‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 35 sur 40 · FÊTE COMMÉMORATIVE · texte numérisé non relu

FÊTE COMMÉMORATIVE

Leurs rêves brillants de puissance et de splendeurs terrestres furent anéantis, ainsi que leurs espérances" et leurs ambitions.

Sa mort leur avait rendu incompréhensible ce qu'il avait enseigné et prophétisé. Pour eux la vie du Messie était devenue un mystère; leur destinée, un secret. Ce qui avait été commencé n'était pas achevé, mais interrompu. De sombres doutes obscurcissaient leurs âmes, comme la nuit du sépulcre dérobait à leur vue le cadavre de leur Divin Maître.

C'est précisément à ce moment que la grande nouvelle vient les surprendre : Il est ressuscité ! Soudain un jour nouveau luit à leurs yeux. Le mystère qui enveloppait Ses paroles se dévoile tout à coup ; ils comprennent Ses prophéties et croient à Sa Divinité. Pleins d'un saint enthousiasme^ ils répondent à Son appel. Dès lors, l'opprobre ou les honneurs, la vie ou la mort, ne ^ont rien pour eux, en comparaison de l'œuvre dont II leur a confié la mission. La semence de Dieu qu'il avait semée commence à pousser avec vigueur. Sa Résurrection a sur elle l'influence de l'haleine du Printemps. La nfort s'est évanouie ; Tenfer est vaincu ; l'humanité est réconciliée avec Dieu ; le royaume céleste des esprits est fondé; Il a complété Son œuvre! Ainsi l'anniversaire de la résurrection de Jésus est devenu la première et la plus sacrée des solennités pour les

Chrétiens, et en même temps une fàte commémoralive de leur rédemption par Jésus. Célébrons cette fête, ont-ils dit; faisons-le en souvenir de notre purification du péché, dont le bienfait nous est assuré par Sa parole ; repoussons tous les penchants vicieux qui nous dégradent. Car de même qu'il suffit d'un peu de levain pour faire fermenter un pain tout entier, de même le plus léger péché déshonore et dégrade toute la dignité de Thomme. « C'est pourquoi, » s'écrie Saint Paul, « célébrons k fête, non pas avec du vieux levain, ni avec le levain de la méchanceté et de la malveillance, mais avec le pain sans levain de la sincérité et de la vérité. » (Corinthiens V. 8.)

Comme Jésus a achevé Sa tâche, de même je veux finir la mienne. Comme II a accompli la rédemption du monde des chaînes du péché et de l'erreur, de même je veux accomplir ma sanctification par ma foi en lui et en Sa parole. Si Sa vie est ma vie, alors Sa victoire est aussi ma victoire. Sa glorification ma glorification, — alors je ne sentirai pas la mort. Mon esprit s'élancera triomphant au-dessus du tombeau et de la poussière de la terre, vers le ciel.

Je veux chercher ma rédemption en Jésus, car hors de Lui point de salut. Etre racheté par Lui, c^est m'assimilera Lui; c'est devenir pur esprit, faire le bien, être affranchi de tout péché, vivre pour Dieu

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seul; agir dans la sphère qui m'est assignée avec une grandeur d*àme tonte divine, sans égoïsmeT sans motifs honteux; reconnaître le monde des esprits pour ma demeure, le Créateur de l'univers sans bornes pour mon Père, et pour ma famille, tous les êtres créés comme moi, qui se prosternent en adoration à Ses pieds, et chercher mon bonheur, non dans la poussière et les choses passagères de la terre» mais dans l'éternité.

Le Christ est ressuscité d'entre les morts; il a achevé Son œuvre. Moi aussi je ressusciterai et j'achèverai ma tache. Si je vis dans l'esprit de Jésus, le tombeau ne peut contenir que mon corps; mou corps n'est que cendre et poussière ; la poussière et la cendre n'ont point de vie par elles-mêmes; mais mon âme est la vie; c'est pourquoi mon àme ne saurait mourir.

Mon âme ne saurait mourir ! Pourquoi pas ? Jésus Lui-même n'a-t-il pas dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ceux qui tuent l'âme ! » Et quelle est la mort de l'âme? Le péché.

Là où est le péché, dominent les passions du corps; la raison est muette; la conscience étouflFée; l'activité do l'esprit paralysée ; c'est la mort. Le péché ^st la mort de l'esprit. Vaincu par le vice, l'esprit devient aussi insensible que le corps de l'homme Test, après la mort, à toutes les influences

auxquelles on peut ie soumettre. Comme ie corps mort n*a plus de force, de même l'esprit perd sa puissance lorsque les instincts brutaux ont le dessus. Comme le corps mort est sans volonté, de même l'esprit perd toute liberté, lorsque dominent les passions^ telles que l'ambition mondaine, la luxure, l'amour des plaisirs, la cupidité et la méchan^ceté.

Le péché est donc .la mort de l'esprit! L'esprit, qui n'a pas vécu en réalité sur la terre, peut-il continuer de vivre lorsque son corps meurt ? Ne dort-il pas du sommeil éternel? Ne serait-il pas comme s'il n'eût jamais existé?

C'est de cette mort que Jésus nous a rachetés par Sa doctrine et non de la mort du corps, dont nous devons tous mourir. Mais, lorsque nous nous sanctifions, c'est à-dire lorsque nous nous purifions de tous les penchants vicieux, de tous les désirs brutaux et coupables, nos esprits s'abreuvent de la vie éternelle à longs traits. La mort du corps n'est pas la mort de l'àme. Si4onc une àme parfaite, à l'exemple de Jésus, ne meurt pas, qu'importe le dépérissement de notre corps? Nous vivons! qu'importe que notre enveloppe terrestre nous abandonne? Nous vivons, et nous vivons par le Verbe de Jésus ; et nous pouvons nous écrier avec allégresse : Où est ton aiguillon, ô Mort! 0 enfer! où est ta victoire?

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Louanges à Dieu, qui nous a donné la victoire par Notre Seigneur Jésus-Christ !

Si le péché est la mort de Tàme, la vertu ou la ressemblance à Dieu doit en être la vie. Chaque infraction aux lois divines est une blessure mortelle infligée à l'esprit ; et chacune de nos actions qui plaît à Dieu ravive notre vie spirituelle.

Ainsi je comprends la parole divine, lorsqu'elle a dit que la mort est le salaire du péché ! que le Christ nous a sauvés de la mort en nous montrant le chemin de la vie ! Oui ; Il nous a sauvés de la mort en nous montrant le chemin de la vie, en nous indiquant notre haute destinée, en nous apprenant à connaître notre dignité, en nous fournissant le moyen le plus sûr d'atteindre la perfection, c'est-à-dire en nous édifiant par Son exemple, et en nous prescrivant de faire abnégation de nous-mêmes, de renoncer à nos désirs coupables, et de Le suivre. C'est pourquoi, usant de langage allégorique, Il a dit qu'il était le chemin de notre vie.

Le Christ est ressuscité ! Il a accompli glorieusement Sa Mission Divine ; Il a vaincu la mort pour moi, si dans ma vie je tache d'imiter Ses mérites et Sa sainteté, et si j'évite le péché, qui est la mort spirituelle.

De même que le Christ n'a pas cru Sa mission terminée sur la terre avant d'avoir vaincu la mort et

la tombe, avant d'avoir consacré Ses disciples, et d'être retourné près de Son Père, de même je ne penserai pas avoir accompli mon œuvre avant d'avoir atteint le terme de ma carrière. Tant que je resterai sur la terre, mon existence sera un combat continuel avec le péché, une lutte constante avec la mort. Ce n'est que quand j'aurai atteint le but, qu'il me sera prouvé que j'ai vaincu la mort et le péché, si j'ai combattu avec succès, si j'ai gagné la palme de la vie promise à mes efforts. Combien cette lutte doit-elle durer encore ? Quand pourrai-je me réjouir de ma victoire sur la mort et le péché ?

Aussi longtemps qu'il me faudra attendre, je resterai ferme dans ma foi, et je ne me lasserai pas. « Car celui qui est victorieux, » dit le Seigneur, u héritera de toute chose; et je serai son Dieu, et il sera mon fils. » (Apocalypse xxi. 7.) Et aussi longtemps que ma lutte durera encore, l'anniversaire de l'accomplissement de l'œuvre du Messie sera pour moi un avant-goût de la victoire que je dois aussi remporter un jour. Ah! puissé-je chaque fois qu'on célèbre Ta victoire, ô mon Sauveur, célébrer aussi mon triomphe sur la mort et sur le péché !

Soyez bénis, ô esprits sanctifiés, qui avez déjà remporté la victoire! 0 vous, bien-aimés de Jésus, ô vous, saints de Dieu! je célébrerai aussi dans un silence solennel la mémoire de votre triomphe.

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Vous êtes sortis victorieux du combat; moi, je lutte encore contre le péché. Vous, vous vous réjouissez d'avoir atteint le but ; moi, je suis encore à pleurer mes fautes.

Soyez bénis, vous qui avez vaincu la mort en Jésus, et avec Jésus ! La résurrection du Seigneur est devenue votre résurrection. Il est ressuscité; II vit ; et vous vivez avec Lui.

Il vit ! Il est ressuscité ! Ce miracle nous donne l'assurance céleste que nous ressusciterons aussi d'entre les morts, et ranime les cœurs blessés des êtres inconsolables qui pleurent la perte de leurs joies. Dieu nous a promis, à nous aussi, la vie immortelle ; nos âmes ne seront pas les victimes du tombeau.

Il vit! II est ressuscité! 0 père inconsolable, pourquoi marches-tu si triste, et sans aucune sympathie, parmi tes semblables, cherchant en vain l'enfant que la mort t'a ravi? 0 mère, pourquoi pleures-tu sur la tombe de ton fils chéri, en l'appelant par son nom et en demandant à la tombe muette et mystérieuse de te le rendre? Pourquoi, vous tous qui regrettez des êtres que vous avez aimés, cherchezvous les vivants parmi les morts ? Ceux que vous aimez ne sont pas là, ils sont dans le sein du Père Étemel! Célébrez avec allégresse la Pàque Solennelle. C'est la fête de la Résurrection, la fête com-

mémorative de notre yictoire sur la mort. Pères, mères, pensez-y. Il n'y a ancan mur de séparation entre la vie et Fétemité ; aucune barrière réelle ne vous sépare de ceux que vous avez si tendrement aimés. Vos enfants vivent encore. Vous aussi, vous vivrez dans l'avenir, car Jésus vit. Dieu vit. D n'y a pas de mort, excepté par le péché.

Il vit ! Il est ressuscité ! Époux malheureux, pourquoi, dans ta douleur, aspires-tu à descendre dans la tombe silencieuse, où dort celle qui était ton bien le plus précieux sur la terre, qui était tout pour toi? C'est là, il est vrai, que repose sa poussière, mais pourquoi cherches-tu les vivants parmi les morts ? lia tombe n'est pas la demeure de son esprit, qui était né pour la vie étemelle. Sa demeure est le sein de Dieu. Dieu est avec vous; comment donc êtes-vous séparés ? Elle vit, et tu vis ; et Dieu vous rassemble l'un à l'autre dans son amour. Soutiens la lutte, ô toi qui pleures ! la séparation apparente ne durera pas longtemps. Célèbre avec allégresse la Pàque Solennelle : c'est la fête de la Résurrection, Tanniversaire de notre victoire sur la mort.

Il vit ! Il est ressuscité ! Cependant, 6 veuve livrée à la solitude, tu pleures toujours avec une douleur opiniâtre ton époux moissonné par la mort ! 0 vierge désolée, tu supplies la tombe de te rendre l'être chéri qu'elle a arraché à ton amour, et dont la perte

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