‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 117 sur 161 · ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, X · texte numérisé non relu

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, X

Voici que je tous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des serpents et simples comme des colombes. Mais gardez-vous des hommes ; car ils vous feront comparaître dans leurs assemblées et ils vous flagelleront dans leurs synagogues; et vous serez conduits à cause de moi devant les gouverneurs et les rois pour me rendre témoignage devant eux et les gentils. Mais lorsqu'on vous fera comparaître ^ ne cherchez point d'avance ce que vous direz ni comment vous le direz. Ce que vous devez dire vous sera donné à l'heure même; car ce n'est pas vous qui parlerez, mais TEsprit de voti*e Père parlera par vous. Or le frère livrera son frère à la mort et le père son fils; les enfants se sou* lèveront contre leurs parents et les feront mourir, et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé.

Jésus annonce ici à ses apôtres tout ce qu'ils

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auront à souffrir au milieu des juifs et des païens

quand ils rem pli roui la mission qu'il leur donne de prêcher sou évangile jusqu'aux confins de la terre. Il leur dit aussi ce qu'ils auront à faire alors, et qu'ils devront se comporter au milieu des hommes, qui deviendront leurs ennemis et leurs persécuteurs à cause de son nom, avec une extrême

prudence, une grande simplicité, et un abandon entier à TEsprit divin. Ces recommandations du Maître conviennent encore aujourd'hui, non-seulement aux ministres de l'Évangile (|ui continuent les fonctions de l'apostolat, mais encore aux simples fidèles, qui doivent vivre conformément à leur foi au milieu du monde, et y confesser Jésus-Christ par la pratique de sa doctrine et Taccomplissemeut de ses commandements. Les hommes du monde les haïront aussi k cause de leur conduite chrétienne qui les condamne ou les gêne, et les accusant d'hypocrisie, d'ôi^eil, de fuiatisme, d'intoléranee, de dureté de cœur, ou d'imbécilité et de folie, ils les persécuteront de toutes manièreâ, suivant les temps et les circonstances. C'est la lutte de l'esprit de Dieu et de l'esprit du monde, de la chair et Je Tesprit, de la nature et de la grâce. Llle existait déjà entre Âbel et Gain, entre Jacob et £saû dans le sein même de leur mère, entre Joseph et ses frères, et elle est devenue bien plus vive quand le Verbe incamé, le Fils de Dieu fait homme, est

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venu en persomie mr la terre pour combattre et

vaincre le prince du monde. Il la vaincu en eûet, mais par sa palienee ou sa passion, c'est-à^iire en triomphant de la puissance da mal par la souffrance et absorbant la mort dans sa victoire.

Ainsi doivent faire les disciples, qui ne seront pas traités mieux que le Maître. Ils trouveront aussi leurs plus grands ennemis parmi les leurs. ^ La chair et le sang, qui les unit à leur Camille, s'insurgera contre Tesprit de Dieu, et par là s'opère dans rhumanité la séj)aralion ou le triage des hommes de la nature et de eeuz de la grâce. La filiation humaine entrera en guerre avec fat filiation divine. C'est pourquoi le Sauvéur dit plus bas, qu'il n'est point venu apporter la paix sur la terre, mais Tépée; car sa parole divisera les fa* milles et tournera les uns contre les autres les parents et les enfants. N'est-ce pas, en effet, ce qui arrive encore de nos jours dans la plupart des familles, môme chrétiennes, (juand un fils, qui pourrait réussir et briller dans le monde, veut se consacrer au service de Dieu, ou qu'une fille, jeune et belle, parle de quitter ses parents pour embrasser la vie religieuse? Quelle lutte n auront-ils pas à soutenir? Qoe d'obstacles & surmonter? Que d'oppositions à vaincre, surtout de la part de ceux qui leur tiennent de plus près par les liens du sang et qui les aiment le plus sdon la nature? On les ac-

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CQsera d'ingratitade, d'iasensibilité^ de folie, et on emploiera tous les moyens, même les plus indignes ou les plus violents, pour les empêcher de suivre leur vocation , comme s'il ne valait pas mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, comme si le Sauveur n'avait pas dit : Celui qui aimera son père, sa mère, son frère ou sa sœur plus que moi, n'est pas digne de moi. (Mallh., X, 37.)

En considérant la chose d'une manière plus générale, voyez encore aujourd'hui la persécution toujours flagrante contre l'Église et ses fidèles, sinon la persécution du sang, au moios celJe du mépris, de l'injure et de Tiniquilé. On peut juger sous ce rapport de Tesprit du monde pat les journaux qui s'en disent les représentants ou les organes. Sur le grand niHobre de feuilles publiques qui endoctrinent les peuples chaque jour, sans compter les revues mensuelles, combien y en a-til qui soutiennent r%lise, son autorité (Ûvine, sa juridiction, sa discipline 1 Sauf trois ou quatre, tous l'attaquent dans ses dogmes, dans sa hiérarchie, dans son gouvernement, dans ses commandéments. Les uns nient hautement son origine- eé* leste, les autres la mettent eo doute ; d'autres la tournent en ridicule; et en résumé, directement ou indirectement, avec audace ou avec rose, tous la persécutent autant qu'il dépend d'eux, jusqu'à

la détruire s'ils le pouvaient, et jettent des accuser

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tûm» odieuses ou des paroles d'insulte à ses fidè* les; en -sorte qu'on ne peut confesser Jésus-Christ

' au milieu du monde par sa parole et surtout par sa conduite sans passer aux yeux de la société actuelle pour un hypocrite ou un imbécile.

Que doit donc faire dans ceUe situation le chrétien £dèle? Tout simplement ce que le Maiire recommande à ses disciples, c'est*à«dire rendre té* moignage et raison de sa foi avec courage et sincérité quand il y est appelé, et sans se mettre en peine de ohercher ce qu'il dira et comment il le dira; car ce qu'il devra dire lui sera douné à l'heure même par Tesprit du Père céleste» qui parlera par lui. C'est seulement pour ce cas que Tassislance du Saint-Esprit est promise de cette manière, et nullement quand il s'agit d'instruire les autres par l'enseignement de la doctrine* C'est pourquoi les prédicateurs, tous ceux qui sont chargés d'annoncer la parole sainte, feront trèsr bien de s'y préparer le mieux possible pour ne pas remplir légèrement un aussi grave ministère dans l'attente mal f(mdé6 du dabitar vobis in illa hora. Plusieurs s'y trompent malheureusement -par trop de confiance ou par paresse. Se hasardant à parler de toutes choses sans préparation suffisante , ils tentent Dieu, pour ainsi dire, en comptant sur une assistance spéciale accordée seulement aux confesseurs de la fbi ; et alors, entraînés par

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lettr imagination et par les dreonstancea, ils péro« rent à pen près au hasard, battent la campagne, ennuient ou scandalisent leurs auditeurs, et discréditent leur ministère.

PRATIQUE £T PAIÉR£.

ïaites-moi la grâce, d mon Dieu, de bien comprendre et surtout de bien pratiquer les paroles que

je vieijs de lire, afin que, prévenu et fortifié par votre avertissement, je m'attende à la perîiécution, si je veux vivre chrétiennement dans le monde, mais sans l'attirer par des imprudences, faisant au contraire tout ce que je pourrai pour l'éviter, professant ma foi avec simplicité, et toujours firéi à en rendre raison avec Passistance de PEsprit-Saint, toutes les fois que j'y serai piovoquc. Que je ne craij-:ne point de m attirer la haine des hommes, même de ceux qui me sont le plus proches par les liens de la nature, pour «rester fidèle à votre service ou dans Taccomplissement de ma vocation. Par Notre-Seigneur, etc.

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