RETOUR VERS LE PÈRE
Tu m'as construit une maison d'argile ponr garder mes pensées comme un trésor de Toi, d^ Ta grâce, ô mon Dieu ; plus je remplis ma me. sure tremblante, et plus j'approfondis Tes voies; plus j'exerce mon cœur à chanter Tes louan. ges, et plus, conduit par ton esprit, je veux éprouver une affection de plus en plus vive.
Ne jamais mourir! — oh ! ne mourir jamais ! Mon cœur doit braver les railleries et les doutes qui tendent à le dépouiller de sa foi glorieuse dans une nouvelle vie, qui survit à la mort. Puis-je dire que je mourrai? — A Tes cotés, ô Dieu, Tu seras mon guide fidèle ; mon âme triomphante entonnera Thynme sacrée ; — la mort n'est pas nne. perte, — mais une victoire sans fin.
(Saint Jean xiv. 28.)
Les gens vulgaires ont de la répugnance à penzc.v à la mort, et cependant tant de choses attirent leur
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attention sur ce sujet! Ils entendent parler de personnes mortes, ils rencontrent un convoi funèbre, ils appr^nent qu'une de leurs ooanaissaaces a ^té enlevée aux choses de ce monde; leurs pensées se reportent sur des êtres qa ils ont aimés et dont les cendres reposent dans la terre ; et dans chacun de ces cas il y a de quoi leur rappeler qu'il ne saurait être fait «a leur faveur d'exception aux lois générales de la nature. L'homme qui ne pense jamais à l'heure de la mort sans frissonner, s'endort aussi doucement que celui qui a soupiré après le trépas. Cependant les gens vulgaires ont de la répugnance à penser à la mort et au tombeau. Cela est trèsnaturel. QuUnd même l'amour de la vie, inné chez tous les êtres mortels, ne serait pas aussi prononcé, il n'y aurait rien d'étonnant que l'homme repoussât les pensées funèbres, attendu qu'elles sont opposées atout ce qui fait les délices de la vie. La mort met En à nos espérances, détruit nos plans et nos projets favorables, rompt nos habitudes les plus chères, et sa puissance inflexible et irrésistible nous sépare de nos parents, de nos enfants, de nos amis. Hélâs ! elle nous a déjà ravi plusieurs des plus précieux joyaux de la vie.
« Et s'il en est ainsi, pourquoi, en pensant fréquemment à la mort et à la tombe, gâter les rares plaisirs que nous goûtons dans la vie? Jouissons-en
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pendant que nous le pouvons, sàûs Collemeni empoifionner nptre sort. »
Tel est le langage de bien des gens« Oni, il 7 en a beaucoup qui reprochent à la religion Chrétienne d*ètre lugubre et austère/ parce qu'elle ne cesse de nourrir ceux qui la suivent de Tidée du néant de la vie, de la mort, et du jugement dernier.
Mais, en vérité, quand on ne^ peut penser avec tranquillité d*eéprit à la mort, c'est que sans doute on n*a jamais pensé avec sérénité et raison à la vie. Pour ceux aux yeux de qui la mort est une image mystérieuse et partant répugnante, la vie elle-même ne peut être rien de moLis qu'une énigme confuse; car ils ne peuvent encor : avoir une idée fixe du but de leur existence. La |uestion%e savoir si nous gommes oui ou non des créatures raisonnables, ne dépend pas tant de ce qui nous est agréable de penser, que de ce que notre nature nous contraint à penser. Mais c'est la religion qui résout Ténigme de la vie, et nous donne ainsi la clef du mystère de la mort. Loin d'abattre l'ieisprit ou de rendre les hommes moroses, le vrai Cl^'istianisme^ par la manière dont il nons apprend à envisager la mort, élève ceux qui le pratiquejit sagement au-dessus de tout chagrin, de toute crainte, et les met en état de jouir des nombreux plaisirs dd la vie Avec ua sang-fiv^ imperturbable, que leur heure dernière
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soit proche ou encore éloignée. Si la religion de Jésus produit ce résultat, que trouvons-nous à y blâmer? Pourquoi éviter des pensées que notre nature nous impose, malgré tous nos efforts? 11 n'y a pas un être humain qui n'ait éprouvé quelque perte dans le cours de sa vie ; comment évitera-t-il d'y penser? C'est la vie même, ce sont nos cœurs qui nous rappellent nos pertes douloureuses ; mais c'est la religion qui nous console et nous les fait supporter, grâce aux idées élevées qu'elle nous inspire du Divin univers et de la marche Divine des choses
Des êtres qui vous sont chers, en comptez-vous déjà parmi les morts? Pei:t-être un père, qui était votre ange gardien sur terie? Peut-être une mère, qui vous aimait plîs que personne au monde? Peutêtre un frère, qui marchait à vos côtés, plein des espérances de la jeunesse? Peut-être une sœur, que vous regardiez comme un second vous-même? Ou, si vous êtes père ou mère, vous pleurez sans doute un enfant, le plus doux fleuron, la plus chère espérance de votre existence? Oa bien un mari à l'esprit noble, ou une tendre et fidèle épouse? Lequel de ces êtres chéris comptez- vous parmi les morts? Quel qu'il soit, est-ce que le souvenir de cet être que vous avez perdu ne vous est pas chw, puisque vous frissonnez à la pensée de la mort, lorsqu'elle s'empare de vous dans vos heures de calme et de
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repos? La perte doolonreose que vous avez éprouyée a fait saigner votre cœur, et la blessure n'est pas encore cicatrisée. Hélas! il est de ces blessures qui ne guérissent jamais dans cette vie. C*est une erreur de croire que le temps guérit toutes les plaies ; mais la religion de Jésus-Christ a un baume calmant pour celles que le temps ne peut guérir.
Il est possible que» dans un moment où vous savourez tranquillement quelque plaisir» la pensée de la mort et de la pourriture vienne tout à coup vous faire éprouver un sentiment d'horreur, et que chaque fibre de votre corps se révolte, pour ainsi dire, contre l'idée de la dissolution. Bien plus, vous pouvez être tellement accablé par cette terrible pensée qu'il vous semblerait meilleur de n'avoir jamais reçu la vie, que d'être obligé de l'abandonner. Ces pénibles sensations ne sont pas causées par les idées sinistres que vous inspire la religion, mais par l'amour de la vie qui est inné en vous. Le Christianisme, au contraire, dissipe toute crainte de la mort, en nous faisant entrevoir l'avenir au delà de la tombe, un monde où la vie, l'activité, et la joie régnent, comme en celui-ci.
Croyez-vous que c'est en vain que le Sauveur, la Lumière du monde, est venu nous rassurer sur notre immortalité et sur notre destinée suprême? Et comment nous dépeint-Il la mort, Lui qui en a éprouvé
àlS INTErRPRÉTATrONS DH l'ÉTERNIT*.
les horreurs plus craellement qu'aucun martel, ccmdamné comme U le fut à mourir dans toute la vigueur de Tâge, de la force et de la santé, à môurii* de la mort d'un criminel avec la conscience de son entière innocence? H appelait cette mort : h fefaur vers son P%ret - • . . • ,
Et chaque Chrétien a raison dé dire avec Lui, que 'mourir c/èst s*en retourner vers son Père, car te' Père de Jésus est aussi notre Père. Le Créateur dès Séraphins, comme du plus chétif zoophyte, est aussi notre Créateur.
«' N'est-ce pas une idée consolante que celle qui considère notre départ de la terre comme le retour vers notre Père?
• Nous devrions en tous temps parler du décès de nos àmîs et du nôtre en ces termes; alors la mort, que l'imagination surexcitée dTiommès timides nous a présentée sous la forme d'un squelette hideux, nous apparaîtrait comme un esprit ami, venupoor nous aider à franchir les limites de la vie, et pô«r nous introduire en la préseîice de notre Père. Ea réalité, les terreurs dont en revêt la mort, et les fausses notions répandues à ce sujet, prennent en grahd nembire leur origine dans les descriptions erronées et révoltantes qui en ont été données. Ainsj t[uelquéfôîs on la qualifie de décomposition, de copi- 'îruptîbn, mais nous ne tombons: ni eh jdéeompositiôlk
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fii en corrupti(»(k. D*aiitrea dis^t qoe mourir c'est ^tter le monde ; mais nous ne qnittoia jamais le monde parce que cela est impossible en soi. D'autres encore prétendent que la mcMrt est synonyme de destruction, maia nous ne pouYOf^s être détruits. Non, mourir c'est retourner yers notï^e Père; nos âmes ne font que dépouiller des tètementa qui ne kur conviettnent pas, pour en revêtir de plus digues d*eUeâ.
Le frémissement que nous causent les images que nous nous faisons de la mort, est dû à ce qu'elles sont empruntées à Vétat du corps inanimé, et sont fausses par conséquent. Toute autre conception fausse nous répugne également, parce qu'elle n'eât pas conforme aux lois de la raison, tandis que Timagination cherche en vain à rendre convenable ce qui est déraisonnaJble. .
L'état du cadavre dans le tombeau n'est pas notre état, mais simplement celui de l'enveloppe que nous avons. dépouillée. Quand nous coupons notre chô^ velure avec une paire de ciseaux, est-ce que les cheveiix que nous enlevons et que nous jetons de tdté font partie de notis? Non; et^'cette séparation nous affecte bieû péul Quai^d le guerrier perd un membre dlii^ une bataille et voit epfouir dans la tenre cette pairtie de son coirps, pf^nsjB-t-il que l'état de ce membre fasse partie de son état personnel!
Non, le membre tombe en décomposition, et Thomme mutilé ne le sent pas. Il continue d'exister et a con- "science d'être une essence tout à fait distincte de ce qui est susceptible de corruption.
Et qu'est pour nous notre enveloppe terrestre? Ce n'est que le vêtement usé ou endommagé de l'esprit immortel. Pourquoi ne frémissons-nous pas, tous les jours de notre vie, en voyant dépérir notre corps, qui réellement dépérit chaque jour? Selon les observations de profonds penseurs et de savants physiciens, le corps d'un homme subit un changement total plusieurs fois dans le cours d'une vie assez longue, de sorte que, dans notre jeunesse nous n'avons plus le même corps, la même chair, le même sang que dans notre enfance, et que dans la vieillesse également le corps est tout à fait différent de ce qu'il était dans l'âge mûr. Mais nous ne sommes pas instruits de ces transformations, parce qu'elles ont lieu par des procédés naturels imperceptibles. Estil donc rationnel de conclure que la transformation définitive , qui nous sépare entièrement de la grossière enveloppe terrestre qui nous couvre ici-bas, sera perceptible' pour nous ? Quelqu'un a-t-il jamais été capable d'observer sur lui-même cet agréable anéantissement presque insensible par lequel nous passons de l'état de veille au sommeil? Combien de personnes ne sont-elles pas mortes ayant tellement
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conscience de J^'approche de la mort, qu'elles semblaient s' observer elles-mêmes scmpmleusement pendant cette terrible transition? On a même vu deif moribonds capables de pronostiquer — nous ne savons par quel moyen — le moment précis où ils rendraient le dernier soupir, et leur prédiction réalisée très-ponctuellement par Tévénement. Mais a-t-on jamais vu qu aucune de ces personnes mortes avec tant de calme ait donné des signes de souffrance ou d'aversion, pendant tout le temps que leur àme a mis à se retirer graduellement du corps? Ceux mêmes qui ont expiré dans des souffrances causées par la perturbation des fonctions intérieures du corps, ont cessé d'éprouver de la douleur aux approches du moment libérateur de la séparation définitive.
Arrière> donc, toutes ces affreuses images de la mort, empruntées à l'enveloppe dont l'àme se dépouille et qui redevient cendre et poussière. Cette enveloppe ne fait pas partie de notre individualité ^ réelle. Notre être véritable est immortel. C'est ce que nous enseigne toute la nature, ainsi que les révélations que nous avons reçues de Jésus, l'envoyé de notre Père, qui est retourné le rejoindre. Sans cette foi, qui est en vérité plus que de la foi, car elle est un noble et profond sentiment de l'àme, une loi de l'Esprit, — Dieu ne serait pas Dieu, le
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monde ne serait pas le monde, la raison ne serait pas la raison, et toutes nos pensées, tous nos desèeitis ne seraient que les vains rêves de la folie.
Avant que les premiers habitants du monde — qui étaient beaucoup plus près des premiers jours de la création que nous le sommes maintenant -^ eussent su bâtir des villes^ forger des armes, et se tisser des vêtements, l'idée de l'existence d'un Être Suprême, tout-puissant et bienfaisant, leur était familière, et ils avaient conscience de leur immortalité. Et des milliers d'années passeront encore sur ce globe terrestre ; chaque parcelle de sa surface changera ; où nous voyons aujourd'hui un désert s'élèveront peutêtre des villes puissantes et orgueilleuses; et les villes où régnent aujourd'hui des empereurs et des rois seront peut-être des déserts semés de ruines qui parleront de ce qui a été. Mais la conscience de l'immortalité et la conscience de l'existence de Dieu ne changeront pas plus que les lois de la nature qui gouvernent l'univers. S'il y a eu de tout temps des hommes qui ont douté ou qui ont nié l'immortalité de leur àme, ils ont toujours été considérés comme des malades d'esprit ou comme des hommes faisant un mauvais usage de leurs facultés intellectuelles pour se livrer à des conjectures insensées.
Quelques philosophes ont essayé de démontrer par des arguments l'existence éternelle de notre àme,
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comme on démontre la justesse de ses propres pensées ou d'un calcul. Mais l'immortalité n est pas une pensée de notre création, inventée par l'homme, mais une manifestation, un développement de l'être pensant, et il nous est aussi impossible de prouver son existence qu'il nous est impossible de donner la preuve de notre propre existence. Il suffit que nous existions, et que nous ayons conscience de notre existence présente. C'est de cette certitude que naissent toutes les autres.
Mais en réalité les hommes cherchent bien moins la preuve de leur immortalité (à laquelle ils croient par une loi de leur esprit), qu'à prévoir de quelle nature sera l'existence de l'esprit dans l'autre monde ; quelle sera la destinée de l'àme et ses sentiments après sa séparation d'avec le corps; et ce que peut être ce que nous appelons l'Éternité-
La curiosité humaine se complaît à conjecturer sur les mystères de l'état futur de l'àme, et elle a fait bien des rêves à ce sujet. Cette curiosité est naturelle et pardonnable. Elle prend sa source dans notre amour inné de la vie et notre conscience de l'immortalité. Mais nous ne devons jamais oublier que, créatures humaines, nous n'avons que cinq sens très-imparfaits, par lesquels nous pouvons prendre connaissance de l'univers, que nous n'occupons qu'une fort petite place dans l'échelle infinie des
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êtres, et que, par conséquent, il nous est aussi impossible de concevoir ce que sera notre àme, et ce qu'elle connaîtra quand elle sera placée dans des circonstances entièrement difierentes, qu'il l'est à un aveugle de naissance de concevoir ce qu'il serait et ce qu'il verrait si un nouveau sens, la vue, se révélait à lui et que toutes les influences de l'univers se montrassent à lui en frappant le sens jusque-là inconnu. Nous ne devons pas oublier que, de même qu'il est impossible ici-bas à l'esprit humain de se connaître lui-même et de connaître son essence, il est impossible qu'il conçoive ce qu'il sera quand le sombre voile qui le recouvre sera déchiré, c'est-àdire quand l'àme sera détachée du corps.
Nous avons reçu par Jésus, envoyé par Dieu sur la terre, des révélations, et ces révélations sont exprimées en termes adaptés à la puissance de compréhension dont l'homme est doué. Avant que notre àme soit détachée du corps, il nous est impossible de concevoir une idée exacte de ce que nous verrons après notre transformation. Jésus cependant a parlé de la mort comme ^u% retour Ters le Père, d'une union atec la Divinité. Il nous a donné l'assurance que nous serions réunis dans l'éternité, il a promis aux esprits les plus parfaits des félicités ineffables, et aux pécheurs le châtiment inévitable et sévère de leurs fautes.
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Cela devrait nous suffire. La connaissance qui noQS est donnée ici-bas de la Miséricorde infinie du Dieu Tout-Puissant, doit nous tranquilliser sur Tavenir, et nous remplir d'espérance. Car cet amour, déjà si puissant sur la terre et si manifeste chaque jour qui s'écoule, cet amour qui nous a été révélé par Jésus, s'éteindra-t-il quand le sang et le souffle auront cessé d'agir sur notre corps ? Serait-ce un amour digne de l'Être Éternel, du Père de l'Univers, pour Ses créatures, que celui qui cesserait après quelques jours de vie sur la terre ? Non ; Dieu, que je suis forcé de me représenter comme la Perfection Infinie, que j'adore comme tel dans les plus grandes comme dans les plus petites de Ses créations, — ' Dieu est nécessairement un Père aimant, attentif, et éternel, qui répand continuellement Son amour et le bonheur sur Ses enfants, comme II est éternel lui-même, et comme je suis la création de Son amour : j'aurai place dans la maison de mon Père.
Mais ma destination, le lieu où II me transportera un jour, ce que je serai alors, sont autant de mystères qu'il n'est pas permis de sonder ici-bas. Mais, de même que nous pensons (je n'ose pas dire que nous comprenons) déjà ici-bas sur terre la Majesté et la Miséricorde du Tout-Puissant dans Ses Merveilleuses créations, de môme nous pouvons dès à
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présent concevoir une idée» vague de l'avenir. Dans l'univers, tel que nous le percevons maintenant, nous voyons une réflexion de la gloire que nous devons partager un jour. Dans le temps nous trouvons les indices de Tétemité. Plus nous étudions les créations du Père de l'univers, telles qu'elles nous apparaissent de ce côté de la tombe, plus nous découvrons de signes de l'éternité, plus nous avons une idée approximative des créations du Seigneur qui nous seront dévoilées après la mort.
Celui qui connaît Dieu n'éprouve aucune alarme à la pensée de l'heure où il lui faudra quitter cette terre. Plus nous sommes convaincus, par l'étude de Ses œuvres, de la sagesse et de Tamour du Père, de la nature impérissable de leur fin, de la parfaite organisation de toutes Ses créations, plus nous aurons l'assurance intime que Sa sagesse. Sa puissance, et Son amour inaltérables, répandus dans tout l'univers, retiendront à jamais et partout nos âmes dans ce Royaume de félicité.
Celui qui conçoit le monde, le monde sans limites, le monde éternel, n'éprouve pas d'alarmes en quittant cette terre, qui n'est qu'un grain de sable, comparé à l'univers infini. Mais celui qui croit que cette terre est le centre de Sa glorieuse création, n'a qu'une idée bien imparfaite de la grandeur de Dieu. Hélas! d'après les observations des astrono*
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mes, iï est plus que probable que nous et notre terre, loin d'être le centre de l'univers, nous sommes placés au contraire sur les bords d'innombrables systèmes des mondes; de là vient peut-être qu'au lieu de la sublime régularité que nous observons dans le reste de la création, le firmainent nous présente ses globes dans une confusion apparente, — tantôt clair-semés dans un grand espace, tantôt accumulés dans un espace moindre. Si l'étoile que nous habitons occupait une place plus élevée et plus centrale parmi les astres, peut-être le spectacle présenté par les orbes brillants semés dans le cid nous frapperait-il par sa régularité. C'est ainsi qu'une avenue d'arbres plantés régulièrement peut paraître un labyrinthe sans ordre ni symétrie à une personne placée en dehors dans une position défavorable, tandis qu'une autre personne, placée plus favorablement et dans le centre, remarquera infailliblement la régularité admirable de la plantation.
Celui qui connaît les lois de la nature, sait que dans l'univers tout forme un immense système de forces diverses. Ces forces subsistent, mais leurs mamifestations changent. L'esprit de l'homme est aussi une force dans ce sens. Ses effets, c'est-à-dire ses désirs, ses pensées, changent et sont éphémères, mais l'esprit lui-même ne change pas. La lumière
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ne s'affaiblit pas par rémanation de ses rayons. Les fleurs sont passagères, parce qu'elles ne sont que le produit des forces primitives, mais les forces qui composaient les éléments de la fleur continuent à subsister dans l'univers.
Je reconnais une loi générale dans l'univers de Dieu, c'est celle-ci : Chaque chose se résout en éléments semblables. L'eau s'élève dans Tair en vapeurs, et forme les nuages, ceux-ci retombent en rosée et en pluie, et se résolvent ainsi en eau. Les fleurs, les animaux, le corps humain, après être sortis de la terre et après s'être nourris de substances terrestres, retournent à la terre.
Comme les forces et les substances aveugles, après avoir servi à une variété de combinaisons, rentrent dans leurs classes primitives, les forces qui ont la conscience d'elles-mêmes, les êtres doués de raison, les âmes qui conçoivent Dieu, retournent de même dans leur famille spirituelle. D'après la même loi dictée par Dieu à la nature, mon corps, à la mort, retournera dans sa demeure primitive. Cette loi universelle de la nature n'est-elle pas un gage de l'éternité? Ai-je bien compris, ai-je bien interprété Tes paroles, ô Jésus, mon Divin Maître, quand, parlant à Tes disciples bien-aimés de Ta mort prochaine pour les préparer à l'épreuve
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déchirante, Tu leur as dit : « Si vous m'aimez, vous vous réjouirez de ce que j'ai dit; je vais vers mon Père ; car mon Père est plus grand que moi! »
Oh ! quand mon heure viendra et que l'ange de paix, de ce meilleur monde, que nous appelons la mort, me touchera et m'emportera loin de la terre, alors ne pleurez pas, vous que j'aime ! car moi aussi je serai allé vers mon Père ! Ne pleurez pas sur ma dépouille terrestre, car, moi aussi, j'aurai rejoint ma famille primitive et ma demeure véritable dans le monde admirable des esprits bienheureux ayant conscience d'eux-mêmes. Je serai retourné auprès des êtres chers éternellement ajmés que j'ai perdus ici-bas et que j'ai tant regrettés. Ne pleurez pas, car vous n'avez aucune raison de pleurer, et je n'en avais pas davantage pour gémir sur ceux qui étaient entrés avant moi dans le glorieux royaume de Dieu. Là, en effet, sont tous ceux que mon cœur a. aimés, les joyaux les plus précieux de ma vie; là-bas sont ceux auxquels Dieu le Père, m'a attaché par les liens de l'amour inaltérable ; là-bas est Jésus et làbas est Dieu, auprès duquel je serai conduit par Jésus ! Ne pleurez pas, l'heureux moment viendra aussi pour vous, et vous retournerez vers le Père ! Ceux qui vous survivront verront aussi sur les lèvres de votre corps ce sourire de la joie confiante avec
laquelle vous vous élanciez vers un monde meilleur ! Non pas ici, mais là-bas est notre demeure, notre vie ! Nous sommes heureux, vous et moi, nous ne mourrons pas, mais nous retournerons vers notre Pèrel