s'accorde à y trouver des sujets d'une si haute importance ; il prend cela pour de l'affectation, et pareille folie le fait sourire de pitié ; puis, le cœur défaillant, il reprend son ancien genre de vie, ses amusements accoutumés, qui ne tardent pas à l'abreuver d'un nouveau dé- {;oût, à le convaincre encore une fois qu'il n'y a aucune joie dans une pareille existence.

Sous un certain rapport, il a raison : les fragments sans liaison de phrases bibliques, appris par cœur dans l'enfance, qu'il appelle sa religion, et qu'il bannit de sa pensée aussitôt après la clôture du service divin (auquel il assiste simplement parce que c'est l'habitude générale), composent, il est vrai, une piètre religion, qui n'a aucune affinité avec la religion que le Messie nous a révélée. La religion de Jésus n'est pas une affaire de mémoire ni de rou-

tine, mais une puissance Divine qui vivifie Tàme humaine.

C'est pourtant de cette manière que des milliers de gens passent leur vie, poursuivant leur métier, leur art, Iqur commerce, leurs études; se laissant, en temps de paix comme en temps de guerre, dévorer par des plaisirs éphémères et des douleurs sans fin. Ils font du hasard 1 arbitre de leur bonheur, de leur tranquillité ; ils s'imaginent qu'il leur est après tout impossible de rien faire pour obtenir le contentement d'eux-mêmes, ignorant complètement qu'il dépend de l'homme de se procurer un bonheur durable et de savourer, même sur cette terre, un avant-goût du Ciel. Ils finissent par apprendre à mépriser tous les plaisirs, et quelquefois par devenir des mécontents, des misanthropes que rien ne peut satisfaire, — par être dégoûtés de la vie^ parce qu'ils n'ont pas su en découvrir la véritable jouissance.

Il y en a d'autres plus sages, qui, fortifiés par la religion , ou animés et exaltés par de plus nobles sentiments, ne nient pas la valeur de cette vie terrestre, mais ils déplorent la nature périssable de tous les plaisirs. Beaucoup disent : « Moi aussi, il fut un temps oùj'étaisparfaitement heureux, j'avais un avant-goût du Ciel. Je nageais dans les délices. Mais • — avec quelle rapidité mon rêve s'est éva-

noui ! Oui, ce n'était qu'un rêve qui est bien loin maintenant, dissipé comme une ombre légère dans les nuages du passé: bientôt il ne m'en restera môme plus le souvenir. Alors je poursuivrai mon chemin à travers la morne monotonie de' la vie, comme dans la solitude d'un désert. »»

Que chacun de nous jette un regard en arrière sur les jours écoulés ; qu'il réfléchisse, et se demande : u Quel a été le temps le plus heureux de ma vie? Quels en ont été les moments les plus doux? »

Beaucoup se rappelleront l'innocence et les jeux de l'enfance, cet âge où la vie est colorée des teintes rosées de l'aurore. Alors la plus simple bagatelle nous paraissait un trésor, une fleur avait pour nous la valeur d'un bijou , une promenade faisait notre bonheur; chaque chose avait à nos yeux une plus haute signification ; notre âme ravie semblait s'identifier même avec les objets inanimés qui nous entouraient, et nous entrions en conversation, en commerce d'amitié avec des choses qui ne pouvaient nous rendre notre affection. Nous glissions avec une heureuse insouciance sur les épines semées sur notre chemin, et les meurtrissures qu'elles nous faisaient étaient oubliées aussitôt qu'était séchée la larme arrachée à nos yeux par la douleur. Oh ! quels brillants horizons nous déroulait l'avenir 1 Quelles belles

espérances ne formait-on pas sur nous, et ne concevions-nous pas nous-mêmes sur ce que nous ferions plus tard! « Oui, c'était le plus beau temps de ma vie ! »» s'écrieront plusieurs de nous.

Je le crois. Cependant, à considérer les choses de plus près, il me semble que chaque âge a ses joies, et que Dieu les a départies ainsi pour notre plaisir. Il ne saurait être dans notre destinée de rester toujours enfants; — qui de nous, en effet, voudrait qu'il en fût ainsi? Qui désirerait recommencer ce rêve du passé , duquel nous voyons chaquo enfant aspirer si ardemment à sortir pour pouvoir prendre part aux plaisirs d'un âge plus avancé? Il serait triste que la vie ne renfermât pas une félicité plus élevée que celle de l'enfance, car celle-là ne revient jamais. Il me semble que le souverain bon^ heur ne devrait être que celui que l'homme d'une volonté ferme peut renouveler à n'importe quelle époque de sa vie.

Mais examinons de plus près ce qui constituait le bonheur de notre enfance. Étaient-ce les objets extérieurs dont nous étions environnés? la richesse, le luxe, les honneurs? Ohl non ! Assis sur un tas de sable, nous nous trouvions plus riches qu'un roi, avec quelques planches nous nous bâtissions des palais; une petite image nous enivrait de joie. Pourquoi? Assurément ces plaisirs prenaient leur

source en nous, et non dans le monde extérieur. Nous nous contentions de ce que nous avions, et comme Tabeille nous butinions ie miel même sur la plus humble des fleurs . Sans souci du lendemain, nous nous figurions que chaque jour possédait ses joies, et nous ne songions qu'au présent. Avions-nous des vêtements et une nourriture suffisante, nous n'en demandions pas davantage. Nous avions le cœur léger, et bien qu'ayant éprouvé alors dans une petite sphère, comme nous l'avons éprouvé depuis dans une plus grande, que la vie était pleine de désagréments, de larmes, et de craintes, nous ne nous appesantissions jamais longtemps sur la cause de nos chagrins ; au contraire, notre bonheur était rehaussé par la pensée d'avoir échappé à quelque sujet de terreur, notre joie était doublée au sortir d'un état de soufirance. C'est pourquoi nous nous plaignions rarement. Nous étions gais parce que nous ne prévoyions pas le mal, parce que nous avions le cœur pur et la conscience libre. Rappelons-nous quels furent les moments les plus amers de notre enfance! Ce lurent ceux où nous fîmes mal pour la première fois : craignant d'être découverts, nous attendions, en tremblant, le châtiment qui nous était réservé ; mais cette crainte même nous servait de correction. Nous avons résisté au péché lorsqu'il est venu en^ suite nous tenter de nouveau. Le châtiment subi,

la faute expiée, nous reprenions notre enjouement habituel*

Hélas ! pourquoi avons-nous oublié la sagesse de notre jeunesse? Pourquoi, en vieillissant, sonunesnous devenus plus insensés que nous ne Tétions dans l'enfance? Pourquoi nous plaisons-nous à nous tromper nous-mêmes d'une façon impardonnable? Pourquoi, au lieu de chercher notre bonheur et notre bien-être en nous-mêmeSy lattendons-nous de circonstances qui sont hors de notre portée, et qui, en définitive, ne prennent, par rapport à nous, que le caractère dont nous les revêtons nous-mêmes ?

Pourquoi nous obstiner follement à fixer nos pensées sur ce qui est désagréable plutôt que sur ce qui peut nous procurer d'innocentes jouissances ? Pourquoi notre cœur n'est-il plus aussi facile à satisfaire qu'à cet âge heureux ou un rien nous causait du plaisir? Pourquoi ne trouvons-nous pas notre position assez élevée, notre revenu suffisant, nos vêtements, nos meubles assez splendides, quoique nous habitions aujourd'hui une maison bien plus riche que l'humble chaumière dont nous nous contentions autrefois? Pourquoi sommes-nous perpétuellement troublés par une inquiétude secrète et incessante, par un remords qui ne nous laisse pas un instant de repos? Pourquoi ne goûtons-nous jamais un plaisir sans savoir que le fiel est au fond de la coupe?

Parce ^ue nous avons dépouillé la sagesse, apa- ^ nage de Tenfance ! Ni le monde, ni les gens qui nous ; entourent n*ont changé ; c'est nous qui avons changé. Nous nous sommes menti à nous-mêmes, et nous nous sommes attachés à des objets étrangers, comme s'ils pouvaient nous. rendre le bonheur que nous avons perdu ; nous avons beau nous acharner à présent avec une opiniâtreté aveugle, jamais nous ne' retrouvons la félicité des premiers jours. Ce n'est pas un ange déchu, c'est notre vanité, notre ambition, notre convoitise, notre dissipation, notre orgueil, notre astuce, notre envie, notre haine, qui nous a chassés du paradis de la jeunesse. — « A moins que vous ne deveniez comme les petits enfants, » dit Jésus-Christ, le Sage des sages, « vous ne pouvez entrer dans le royaume des Cieux ! »

Si donc tu crois que ton enfance a été le plus heureux temps de ta vie, n'oublie pas pourquoi il en a été ainsi. 11 dépend de toi d'étendre aux autres époques de ta vie la joie céleste de tes premières années. Redeviens ce que tu étais dans ton bas âge : simple, pieux, indulgent, aimant, content de peu, et tu savoureras de nouveau l'avant-goût du Ciel que tu avais autrefois. Alors tu comprendras Jésus, le Sage des sages, dont tu as sans doute lu souvent les paroles, mais sans en comprendre entièrement la profondeur.

Il y a, toutefois, un grand nombre de personnes dont l'enfance a été troublée par des maladies, par les mauvais traitements d'un beau-père ou d'une marâtre, par d'autres malheurs encore, et qui ne peuvent par conséquent regarder cet âge comme le plus heureux temps de leur existence. Mais si tu dois être rangé parmi ces infortunés, dis-nous quelle 'a été la période la plus agréable d'une autre fraction de ta vie. C'a été sans doute celle où ton cœur s'est ouvert pour la première fois à l'amour, où, maître de tes actions, tu as marché pour la première fois d'un pas libre dans le monde. Tu te rappelles encore ces heures de douce rêverie, tes espérances, tes aspirations. Sous l'influence des sentiments ineffables qui agitaient alors ton cœur, le ciel et la terre avaient plus d'éclat à tes yeux ; chacune de tes pensées était consacrée à l'être aimé ; tout ce qui s'y rattachait prenait une plus grande valeur dans ton esprit. Il suffisait d'un regard pour te rendre heureux; pour toi le présent le plus modeste était plus précieux qu'une couronne; tu n'aurais pas changé pour le joyau du plus grand prix la première fleur que tu reçus de la main de ta bien-aimée. Tu étais revenu une seconde fois dans le ciel de ton enfance, mais animé de nouveaux sentiments, d'un nouvel esprit. Tout te paraissait entouré d'une Divine auréole, et l'être cher à ton cœur paré des

plus nobles vertus ! Que de fois, dans ton humilité, ne t'es-tu pas considéré comme indigne de l'amour qu'on te prodiguait! Quelle ardeur ne mettais-tu pas à t'efforcer de devenir meilleur et de plaire en possédant les plus belles qualités ! Quelle source de félicité et de consolation ne trouvais-tu pas souvent dans ta tristesse et même dans tes souffrances ! De quelles sublimes résolutions ton âme n'était-elle pas capable à cette époque! Comme le vice, comme toute pensée et toute action impures faisaient alors rougir ton front!

« Moi aussi, » s'écrient bien des gens dans la mémoire desquels se réveille le souvenir de ces jours passés, « moi aussi j'ai été autrefois dans le paradis! J'ai nagé dans le bonheur! Et pourtant ce n'était qu'une folle illusion, le mensonge d'une imagination en délire. Trop tôt, hélas ! mon rêve a cessé, et, redevenu plus calme, je me suis aperçu que les nombreuses perfections que j'attribuais à l'objet aimé n'étaient qu'imaginaires ou n'existaient qu'à un très-faible degré. »

Oui, voilà ce que tu as éprpuvé; néanmoins, ces jours comptent parmi les plus heureux de ton existence terrestre. Où la félicité qui remplissait ton cœur avait-elle donc sa source? Ce n'était pas dans le monde extérieur, — car tu viens d'avouer ton erreur; non, l'être céleste que tu aimais vivait en

toi, et tu avais transporté son image dans le monde extérietir. Tu aimais la perfection, la noblesse du devoir, le charme de la bonté, la grandeur de la vérité, — et non la perfidie, la vanité, la richesse, le rang. Tu aimais, et ton amour embellissait jusqu'aux défauts de l'être auquel il s'était donné.

Le premier éveil de l'amour n'est qu'une renaissance de l'innocence et du respect pour l'élément Divin de la nature de l'homme. Et cet élément Divin, objet de ton hommage, tu le renfermais en toi-même, et maintenant tu le qualifies d'illusion, parce que tu n'as pu trouver hors de toi cet idéal de toutes les perfections que tu avais rêvé.

Pourquoi n'as-tu jamais depuis goûté un bonheur égal? Pourquoi as-tu rejeté avec l'illusion le bienheureux amour des choses Divines et de la Perfection? Pourquoi n'as-tu pas cherché l'idéal au dedans de toi , puisque tu ne pouvais le trouver ailleurs ? Pourquoi n'as-tu pas fait tous tes efforts pour acquérir cette rare perfection , ce charme de la bonté, cette grandeur de la vérité, dont l'idée te causait un* si grand ravissement? Pourquoi as-tu cessé de t'améliorer, de te parer de nobles qualités, comme tu avais cherché à le faire auparavant pour plaire à ta bien-aimée? Pourquoi n'évites-tu plus aujourd'hui, comme tu le faisais autrefois, l'impureté, le vice, les mauvaises passions? Si tu avais continué de

le faire, tm nagerais encore dans la félicité,, car le • inonde te rendrait hommage, et l'approbation de * Dieu t'élèverait au-dessus de tous les mauX tie la terre. 0 homme dégénéré ! si tu étais resté fidèle à* l'idéal de perfection que tu avais conçu dans ta jeunesse, tu aurais encore aujourd'hui un avantgoût du Ciel !

Mais tu as été infidèle à toi-même, à la noble nature qui vit en toi. Tu n'as pas trouvé chez autrui toutes les perfections que tu adorais, et par conséquent tu t'es oublié, tu es devenu aussi abject, aussi mauvais, peut-être même pire que les autres hommes ; c'est à cela que tu dois que ton Ciel a fui loin de toi.

0 Seigneur, mon Dieu, Créateur de la félicité céleste que l'on goûte sur la terre, moi aussi, j ai autrefois nagé dans les délices ; moi aussi, j'ai autrefois eu l'avant-goût des choses du Ciel. Ah ! ta bonté inépuisable accorde encore aujourd'hui un paradis à chaque âme terrestre, comme autrefois tu en donnas un au premier homme, créé à Ton image. Il dépend de chacun de nous de le conserver, et nous le conservons tant que nous gardons pur lotre cœur, tant que nous ne profanons pas l'élément divin de notre nature. Mais la soif impure d'un bonheur étranger nous fait sortir de notre Éden, et nous ne Te voj^ons plus. Comme la brute, nous dévorons des yeux les

» biens^ ce monde périssable, au lieu d'élever nos " çegards vers le Ciel, ainsi qu'il convient à des créa- * .turçte formées à' Ton image.

• Une ^seconde fois le chemin du pariadis perdu nous a été rouvert par Toi, ô Divin Sauveur et Maître ! qui a pris pitié du monde, par Toi et par Ton verbe! Pourquoi fermons-nous l'oreille à Ta voix? Le plus grand désir de tous les hommes, c'est d'être parfaitement heureux : dans l'enfance, dans la jeunesse, le pouvoir magique de la vertu nous donne un avant -goût de la béatitude céleste ; — pourquoi, ô Jésus, ne comprenons-nous pas le véritable sens de la sagesse de tes paroles, quand tu nous dis : « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! »

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