‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 29 sur 161 · LEÇON TIRÉE DU PROPHETE JOËL, II · texte numérisé non relu

LEÇON TIRÉE DU PROPHETE JOËL, II

Maintenant, dit le Seigneur, convertissez- TOUS à moi de tout votre cœur^ dans les jeûnes, dans les larmes et dans les gémissements. Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, el convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, parce qu'il est bon et compatissant, patient et plein de miséricorde» et qu'il change le mal en bien. Qui sait s'il ne reviendra pas à vous pour vous pardonner, vous combler de ses bénédictions, afin que vous puissiez présenter au Seigneur vos sacrifices et vos offrandes ? Sonnez de la trompette dans Sion, ordonnez un jeûne public, convoquez l'assemblée solennelle. Réunissez le peuple, pui'iliez-le, assemblez les vieillards, les enfants, même ceux qui sont à la mamelle. Que l'époux sorte de sa couche et l'épouse de son lit nuptial. Que les prêtres, ministres du Seigneur, pleurant entre le vestibule et l'autel, disent: Pardonnez, Seigneur^ pardonnez à votre

peuple, et ne laissez point tomber votre héritage dans Topprobre sous la domination des nations. Les peuples diront-ils avec dérision : Oîx est leur Dieu? Le Seigneur a aimé sa terre, et il a épargné son peuple. Le Seigneur a parlé à son peuple et il lui a dit : Je vous enverrai du blé, du vin et de l'huile, et vous en serez rassassié, et je ne vous abandonnerai plus aux insultes des nations.

Les juifs, en leurs temps de pénitence ou de désolation, se couvraient d'un sac et répandaient des cendres sur leur tête. L'Église a conservé quelque chose de cette coutume , et en ce jour, qui ouvre la mortification du Carême par le jeûne et Tabslinence, elle répand aussi de la cendre sur le front de ses fidèles, en leur rappelant qu'ils sont poussière et qu'ils retourneront en poussière. Ce qui ne s'entend proprement que du corps tiré du limon de la terre, et qui doit y rentrer par la mort. Néanmoins, riiuinme tuuL entier est atteint par la mort, puisqu'on séparant les deux parties qui le composent, elle détruit l'intégrité de son existence ou Tœuvre de Dieu dans sa création : ce qui implique la nécessité d'une réintégration future ou de la résurrection.

Goosîdéroiis en outre que la poussière humaine

n'est point une poussière comme mie autre. Ayant été unie à une âme immortelle par la communauté de la vie pour constituer la personne humaine, elle a participé à la nature et aux qualités de cette âme , comme Tâme elle-même a communiqué à ses propriétés; car le moi, expression de la personnalité de rhomme, s'applique au corps et à ses fonctionB comme à Tàme et à ses opérations. Après la séparation des deux il doit donc rester dans ce corps séparé quelque chose de lame , qui en fait une poussière sut generis^ une sorte de poussière sacrée, qui a été respectée dans tous les temps et chez tous les peuples.

Il y a plus. Le corps humain a participé à la régénération de l'âme par le baptême ; car c'est à travers sa substance que l'Esprit- Saint a passé avec Feau pour purifier Tâme de la tache originelle, la délivrer du péché et lui implanter la semence de la vie divine. La chair a encore participé aux bienfaits des autres sacrements , qui ont tous une partie matérielle justement à cause du corps, afin de pouvoir opérer par son intermédiaire sur râme qu'il enveloppe. Il a donc été arrosé des bénédictions d'en haut; il a mangé le pain du ciel, bu le sang de Jésus-Ghrist, et le Verbe incarné a daigné descendre en lui et y demeurer. Donc le corps a été pénétré comnie l'urne des

veitns des sacrements, et comme en Jésus-Christ, la plénitude de la divinité a habité corporellement en lui, H lui reste donc des vestiges de la régénération chrétienne, et plus il en aura conservé au milieu de la poussière commune où la mort Ta dissous , plus il aura de facilité à se rejoindre à son âme au grand jour de la résurrection, quand Thomme tout entier devra paraître devant le tribunal de Dieu pour la restauration complète de la justice et de la gloire divine.

Voilà pourquoi l'Église nous invite en ce temps de pénitence h mortifier notre corps par le jeûne, l'abstinence et la tempérance , afin que nous apprenions à combattre et à vaincre la concupiscence chamelle dont les instincts poussent les hommes aux excès, à l'impureté et à la corruption : ce qui souille et dégrade Tàme en la matérialisant, en Tanimalisant, c'est-tnlire en la rendant l'esclave du corps qu'elle doit gouverner.

La cérémonie des cendres a donc pour fin de nous rappeler à la fois, que nous mourrons et que nous ressusciterons. Nous mourrons; car nous avons été formés de la poussière de la terre, où la malédiction attirée par le péché nous oblige à re^ tourner ; mais nous ressusciterons, parce que la poussière que nous sommes, et qui est partie intégrante de rhumanité, participe à l'immortalité de Tâme à laquelle elle a été unie par la vie, et dans

le chrétien à la vie même de Dieu par le corps de

Jésus-Christ, Joiil tout homme régénéré par le Jbaptéme est devenu membre*

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