‹ Méditations sur la religion chrétienneChapitre 23 sur 45 · CIV · texte numérisé non relu

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ils ont pour but d'amener le christianisme et la société moderne à se comprendre et à s'accepter mutuellement et librement, et à exercer 5 l'un sur l'autre , une action salutaire pour tous les deux/ Et ce ne sont pas. des écrivains, des orateurs, des amateurs en religion ou en philosophie, ce sont des ecclésiastiques de profession, appartenant à des Églises diverses, qui entrent dans cette voie, la regardent comme aussi, légitime que nécessaire, travaillent à y attirer les populations naturellement placées sous leur influence, et espèrent, sans doute, le succès pratique de leurs efforts.

Je crois qu'ils ont raison de l'espérer comme de le tenter , et qu'en dehors des groupes engagés dans des opinions et des

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luttes déclarées, religieuses ou politiques, cette vaste population incertaine, flottante, tantôt indifférente , tantôt inquiète sur les questions religieuses et sur les rapports de la religion chrétienne avec la société moderne, que cette population, dts-je, qui est la France, peut être religieusement émue, persuadée, éclairée et ramenée aux grandes croyances chrétiennes eu même temps qu'au sentiment de l'accord naturel et nécessaire entre la foi chrétienne et les libertés publiques. C'est le profond désir que je ressens et l'espoir que je garde de ce grand résultat, qui me décident k prolonger encore ces Méditations et à les hasarder 'dans cette épaisse et obscure mêlée d'événements, de questions, de passions et

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d'intérêts bien étrangers à de pareils sujets. Plus j'y regarde, plus je me persuade que la France est plus préoccupée des questions religieuses qu'elle n'en a l'air, et qu'au milieu de ses troubles, de ses langueurs et de ses fluctuations, elle a un secret sentiment de l'impérissable grandeur et de l'importance pratique de ces questions. Si, comme je le pense, telle est au fond la disposition publique, je puis me croire quelques titres à être écouté avec quelque confiance. J'ai beaucoup vu et un peu agi dans ma longue vie. J'ai pris part aux affaires du monde. Je l'ai quitté et ne fais plus que le contempler. Depuis vingt ans, j'essaye mon tombeau. J'y suis descendu vivant, et n'ai point tenté d'en sortir. J'ai à la fois l'expérience et le

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détachement. S'il m'était donné d'être encore de quelque service pour les deux grandes causes qui, à mes yeux, n'en font qu'une, la cause de la foi chrétienne dans les âmes et celle de la liberté politique dans mon pays, j'attendrais avec reconnaissance, au sein de mon repos, cette aurore dû jour étemel que « les insensés appellent la mort, » dit Pétrarque :

Quel che morir chiaman gli scioccbi.

Paris, &vnl 1868.

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