‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 22 sur 40 · CONTENTEMENT A L HEURE ÛE LA MORT · texte numérisé non relu

CONTENTEMENT A L HEURE ÛE LA MORT

Celui seulement qui a vécu dans le Seigneur peut mourir dans le Seigneur. Celui qui meurt véritablement en Dieu mérite seul le nom de bienheureux. Il se repose de ses fatigues, — il se repose, — non de ses plaisirs, non de ses efforts pour s'attirer les richesses, les honneurs et Tadmiration, ou la pompe et la splendeur, mais de ses fatigues pour le bien et le bonheur des autres. Et on peut le dire bienheureux, car ses œuvres le suivent.

.. Elles le suivent à Theure de- sa mort, et leur r souvenir est sa dernière consolation. Il quitte le f monde avec joie, avec cette douce pensée '4 De tous ^ceux qui me survivent, aucun ne peut se repentir /•de m'avoir^-connu ou d'avoir eu des rapports avec { moi. Je ne laisse après moi personne qui se réf jouisse de ce que je suis retranché du nombre des vivâjats, p^rce que ma vie lui a été oppressive et nuisible. Non; je laisse un cercle d'amis auxquels je [ n'ai jamais fait volontairement le nioindre tort, bien /que j'aie pu ne leur faire aucun bien. J'ai fait dans i ma vie le peu de bien que j'ai pu. Je me suis souivent demandé, au moment d'agir ou de parler : i Jésus aurait-Il agi ainsi, aurait-Il pensé et parlé de (cette manière, dans des circonstances identiques? :J'ai vécu dans le Seigneur, et c'est pourquoi je vmeurs dans le Seigneur. Mon Sauveur vit dans la 'bienheureuse Éternité, et j'y vivrai aussi. Heureux

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celui qui meurt dans le Seigneur, car ses œuvres le suivent.

Elles le suivent dans la tombe. Oh ! quelle pompe funéraire peut être comparée au souvenir de nos vertus chez ceux que nous laissons derrière nous; aux larmes d'aflFection que nos amis répandent 8ur nos bontés; au respect avec lequel nos compatriotes chérissent notre souvenir ; à Témotion avec laquelle des étrangers eux-mêmes s'écrient : En vérité , on peut dire que cet homme est heureux dans la mort, car ses œuvres méritoires le suivent! Oui, elles le suivent, et tourneront en bénédictions pour ses enfant$ et les enfants de ses enfants. Son nonj, qui vit dans le souvenir de ses concitoyens, est ïa meilleure recommandation pour les parents qu'il laisse der-' rière lui. Le monde est disposé à récompenser une " mère et un père défunts en comblant leurs enfants de bienfaits. Les* parents sont honorés dans leur progéniture ! Malheur à celui qui n'a rien à laisser aux êtres qu'il aime, que de l'argent ou des biens qu'on peut acheter à prix d'argent! Les richesses so dissipent ; mais un nom honorable acquis par la possession de grandes vertus est un trésor sacré que ne sauraient détruire ni les flammes de la giierre, ni la fourberie des hypocrites, ni l'injustice des grands, ni la violence des méchants. Quand l'esprit du mourant peut se reposer avec complaisance sur cette

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pensée, il goûte dans la mort une béatitude inexprimable, car il sait que « ses œuvres le suiveiit. » Elles le suivent dans la vie meilleure dans laquelle il entre au sortir du tombeau. La Justice Rétributive siège au-dessus des étoiles; — qu'à cette pensée tout pécheur tremble et tout homme de bien se réjouisse ! Le Dieu de justice existe, et je vivrai avec Lui. Ce que j'ai fait aux plus petits des frères de JésuSj qui sont aussi mes frères, c'est à lui que je ' l'ai fait. Dieu me récompensera ! Les sincères remerciements des malheureux que j'ai consolés auront un écho dans les Cieux. Les douces larmes que la joie ou l'émotion fait verser à un cœur sénsâble en entendant le récit des bonnes actions que j'ai faites sans ostentation et avec désintéressement sont reflétées dans les Cieux ; les louanges libres et franches— que je n'aurai ni recherchées ni entendues sur terre — et avec lesquelles mes amis parleront des iifôtitutions philanthropiques et d'autres œuvres d'utilité publique auxquelles j'aurai contribué, seront entendues par moi dans les Cieux. Ah ! quel ravissement doit s'emparer du cœur du mourant qui peut se dire : «« Loin de laisser derrière moi quelqu'un qui soit disposé à maudire ma mémoire, je puis espérer en toute con^ance que plus d'un de ceux qui me survivront se souviendront de moi avec affection ! »

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Je mourrai un jour 1 — Cela est hors de doute. Mais, à l'heure du trépas, éprouverai-je cette joie ineffable qui adoucit ramertume de la séparation? Ne dois-je pas souhaiter qu'il en soit ainsi? Y a-t-il quelque chose que je redoute autant que Theure de la dissolution? Et pourquoi donc ne pas m'efforcer de me préparer pour cette heure toutes les joies qu'il est en mon pouvoir de ressentir? Ah! « bienheureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur! »»

Hélas ! peut-être la nuit prochaine sera ma dernière nuit, ou le mois prochain mon dernier mois ! (Qui sait quand sonnera l'heure où Dieu l'appellera du milieu de ses œuvres?) Dans ce cas, goûte rai-je la dernière et la plus douce de toutes les joies de la terre?

Si j'étais condamné à mourir dans un instant, pourrais-je poser ma tête sur J'oreiller de mon Ut de mort avec la persuasion que je ne laisse derrière moi, en ce monde, personne qui ait raison de se repentir d'avoir eu des relations avec moi? N'y a-t-il personne qu'en parole, en action, ou par mon exemple, j'aie entraîné au péché? Personne qui rougisse en cachette en se souvenant de moi? N'existe-t-il personne à qui j'aie nui dans l'estime de ses concitoyens par des médisances envieuses, par un jugement téméraire, ou par des sarcasmes inconsidérés? N'y a-t-il personne qui soit contrarié d'entendre

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prononcer mon nom, parce que j'ai méchamment porté atteinte à sa bonne réputation par amour du dénigrement? N'y a-t-il personne à qui j'aie pris injustement ce qui lui appartenait légitimement^ que l'en prive même encore, et qui sans doute a négligé de me le réclamer, parce que j'ai agi avec tant de ruse qu'il ignore qui est son spoliateur? Dois-je laisser à mes héritiers des biens si injustement acquis, et auxquels ne saurait s'attacher aucune félicité? N'y a-t-il personne dont j'aie empoisonné l'existence par mes caprices, par mon caractère difficile à contenter, querelleur, et dominateur? N'y a-t-il personne qui puisse se plaindre un jour que je n'aie pas veillé avec plus de soin à son éducation ? N'y a-t-il personne que j'aie offensé, et dont je doive implorer lô pardon? N'y a-t-il personne qui m'ait blessé, et que je haïsse encore, ou avec qui je sois en désaccord?

Je mourrai un jour — c'est hors^ de doute. Mais mourrai-je dans le Seigneur? Ai-je vécu dans le Seigneur? Ah! je dois me voiler le visage en ta pré- ^sence, ô Toi qui lis au fond des cœurs, Difeu doué d'Omniscience, ô Divin vengeur! Car je sens, quand ie fais un retour sur moi-même, que je ne suis pas tout à fait irréprochable. J'ai encore à réparer biei? des fautes que j'ai commises; j'ai encore à me faire pardonner bien des choses qu'il ne m'appartient

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cas d'oublier. Je n'ai pas toujours vécu en Toi, ô mon Sauveur; c'est pourquoi je ne pourrais maintenant goûter la joie de mourir en Toi. Il m'aurait été facile de causer un peu de plaisir à chacun de ceux que j'ai connus, et de leur rendre service, si j'avais profité de toutes les occasions favorables, et cependant je l'ai rarement fait. Hélas! j'ai peutêtre souvent {jit le contraire. Ah ! j'ose à peine y penser.

Cependant, entends ma promesse, ô Dieu Tout- Puissant ! Je veux y penser, je veux me corriger, réparer le mal que j'ai fait, racheter les fautes que j'ai commises ; je veux vivre en Jésus, afin qu'un jour, béni dans la mort je puisse m'endormir dans le Seigneur, avec la conscience de ne laisser derrière moi personne qui ait lieu de regretter de m'avoir connu. Je puis donc aussi m'appliquer ces paroles célestes : « Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur; Oui, dit l'Esprit Saint, car ils se reposeront de leurs labeurs, et leurs œuvres les suivront ! »

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