‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 110 sur 161 · SAINT JEAN, ÉVANGÉLISTE · texte numérisé non relu

SAINT JEAN, ÉVANGÉLISTE

plus aimer. L'amour est la voie de la lumière, et on apprend à connaitre Dieu par l'accomplissement de sa loi. Ainsi commence ici-bas la félicité du ciel, ébauchée par la grâce, et qui ne sera pleine que dans la gloire, par l'union parfaite de la contemplation et de Tamour de la Vérité infinie et du Bien souverain.

ÉVANGILE SELON SAINT JEAiN , XXI, 19-24.

Jésus dit à Pierre : Suivez-moi, Pierre, se reipurnant, vit venir après lui le disciple que Jésus aimait, et qui pendant la cène s'était reposé sur son sein et lui avait dit : Seigneur, quel est celui qui doit vous trahir ï Pierre donc rayant vu dit à Jéaus : Et celui-ci, Seigneur, que deviendra-t-iU Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que voua importe T Pour vous, suivez-moi. Le bruit se répandit alors parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Jésus néanmoins n'avait point dit ; Il ne mourra point; mais : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que voua importe? C'est ce même disciple qui rend témoignage de ces dioses et qui les a écrites^ et flous savons que son témoignage est véritable.

624 SAINT J£AN, ÉVANGÉUSTË.

Ce passage du saint Evangile est tellement mystérieux, que nous nous bornerons à citer rinlerprélation qu'en donne saint Augustin {tract. 124« in Joan.) et que l'église parait a?oir adoptée , puisqu'elle Ta insérée dans Toffice de saint Jean rÉvangéliste.

« L'Église connaît deux vies, qui lui ont été annoncées et reconunandées d'une manière divine^ la vie de la foi et celle de la contemplation. La première se passe dans le temps du voyage, la seconde a lieu dans la demeure étemeUe. L'une consiste dans le travail; I autre dans le repos; celle-ci est sur la roule et dansToauvre de l'actîoii, celle-là dans la patrie et dans le bonheur de la contemplation. L'nne évite le mal et faille Lien, l'autre n'a plus de mal à éviter et jouit d'un grand bien ; pendant que la première combat avec Fennemiy elle règne ;saiis ennemi. L'une secourt l'indigent; là où est l'autre personne ne nuanque de rien.. L'une pardonne au prochain ses fautes, pour qu'on lui pardonne les siennes; l'autre n'a plus de pardon à accorder ni à demander. L'une est tribulée par Tamour afin qu'elle ne s'exalte point dans ses biens : l'autre est exempte de tout mal et dans une si grande plénitude de giAce, qu'elle est unie au souverain Bien sans aucune tentation d'orgueil. »

« La première est bonnoi mais encore misérable ;

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la seconde est meilleare et bienheureuse. Celle-là

est représentée par Taputre Pierre et celle-ci par l'apôtre Jean. L'une va jusqn^à la fin des siècles et s'y termine, Vautre s'étend au delà, devant se compléter dans le siècle futur et n'ayant point de fin. C'est pourquoi il est dit au représentant de la première : Suis-moi; au représentant de la seconde : Si je veux qu'il reste , jusqu'à ce que je vienne, que vous importe? Que voulaient dire ces perdes T Autant que je les puis comprendre , que signifient-elles sinon : Toi, suis moi en m'imitant dans la manière de supporter les peines de ee monde, mais que ceiui-»Ût reste, jusqu'à ee que Je vienne apporter les biens éternels. »

Ces paroles du Sauveur seraient donc à la fois allégoriques et prophétiques. Elles désigneraient la vie active et la vie contemplative , dont Pierre et Jean seraient les représentants, et ce qui est dit à chacun, annoncerait la mission propre que le Seigneur lui donne dans son Église et en ce monde.

Puisque la vie active doit mener à la vie contemplative, comme le temps à rétemité, commençons dès maintenant à les mêler l^une à l'autre, tâchant de join<dre à la pratique assidue des bonnes œuvres le recueillement de la prière intérieure et la méditation des vérités éternelles.

«26 SAINT JEAN, ÉVANGÉLISTJS.

PlUÉRB.

Daignez, Seigneur, dans votre bonté, répandre sur

votre Église les rayons de votre céleste lumière, afin que, éclairée par les divines paroles du disciple bienaimé, votre apdtre et votre évangeliste,elIeparYieime au bonheur étoroel. Par Nôtre-Seigneur, eto.

• février.

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