‹ Méditations sur la religion chrétienneChapitre 6 sur 45 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

situation si simple. Que de complications, que d'idées nouvelles et mal éclaircies viennent aujourd'hui embarrasser la vie et les rapports des États ! La question des races, la question dés nationalités, la question des petits États et des grandes unités politiques, la question de la souveraineté populaire et de ses droits hors des limites comme au sein des peuples, tous ces problèmes s'élèvent, repoussent dans l'ombre, comme une routine usée, l'ancien droit public, les maximes de l'équilibre européen, et aspirent à régler l'organisation territoriale et les relations extérieures des États.

Ce n'est pas qu'en fait les traditions de l'ancienne politique européenne ne se mêlent encore puissamment à cette invasion d'idées

PRÉFACE

et de questions nouvelles; les théories elles ambitions intellectuelles changent, mais on ne supprime pas les passions et les intérêts pratiques. La guerre et le droit de conquête ont continué naguère de se déployer sous nos yeux, sans souci du principe des nationalités et des races inscrit pourtant sur leur drapeau. L'État prussien s'est agrandi au nom de l'unité allemande, tout en excluant des affaires communes de l'Allemagne les sept ou huit millions d'Allemands qui font partie de l'empire d'Autriche. Il s'est emparé de la petite république allemande de Francfort, bien évi(îemment contre le gré de la souveraineté populaire, et le Schleswig danois n'est pas encore rentré dans le groupe politique où le clfcsse la similitude de l'origine

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