VANG1L£ S£LON SAINT LUC , VIII
Comme le peuple s'assemblait exi foule et s'empressait de sortir des villes pour aller trouver Jésus, il leur dit en parabole (Matth., XIII, 3; Marc, IV, 3) : Le semeur sortit pour semer son grain, et une partie du grain qu'il sema tomba le long du chemin où elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur la pierre, et le grain ayant levé se dessécha, parce qu'il n'avait point d'humidité. Une autre partie tomba au milieu des épines, et les épines croissant avec la semence rétouflferent. Une autre partie tomba dans une bonne terre» et quand le grain fut levé, il rendit cent pour un. En disant ceci il criait : Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole. Et il leur dit :
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Pour vous, il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu ; mais aux autres il n*est proposé qu'en parabole» afin qu'en voyant ils ne voient point, et qu*en entendant ils ne comprennent point(Isaïe, YI» 9). Or voici ce que veut dire cette parabole : la semence c'est la parole de Dieu. Ce qui tombe le long du chemin désigne ceux qui Tentendent; mais le diable vient ensuite, qui enlève la parole de leur cœur, de peur que leur foi ne les sauve. Ce qui tombe sur la pierre marque ceux qui, écoutant la parole, la reçoivent avec joie; mais elle n'a pas de racines encore, parce qu'ils croient pour un temps et se retirent au moment de la tentation. Ce qui tombe parmi les épines indique ceux qui, ayant écouté la parole, s'en vont sans porter de fruit, parce qu'elle est étouffée en eux par les sollicitudes, les richesses et les plaisirs de la vie. Ce qui tombe dans la bonne terre figure ceux qui, écoutant la parole avec un a]eur pur et sincère, la retiennent et portent des fruits dans la patience.
Dans rexplication de la parabole du grain de sénevé on a vu comment la parole de Dieu est une
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semence spirituelle, qui porte en puissance en elle
les vérités éternelles, que notre raison ne peut comprendre, et dont elle donne l'intelligence ou la conviction aux âmes bien disposées à la recevoir. L'évangile de ce jour nous représente , encore sous la forme parabolique, les obstacles qui s'opposent à ce développement de la divine semence. Il en indique trois principaux : Tendurcissement du cœur, la légèreté de l'esprit et les embarras du monde.
Le chemin battu par les pas des voyageurs re* • présente les âmes remplies de l'esprit du monde et ouvertes à toutes les influences contraires à l'esprit de Dieu , qui les ferment à Faction de sa parole, quand elle les atteint. Ou elles n'ont jamais été pénétrées par les rayons de la foi, ou la foi de leur enfance a été étouffée par l'entraînement des passions; elles n'ont jamais eu ou elles ont perdu le sens du divin. La parole céleste, si elles récoutent, n'est donc reçue que dans Tentendement, ou elle n*est comprise que dans son aens littéral et interprétée d'une manière ou de l'autre parla raison propre selon lescirconsfances. U n'en reste dans la mémoire que des notions obscures , des images fugitives , des mots incraipris, que les distractions de chaque jour emportent, comme les oiseaux du ciel enlèvent la semeroe tombée sur la route. Pour rendre le ter-
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lain de ce chemin à la cnltnre, il fandrait Tonyrir
et le retourner par le fer, afin que le grain pût 8'y attacher et y germer. Ainsi de ces âmes endur* dea; elles ont besoin d*étre déchirées, brisées et amollies par de grandes tribulations pour que la parole de Dieu puisse y prendre et y fructifier.
Les ftmes légères reçoivent d'abord la parole avec joie; elles ont de la bonne volonté, mais peu de force et de persévérance. La parole leur plait d'abord par sa vérité , par sa beauté, et comme elles désirent la perfection qu'elle annonce, elles s'empressent d embrasser les moyens proposés; car elles sont pleines de zèle dans les commencements : d'où résultent de belles résolutions, de beaux désirs entretenus par Tespérance et les consolations. Cependant la parole divine devient exigeante ; elle demande la réalisation successive de ce qu'on a résolu ou promis, une pratique sérieuse de tous les jours et non pas seulement des imaginations et des phrases. Elle impose par conséquent la lutte avec tous les obstacles : au dedans les instincts, les penchants, les habitudes à régler ou k détruire, les tentations toujours renaissantes à éviter ou à repousser ; au dehors les difficultés de la position, des circonstances, des intérêts ou des volontés des autres. De là des mécomptes et le découragement, surtout dans les tribulations et la persécution^ in tenkxtione recedimtf ib Iftdient pied dans Té*
mifÀNGHB DB LA SEZAOÉSIME. 155
preuTe ; car la parole reçae sealement dans Tima-
ginaiion n*a pas de racines dans la profondeur de râme» et comme le grain tombé dans une terre pierreuse où il n'y a point d'humidité, elle est Lien tôt desséchée par la chaleur du jour. C'est encore de la semence perdue.
Les embarras da siècle sont les épines et les ronces étouffant la parole divine qui a germé dans râme. Ce sont d'abord les sollicitudes .de la liej on les agitations de l'homme ponr se faire un état dans le monde, ou pour acquérir ce qui est utile ou agréable à la vie physique et so* ciale. On oublie trop sonyent la fin dernière, on la destination de Thomme céleste pour sa situation passagère ici-bas. On est tellement absorbé par Tobservalion des convenances et des exigences dn monde, qu'on ne pense plus à ce qu'on doit à Dieu. Les soins de la vie matérielle empêchent de songer anx besmns de la vie spiritaelle. C'est, en second lieu, rillusion des richesses: illusion donble,et par le bonheur qu elles promettent sans le donner, et parce qu'elles nous échappent, quand nous y pensons le moins par la mort ou par un mauvais coup de fortune. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon. (Matth., VI, 24.) Donc, le coeur possédé par Tamour de la richesse n'a plus de goût que pour ce qui s'y rapporte, et les soucis qu'eieiteiit en lui la passion de l'acquérir et le
soin de la conserver, étouffent les bonnes inspirations, les impressions et les mouvements de la
grâce. Ce sont, en troisième lieu, les plaisirs de la terre : plaisirs des sens, plaisirs de la société, qui embarrassent le cœur en toutes sortes d'attraits inférieurs, et Tenveloppent d'un fourré d'épines où la vie spirituelle n'a plus Tair, la lumière et la nourriture qui lui sont nécessaires.
Enfin, la bonne terre qui rapporte au centuple désigne les âmes pleines de foi, d'espérance et d'amour, qui, cherchant Dieu par-dessus tout, écoutant sa parole avec avidité, la gardent en elles comme Marie , la repassent et la méditent sans cesse pour mieux la réaliser, et ainsi produisent des fruits abondants dans la patience du raal et l'accomplissement du bien. Elles sont la consolation de rËglise dans ses tribulations et le salut du monde. La pluie et la rosée du ciel les humecte, sa lumière les éclaire, son soleil les échauffe. C'est le champ béni du Seigneur où croissent, fleurissent et fructifient les semences de l'éternité, que la parole divine répand sur la terre.
Kcoutons la parole de Dieu avec attention et bonne volonté, afin que, n'étant point dévorée en notre esprit par les distractions, elle s'implante au fond de
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notre àme pour y prendre racine. Gardons-la précieusement en nooSy la cultivant par la méditation, pour qu'elle ne soit point étouffée par les embarras du
siècle, et qu'elle rapporte du fruit dans la patience.
PRiiRE.
Que votre grâce, ô mon Dieu, aussi efficace en moi qu'elle le fut en saint Paul, me rende ardent au travail, patient dans la tribulation, fort contre la tentation et zélé pour votre gloire, pour notre salut et celui de nos frères.
£PITR£ (1 aux Cor., XU, M3).
Quand je parlerais les langues des hommeset des anges, si je n'ai point la charité, je suis comme un airain sonnant et une cymbale retentissante. Onand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères et posséderais toute science , et quand j'aurais toute la foi possible jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Ët quand je distribuerais tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n'ai la charité, cela ne me sert de rien. La charité est patiente, elle est bonne. La charité n'est point envieuse, elle n'agit point témérairement, avec précipitation, elle ne s'enfle point. Elle n'est point ambitieuse; elle ne cherche point son intérêt propre; elle n*est point irritable; elle ne soup-* çonne point le mal ; elle ne se réjouit point de l'injustice, mais de la vérité. Elle supporte tout,
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croit tout, espère tout» souffre tout. La charité
ne finira jamais. Les prophéties n'auront plus lieu, les langues cesseroât et la science sera détruite; car notre science est partielle et nos prophéties sont bornées. Mais lorsque nous serons dans rétat parfait, tout ce qui est imparfait sera aboli. Quand j'étais enfant, je parlais en enfant, je jugeais en enfant, je raisonnais en enfant; mais lorsque je suis devenu homme, j*ai laissé tout ce qui tenait de Tenfant. Maintenant nous voyons par un miroir et en énigme; mais alors nous verrons face à face. Je ne connais maintenant qu'en partie : alors je connaîtrai comme je suis connu. Or, trois choses subsistent à présent : la foi, respérance et la charité; mais la charité est la plus grande des trois.
n faudrait une longue suite d'instructions pour
commenter convenablement ce chapitre de saint Paul sur la nature et les qualités de la charité. Ici, o& nous n*avons que quelques mots à dire, nous nous bornerons à faire remarquer ce qu'est et fait la charité en ce monde et dans Tautre. Ici-bas elle est le principe de tout bien véritable, et rien de ce
qui est moralement bon ne va à sa perfection sans elle. Dans l'ëtemitë elle subsiste seule, et remplit tout de sa lumière, de son Lonheur et de sa gloire. L'Âpôtre montre d'abord que l^s dons les plus précieux, à savoir : la capacité de parler toutes les langues, même celle des anges, la prophétie, la science des mystères, la foi elle-même, et enfin la grandeur d'ftme, qui emploie ses biens à nour» rir les pauvres et expose même^sa vie, n'ont ni sens ni vertu pour le salut, si la charité n'est au fond, c'est-à-dire si tout cela n'est animé par Tamour de Dieu, qui fait agir uniquement en vue de •lui plaire et d'être utile au prochain. Sans cela^ dit TApôtre, toutes ces belles choses ne servent de rien et je ne suis rien. En outre la charité, qui seule donne la vraie patience pour supporter et absorber le mal, et en même temps la véritable bonté qui désire par-dessus tout et opère le bien, nous préserve par son heureuse influence des vices, qui dépravent ordinairement les hommes et les mettent en guerre les uns avec les autres, k savoir : l'envie, la précipitation et la témérité à juger les autres, l'enflure de Torgueil, le dédain, l'ambi* tion, la recherche de ses propres intérêts, la susceptibilité, Taigreur, la défiance et le soupçon, le plaisir de l'injustice faite aux autres. Saint Baul achève ce tableau par le trait le plus saillant de la charité^ et qui n'appartient qu'à elle : nunquam
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DIMANCHE DE lA QUINQUÀGÉSIME. 161
excidUy elle ne finira jamais, elle est éternelie. Seale elle subsistera quand tout le reste aura passé, même les choses les plus excellentes de ce monde y la foi et respérance ; car on ne croit plus à ce qu'on voit , et dans la lumière de Téternité il y aura une pleine évidence de ce que nous croyons dans les ténèbres de notre existence actuelle. L'âme participera à la science divine par la contemplation pleine de la Vérité , et non plus par la vue partielle et ënigmatique qu'elle en a aujourd'hui. C'est pourquoi l'Apôtre ajoute que la science humaine sera abolie, et que les langues qui l'expriment cesseront. U n'y aura plus qu'une langue, parce qu'il n'y aura plus qu'une science, la science divine, qui unira toutes les intelligences pures à Dieu et entre elles par l'amour. L'espérance s'évanouira avec la foi ; car elle est k la volonté ce que celle-ci est à l'esprit. On n'espère plus ce qu'on possède, comme il n'y a plus lieu de croire k ce qu'on voit, et c'est pourquoi la prophétie, organe de la foi et mobile de l'espérance, disparaîtra avec elles. L'état actuel, si imparfait, est à la perfection de l'éternité ce que lenfance est à Tâ^^e adulte, où l'on quitte tout ce qui tient de l'enfant. L'humanité n'aura son complément qu'au ciel, quand elle verra Dieu face à face, le connaîtra comme elle en est connue, et l'aimera comme il aime : ce qui ne peut se réaliser que par
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la charité^ la seule chose nécessaire et qui ne pas* sera pas.
STàNGILB SELON SaiNT LUC, XVIII, 31*43.
Jésus prit à part les douze apôtres et leur dit: Voici que nous allons à Jérusalem, et tout ce qui a été écrit par les prophètes touchant la fin de l'homme sera accompli; car il sera livré aux gentils 9 il sera moqué, flagellé^ on lui crachera au visage; et après qu'ils l'auront flagellé, ' ils le feront mourir, et il ressuscitera le troisième jour. Mais ils ne comprirent rien à tout cela. C'était pour eux une énigme et ils n'entendaient rien de ce qu'il leur disait. Or, lorsqu'il s'approchait de Jéricho, un aveugle qui était assis au bord du chemin et qui mendiait, entendant passer la foule, s'enquit de ce que c'était. On lui dit que c'était Jésus de Nazareth qui passait, et aussitôt il s'écria : Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. Ceux qui précédaient Jésus le grondaient pour le faire taire ; mais il criait encore plus fort ; Fils de ûavid ayez pitié de moi. Alors Jésus s'arrétant ordonna qu*on le lui amenât. £t quand il se fut approché, il lui
DIMANCHE D£ lA QUINQUAGÉSIME. 163
demanda : Que veux-tu que je te fasse? L'aveugle répondit: Seigneur, faites que je voie. Jésus lui dit : Vois , ta foi t'a sauvé. Et il vit au même instant et il le suivait en glorifiant Dieu. Ce que fit tout le peuple en voyant ce qui s'était passé.
Ce que Jésus-Christ disait à ses disciples en
montant à Jérusalem, où il devait accomplir les prophéties par les douleurs de sa passion, TÉglise nous rannonce aujourd'hui de sa part. Elle nous invite à méditer dès ce jour les mystères de la passion, qu'elle célébrera dans quelques semaines, et auxquels elle veut que nous nous préparions par les exercices et les œuvres de la sainte Quarantaine. Mais souvent, hélas 1 nous ne la compre* nous pas plus que les apôtres ne comprenaient leur maître, et nous sommes bien moins excusables : car pour nous il s^'agit de faits accomplis en notre faveur, et dont nous possédons tous les avantages comme chrétiens, tandis que pour les premiers disciples c'était une prédication qui leur paraissait incroyable, à cause de la fausse opinion que les juifs se faisaient de l 'avènement du Messie. Ep outre, habitués au langage parabolique du Maître, ils pouvaient penser qu'il en usait encore en ce moment. Cette illusion ne nous est pas possible. Nous savons très-bien que tout ce que
l'Eglise nous dit de la passion de Jésus-Christ est véritable, et que nous ne pouvons profiter de la rédemption et du salul qu'elle nous jjromet, qu'en participant aux souffrances de Tliomme-Dieu et en portant notre croix avec lui. Et cependant, loin de s'y préparer en cesj ours qui précèdent le Carême, beaucoup prennent le contrepied de ce que TÉglise demande, et prétendent se disposer aux exercices de la pénitence, Tabstinence, le jeûne, la prière et les œuvres de charité, par une surabondance dans le manger, dans le boire, dans la dis* sipalion du luxe et des plaisirs de tout genre. Les chrétiens eux-mêmes se laissent aller plus ou moins à cette intempérance déplacée ; tellement^ que l'Eglise a établi en ces jours les prières des quarante heures avec l'exposition et l'adoration du saint Sacrement pour rappeler ses fidèles autour de Jésus-Christ, et faire amende honorable au Sauveur outragé de tant de manières pendant ce temps. £h bien I nous sommes si faibles dans notre foi» et si dominés par l'esprit du monde, qu'il nous arrive de participer à la fois à ces réjouissances intempestives et k ce qui doit leur servir de remède, ou au moins de compensation. Combien de chrétiens au sortir des prières d^s quarante heures, et après avoir reçu la bénédiction du saint Sacrement, prennent part, au nioms par une vaine curiosité, soit au spectacle des mascarades
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sur la voie publique , soit h des festins et des danses dans TiiUérieur des familles. Nous ne parlons pas de ceux qui passent lés nnits dans ces antres de désordre et de menson^^e qu'on appelle des bals masqués. L'esprit du monde a les maïus des harpies, il gâte tout ce qu'il tonche. Il profane les jours les plus saints de rannée, en étalant à Paris sur la voie publique l'éclat nouveau de son luxe par la richesse ou l'élégance de ses équipages et de ses toilettes, et, pendant que TÉglise prêche surtout le renoncement aux choses de la terre et à soi-même, en nous rappelant de toutes manières le sacrifice et la mort sanglante du Rédempteur, l'esprit du monde fait du plus triste et du plus saint des jours, où les iniquités de Thumanité ont été lavées dans le sang de la croix, la fêle la plus solennelle de la vanité comme pour détruire en beaucoup d'ftmes le bienfait de la Rédemption. Ainsi encore dans les clabscs infcncuies le jour du Seigneur, qui doit être sanctifié par le culte divin, la prière, et le repos honnête du corps, est devenu pour les hommes sans foi, ou qui ne la suivent plus, un jour d'orgie ou de travail défendu. L'impiété a substitué le lundi au dimanche pour le repos nécessaire à l'homme, et ainsi elle se donne le double . triomphe de violer le conunandement de Dieu , en travaillant le dimanche sous le prétexte ^j^u'elle a besoin de cela
pour vivre, et d'insulter à l'autorité divine en ne travaillant point le lundi à cause de la nécessité da repos. £lie n'a plus voulu du jour de repos accordé par le Créateur. Elle s'en est fait un à sa guise, qui n'est plus le jour du Seigneur^ mais oàm de Satan.
Heureux aveugle que sa foi a éclairé et sauvé ! Il a crié vers Jésus-Christ avec conliance, malgré tons ceux qui voulaient le faire taire , et par sa persistance il a attiré sur lui le regard et la miséricorde du Sauveur. Que son exemple nous encourage l Gomme lui nous sommes aveugles des yeux de Tesprit, et la preuve en est dans notre ignorance de tant de choses et surtout de celles qui importent le plus à notre véritable bien. Crions
doue .iussi avec foi vers Celui qui est la lumière du monde, et qui éclaire tout homme venant en ce monde. Les plus grands saints et les plus éclairés, saint Thomas par exemple, disaient qu'ils avaient plus appris au pied du crucifix et dans la prière que par les enseignements etleslivresdeshommes. Dcniandous la clarté de Tintelligence à Celui qui est la lumière éternelle , et que notre vif désir de voir cette divine lumière ne se laisse point arrêter, eniptclier ni refroidir par ceux qui voudraient aussi nous imposer silence, c'est-à-dire par les savants ou les esprits forts du monde , qui prétendent atleindre la vérité par les seules lumières
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de leur raison. Ne tenant aucun complu de leurs réclamations^, de leurs. moqueries ou de leurs in« yectiveSy crions tonjours plus fort : Jésus, Fils de
David, ayez pitié de moij faites q[ue je voie,
PRATIQUE
Efforçons-nous de devenir des chrétiens sérieux, sincères, ayant le courage de notre foi et la pratiquant en esprit et en vérité. Ne nous laissons pas fasciner et entraîner par l'esprit du siècle, qui est toujours en opposition avec l'esprit de Jésus-Christ, afin que toutes nos actions soient animées par la charité décrite par saint Paul, et que nous attirions dans Toeil de notre intdligence la lumière céleste qui rouvre, et le rende capable de percevoir l'éternelle vérité.
FRiàllE.
0 Jésus, qui avez tant souffert pour nous, faites que par amour pour vous nous haïssions les plaisirs des sens, et que nous aimions la mortification et le erucifiement de la chair, afin que délivrés de l'aveu^ glement de l'esprit, nous vous connaissions toujours mieux, et que vous aimant de plus en plus nous méritions de vous posséder éternellement.