T JÉSUS-CHIUST LUI-MÊME
J'ai recherché dans les Évangiles les traits épars dè Jésus-Christ. Je les ai recueillis dans ses actes, dans ses préceptes, dans ses paroles, dans les divers rapports de sa vie. Je n'ai rien ajouté, rien magnifié : bien au contraire; la vie de Jésus est infiniment plus grande et plus subîime que je ne l'ai' faite; ses paroles sont infiniment plus vraies et plus puissantes, ses préceptes infiniment plus profonds et plus beaux que je ne l'ai dit. Et je n'ai rien dit du sceau mis par sa Passion à sa
3ii HUITIÈME MÉDITATION.
mission et à snn œuvre; je n'ai pas montré Jésus- Christ dans Gethsémané et sur la croix!
Dieu, selon la Bible, est unique et toujours le même. Ainsi est Jésus-Christ selon l'Évangile. La plus parfaite, la plus constante unité règne en lui, dans sa vie comme dans son âme, dans ses paroles comme dans ses actes. 11 agit progressivement et à mesure que les circonstances au milieu desquelles il vit provoquent son action, mais sans que ses progrès entraînent jamais, en lui, aucun changement de caractère et de dessein. Tel il apparaît, à douze ans, dans le Temple, déjà plein du sentiment de sa nature divine, quand il répond à sa mère qui le cherchait avec inquiétude : « Ne saviez-vous pas qu'il me faut être occupé aux affaires de mon Père? » tel il demeure et se manifeste dans tout le cours de sa mission active, en Galilée et à Jérusalem, avec ses apôtres et avec le peuple, chez les Pharisiens ou chez les Péagers, que ce soient les hommes, ou les femmes, ou les
enfants qui l'approchent, devant Caïphe et Pilate comme sous les yeux de la multitude qui se presse autour de lui pour l'écouter. Partout et en toute circonstance, le même esprit l'anime, il répand la même lumière, il proclame la même loi. Accompli et immuable, toujours à la fois fils de Dieu et fils de l'homme, il poursuit et consomme, à travers toutes les épreuves et toutes les douleurs de la vie humaine, son œuvre divine pour le salut du genre humain.
Cela dit, comment en dire davantage? Comment parler avec détail de Jésus-Christ lui-même quand on croit en lui, quand on voit en lui Dieu fait homme, agissant comme Dieu seul peut agir, et souffrant tout ce que l'homme peut souffrir, pour racheter les hommes du péché, et les sauver en les ramenant à Dieu? Comment sonder de près les mystères d'une telle personne et d'un tel dessein? Que s'est-il passé dans cette âme divine pendant cette vie humaine? Qui expli-
quera ces crises de tristesse de Jésus-Christ au sein de la plus parfaite foi en Dieu son père et en lui-même, et ces mouvements d'effroi à l'approche du sacrifice sans la moindre hésitation dans le sacrifice, sans le moindre doute sur son efficacité? Ce fait sublime, cet intime et continuel mélange du divin et de l'humain ne trouve point d'expression égale ni vraie dans les langues humaines, et plus on le contemple, plus il est difficile d'en parler.
Ceux qui ne croient pas en Jésus-Christ, qui n'admettent pas le caractère surnaturel de sa personne, de sa vie et de son œuvre, sont affranchis de cette difficulté ; quand ils ont, dès le premier abord, supprimé Dieu et !e miracle, l'histoire de Jésus-Christ n'est plus, pour eux, qu'une histoire ordinaire qu'ils racontent et expliquent comme celle de toute autre vie humaine. Mais ils tombent alors dans une bien autre difficulté et viennent échouer sur un bien autre écueil. On peut con-
JÉSUS-CHRIST SELON L'EVANGILE. 3ï6
tester la nature et la puissance surnaturelles de Jésus-Christ; on ne peut pas contester la perfection, la sublimité de ses actions et de ses préceptes, de sa vie et de sa loi morale. Et en effet, nonseulement on ne les conteste pas, mais on les admire, on les célèbre avec effusion et complaisance; on semble vouloir restituer à Jésus-Christ simple homme la supériorité qu'on lui enlève en refusant de voir Dieu en lui. Mais alors que d'incohérences, que de contradictions, quelle fausseté, quelle impossibilité morale dans son histoire telle qu'on la raconte ! Quelle série d'hypothèses inconciliables avec les faits qu'on admet! Cet homme parfait et sublime est tour à tour un rêveur ou un charlatan , dupe lui-même et trompeur aux autres, dupe de son exaltation mystique quand il croit à ses propres miracles, trompeur volontaire quand il arrange les apparences pour y faire croire. L'histoire de Jésus-Christ n'est plus qu'un tissu de chimères et de mensonges. Et pourtant le
3ïfi HUITIÈME MÉDITATION.
héros de cette histoire reste parfait, sublime, incomparable, le plus grand génie et le plus grand cœur entre les hommes, le type de la vertu et de la beauté morale, le chef suprême et légitime de l'humanité. Et ses disciples, justement admirables à leur tour, ont tout bravé, tout souffert pour lui rester fidèles et accomplir son œuvre. Et l'œuvre en effet a été accomplie ; le monde païen est devenu chrétien, et le monde entier n'a rien de mieux à faire que d'en faire autant.
Quel problème contradictoire et insoluble on élève ainsi, à la place de celui qu'on s'efforce de supprimer!
L'histoire repose sur deux bases, les documents positifs sur les faits et les personnes, les vraisemblances morales sur l'enchaînement des faits et l'action des personnes. Ces deux bases manquent également à l'histoire de Jésus-Christ telle qu'on la raconte, ou plutôt qu'on la construit aujourd'hui : elie est en contradiction évidente et
JESUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. 3i7
choquante, d'une part avec les témoignages des hommes qui ont vu Jésus-Christ ou qui ont vécu près de ceux qui l'avaient vu; d'autre part avec les lois naturelles qui président aux actions des hommes et au cours des événements. Ce n'est pas là de la critique historique; c'est un système philosophique et un récit romanesque mis à la place des documents matériels et des vraisemblances morales; c'est un Jésus-Christ faux et impossible, fait de main d'homme, qui prétend à détrôner le Jésus-Christ réel et vivant, fils de Dieu,
Il faut choisir entre le système et le mystère, entre le roman des hommes et le plan de Dieu. Même quand il se révèle, Dieu ne se révèle à nous qu'à travers des voiles; mais ses voiles ne sont pas des mensonges. L'histoire évangélique de Jésus-Christ nous montre Dieu agissant par des voies qui ne sont pas ses voies de tous les jours ; elle a cela de commun avec bien d'autres faits dans l'histoire de l'univers, entre autres avec
le grand fait de la création actuelle, quand l'homme, en paraissant sur la terre, a reçu la première révélation divine. Le surnaturel n'a pas commencé avec Jésus-Christ ; et quand on nie, à ce titre, l'histoire de Jésus-Christ, il faut nier aussi bien autre chose. Pour éehapper à cette mortelle nécessité, de savants hommes ont tenté naguère de réduire infiniment, dans l'histoire de Jésus-Christ, ia part du surnaturel, et d'expliquer, par des moyens naturels, la plupart des actes et des faits de sa vie. Tentative puérile, qui a échoué dans les détails et qui laisse subsister le fond du problème. On ne réussira pas mieux dans la tentative nouvelle qu'on poursuit aujourd'hui, et qui consiste à mettre l'idéal à la place du surnaturel, et à élever le sentiment religieux sur les ruines de la foi chrétienne. C'est faire trop et trop peu. L'âme humaine ne se contente pas de ce qu'on lui laisse ainsi, ni l'orgueil humain de ce qu'on lui refuse. Quand on est si hardi que de
prétendre, au nom de la science de l'homme dans le monde fini, déterminer les limites de la puissance de Dieu, il faul être plus hardi encore, et détrôner Dieu lui-même.
NOTES
Conformément à ce que j'ai dit dans fa seconde de ces Méditations, intitulée (es Dogmes chrétiens (page 66) , je donne dans ces notes le texte latin de la Vulgate pour tous les passages des Livres saints que j'ai cités, dans le cours de cet ouvrage, d'après la traduction française d'Osterwald. Il y a souvent, entre ces deux versions, de notables différences, non-seulement d'expression, mais aussi de sens. Je me fais un devoir de mettre sous les yeux des lecteurs le texte de la
NOTES
version de saint Jérôme, lelle qu'après la résolution du Concile de Trente elle a été adoptée et publiée, en 1590 et 1592, par les papes Sixte V et Clément VIII.
(A) Et ego cum venissem ad vos, fratres, veni non in sublimitate sermonis aut sapientise, annuntians vobis testimonium Christi ; — non enim judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Christmn, et hune crucifixuui.
— Et ego in infirmitate, et timoré, et tremore mtilto fui
aptid vos. — Placeo mihi in inlinnitatibus meis, in
contumeliis, in nécessitât! bu s, in persécution ibns, in angustiis pro Christo. Cum enim inlïrmor, lune potens sum. {/" Èpilre de saint Paul aux Corinthiens, chap. il, v. 1-3;
— U'ÉpUre, ch. m, v. 10.)
[Paf* 68.)
(B) Venit autem Jésus in partes Cœsareœ Philippi, el interrogabat discipulos suos, dicens : « Qtiem dicunt liomines esse filium hominis? » — Et illi dixerunt : a Alii Johannem Baptistam, alii autem Eliam , alii vero Jeremiam, aut unum ex prophetis. » — Dicit illis Jésus: « Vos autem, quem me esse dicitis? « — Respoudcns Si-
NOTES
mon Petrus dixit : « Tu es Christus, filins Dei vivi. « — . Respondeos autem Jésus, dixit ei : tt Beatus es, Simon Bar Jona ; quia caro et sanguis non reveiavil libi, sed Pater meus qui est in cœlis. » {Êvang. selon saint Matthieu, ch. ai, v. 13-17.)
(Pane *.)
(C) Dixit ei Jésus : « Si cognovissetis me, et Patrem meum utique cognovissetis; et amudo cognoscctis euro, et vidistis eum. » — Dicitei Philippus ; « Domine, ostende nobis Patrem, et suiïicit nobis. » — Dicit ei Jésus : « Tamo lempore vobiscum sum, et non cognovistis me! Philippe, qui videt me videt et Patrem. » (Èvtmg. selon saint Jean, ch. xiv, v. 7-9.)
[Psge 70.}
(D) In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum... Et Verbum caro factum est, et habilavit in nobis. et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi unigenïti a Pâtre, plénum gratis et veritatis... Deum nemo vidït unquam; unigenitus filius, qui est in sinu Patris, ipse enarravit. (Évang. selon saint Jean, ch. I, v. 1, U, 18.)
(P*ge 70.)
(E) Ipsi vos mini testimonium perhibetis quod dixe-
NOTES
rim : Non ego sum Christus, sed quia m issus sum ante illum... Qui de sursum venit., super oiiiiicp est. Qui est dp terra de lerra est, et de terra loquilur. Qui de cœlo venit super omnes est... Quem euim inisit Ueus verba Dei loquitur, non enîm ad mensuram dat Detis spiritum... Pater diligit Filîiim et omnia dédit in manu 9 ejus. [Évang. selon saint Jean, ch. m, v. 28, 31, 34, 35. 1
(hp «.)
(F) Hoc enim sentiie in vobis quod in Chrislo Jesu ; — qui, cura in forma Dei esset, non rapinam arbitratus est esse se »qualem Deo; — sed semetipsum exinanivit, formam servi accipiens, in similitudinem homiûum factus, — et haliitu inventiis est homo; — humiliavit semetipsum , faclus nlM.'dions usquc ail mortem, mortem autem crucis. (Êpître de saint Paul aux Philippfcns , ch. u, v.5-8.)
(Pag» 13.)
(G) Qui est imago Dei invisiliilis, priiiio.iieiiitus omnis creattira?. — Quoniam in ipso condita sont uni versa, in cœlis et in terra, visibilia et invisibilia, sive Throni, sive Dominationes, sive Principattis, sive Potesta les; -omnia per ipsum et in ipso creata sont. — Et ipse est ante om-
NOTES
nés, el omnia in ipso constant. {ÉpUre de saint Paul aux Cotossiens, ch. i, v. 15-17.)
(Page 73.)
(H) Non enini doctas fabulas secuti nolam fecimus vobis Domini nostri Jesu Christ! virtutem et prœsentiam, sed speculatores facti illius magnitudinis; — accipiens enim a Deo Paire tionorem et gloriam, voce delapsa ad enm hujusce modi magnifîca gloria : « Hic est filius meus dilectUS, in quo mitii complacui; îpsum audite. n (II e Èpître calh. de saint Pierre, ch. i, v. 16-17.)
(P«ge M.)
(I) Ornais qui negat Filium, nec Patrem habet; qui confitetur Filium, et Patrem habet. (/" Êpitre calh. de saint Jean, ch. ir, v. 23.)
(Page 14.)
(J) ln hoc cognoscitur spiritus Dei ; omnis spiritus qui confitetur Jesum Christum iii carne venisse, ex Deo est; — et omnis spiritus qui solvit Jesum, ex Deo non est. (I" ÉpUre calh. de saint Jean, ch. IV, v. 2-3.)
(K) Omnia mihi iradita sunt a Pâtre meo. F.t nemo
NOTES
novit Filittm nisi Pater; neque Patrem quis novii nisi Films, et eut voluerit Filius revelare. (Èvang. selon saint Matthieu, ch. xi, v. 27.)
(Page 75.)
(L) Ego et Pater imum sumus. {Évang, selon saint Jean, ch. x, V. 30.]
(Page 77.)
(M) Hasclocutusest Jésus, etsublevatisoculismcceium, dixit : ci Pater, venil hora; clarifica Filium tuum, ut Filius tous clarificet te; — sicut dedisti ei potestatem omnis carnis, ut omne, quod dedisti ei, det eis vitam ;mer-
solum Deum vivum et qitrm misisli Jcsum Christum. — Ero te clarificavi super terrant; opys corjsummavi quod dedisti mihi ut faciam. — Kt mine clarifica me, tu Pater, LipLid temetipsum , claritate quam habui, priusquam mundus esset, apud te. — Manifestavi nomen tuum hominibus quos dedisti mihi de mundo. Tui eram, et mihi eus dedisti , et seraionem tuum servaverunt. — Nunc cognoverunt quia omnia qua; dedisti mihi abs te sunt. — Quia verba qua; tl( ■■ I ï s i ] niibi di-di <is. ci i psi acceperunt, et cognovenmt verequiaa te exivi, et crediderunt quia tu me misisti. — Ego proeis rogo; non pro murnlo rogo, sed
NOTES. 339
pro eis quos dedistî mihi, quia lui sunt. — et mea omnia tua sunt, et tua mea sunt, et clarificatus sum in eis. — Et jam non sum in nmndo, et lii in intindo sunt, et ego ad te venio. Pater sancte, serva eos in nomine tuo quos riedisii mihi, ul sint unum, sicut et nos. » (Évang. selon saint Jean, ch. m, v. 1-11.)
(Paee 1*5.)
(N) Tulit ergo Dominus hominem, et posuit eum in paradiso voluptatis, utoperaretur et custodiret illum; — pracepitque ei dicens : « Exomni ligno paradisi coraade;
— de ligno aulem scientiœ boni et mali ne comedas ; in quocumque enim die comederis ex eo, morte morieris. »
— Dixit qtioque Dominus Deus : « Non est bonum esse hominem solum ; faciamus ei adjutorium simile sibi. » — Formatis igitur, Dominus Deus, de humocunctis animantibus terra et uni versis volatilibus cœli, addusit ea ad Adam m videret quid vocaret ea ; omne enim quod vocavit Adam anima: vivcmis, ipsum est nomen ejus. — Appellavitque Adam nominibus suis cuncta animanlia et universa volatilia creli, et omnes bestias terra?; Adœ vero non inveniebatur adjutor similis ejus. — Immisit ergo Deus soporem in Adam ; cumque obdormisset, tulit unam de coslis ejus, et replevit carnem pro ea. — Et tediftcavit Dominus Deus costam quam tulerat de Adam in mulie-
rem, et adduxit eam ad Adam. — Dmtque Adam : n Hoc mine os exossibus meis, et caro de carne mea. — Quamobrem relinquet homo patrem suum et inatrem , et adhierebit uxori sus , et erunt duo in carne una. » ( Genèse, ch. u, v. 15-24.)
[•Page 156.)
(0) Ornais scriptura divinitus inspirata, utilis est ad docendum, ad arguendum, ad corripiendum, aderudiendum in justitia. — Ut perfectus sit homo Dei, ad omne opus bonum instructus. {Il' ÊpUre de saint Paul à Tir mothèe, ch. m, v. 16-17.)
(P*ge 162.)
(P) Homo quidam erat dives, qui induebatur purpura et byssa, et epulabatur quotidie splendide. — Et erat quidam meadicus nomme Lazarus, qui jacebat ad januam ejus, ulceribtis plemis, — cupiens saturari de micis quœcadebant de mensa divitis, et nemo illi dabat; sed et canes veniebant, et liugebant ulcéra ejus. — Facium est autem ut moreretur mendicus, et portaretur ab angelis in sinum Abraha?. Mortuus est autem et dives, et septiltus est in inferno. — Elevans autem oculos suos, cum esset in tormentis, vidit Abraham a ionge, et Lazarum in sinuejus, — Et ipse damans dixit : « Pater Abraham, mi-
NOTES
serere mei, el mitte Lazarum, ut inlingat estremum dîftiii sui in aquam ut refrii^ret !in<, r ii;im uieam, quia cracior in hac flamma. » — Et dixit illi Abraham : « Fili, recordare quia recepisti bona in vita ma, et Lazarus similiter mala : nunc autem hic consolatur, tu vero cruciaris. — Et in his omnibus, inter nos et vos chaos magnum firmatum est; ut hi, qui volunt hinc transire ad vos, non possint, neque inde hue transmeare. » — Et ait : ii Rogo ergo te, pater, ut mittas eum in domiun patrismei.
— Habeo enim quinque fratres, ut testetur illis, ne et ipsi veniant in hune locum tormentorum. i> — Et ait illi Abraham : « Habent Moysen et prophetas ; audiant illos. »
— At ille dixit : « Non, pater Abraham, sed si quis ex mortuis ierit ad eos, pcenitentiam agent. » — Ait aulem illi : ii Si Moysen et prophetas non audiunt, neque si quis ex mortuis resurrexit, credent. » (Évang. selon saint Luc, ch. xvi, V. 19-3).)
(Page 174.)
(0) Lofutusque est Dominus ad Moysen, dicens : « Ego Dominus — qui apparui Abraham, Isaac et Jacob, in Deo omnipotente : et nouiun muiiin Adonai non indicavi eis. » [Exode, ch. vi, v. 2-3.)
(Fusons.)
(R) Etadpopulumsiclocuiusesi: « Hawdicit Dominus
NOTES
Deiis Israël : Trans (luvium habitnvenmt patres vesiri ab initio, Thare patcr Abraham et Nachor, servieruntque diis alienis. » (Josuè, ch. XXIV, v. 2.)
(Page 179.)
(S) Dixit autem Dominus ad Abram : a Egredere de terra tua, et de cogitations tua, et de domo patris tui, et
men luum, erïsque benedictus. — Benedicam benedicentibus tïbi , et rii.ilt , :!i( , aiti iiialniiccnlibiis tibi, atqje in te benedicentur univers* cognationes terras. » — Egressus est itaque Abram sicut prœcepcrat ei Dominus, et ivit cum eo Lot : septuaginia quinque aimorum erat Abram cum egredenitur de Haran. — Tulitque Sarai uxorem suant, et Lot lilium fratris siii, uiiivorsanique substantiam quant possederant, et animas quas fecerant in Haran : et egressi sunt ut irent in terra Chanaan. {Genèse, ch. xn, v. 1-5.)
(Page 18t.)
(T) Cumque surrexisset ab ofïicio funeris, locutns est (Abraham) ad fiiios Heth, dicens : — « Advena sum et pfregrinusapudvos; date mihî jus sepulchri vobiscum, ut sepeiiammortuummeum, »— Respoiiderunt flliiHeth.di-
NOTES. 343
centes : — « Audi nos, Domine, princeps Dei es apud nos : in electis sepnlchris noslris sepeli mortnum tuum ; imllusque te prohibere poleril quin in inoiuimeiuo ejussepelias mortuum tuum, n — Snrrexit Abraham, et adoravit populum terra?, filios videlicet Heth ; — dmlqite ad eos : ii Si placet anima 1 veslrfe ut wpeliam mortuum meum, audite me, et intcreHiie pro me apud Kphron ftiitim Seor; — ut det mihi speluncam duplicem, quam habet in extrema parte agri sui : pecunia digna tradat euin mihi coram vohis in possession cm sepuk'liri. » — Habitahat autem Ephron in medio fiiionim Heth. Responditque Ephron ad Abraham cunctis andientibus qui îngri-uiubantur portam civitatis illius, dicens: — « Nequaquam ita fie.t, Domine mi , sed tu magis ausculta qund loquor: agrum trado tibî, et speluncam quas in eo est, prtescntibtis Dliis populi mei; sepeli mortnum tuum, » — Adoravit Abraham coram populo terra;; — et loctilus est ad Ephron circumstante plèbe : n Quaeso, ut audias me ; dabo pecumam pro agro : suscipe eam, et sic sepeliam mortnum meum in agro, n — Responditque Ephron : « Domine mi, audi me; terra, quam postulas, quadrillai.' ni os siclus argent! valet; islud est pretium inter me et te; sed quantum est hoc? Sepeli mortuum tuum. »— Quodcum an disse t Abraham, appendit pecimiam. quam Ephron postulaverat, audientibus filiis Heth, quadringentns siclos argent! probato mouette public*. — Coniinnatusque est ager quondam Ephronis, in
3*4 NOTES
quo erat spelunca duplex, respiciens Mambre, tam ipse quam spelunra, et omnes arbores ejus in cunctis te rmi ni s ejus per circuitum, — Abraha? in possessionem, videntibus filiîs Heth, et cunctis qui intrabant portant civitatis illius. — Atque ita sepelivit Abraham Saram uxorem suam in spelunca agri duplici, quas respiciebat Mambre, hase est Hebron in terra Chanaan. — Et conlirmatus est ager, et antrum qnod erat in eo, Abrahas in possessionem monumenti a filiis Heth. ( Genèse, ch. xxin, v. 3-20.)
(Page 185.)
(U) Hïs iiaque transaciis, factus est serrao Domini ad Abram per visionem dicens : « Noli timere, Abram : ego protector tuus sum, et merces tua magna nimis. » — Dixitque Abram : « Domine Deus, quid dabis mihiî ego vadam absque liberis; et filius procuratoris domus mea? iste Damascus ICliezer. » — Addiditqiie Abram : a Mini autem non dedisli semen, et ecce vernaculus meus hteres meus erit. s — Statimque sermo Domini factus est ad eum, dicens : u Non erit hic hteres tuus ; sed qui egredietur de utero tuo, ipsum habebis hxredem. i> — Eduxitqtie eum foras, et ait illi : n Suscipe cœlum, et numera stellas, si potes. » Et dixit ei : « Sic erit semen taum. » — Credidi! Abram Deo, et reputatum est illi ad justiliam. (Genèse, ch. x, v. 1-6.)
NOTES
(Page 192.)
(V) Dixitque Uoyses ad Deum ; « Quis su m ego m vadam ad Pharaonem, »t educam filios Israël de lîgypto?... Ecce ego vadam ad filios Israël et dicam eis : Deus patrum vestrorum misit me ad vos. Si dixerint mitai : Qunû est nomen ejus? quid dicam eis? » — Dixit Deus ad Moysen : h Ego sum qui sam. Ail : Sic dicos iiliis Israël : Qui est misit me ad vos. » {E.rodc, ch. ni, v. 11, 13-1 1.)
(Page M*.)
(X) AitMoyses : « Obsecro. Domine, non sum eloquens ab heri et midius tertius; et es quo locutuses ad servum tuum, impeditioris et tardioris linguœ sum. a (Exode, ch. iv, v. 10.)
(P*ge 196.)
(Y) Clamavit autem Moyses ad Dominura, dicens: « Quid faciara populo huîc! adhuc paululum, et lapidabit me. » — Qui ait : h Osteode mihi gloriam tuam. » — Respondit : « Ego ostendam omne bonum tibi, et vocabor in nomine Domîni coram te; et miserebor cui voluero, et démens ero in quem mihi placuerit. » — Rursumque ait : « Non pou-ris videre faciem meam; non enim videbit me homo, et vivet. » {Exode, ch. svii, v. ii; ch. xxxiii, v. 1 8-20.)
NOTES
(Page MB-)
(Z) Venit Moyses; et convocatis majoribus natu populi, exposuit omnes sennones quns m;mdaverat Doniinus. — Responditque omnis populus simul : « Cuncta quœ locLiLus est Dominus, faciemus. » (Exode, ch. xix, v. 7-8.)
(Page 304.)
(AA) Assumensque volumen fœderis, legit audience populo, qui dixerunt: «Omnia qui locutus est Dominus, faciemus, et erimus obedientes. n (Exode, ch. \xiv, v. 7.)
(Page 2l0.|
[BB) « Ascende cacumen Phasga;, et oculos tuos circumfer ad occidentem, et ad aquilonem, austrumque et orientent, et aspice. Nec enim transibis Jordanem istum. — Prascipe Josue, et corrobora eum atque conforta; quia ips<! pra3cedet populum istum; et dividet eis terram quam visuruses. » (Deutèronome, ch. ni, v. 27-28.)
(Page 2iî.)
(CC) Feœruntque malum in conspectu Domini, et ohliti sunt Dei sui, servientes Baalim et Astaroth. (Juges, ch. ni, v. 7.)
(Page 213.)
(DD) Dimisitque eos, ut in ipsis experiretur Israe-
NOTES
lem, uirum audiret mandata Domini quœ praceperat patrîbus eorum per manura Moysi, an non. {Juges, ch. in, v. 4.)
(EE) Et ait Samuel ad populum : h Dominus, qui fecil Moyscn et Aaron, et cdiixit panvs nosi.ros de terra .Egypti. — Quomodo Jacob ingressns est in K^yptum. et clama verunt patres vestri ad Dominum ; et mïsit Dominus Moysen et Aaron, et edtixît patius vesiros de .Eiîypto; et collocavit eos in loco hoc. » [Samuel, liv. I, ch. m, v. 6 et 8.)
(Paga 914.)
(FF) a Et observa custodias Domini Dei tui, ut ambules in viis ejus, ut custodias ceremonias ejus, et prœcepla ejus, et judicia, et testimonia, sicut scriptum est in lege Moysi; ut intelligas universa quœ facis, et quocumque te verteris. « (Rois, liv. 1, ch. u, v. 3.)
(Page 214.)
(GG) Stetit ergo, et benedixit omni ecclesia? voce magna, dicens : — u Benediclus Dominus, qui dédit requiem populo suo Israël, juxta omnia quœ locutus est; non cecidit ne unus quidem sermo es omnibus bonis quœ locutus est per Moysen servum suum. •> [Rois, liv. 1, ch. vin, v. 55-56.)
NOTIsS.
(Page aie.)
(HH) Et factum esi cum scnuisset Samuel, posuit filios suos indices in Israël. — Et non ambuiaverunt fllii illius in via ejus, sed déclina venin t post avaritiam aceeperuntque munera et perverterunt judicium. — Et congregati nniversi majores natu Israël, venerunt ad Samuelem in Ramatha; — et dixerunt ei : « Ecce tu sennisiï, et filii lui non ambulant in viis tuis; constitue nobis regem ui juilicet iio.isiciit et habent universs! nationes. » (Samuel, liv. I, ch. vin, v. 1, 3-5.)
(Page m.)
(II) « Si autem intraveris in terram quam Dominus Deus tuus dat tibi et ha?rcditaveris oam, et habitaveris in ea, etdixeris : Constituam super me principem, sicot et cœterœ gentes qua: circa me sunt; — constituendo consumes super te principem quem elegerit Dominus Deus tuus ipsum ; es fratribus tais constitues super te principem : non poieris constituer super te hominem alienuin, quia non est frater tuus. o (Detitéronome , ch. xvn, v. 14lâ.)
(JI) El dixitDominus ad Sarouel : «Audivocem populi, juxta quœcumque loquantur ribi, quoniam non te spreve-
NOTES
runt, sed me. spreverunt, ut non regnem super eos —
Et mine audi vocem eonim, tantummodo contestons contestaberis eis, etannuniiabis iris justilinii.ionem régis qui
regnabit super eos » — Et noluït populus audire
Samuel et dixerunt eî : « Nequaquam, sed rex erit super nos; — et erimus etiam nos sicut oranes gentes; et judicabit nos rex noster, et egredietur ante nos, et bellabit bellum nostrum. » — Et audivit Samuel omnia verT>a populi, et locutus est ea in auribus Domini. Dixit autem Dominus ad Samuelem : « Audi vocem eorum et regnare fac super eis regem. p [Samuel, liv. I,ch. wu, v. 6-22.)
:omedentes et bibentes, a :is diebjs Salomonis. (floi,
(LL) « Prophetam suscitabo eis ex fratribus eorum, sicutte. el dabo verba in ore ejus, et loquetur eis secun-
dum quod mandabo ei — Verumiamen propiieia qui
impie egerit, loquendo in nomine meo verbum quod non
prœcepi loqui, et qui locutus fuerit in nomine deorum aliorum, morietur propheta illc. » (Deutèr o nome, ch. xvm, v. 18 et 20.)
(Page ÎÎ2.)
(MM) Et veoit Dominus, et stetit, et vocabit eum, sicut semel et semel. Et dixit Samuel : « Loquere, quoniam audit servus tnus. » (Samuel, 1. [, ch. m, v. 10.)
(Page 23». )
(NN) Et dixit Amasias ad Amos ; « Qui vides, egredere, recède tu in terram Joda, et ibi vive, et ibi piopheiabis. — in Bethel aulem non adjicies ultra prophetare, qjia sanctificatio régis est, et domus regni est. u — Et respondit Amos et dixit ad Amasiam : « Non eram propheta ego, neque iilius propheta;, sed pastor eram et vellicans sycamina. — Et tulit me Dominus ex ovibus, et dixit Dominus ad me : Vade, et prophetiza super populum meum Israël. » (Amos, ch. vu, v. 12-15.)
(Page 236.)
(00) « Et neomenias vestras et solemnitates vestras odit anima mea. Facti estis mihi in satietatem, nequaquam ultra dimittam peccata vestra. — Cum extenderitis manus, avertam octilosmeosavobis, etsimultiplicetisorationem, non exaudiam vos; manus enim vestra; sanguine
NOTES
plense sutit. — Lavamini, mundi estote, auferte mala ex animabus vestris al) oculis incis. quieseiie a malitiis vestris. — Discite fac*rs bonum , quasrite judicium , liberate oppressum, judicate pupillo et justilicaie viduam. » {haie, 1. I,v. iii-i?.)
(Page 337.)
(PP) In quo appréhendant Dominum, suscipiam Deum meum excelsum? Si appréhendant eum in holocaustis, in vitulis anniculis? — Si suscipiet Dominus in millibus arietura, vel in decem millibus hircorum pinguium? Si dabo primogenïta mea pro impietate, frnctum ventris mei pro peccato anima? meœ? — Si anmmtiatum est tibî, homo, quid bonum? Aut quid Dominus qiiœrat a te, nisi ot facias judicium et diligas iiiisHc:^-:>rilï.-im, i't paratus sis ambulare cum Domino Deo luo? [Michèe, ch. vt, v. 6-8.)
(Page 2*2.)
(QQ) Et dixit Dominus Deus serpentï : « Quia fecisti hoc, maledictus tu ab omnibus pecoribus, et ab omnibus bestiis quœ super terrain sunt : super pectus. tuum et ventrem ambulabis : et terrain «des umiiiis dtes vitœ tuœ. — Et inimicitias ponam inter te et mulierem, et inter semen tuum et semen ejus. Ipse servabit caput tuum : et lu servabis ejus calcaneum. » [Genèse, ch. m, v. 14-15.)
HOTES
(Page 242.)
(RR] Et dixit : « Benedictus Dominus Deus Sem ; et erit
Chahaan puer famulns ejus — Et benedicam benedi-
centes le, et maledicam maledicentes te, et benedicentur
in te oinnes tribus terra; — Non deficiet princeps ex
Juda, et dux de femoribus tuis, donec ventant quas re-
posita sunt ei : et ipse est expectatio gentium — Et
tu, Bethléem domns Ëphrata, minima es ut sis in millibus Juda, ex te railii egredietur ut sit in pnncipem Israël, et egressus ejus ab initio ex diebus sœculi. ■> (Genèse, ch. ix, ï. 26; — ch. xu, v. 3; — ch. xux, v. 10.— Michée. ch. v, v. 2.)
( Page WJ. )
(SS) Adstùmiut reges terrre, et principes convenerunt
inunumadversusDomiLKim,etadversusChristumejus
— Ego autem constimius sum rex ab eo super Sion montem sanctum ejus, — pradicans prœceptum Dominî. Dominus dixit ad me : Filius meus es tu, ego hodie genui
te — Deus, Deus meus, respice in me, quare me de-
reliquisti? Longe a salute mea verba deiietorum meo-
rum — Ûmnes qui conspidebant me subsannaverunt
me. locuti sunt labiîs, et moverunt caput. — Speravit in Domintim, eruat eum : salvum faciat eura, quoniam vult eum — Divisemiusibi vcsiimenta mea, et super vestem