SIXIÈME DIMANCHE APR. L'ÉPIPHANI
salut, ainsi un seul défaut négligé , une seule passion qu'on croit on affecte de croire innocente^ une
seule tentation qui entraîne la volonté, peuvent amener la perdiuon d'une âme.
PRATIQUE
Soyons chrétiens de fiait, par la conduite et non pas seulement de nom et en paroles. Que nos actes parlent la parole de Dieu et non pas seulement nos
lèvres. Ne laissons point se sécher en nous la semence divine reçue au baptême, et qui doit produire les fleurs et les fruits de l'éternité. Que la fermentation de la vie divine, excitée dans notre âme par le levain de la grâce, Télève, la purifie et la féconde,
PRIÈRE
Divin Jésus, laites que le grain de sénevé devienne un arbre en nous, et que le levain y fasse lever toute la pâte, c'est-à-dire, que par notre coopération à votre gi'âce nous obtenions l'accroissement magnifique des âmes fidèles, et que par le moyen de cette grâce toutes nos actions vous deviennent agréables.
DIMANQIE DE LA SEPTUAGÉSIME.
EPITRE I (aux Cor., IX, 24-27, et X, l-ô).
Ne savez-YOus pas que de tous ceux qui cou* rent dans la carrière, un seul remporte le prix X Gourez donc de telle sorte que vous le remportiez. Or tous les athlètes vivent dans une sévère abstinence, et cela pour gagner une couronne corruptible, tandis que nous en attendons une incorruptible. Pour moi, je cours aussi, mais non pas au hasard. Je combats aussi et je ne Joiiae pas des coups en Fair, mais je châtie mon corps et le réduis en servitude, de peur que, ayant prêché aux autres, je ne sois réprouvé moi-même. Car je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé la mer ; qu'ils ont tous été baptisés sous la conduite de Moïse dans la nuée et dans la mer; qu'ils ont tous mangé la même viande spirituelle, et bu le même breuvage s[ irituel •(car ils buvaient de l'eau de la pierre spiri-
tuelle qui les suivait, et cette pierre était Jésus- Christ). Mais il y en eut peu d'un si grand nombre qui furent agréables à Dieu.
La course et la lutte, que TApôtre donne ici en
exemple, représentent ce que font la plupart des hommes pour acquérir les biens de ce monde et le bonheur qu'ils croient y trouver. La couronne périssable qui en est le prix, c'est ou la richesse, qui leur échappe , et dont la jouissance ne leur laisse que du vide, on la puissanee , objet de leur ambition, et qu'un coup de la fortune leur enlève après qu'ils Tout saisie à grand'peine, ou la gloire, aussi instable que l'opinion des hommes qui la procure, ou la science que le temps emporte avec les facultés de Tesprit et les forces du corps, ou enfin une jouissance quelconque, qui provint des relations si changeantes de notre existence actuelle avec les choses de la terre. Tous ceux«lk courent donc au hasard , in incertum , sans voir le terme où il faut arriver ni le prix à remporter, ou bien, suivant Tautre image employée par l'Apôtre, ils luttent dans Tarène de la vie, mais sans trop savoir contre qui ni pourquoi. Aussi ils se donnent beaucoup de peine et s'imposent de grandes privations sans profit. Car dans le combat de la vie Imts coups sont mal assurés, parce qu'ils ne