‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 7 sur 40 · VAUT-IL MIEUX S'ÉTBINDRE LENTEMENT, ETC · texte numérisé non relu

VAUT-IL MIEUX S'ÉTBINDRE LENTEMENT, ETC

des êtres les plus chers pleurant autour de nous, la pensée du chagrin de ceux qui sont absents, toutes les choses enfin qui rendent si difficile notre inévitable départ de ce monde. Car, pour un cœur aimant , quelle plu» amère douleur la mort peutelle apporter que celle-là? Quel est celui qui pourrait contempler sans une peine profonde l'affliction de ceux qu'il est sur le point de quitter? Qui pourrait rester insensible quand ils s'approchent pour lui tendre pour la dernière fois une main fidèle et afiectueuse? Qui pourrait rester insensible quand ils entourent le lit de mort en faisant entendre de lugubres lamentations?

Tout, même les quelques préparatifs solennels pour l'événement possible de notre décès, l'anxiété avec laquelle nous écoutent et nous veillent ceux qui nous sont chers, et les autres circonstances douloureuses qui entourent le mourant, ajoutent à l'agonie de ses derniers moments. C'est donc pour cela que Dieu envoie fréquemment à Ses enfants une mort subite. Il les dispense de l'affligeante nécessité d'assister à la douleur stérile, et quelquefois immodérée, de ceux qui leur survivent.

La mort en elle-même, le profond sommeil, n'a pas d'amertume. Ce n'est point une soufirance, cela ne peut être ainsi, puisque c'est la fin de toutes souffrances, et en mourant la douleur doit déjà avoir

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cessé. C*est la maladie seule qui est cruelle ; mais Ja maladie n*est pas la mort, elle amène seulement doucement cette dernière. Celui que Dieu rappelle subitement de ce monde est même dispensé des épreuves du lit d'agonie. Il meurt sans avoir goûté à la mort. Entre sa vie terrestre et sa vie éternelle à peine un moment s'écoule-t-il. Sans souci, sans peur, sans douleur, il passe de cette vie dans une vie meilleure et plus élevée, semblable à celui qui passe du rêve au réveil. Il ne sait rien de ces luttes effroyables entre la mort et cet instinctif amour de la vie ; il n'y a point en lui de désir de rester avec les êtres aimés ; point de plaintes pour ce qu'il est sur le point de quitter, point de regards anxieux jetés devant lui pour savQir ce qui l'attend.

Non, je ne regarde point la mort subite comme un châtiment de Dieu, mais comme l'une de Ses plus douces faveurs. C'est ainsi qu'il appelle à Lui un Elias et un Enoch.

Comment pourrait-ce être un mal, ô Toi, si éternellement bon ! ce qui vient de Ta main ? Maître du Séraphin et du ver de terre. Souverain de la vie et de la mort, je suis dans Ta main; conduis-moi où Tu jugeras convenable, car tout ce que Tu fais est bien fait. Quand Tu m'as appelé du néant à la vIq, Tu voulais mon bonheur, quand Tu me rappelles de la vie, pourquoi aurais-Tu moins soin de mon bôrir

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