‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 29 sur 40 · PENSÉES INSPIBÉES PAR LA VUE DES TOT^IBEAUX · texte numérisé non relu

PENSÉES INSPIBÉES PAR LA VUE DES TOT^IBEAUX

j*7 fusse heureux? Qui a pensé à moi ayant ma venue au monde? Qui a mesuré mes joies, avant que j'eusse un cœur pour les ressentir? Qui a mesuré mes souffrances, avant que je susse ce que c'était que des larmes? Est-ce que ce n'a pas été mon Père Éternel, dont l'amour est infini? Et Lui qui a pensé à moi avant que j'existasse, m'oublierait maintenant que fesciste? Il m'abandonnerait maintenant que je L'aime, que je suis reconnaissant de toutes Ses bontés, et que j'ai appris à l'appeler mon Père? Il me laisserait sans ressources maintenant que je Lui voue mon culte et ma foi, maintenant que, plein d un pieux respect, je L'adore dans Sa création?

Oh! non, mon Père qui es aux Cieux, Tu ne le feras pas, Tu ne le peux pas ! Tu ne peux abandonner, et Tu n'abandonneras pas les esprits que Tu. as créés, au moment où ils viennent de parvenir à la connaissance de Ton existence et de la leur! Tu étais leur Dieu avant qu'ils existassent ; Tu es leur Dieu tant qnils séjournent en ce monde, et Tu seras leur Dieu quand ils renaîtront à la vie meilleure que Tu leur as préparée depuis le commencement du monde! C'est avec ravissement, avec le pressentiment d'une joie ineffable, que je pense à l'avenir, au monde dans lequel je me rapprocherai de Toi, ô mon Dieu, où je retrouverai tous les êtres bienaimés dont Tu m'avais entouré sur cette terre ! Ah !

DE CEUX QUE ^fOUS AIMONS. 295

quel heureux moment ce sera que celui où je me trouverai transporté au Ciel! Quelle félicité que d'être réuni à tous les êtres chéris auxquels Tu m'as lié, ô mon Père, par les nœuds de l'affection! Un jour, avec des lèvres tremblantes de joie, je T'a dresserai cette prière : ** Mon Père, je remets mon esprit en Tes mains. » Ainsi soit-ill

PENSÉE DE L'ÉTEKNITi

Espérance de l'imBiortalité, remplis toats mon âme, enseigne-moi les voies de la sainteté; et quand je succombe soutiens- moi et bénis moi. O don Divin — promis par Dieu, -^ je ne to perds jamais de vue; — pourquoi de tristes pensées accableraient-elles mon cœur?

Et quand je serai parvenu à la perfection absolue, je verrai et connaîtrai complètement la miséricorde de Dieu, qui dépasse la conception humaine, et je bénirai sa vue avec des transports d^allégrcsse. Les doutes qui me faisaient trembler ici-bas seront dissipés, le voile qui couvrait mes yeux disparaîtra, et tout ne sem plus que gloire et délices.

(1. TiMOTHÉE VI. 12.)

Dans tous les nombreux sujets de sainte méditation présentés à l'esprit par la religion de Jésus-

298 PENSÉE DE l'Éternité.

Christ, il n'en est peut-être pas qui fixe plus fortement l'attention que la doctrine et Tespérance de Timmortalité de l'âme. Car l'amour de la vie, et le désir de sa prolongation, ont de profondes racines dans le «cœur de l'homme. Cette vie terrestre a beau être pleine de tribulations, cependant l'homme mortel ne l'abandonne pas volontiers. L'hypocrite qui feint la piété a beau proclamer hautement que ce monde, que Dieu a créé plein de charmes, est une terre de misères et une vallée de pleurs ; il n'en désire pas moins d'y demeurer, et il frissonne d'horreur à la pensée de la mort, que dans son exaltation il appelle si souvent la libératrice des infortunes de cette vie. Jusqu'au moment où ils rendent le dernier soupir, les mourants conservent l'espoir de vivre ; souvent cet espoir accompagne le criminel jusque sur les marches de l'échafaud, et console le condamné dans sa sombre cellule.

C'est l'amour de la vie qui inspire à tous les mortels une secrète horreur pour la mort, et en même temps leurfait espérer la prolongation de l'existence de leur âme après la dissolution de leur corps. Par ce même amour, au moyen duquel la sagesse du Créateur nous a attachés à la vie terrestre comme par des liens indissolubles, il a aussi révélé à nos esprits leur sublime destinée. Tous les peuples une fois sortis de la stupeur de la vie purement animale

PENSÉE DE l'Éternité. 209

embrassent avec ardeur l'idée d'une vie au delà de la tombe. Toutes les religions, même celles des tribus, sauvages, enseignent que Tàme entre dans un état de félicité, et parait devant le tribunal du jugement, dans une vie future. Mais le Chrétien nourrit une espérance plus confiante quç les autres. En outre de la révélation de Dieu par la raison humaine, il a la révélation de Dieu par Son Fils Jésus-Christ. De même que Jésus a vaincu la mort, de même nous vaincrons la mort, et nous échangerons ce qui est périssable contre ce qui est impérissable.

L'esprit même le plus frivole ne peut par ses sarcasmes détourner la pensée de l'éternité. Le Chrétien le plus tiède, qui vit en ce monde comme s'il devait y demeurer à jamais, ne peut toujours échapper aux pensées du tombeau. Le réprouvé même, qui, abandonné à se9 passions, à ses folies, à ses vices, s'évertue et produit tous les arguments possibles pour nier l'existence d'un Dieu vengeur dans l'univers, et pour jeter du discrédit sur la croyance de l'immortalité de cette partie de son être qui pense, qui veut et qui agit si merveilleusement dans son corps, — est même quelquefois, au milieu de ses désordres, forcé malgré lui de penser à l'éternité. Cette pensée s'impose à lui comme une vérité indestructible et éternelle. Elle le fait frémir. « Les

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