SAINTE MARIE-MADELEINE
entière au divin Epoux, auquel sa vie est attachée, et perdant en quelque sorte la conscience d'ellemême dans le eentiment délioieu de celui qn^i^e aime. Alors elle conjure les filles de Jérusalem de ne point la réveiller, c'est-à-dire elle fait tout ce qu'elle peut pour s'abstraire des sens, de Timagination, du raisonnement, et des objets extérieurs ^qui les excitent, afin de persister dans fion dooK mpport avec TÉpoux, jdùir de lui et être toute k lui, sans être dissipée par les distractions et les affaires du dehors^ qui la tirent du dedans et rarrachent à la poasessioii de son bien-aimé. Elle désire ne s'éveiller que quand elle le voudra, auivsuit les convenances de son amour, quand ^ après s'être nourrie et fortifiée dans la jouissance du bien suprême, dans la contemplation de la véjrité et de sa i)eauté| elle sentira le besoin d'a^r pour son service et de trayailler à ravucement de son règne et à Taccroissement de sa gloire. C'est la yie active unie à la vie contemplative, l'appliquant et la complétant. Le reste des paroles, tirées d'un autre chapitre^ parait être adressé au fiienaimé, dont r&ine ne veut plus m sâpaner^ et c'est
pourquoi elle demande à être appliquée sur son cœur comme un sceau, qui lui imprime son amour avec son image, et aussi sur -son bras, comme c'était la coutume en ce temps-là de porter son sceau pendu au bras, afin de n'agir plus qu'avec lui et
SAINÏ£ MARI£-MAD£L£m£. 695
par lui, et qu'elle suit mêlée à tout ce qu'il fera. £Ue termine par reiaUation de Tamoar^ fort comme la mort, puisqu'il ne recule point devant elle, et même plus fort qu'elle, puisqu'il la brave. Son zèle est inflexible comme Tenfer qtd ne lâche jamais sa proie, comme Tamour n'abanJonne jamais son objet. Il est tout de Ten et de Ûamme, et les grandes eàux, c'est-à-dire les tentations et les persécutions du monde, ne peuvent l'éteindre ni rétouffer» Celui qui aime vraiment Dieu , Fâme qni est devenue son éponse, sacrifie volontiers à son amour tous les biens de la terre, qui sont à ses yeux comme rien auprès du trésor de son cœnr. Qui nous séparera de Tamour de Jésus- Cîhrist, s'écrie saint Paul. (/?om., VIIl, 35.) Certes, ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés^ ni aucune créature, etc., etc.
EVANGILE SELON SAINT LUC, VII, 36 &a.
Un des pharisiens ayant prié Jésus de manger chez lui, il entra dans sa maison et se mit à tab]e. Ët voici qu'une femme de la ville, qui menait une mauvaise vie, ayant appris quil était à table chez le pharisien, apporta un vase d'albâtre rempli de parfums, et, se tenant der-