‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 21 sur 40 · CONTENTEMENT A L'HEURE DE LA MORT · texte numérisé non relu

CONTENTEMENT A L'HEURE DE LA MORT

Je oonnait, je coimaift celai en qui j^ai foi, et je m^agenoaiUe humblement devant Toi, dans la poussière, mon Sauveur, mon Maître, et mon Dieu. Si je puis être exempt de péchés et espérer Ton aide dans le besoin, oh I alors j^aurai ma place au ciel !

Et quand mon dernier sommeil sera proche, j'oserai sans doute, et sans crainte, adresser nn regard au bien-aimé qui est au ciel. Et aucun de ceux qui m^ont connu et aimé id-bas ne se repentira ou ne s^attendrira sur la tombe dans laquelle je reposerai.

(Apocalypse xiv. 13.)

Chaque chose passe et meurt à son tour : Therbe des champs, les animaux et l'homme. Nous arrivons, nous regardons autour de nous et nous quittons ce monde. Qui peut dire si nous devons partir à la

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fleur de la jeunesse ou dans la plénitude de la vie ? Et ce n'est, après tout, que peu important; car que sont quelques jours, quelques années de plus ou de moins, si ce qui est passé est comme s'il n'avait jamais été? Les cendres de l'enfant et les cendres du vieillard reposent côte à côte dans la tombe, et il n'y a maintenant aucune différence entre elles. Une génération nouvelle qui ne sait rien d'eux, ne parle pas d'eux, vit et meurt au-dessus d'eux, mais elle sera bientôt couchée à son tour à leurs côtés.

Nous savons tout cela, et nous redoutons le fatal moment, mais en vain. Que ce soit sur le champ de bataille, sur un lit jde 'douleur, au milieu de nos parents, ou dans une prison solitaire, peu importe, nous sommes sûrs qu'il viendra.

Chercher à nous tromper nous-mêmes, et ne ▼amais envisager ce moment, est aussi dépourvu de ens que de nous tourmenter sans cesse avec des idées de mort, et mêler ainsi l'amertume à tous les plaisirs de la vie. Mais il est sage de réserver, pour ce moment redouté et solennel, une joie qui change en douceur tout ce qu'il a de terrible.

Bien des personnes y pensent, il est vrai, mais elles n'y pensent pas toujours avec discernement. Dans leur choix elles se trompent souvent, et sont à côté de ce qui doit les consoler à l'heure de la dissolution.

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Il y en a beaucoup qui travaillent avidement pendant toute leur vie à amasser de Targent, afin de pouvoir laisser à leurs enfants une fortune considérable, ou tout au moins des moyens d'existence assurés ; cela est très-louable sans doute ; ce doit être une grande consolation pour eux à leur dernière heure, quand ils vont quitter ceux qu'ils aiment, de penser qu'ils ne manqueront de rien quand personne ne sera là pour veiller sur eux; qu'ils ne restent pas entièrement abandonnés, entièrement privés de ressources ; qu'ils ne mendieront pas, et ne seront pas repoussés comme des êtres inutiles; qu'ils sont placés dans une situation à pouvoir mener une vie indépendante et honorable. Assurément c'est là une grande consolation. Cependant ce n'est là qu'une joie mesquine. Car la bonne ou la mauvaise fortude de ceux que nous aimons ne repose pas seulement, après notre mort, sur l'argent que nous leur laissons. Leur sort futur dépend bien plus de leur habileté, de leur savoir, de leurs vertus, de Tamitié et de la ^considération des hommes, et surtout des bénédictions de Dieu. Tout l'argent du monde ne saurait nous rendre heureux, si nos dispositions sont mauvaises. Il est vrai qu'une fortune modeste empêchera nos enfants d'être dans une trop grande dépendance des faveurs ou des caprices des autres hommes. Mais il n'y a que celui qui a

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élevé ses enfants de manière aies rendre heureux et contents, indépendamment de l'argent, qui puisse dire qu'il leur laisse de véritables richesses, que les voleurs ne peuvent leur ravir, que les circonstances ne peuvent altérer, et que les vers ne peuvent manger. Enfin, si nous ne pouvons trouver d'autre consolation à l'heure de la mort que de laisser à ceux que nous aimons quelques ressources pécuniaires pour les aider à traverser la vie, nous n'en avons en vérité que bien peu ! Les païens eux-mêmes avaient celle-là! Nous n'avons fait qu'accomplir un devoir très-urgent et satisfait notre ambition personnelle.

D'autres réservent pour l'heure de la mort une joie qu'ils ont été assez durs pour se refuser pendant toute leur vie. Nous entendons dire que des personnes ont, en mourant, pardonné à leurs ennemis, et qu'elles se sont sincèrement réconciliées avec eux.

Il est vrai que se réconcilier avec ses ennemis est une joie pour l'âme. Désirer faire oublier nos offenses est la preuve d'un noble caractère, si nous avons blessé quelqu'un par notre orgueil, notre avarice ou notre colère. Mais si nous considérons la chose de plus près, qu'est-ce qu'une réconciliation avec nos ennemis à notre lit de mort? De fait, rien de plus qu'une déclaration que nous désirons faire notre paix avec eux, -maintenant que nous ne pouvons

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lear nuire plus longtemps. Que penseriez-vous de la sincérité du désir de se réconcilier d'un homme qui, au moment d'être jeté en prison, promettrait de se bien conduire, et vous demanderait pardon pour le passé? Ceux qui sollicitent une réconciliation à l'heure de la mort ne sont-ils pas dans le même cas? Tous ceux que dans le cours de la vie nous avons oflTensés, soit en paroles, soit en actions, sont-ils présents? Notre volonté de nous réconcilier avec eux peut-elle compenser les heures pénibles et les jours d'ennui que nous leur avons causés par notre caractère querelleur et désagréable? Et sommes-nous certains qu'ils nous aient pardonné toutes nos offenses? Pourquoi as-tu reculé jusqu'à l'heure de ta mort ce que tu aurais dû faire chaque jour de ta vie, et pourquoi ne cherches-tu à faire la paix que lorsque ton inimitié ne peut plus être dangereuse ? Penses-tu que ce désir, développé en toi par la crainte qui est dans ton cœur, suffise pour étouffer les soupirs de ceux que tu as offensés, de manière à ce qu'ils ne se lèveront pas au Ciel pour témoigner contre toi?

D'autres encore, entendons-nous dire, en disposant de leur bien par testament, n'ont pas oublié les pauvres, ils ont fait des dons généreux à des hôpitaux, ou à d'autres institutions publiques utiles; d'autres fois ils ont nris des arrangements particu-

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liers pour restituer à leurs véritables propriétaires des biens qu'ils avaient obtenus par des moyens illicites. Cela est juste. Nous ne devons pas quitter ce monde avec la conscience d'avoir commis une injustice sans prendre des mesures pour faire toutes les réparations qui sont en notre pouvoir. II. est louable de penser aussi au bien général dans la manière dont nous disposons de nos fortunes après notre mort. Non-seulement nos enfants ou nos alliés par le sang sont nos proches, mais tous les enfants de Dieu, tous ceux pour qui Jésus-Christ est mort le sont également. Cependant le plaisir que nous éprouvons à donner ce que la mort nous empêche de posséder plus longtemps doit être un pauvre plaisir. Pourquoi, àme avare et peu généreuse, ne donnes-tu pas pendant ta vie, et pourquoi ne répands-tu pas ainsi le bonheur et la joie? Ce qui cesse d'être un mérite à la dernière heure en eût été un pendant ta vie. La pauvre veuve, dont parle TÉvângile, indigente comme elle Tétait, apportait son obole au trésor. Mais toi, tu as amassé autant de richesses que tu as pu, et tu n'es devenu généreux que lorsque le moment est venu où tu ne peux plus en jouir. Toi qui as dépensé ta fortune en splendides réceptions, dans la pompe et le luxe, en flattant ton palais avec les mets les plus délicats et les plus chers, et qui n'as songé à vêtir ceux qui sont nus, à nourrir ceux qui

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ont faim, que depuis que la maladie et rapproche de la mort sont venues t'empêcher de continuer ta vie de plaisirs et de débauche, — quel est ton mérite? Tu es moins gourmand parce que l'appétit te manque, et tu donnes ce qui ne peut plus te servir. En vérité ton mérite n'est pas grand : peux-tu espérer que cela suffira pour adoucir Tamertume de la coupe de la mort?

C'est une consolation à Theure de la mort que de se voir entouré d'amis, de parents bien-aimés, et de voir, dans leur douleur et leurs larmes, le doux témoignage de leur affection et de leur tendre attachement. Mais cela suffit-il à éloigner toute l'amertume du dernier moment? Qui n*est pas attristé à la vue de la mort? Il est impossible d'assister sans émotion aux derniers moments d'une personne entièrement étrangère. Pouvons-nous donc considérer que cela tient à notre mérite personnel, et regarder, comme une preuve de notre valeur intime, que ceux qui ont été habitués à vivre avec nous pendant de longues années et avec lesquels nous avons eu les relations de la plus étroite intimité, pleurent notre mort? Ne serait-il pas plus satisfaisant d'apprendre à notre de^^nier moment que même ceux avec lesquels nous n'avons jamais eu de rapports, ou tout au moins que des rapports accidentels, éprouveront du chagrin en apprenant notre

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mort? Que toute la ville pleurera et dira : !Nons avons perdu un homme juste et droit, un soutien du pauvre et de l'affligé, un promoteur actif de tout ce qui est utile, un philanthrope dans le sens complet du mot? »

En vérité, une des plus grandes joies que nous puissions éprouver au moment de la mort, est la conscience qu'en quittant le monde nous laissons après nous un souvenir respecté de tous ceux qui nous ont connu; tandis que d'un autre côté il ne peut y avoir rien de plus pénible que la conviction que beaucoup de ceux qui survivent voudraient ne jamais nous avoir connu, ou n'avoir jamais été mis en rapport avec nous.

Cette douce consolation de savoir qu'aucun de ceux qui Lui survivaient ne regrettait de L'avoir connu a été éprouvée par Jésus- Christ. Il s'est sacrifié et est mort pour le bonheur de toutes les âmes; Il est mort avec une charité et un dévouement inexprimable même pour les ingrats qui l'avaient méconnu et mal jugé. Il est mort, mais Ses bourreaux eux-mêmes ne pouvaient s'empêcher de L'admirer; et Ses juges déclaraient qu'ils ne voyaient aucun mal en Lui. Un peuple abusé, dans un accès de passion sauvage. Le mit à mort, — mais Jérusalem pleura. Après un laps de quelques jours. Ses ennemis furent saisis d'une panique vengeresse, et des

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milliers d'individus, qui avaient été contre Lui, vinrent chercher un refuge en Lui. Aujourd'hui même, après bientôt deux mille ans, les races qull a rachetées pleurent au souvenir de Ses souflfranccs et de Sa mort. En vérité, c'est là mourir en Dieu! C'est être suivi par les bénédictions de ses œuvres longtemps après sa mort.

« Heureux sont ceux qui sont morts depuis dans le Seigneur : Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs fatigues, et que* leurs œuvres les suivent. » {Apocalypse 13.)

Et cela — oui, rien que cela — est la dernière joie que tout homme ou toute femme sage, tout vrai Chrétien doit réserver pour l'heure de sa mort. Avec une telle certitude il est doux de se laisser aller au sommeil. Mais que veut dire mourir dans le Seigneur? Cela signifie mourir dans l'esprit et dans la sainteté de Jésus-Christ. Mais que signifie mourir en Jésus? Cela signifie mourir non-seulement en ayant foi en Dieu et en Jésus (car les démons croient et tremblent), mais ne faire qu'un avec Jésus. Et comment pouvons-nous mourir en Jésus si nous n'avons pas vécu en Lui? Que' signifie vivre en Jésus? Cela signifie vivre et agir selon Son esprit et d'après Son exemple, vivre et agir comme Il aurait vécu, pensé et agit, s'il eût été à notre place.

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