‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 108 sur 161 · ÉVANGILE SELON SAINT MATTIIILU, XXIII · texte numérisé non relu

ÉVANGILE SELON SAINT MATTIIILU, XXIII

Jésus dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens : Je vous enverrai des prophètes, des sages, et vous tuerez et crucifierez les uns, vous flagellerez les autres dans vos synagogues et vous lee poursuivrez de ville en ville, afin que tout le sang innocent, qui a été répandu sur la terre retombe sur vous , depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie , que vous avez tué entre le temple et Tautel. £n vérité^ je vous le dis, tout cela retonabera sur cette génération. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combim de fois ai-je

voulu rassembler tes enfants comme une poule

rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne Tas pas Youlu ! Le temps approche où votre de* meure sera déserte î car, je vous le déclare» vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez ; fiéni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Nous sommes portés à nous étonner de Ten-

durcissement du peuple juif, toujours prêt à se révolter contre Dieu, qui le comble de Jbien&its, et à se tourner contre ses prophètes et ses envoyés, dont les avertissements et les reproches gênent ses passions et l'importunent, en sorte qu'il va jusqu'à les persécuter de toute manière, et m&ne à les tuer pour s'en débarrasser. Jésus, qui vient dans les versets précédents de représenter aux pharisiens lenr injustice et leur hypocrisie, leur annonce ici qu'ils traiteront ses apôtres comme dans tous les temps ils ont traité les serviteurs de Dieu. £t en effet, voici Étienne le premier diacre qui devient aussi le premier martyr, et la parole, Jérusalem qui lapides ceux qui te sont envoyés, s'accomplit en sa personne. Cependant, en revenant sur nous* mêmes et en considérant ce qui se passe de nos jours, nous , chrétiens régénérés par le baptême qui nous a infusé Tesprit de toutes les vertus ehré*

•tiennes, ne sommes-nous pas encore capables d'en faire autant que les juifs, et n'est-ce pas la même histoire dans les temps modernes en ce qui eon^ cerne l'Église et les ministres du royaume du ciel? Dans les affaires publiques du monde, en ce qui tcmdie les rapports do r£glifle ayec les principautés de la terre, n'a-L-elle pas presque toujours été persécutée ou sacrifiée parce qu'elle disait la vérité qui leur déplaisait? N y a-t-il pas eu dans tous les siècles, et sous une forme ou une autre, une lutte incessante entre le sacerdoce et lempire, dont le sacerdoce a toujours été en définitive le martyr ou la victime, parce que depuis la passion de Jésus- CUirist le règne de Dieu ne s'établit ici-bas que par le.sacrifice, et la vérité ne triomphe que par la souffrance ou la mort de celui qui l'annonce?

Dans nos affaires privées^ quand 1 es passions nous poussent à les satisfaire contre la justice et la loi,

le ministie de Dieu ou l'homme, quel qu'il soit,

qui nous arrête ou nous gène par ses reproches, par ses avis, même par sa seule présence, n'excite-

t-il pas notre colère, notre indignation, et ne serions-nous pas disposés à l'écarter de notre chemin, qu'il embarrasse, par tous les* moyens possibles suivant notre situation? Est-ce qu'alors on ne persécute pas aussi lenvoyé de Dieu, non plus peutêtre comme à Jérusalem ou dans Rome païenne par le fouet, les chevalets ou les Lucliers; mais à

la manière d'aujourd'hui , par les calomnies , les insultes, la moquerie et toutes les marques de mépris, quand (« ne peoi employer la violence el le meurtre, oomme k Tépoque rétotutionhaire«

L'esprit du monde, tel qu'il rr^me de nos jours dans notre df ilisalioB à moitié chrétienne, ne imat pas mieux que celui des juifs toujours en insurrection contre Dieu et ses prophètes, ni même que l'esprit des païens, esclaves de lenr orgueil et de leurs passions grossières. C'est toujours le même égoïsme charnel, qui, voulant se satisfaire k tout prix malgré Dieu et ses commandements, repousse violemment et cherche à détruire tout ce qui le gêne. C'est encore Jérusalem qui tue les prophètes •I liqnde oeux qui lui sont envoyés. Aigourd'hai encore Jésus-Christ veut rassembler ses enfants sous ses ailes par la charité maternelle de sou Église, dont Tamonr de la poule pour ses petits n'est qu'une faible image, et aujourd'hui comme alors elle ne le veut pas et méconnaît le don di* vin. Dieu veuille noue préeenrer des oalmitéi

que le Sauveur dédaigné et repoussé a prédites à l'antique bion et à son peuple aveugle, bien que nous soyons peut-être encore plus coupables par

notre iugralitude, ])uisque nous avons reçu plus de grâces et de bienfaits !

atttmlÊn.

SÂlNÏ JEAN. AFOIM H ÉVAiNGÉLISIK.

ËPITRS (1 Jetn , II , 7-12).

Mes très-chers Frères, je ne vous éeris point un commandement nouveau, mais le commandement ancien que tous ayez reçu dès le corn* mencement» et le commandement ancien est la parole que vous avez entendue. Et néanmoins je vous dis que le commandement dont je vous parle est nouveau : ce qui est vrai en Jésus- Christ et en vous, parce que les ténèbres sont passées, et que la vraie lumière commence déjà à luire. Celui qui prétend être dans la lumière et qui hait son frère est encore dans les ténèbres. Celui qulaime son frère demeure dans la lumière, et rien ne lui est un sujet de chute et de scandale. Mais celui qui hait son frère est datis les ténèbres ; il marche dans les ténèbres et ne sait où il va, parce que les ténèbres Tout aveuglé.

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