‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 120 sur 161 · VÂNGILE S£LON SAINT LUC, I · texte numérisé non relu

VÂNGILE S£LON SAINT LUC, I

Or en ce jour-là Marie partit et s'en alla en

hâte vers la montagne dans uue ville de la tribu de Juda, et étant entrée dans la maison da Zacharie, elle salua Élisabeth. Aussitôt qu*Élisabeth eut entendu la voix de Marie qui la saluait, son eufant tressaillit dans son sein. £lle fut remplie du Saint-Esprit, et s'écria à haute voix : Vous êtes bénie entre toutes les femmes^ et le fruit de vos entrailles est béni. Et d*où me vient ce bonhwr que la mère de mon Seigneur arrive chez moi? Car votre voix n'a pas plutôt frappé mon oreille, quand vous m*avez saluée, que mon enfant a tressailli de joie dans moti sein. Vous êtes heureuse d*avoircru, parce que ce qui vous a été dit d« la part du Sel'gneur sera accooipli» Akra Marie dit : Ikn

VlfflTAHON DE LA, SAINTB VISEGB» 667

âme glorifie I0 Seigneur, et mon espmt est rari

en Dieu mon Sauveur.

Saint Ambime, commentant œ paaaage,. dit

(Ub. II Com. in Lue* eap. /) : « H faut eonsidém aussi que le supérieur vient à rmférieur pour l'air* dar. Marie va à Élisabeth, le Gbmt à Jean, et. plus tard le Seigneur va au baptême de Jean pour le sanctifier. Aussitôt que Marie arrive, les bien*faits de la puissance divine se manifestent. Remar*' quez bien ici le sens et la propriété de chaque mot. Élisabetb entendit la première la voix de la sainte Vierge; mais Jean semit U grâce le pra« mier. Elle enleadiL selun Tordre de la nature, Ci lui tressaille de joie par l'action du mystère. La mère a senti Tarrivée de Marie, et le fils celle dn Seigneur. Les deux femmes parlent la grâce au dehors; mais les deux enfants opèrent au dedans, donnant à leurs mènes Tintelligence dn my^re ; et par un double miracle Tune et l'autre prophétisent par l'esprit des entants. Le fils d'Elisabeth tressaille, et la mère est remplie dn Sainte-Esprit. Ce n'est point la mère qui a reçu TEsprit-Saint d'abord, mais le fils qui, Tayant reçu le premier, le communique à sa mère» D'oti me vient cet honneur, dit-elle, que la mère de mon Seigneur arrive ehes moi? G*eat-à-dire comment so* UiïHà qpoi'nn si grand iMHihear ma soit aeeoidâ!

Qui peut m'attirer cette grâce ? Je sens le miracle, je reconDais le mystère. 0 Marie! vous portez'

dans votre sein le Verbe divin, vous êtes remplie de l'esprit de Diea. Vous êtes bénie entre toates les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Vous êtes bien heureuse d'avoir cru ; car tout ce qui vous a été annoncé de la part du Se^eor s'accomplira. Marie resta trois mois auprès d'elle, et retourna ensuite dans sa maison. Ce ne fut pas senlement par affeetion ponr ses parents qu'elle resta si longtemps, c'était encore pour concourir à Tavancement de Jean^ qui a été plus qu un prophète. Car si le premier abord de Marie a produit cet eilet remarquable, que Penfafit tressaillit dans le sein de sa mère, et que la mère elle-même fut aussitôt remplie du Saint^£sprit, que n*a pas dû ajoutiir à cette grâce merveilleuse l'aclion de la présence de la sainte Vierge si longtemps continuée. G% vigoureux athlète était comme oint dans les entrailles maiernelles et s'y exerçait déjk. Sa vertu s y préparait a soutenir le grand combat auquel il était destiné. >

Ajoutons à ces paroles une réflexion afin d'augmenter encore notre confiance en Tintercession de la sainte Vierge, qui pleine de grâces, suivant les paroles de Tange Gabriel, est aussi le canal de toutes les grâces, puisqu'elle a donné au monde Celui qui en esl la sour^ce , et qu'elle est restée

Page 1