‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 39 sur 161 · LE VENDREDI · texte numérisé non relu

LE VENDREDI

tant d'abaissement, d'un anéantissement si profond avec une puissance infinie. C'est pourquoi saint Bernard dit (in serm. de duod. slM.) : « Le martyre de la Vierge est décrit dans la prophétie de Siméon comme dans l'histoire de la passion du Sauveur; car tout ce qui a déchiré le chair de Jésus-Christ a traversé Tâme de sa mère. 0 bienheureuse mère ! la pointe de la douleur a tellement percé votre cœur que nous pouvons à juste titre vous dire plus que martyre , parce qu'en vous le sentiment de la compassion a surpassé celui de la passion corporelle. »

ÉVAiNGlLE SELON SALM JEAN, XIX, 2o-26.

Cependant la mère de Jésus et la sœur de sa

mère, Marie femme de Gléophas, et Marie-Madeleine se tenaient au pied de la croix. Jésus donc, ayant aperçu sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voici votre fils. Puis il dit au disciple : Voilà votre mère. Et dès ce moment le disciple la traita comme sa mère.

Puisque TKglise nous fait lire en ce jour cette parole de Jésus sur la croix adressée à sa mèroi il

APRÈS LE DIMANGHB I)£ LÂ PASSION. 221 faut qu'elle la regarde comme uue douleur pour

la sainte Vierge, biea qu elle témoigne de la tendre sollicitude du fils pour sa mère, qu'il remet eu mourant aux mains de son disciple bien-aimé. Et aussi, saint Bernard s^écrie à l'endroit cité plus haut : « N'a-t-elle point été pour vous plus qu'un glaive, cétte parole qui, en effet, a traversé votre cœur, descendant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit? Femme, voici votre fils 1 Ohl quel échange I Jean vous est donné à la place de Jésus^ le serviteur pour le seigneur, le disciple pour le maître, le fils de Zébédée pour le fils de Dieu, uu homme pour un Dieu 1 » Mais la contre-partie de cette parole adressée à Jean, voici votre mère, a été à la fois un honneur et un immense bienfait pour le disciple chéri et ceux qu'il représente en cette circonstance ; en sorte que là encore Marie, consentant à devenir la mère des hommes après avoir été la mère de Dieu, s'inmiole pour notre salut et devient victime de son amour. Elle devient en la personne de Jean la mère de tous les disciples lidèles comme lui, qui participeront par leur foi et par le baptême au bien&it de la régénération.

£n effet, Marie est la mère des chrétiens à double titre : 1* comme la mère de Jésus-Christ qui nous

a transmis la \\q véritable, la vie même de Dieu, mère selon l'esprit j car c'est par elle que Celui qui

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est la vie même a été donné à nos âmes; 2* mère même selon la nature et par la chair ^ mais selon

la nature régénérée et par la chair glorifiée. Car, si nons sommes les fràres de Jésus-Christ par l'opération de TEsprit^^Saint , par Tnnion de notre âme avec le Père en la personne adorable du Fils, nons le sommes aussi par l'humanité que Jésus a prise au sein de Marie , par son cdrps uni ind»*solublement à sa divinité, et dont nous sommes devenus les membres par le baptême , corps spi* rituel du nouvel Adam, qui est l'Église.

Marie est encore notre mère par la volonté expresse de Jésus-Ghrist mourant; par la dernière parole qu'il lui adresse du haut de sa eroix et qui' est comme son testament. Il dit à Marie en lui indiquant Jean : Voici votre âls; il dit à Jean : Voici votre mère. Or Jean représente ici tous les chrétiens fidèles, et Marie TÉglise, que le Seigneur fonde spirituellement par cette parole^ comme tout à l'heure il va rétablir mystiquement par Feau et le sang qui sortiront de son côté entrouvert, sources des deux sacrements principaux, le baptême qui régénère les âmes, et Teucharistie qui les nourrit.

Ainsi, nous avons au ciel une mère spirituelle, dont la tendresse ne nous manquera jamais, la mère de Jésus-Christ, qui est la mère des vivants à plus juste titre qu'Ève, puisqu'elle a donné à la terre Celui qui est la vie même, et par qui seulement

APRÈS L£ DIMANGBiË D£ LA PAS6K>M. ââS

on vit pour rétemité,. Et ce que Marie a fait pour son divin fils sur la terre, TEglise, son représentant, le fait et le fera jusqu'à la fiu des temps pour •chaque obréUeH' l^He Tenfante par le haptéme; «lie le mourrit du lait de sa doctrine et du pain des forts; elle Télève puni le ciel par les soins maternels dont. elle lentoure, la direction qu'elle lui donne et les grâces qu'elle lui transmet. Et ce que fait l'Eglise-, c'est Marie qui Topère du haut 4u ciel, en union avec Tesprxt de Jésus-Ghrist^ ^ui sera avec son Église comme avec sa mère jusqu'à la consommation des siècles et dans rétemité. Donc on ne peut pas aimer l'Eglise sans aimer la sainte Vierge, \jai en est Tarchétype, le modèloi et c'est pourquoi on l'invoque comme le canal de toutes les grâces qui s'y répandent, parce que Celui qui en est la source ou le principe nous a été donné par die. C'est pourquoi ceux qui se séparent de l'Eglise en ne participant plus ni à sa foi ni à sa éharité, comme une branche détachée du tronc ii*en reçoit plus la séve, en protestant contre Tautorité de l'Église qu'ils repoussent, s'éloignent nécessairement de celle qu'elle représente , et ne lui rendent plus le culte qui lui est dû, parce qu'ils méconnaissent sa mission sublime et la grandeur comme la douceur de sa puissance*

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