‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 32 sur 40 · LA VIE FUTURE · texte numérisé non relu

LA VIE FUTURE

Mon cœxir se réjouit, ô mon Père ! à la pensée que Tu ne m'as pas créé pour le néant ! Mon bonheur est grand, et ce rôve éphémère de la vie est lui-même plein de félicité ; et cependant, quel que soit le peu que mes yeux puissent voir et mon esprit comprendre de Toi , mon Dieu, ce peu est pour moi une grande joie.

Que ma vie sur cette terre s*écoule donc plus vite qu'un lêve paresseux de la nuit; je sais que je suis immortel et qu'après la mort mes yeux verront plus clairement Ta lumière.

Là, mon Père, je Te verrai tel que Tu es^ et là ma joie, qui n'est maintenant que passagère, sera parfaite, étemelle, et remplira mon cœur.

(Saint Matthieu xxn. 29-30.)

La conscience de Timmortalité de Tâme date du commencement de la race humaine. C'est pourquoi

cette conviction existe même parmi les tribus les plus sauvages et dans les pays les plus lointains où nul rayon de la religion révélée, où nulle sagesse de l'Orient ou de l'Occident n'ont jamais pénétré. Ainsi, depuis la création, il n'y a eu qu'une voix, qu'une espérance, qu'une aspiration relativement à l'éternité. Et c'est la Divinité qui, en donnant aux esprits la conscience d'eux-mêmes, leur a inculqué cette foi innée. Dieu, dans sa perfection infinie, ne peut tromper. Et pourquoi nous donnerait-t-Il des illusions. Lui qui tient dans sa main le domaine infini et sans bornes des réalités ?

Mais, bien qu'un accord parfait existe dans toute la race humaine, relativement à la croyance que le pouvoir suprême et pensant qui anime le corps ne cesse pas d'exister quand la vie animale ou corporelle s'éteint, il n'en règne pas moins dans le monde une grande diversité d'opinions sur ce qui doit être la vie future. Car ces opinions différent naturellement selon le degré de développement moral et intellectuel, et le plus ou moins d'expérience et de connaissance des œuvres de Dieu que possèdent les hommes à de certaines époques, et dans les difiiérentes parties du globe. Ainsi, par exemple, dans les temps les plus reculés, avant que les voyages autour du monde et les observations scientifiques ne nous eussent appris que notre terre est un globe,

flottant librement dans l'espace et tournant chaque jour sur son axe, et annuellement autour du soleil, on croyait que le séjour des âmes condamnées était situé sous la terre, et que là elles étaient tourmentées par les flammes qu'on voyait parfois s'écha] per des cratères des volcans. Aujourd'hui il n'est pas un enfant dans nos écoles qui ne sache que la terre est entourée de tous côtés par les cieux, et qu'elle est un des plus petits corps qui gravitent dans l'espace infini. Avant que les hommes pussent, au moyen de télescopes, déterminer les dimensions, les distances, et les orbites des astres les plus rapprochés du globe, on croyait toutes ces lumières célestes à une distance égale de notre globe ; et c'est au delà qu'on plaçait le séjour des bienheureux, et on supposait qu'ils y jouissaient des mêmes plaisirs sensuels que nous goûtons sur la terre. Aujourd'hui, pas un enfant n'ignore que chaque étoile est un monde et que l'univers est une infinité de mondes.

Chaque peuple, chaque secte religieuse s'est ainsi créé une opinion particulière sur le séjour des élus et des damnés, si bien que, de nos jours encore, les idées de l'enfant et du philosophe différent fréquemment sur ce même sujet.

Quand Jésus-Christ parut parmi les Juifs et commença à enseigner. Il trouva oexjîx. qui professaient la religion de Moïse divisés en plusieurs sectes. Les

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Esséniens, par exemple, menaient une vie austère, retirée, et n'attachaient de prix qu'aux actions pieuses et à l'abstinence des choses sensuelles. Les Pharisiens, au contraire, attachaient une grande 'importance au culte extérieur et aux cérémonies religieuses, et exigeaient la plus rigide observation des doctrines et des lois établies par Moïse ou fondées par la tradition, et qui par cela môme étaient plus chères au peuple. Les Saducéens rejetaient toute tradition orale et repoussaient plusieurs des doctrines professées par les Pharisiens, entre autres celle de la résurrection des morts. Un jour, en s'entretenant avec Jésusj les Saducéens, soit dans le but d'éclaircir leurs doutes, soit dans l'espoir de Le confondre, supposèrent certaines relations terrestres et sociales transportées dans la vie future, et alors ils Lui firent quelques questions à ce sujet, en exprimant l'incertitude de leurs esprits à l'égard de plusieurs d'elles et Lui demandèrent : Si une femme épouse sept hommes en cette vie, duquel sera-t-elle la femme dans Tétemité ? Jésus leur répondit : « Vous êtes dans l'erreur, faute de savoir les Écritures et de connaître la puissance de Dieu. Après la résurrection, les hommes n'auront pomt de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme ^ont les anges de Dieu dans le Ciel. » (Saint Matthieu xxii. 29-30.)

Les doutes des Saducéens ont de Tanalogie avec les raisons que bien des personnes tirent de chaque jour de la vie, et avec lesquelles elles troublent sans cesse leur esprit en voulant trop approfondir" quel est l'état de l'âme après la mort. La main qui peut toucher, et non entendre, serait disposée à nier le roulemeyit du tonnerre dont elle ne peut se former une idée ; mais l'oreille l'entend, et sait qu'il existe.

Ainsi beaucoup de personnes démandent si nous conserverons le souvenir de notre vie terrestre quand notre corps sera retourné à la terre. Sans ce souvenir, notre âme après la mort recommencerait une vie nouvelle, et serait exactement comme la première fois où elle fut appelée à l'existence ; dans ce cas nous devrions considérer la mort comme une sorte d'anéantissement.

Ces doutes, comme ceux des Saducéens, naissent des circonstances et des accidents de la vie terrestre. On compare l'état de l'âme après la mort à son état dans le sommeil- ou dans l'évanouissement, alors qu'elle n'a plus conscience d'elle-même, et ne se souvient pas de ce qui a été fait au corps. Et cela suffit pour causer de l'inquiétude.

0 vous, qui avez peu de foi, laissez-moi vous redire ces paroles de Jésus : -• Vous êtes dans l'erreur, faute de savoir les Écritures et de connaître la puissance de Dieu. »

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Peut-on, avec un peu de raison, établir une comparaison entre des clioses totalement différentes ou même diamétralement contraires? ou entre des choses dont Tune nous est connue en partie, et dont ' l'autre nous est totalement étrangère ? entre Tàme [ retenue par ses liens terrestres et Tàme délivrée de ces liens? Nous ne savons qu'en partie comment l'àme agit sur le corps ; et nous ignorons entièrement ce qu'elle pourra être quand elle jouira de son entière liberté, quand elle sera dégagée de toute matière.

Le sommeil et l'évanouissement ne peuvent donc pas être comparés à l'état de l'àme après la séparation du corps. Il est vrai que nous ne savons rien de ce qui nous arrive pendant le sommeil ou l'évanouissement, et que nous ne nous souvenons de rien de ce qui^s'est passé. Ce n'est pas qu'alors l'àme ait cessé d'être, mais les sens étaient devenus incapables de recevoir les impressions extérieures et de communiquer ces impressions à la pensée. Quand nous fermons les yeux, nous ne voyons pas, mais cependant l'esprit continue de penser et d'agir. Quand le sommeil ou l'évanouissement arrêtent l'activité des sens, de manière à les empêcher de recevoir la moindre impression, l'esprit n'est pas moins vivant et actif, bien qu'il ne sache pas ce qui se passe autour de lui, dans le monde des sens. Les somnam-

billes ne nous donnent-ils pas une preuve surprenante de ceci? Ne nous est-il pas arrivé à tous de nous réveiller d'un profond sommeil sans nous souvenir le moins du monde de ce que nous avions rêvé (quoique notre esprit soit resté actif pendant rintervallé) » parce que les impressions vives reçues à notre réveil par les choses extérieures ont chassé les images du rêve et les ont fait rentrer dans l'ombre, jusqti'à ce qu'elles reviennent tout à coup à notre mémoire, et nous convainquent que nous avons même des idées pendant notre sommeil? Ainsi continue d'agir et de vivre Tàme du mourant ; mais comme l'action des sens cesse graduellement, il ne voit plus rien de ce qui se passe autour de lui. L'esprit de celui qui meurt ne voit pas la mort parce que sa propre vie dure encore. Il ne sait rien de la mort, il ne voit pas ses patents qui pleurent autour de lui, car ses sens éteints ne communiquent plus à sa pensée les impressions du monde extérieur. Mais quand sa nouvelle condition commence, quand son àme est séparée de la poussière, de la chair, du sang, et des nerfs, elle vit dans sa pureté indépendante. Alors tous les points de comparaison nous manquent. La force continue son activité avec le sentiment qu'elle existe, et Dieu lui montre le nouyi^u chemin qu'elle doit suivre. Le passé et le présent ne sont qu'un pour l'àm^e puri-

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flée,^^- car elle n*a pas vu la mort, elle est restée comme auparavant une faculté qui a conscience d'elle-même, elle entre dans de nouvelles relations. Elle retourne vers le Père. C'est son lot, comme nous l'apprend le mot -^-Glorification*

« Vous ne connaissez pas la puissance de Dieu! » dit Jésus aux sceptiques Saducéens. Quel mortel pourrait en effet se faire une idée de la majesté, de la puissance infinie de Dieu, qui est présent partout dans l'univers? Mais nous savons que tout ce que Dieu a ordonné dans Son Royaume est sublime, magnifique, merveilleux, et sagement conçu; — dans ce Royaume, il ne se trouve rien de petit, rien de défectueux, rien de superflu, rien d'ignoble! Et assurément le retour de l'âme à sa pureté primitive, à son indépendance, ne doit pas être moins solennel que toutes les manifestations reçues par nous sur la terre , de la gloire du Père et Créateur de l'univers.

L'affranchissement de l'âme dégagée de son enveloppe est le triomphe de la puissance spirituelle sur les forces de la matière. Ici nous sommes à bout d'arguments : devant la. puissance de Dieu, l'imagination la plus hardie échoue, et la science humaine cherche en vain les limites de sa force infinie. Toutes les idées que nous pouvons nous faire de l'état de Tàme après son affranchissement ne sau-

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raient être qne mesquines, folles, et absurdes. Nous les empruntons de choses aussi peu comparables à la gloire de Dieu qu*une d'eau goutte l'est à Tocéan immense.

Nous ne comprenons pas la puissance de Dieu : nous ne savons pas quelle carrière il a ouverte à l'àme dégagée de ses liens terrestres ; nous ne savons pas de quel nouveau vêtement elle peut être voilée au moment où elle s'envole vers lui; nous ne savons pas quel nouvel aspect prend l'univers au moment où s'opère cette grande transformation. De même qu'un monde exclusivement peuplé d'êtres aveugles n'aurait pas de langage pour exprimer les beautés variées de la couleur et de la forme, l'éclat du ciel, ou les teintes bleuâtres des lointains, de même nous manquons des facultés nécessaires pour comprendre, pour décrire les phénomènes de la vie future. En effet, notre langage et nos expressions figurées ^contribuent considérablement à rendre obscur ce qui pourrait nous paraître clair sur la terre, et nous donnent une idée confuse de ce qui en soi est parfaitement simple. C'est ainsi que beaucoup se méprennent sur les eTiipressionsT éternité, et au delà du tombeau. Ils se figarent quelque chose de complètement séparé du temps présent, et existant entièrement par soi-même, quelque chose qui est pour ainsi dire à venir. Mais l'éterinité n'appartient

pas seulement à l'avenir, elle existe déjà dans ce monde.

Nous vivons tous dans l'éternité, car nous vivons en Dieu, et Dieu est éternel. Nous donnons le nom de Temps à ce court rêve de notre vie sur la terre. Mais le Temps est compris dans l'éternité, commenotre globe est compris dans l'univers infini. Le ciel et la terre, le temps et l'éternité ne font qu'un. Sur la terre déjà, nous sommes dans la maison de notre- Père céleste ; mais nous n'avons pas atteint le pluS' haut degré de perfection, et nous ne sommes pas encore arrivés au point où la gloire de Dieu nous apparaît dans tout son éclat. Nous devons y être conduits par l'ange d'un monde meilleur, que nous appelons la mort.

Nous vivons, mais nos bien-armés qui sont morts vivent aussi ; nous pleurons sur ce globe qui flotte dans l'espace infini, mais eux aussi ils habitent comme nous habitons nous-mêmes le monde de Dieu ; nous sommes ici, — mais ils sont peut-être dans un monde infiniment plus beau; nous sommes enchaînés par les liens de la matière, — ils jouissent probablement d'une liberté et d'une félicité plus grandes. Maintenant, qu'est-ce que mourir? On dit généralement que c'est passer dans l'éternité ; mais ici déjà nous sommes dans l'éternité. C'est une transition des rapports terrestres finis dans un monde

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meilleur, plus glorieux; c'est passer à un. état que nous ne pouvons comprendre: c'est quitter notre ancienne demeure pour entrer dans la nouvelle maison de Dieu, Père de tous les hommes, et de notre berceau aller nous reposer dans le sein de Dieu. Combien la mçrt nous parait différente alors! Ce n'est plus la destruction, mais le perfectionnement ; ce n'est plus la cessation de l'existence, mais sa continuation plus parfaite. Les êtres aimés que je pleure n'ont pas cessé de vivre, ils vivent avec moi en ce moment même; comme moi, ils habitent la grande et paternelle maison de Dieu; ils sont encore pour moi ce que je suis pour eux. Nous ne sommes point séparés, car, comme moi, ils vivent dans l'éternité, et reposent dans les bras de Dieu. Je suis toujours dans leur pensée comme ils sont dans la mienne. Au moment où je pleure leur perte, peut-être se réjouissent-ils d'avance de notre réunion prochaine. Ils voient déjà ce qui pour moi est encore dans l'obscurité. Pourquoi m'attrister de ne plus jouir de leur société ? Quand ils vivaient je n'étais pas mécontent lors même qu'ils n'étaient pas toujours près de moi. Et quelle différence y a-t-il maintenant? Ils sont allés en voyage dans un. pays lointain sur la terre ou dans un monde plus élevé ; quelle différence y a-t-il ? Ne sommes-nous pas toujours dans la même maison de notre Père, comme

des frères qui s*aiment, mais qui habitent dans des appartements séparés f Avons-nous donc cessé d'être frères ?

Ah ! ne pleurons pas les morts ; leur esprit sanctifié ne peut éprouver de douleur. Peut-être, étant plus purifiés, plus parfaits que nous, et possédant une connaissance plus précise de Tamour paternel de Dieu, sentent-ils seulement une espèce de compassion plus tendre poar notre ignorance. Peutêtre sont-ils morts à regret, et ont-ils été arrachés dé nos bras contre leur désir. Dieu l'a voxdu, et la métamorphose s'est opérée. Dans leur état de glorification, ils bénissent la main du Père Tout-Puissant qui les a guidés dans un monde meilleur, et Sa charité qui savait mieux qu'eux-mêmes ce qui devait les conduire au bonheur. Le passé leur apparaît comme un rêve, dont le souvenir est à peine digne d^ètre conservé. L'àrae, ce principe doué de la conscience de lui-même, peut-elle, en se séparant de la matière, conserver un souvenir du passé ? Nous connaissons trop peu la nature de l'esprit pour nier cela, mais peut-être le souvenir de son séjour sur la terre est-il pour lui le bien le moins précieux. Ici même sur la terre, le présent a une importance bien plus grande que nos souvenirs du passé. La plupart des événements qui nous sont arrivés nous semblent à peine dignes d'avoir une place dans notre

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soxkTemr, et nous les oablions, il en est même beaucoup que nous ▼oudrions oublier tout à fait. La jouissance la plus Tive est toujours celle du moment présent, et tous nos vœux tendent en même temps vers Tavenir. Pouvons-nous supposer qu'il en soit autrement pour les élus? Peut-être le souvenir de leur imperfection première serait humiliant et pénible pour eux au milieu de Téclat de leur état de perfection. Si nous, qui vivons en ce moment sur la terre, avions existé auparavant quelque part dans l'univers, mais dans un état très-inférieur, par exemple à celui d'animal; le souvenir de cette condition infime ne serait-il pas humiliant et désagréable pour nous, quand une fois nous serions passés à l'état d'êtres humains ? Regretterions-nous d'avoir perdu tout souvenir de notre dégradation passée? Et ne se peut -il pas que la condition des âmes dans l'autre monde soit, eu comparaison de celle de l'homme, ce qu'est la nôtre comparée à celle des animaux? Il est un souvenir, cependant, qui nous reste cher jusque dans l'âge le plus avancé, — c'est le souvenir des amis et des personnes auxquels nous avons été dévoués et attachés. Le vieillard se souvient avec joie du compagnon de sa jeunesse, de Tami avec lequel il a passé tant de jours heureux. Il se peut qu'il oublie toute chose, mais l'objet de son affection reste toujours gravé dans son souvenir.

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La faculté d'aimer est uu des attributs qui jusqu'à un certain point assimile les mortels aux êtres plus parfaits; et cet attribut est i«ipérissable , car il appartient à la nature spirituelle. Dieu aussi aime, mctis dans un sens bien, plus élevé que nous. La création tout entière en témoigne. Il est vrai que les instincts sexuels produisent même chez les animaux un sentiment qui a quelque ressemblance avec l'amour ; mais en eux il est transitoire, - — c'est une ojnbre qui nous trompe. Mais Dieu, dont l'amour est infiniment plus profond et plus pur que l'amour de l'homme, — Dieu, qui a communiqué ce sentiment d'amour à toute la création et jusqu'aux plantes, — Dieu qui , par l'amour, a rattaché les âmes entre elles et Lui, détruirait- il cet amour, /jette puissance divine de l'àme purifiée au moment même où II l'appelle à une existence plus parfaite ? Non ; ce qui est Divin est éternel ! Ce qui est imparfait ne peut être plus parfait que les esprits supérieurs plus rapprochés que nous du Père céleste ; et bien que nous puissions perdre le souvenir de beaucoup de choses, nous emportons avec nous dans la tombe notre amour pour les objets de notre affection. Et bien que mille souvenirs périssent avec le corps, le souvenir de Dieu, le souvenir des créatures de Dieu que nous aimons, doit suivre l'àme dans les régions glorieuses. Dieu n'a pas créé les âmes, et ne

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les a pas douées du i^entiment d'amour pour Lui, pour qu'elles l'oublient après un court espace de temps. Il n'a pas uni les âmes par les liens spirituels de l'amour, pour les séparer ensuite à jamais. Ce que l'homme le plus cruel ne pourrait vouloir, Dieu, qui a imprimé le sceau de Son amour sur" chacune des merveilles de la création, ne pourrait le vouloir. C'«st pourquoi les liens qui nous ont unis dans cette vie, ô mes bien-aimés ! ne sauraient être rompus par la mort du corps. Je vous appartiens encore, quoique vous habitiez la demeure de notre Père ce leste dans le Ciel.

Je continuerai à vous aimer jusqu'au jour où mon cœur cessera de battre. Et vous — oh ! non, vous ne pouvez pas m'avoir oublié, car Dieu est le Dieu d amour, et je dois vivre encore dans votre souvenir, et, dans votre sainte béatitude , vos bras se tendent encore vers moi! Vous qui vivez dans un monde meilleur, et voyez la grandeur de Dieu dans toute sa sublime majesté, vous sentez pour.moi un amour plus grand que celui que je puis ressentir pour vous. Hélas ! le mien est encore mêlé de larmes ; le vôtre ne connaît qu'une joie ineffable. Je lève avec tristesse mes yeux au ciel, cherchant la demeure où habitent vos âmes ; vous regardez avec un doux sourire cette planète où je suis resté, seul dans la poussière, et où en secret je prononce vos noms aimés en soupirant I

3iê Il^T&RFBÉTATlONS 1>B L*ÉTCBRIT*.

L'amour mutuel qui unit les àmem est étemdr comme les âmes ellesHaèmes ! éternel comme Diea et Sou amour ! Il est yrai que tous les hema^ ii&i^ restres sont rompus entre les Titants et les eq^rits purifiés, mais notre parenté spirituelle em Dieu conr tinue, car Dieu est notre Père à tous. Dans Tautre monde nous serons tous ^aux, comme le sont les anges et les puissances i^périeures de la créatioiL.

Ce qui appartient au corps meari arec le corps* L'âme seule est étemelle. Le pouToir, la faculté de nous perfectionner seule continue en nous. Nos relations dans le Ciel doivent être d'une autre nature que celles que noua aurions sur la terre, car elles doivent être purifiées et spiritualisées ; mais comment?— c'est ce que nous ne pouvons imaginer. Nous sommes également incapables de concevoir ce que sont dans l'autre monde les occupations des esprits glorifiés. Assurément elles ne sont pas les mêmes que celles que nous avons sur la terre, et ne leur ressemblent pas; et tout ce qui a été dit sur ce sujet par des hommes présomptueux, n'est que rêve et fictions. Nous ne savons pas comment l'esprit agît lorsqu'il est dépouillé du corps, et nous ne savons pas non plus comment il agira quand Dieu l'aura revêtu de sa plus belle enveloppe, car qui connaît la toute -puissance de Dieu? Mais ce que beaucoup de nous savons, c'est que les êtres aimés qui sont morts

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iei*bas Mr la tenre, rerivent encore an eiel dans un état de félicité plus grand ; et à cette seule idée an frémissement de Inmlieiir agite et pénètre notre âme. Rien de ce qni a iait partie de TnniTers ne cesse à'en ùûre partie» et tout ce qui a vécn vit encore. • Car Dieu n*est point le Dieades morts, mais des vivants. » (Saint Matthieu xxii, 32.)

Quelle extase me saisit à cette pensée, dont la vérité est si claire, si simple, mais qui en ce moment, pour la première fois, brille sur moi dans tout son éclat l Où suis-je? Sur cette petite planète, la terre^ il est vrai ; mais avec elle je flotte dans l'univers infini pour l'éternité I Où suis-je? Avec Toi, ô mon Père! ô Dieu! Même sur cette terre, je suis 'avec Toi, et je Te vois à travers le voile de Ta merveilleuse Création, comme mon âme m'apparalt ellemême à travers son enveloppe terrestre, le corps. Quelle gloire se répand sur toutes les relations ter« restres que Tu m'as données ! Le Ciel avec ses astres me semble plus majestueux; — il me semble apercevoir là-bas bien haut ceux que j'ai aimés, dans la maison de notre Père. L'endroit que j'habite sur cette petite terre semble plus saint à mes yeux, car c'est l'entrée d'un monde meilleur ! Mes travaux, mes projets, mes soucis et mes efforts, tout se sanc^tifie à mes yeux, car ils ne sont que le résultat des facultés et de la force spirituelle qui agissent en

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moi, et qui me préparent à une existence plus glorieuse. Une seule chose me semble impie, c'est la désobéissance de l'esprit à ses propres lois, sa désobéissance à Ta volonté, ô le Saint des Saints!

Loin de moi, l'amour terrestre,- et les passions impures, qui me souilleraient dans le temple de mon Père!

Je lèverai avec joie les yeux vers Toi, je me remettrai entre Tes mains avec confiance, ô Créateur plein d'amour ! Quelle joie de T'appartenir, ô merveilleuse Eternité que le Christ m'a dévoilée ! Quelle joie de vous retrouver, ô âmes saintes et toujours aimées de ceux qui me supplient de les suivre dans la demeure du Saint des Saints!

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