‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 41 sur 161 · LE JEUDI SAINT · texte numérisé non relu

LE JEUDI SAINT

£P1TR£ (1 aux Cor. 9 XI, 20^32).

Vous réunir comme vous le faites, ce n'est plus manger la cène du Seigneur; car chacun se hâte de manger ce qu'il a apporté, et ainsi run n'a rien à manger et l autre s'enivre. M'avezvous pas vos maisons pour y boire et y manger 2 ou méprisez-yous TÉglise de Dieu,, et voulez faire honte à ceux qui sont pauvres ? Que vous dirai-je? vous louerai-jet Non, je ne vous en loue pas. Car c'est du Seigneur même que j'ai appris ce que je vous ai aussi enseigné, savoir que le Seigneur Jésus, la nuit même où il a été livré, prit du pain, et ayant rendu grâces le rompit et dit : Prenez et mangez, ceci est mon corps, qui sera livré pour vous; faites ceci. en * mémoire de moi. Il prit de même le calice après avoir soupé, et il dit : Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang j toutes les fois que vous le boirez, faites ceci en mémoire de moi« Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et

que VOUS boirez ce calice» vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. C'est pourquoi quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement sera coupable du corps et du sang de Jésus-Christ. Que l'homme donc s'éprouve lui-même, et qu'après cela il mange de ce pain ëi boive de ce calice. Car quiconque en mange et en boit indignement, mange et boit sa propre condamnation, ne fai* sant pas le discernement du corps du Seigneur. G*est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup de malades et de languissants, et que plusieurs sont morts. Que si nous nous jugions nousmêmes, nous ne serions pas ainsi jugés par Dieu. Mais lorsque nous sommes jugés de la sorte, c'est le Seigneur qui nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde*

Le Seigneur a institué la sainte eucharistie la veille de sa mort, donc en la dernière cène qu'il fit avec ses disciples. C'est comme son testament qu*il leur laisse avec les paroles sacramentelles de l'institution , le testament de la nouvelle alliance par lequel il se donne ou se lègue lui-même k sas apôtres et à tous ceux qui croiront en lui par leur

JBUDI SÂI19T.

parole jnaïu^à la fin du monde. H leur donne son

corps auquel le pain esl changé par la vertu de la consécration; il leur donne son sang par latran»snbtintiarion du vin , le sang de l'alliance nonvelle, et dans cet ineffable sacrement il assure raccomplisfiement de sa promesse à ses disciples, qn'il sera avec ceux, présent parmi enx, jnsqn'à la consommation des siècles. Ainsi a été établi sa présence réelle et perpétuelle au saint autel et dtns le tabemade. Dieu a fixé sa résidence per-> sonnelle au milieu des hommes : ecce tabernaculum Dei cum hominibibs, {Apoc^ XXI, 3.)

Cependant il ne s'est pas contenté d*babiter perpétndlement dans l'Église ponr l'assister de son esprit et la remplir de ses vertus par Teffusiim de sa grâce dans les sacremmts , il s'est eiuMHre Uvré en nonrritnre anx fidèles ponr s'unir à eux de la manière la plus intime en leur commoniquant sa propre vie par la manducation de son oofps divin et l'absorption de son sang adora-* ble. C'est pourquoi pénétrés dans toutes les parties de leur existence par les vertus du Dieu fait homme, leur chair par sa chair, leur sang par son sang, leur esprit par son esprit, leur cœur par son cœur, et enfin leur humanité par la plénitude de sa divinité, ils deviennent un avec lui tant qu'il réside en eux, et cette grâce immense n'est encore qu'une ébauche de la gloii*e qu ils auront

un jour de lui être indissolublement unis dans

réternité. Enfin, par Tadmirable sacrement, qui transmet raliment divin , la vie diviae à chaque fidèle, tous, participant à la même nourriture , à la même vie, sont unis entre eux par celui qui se donne ensemble à cliacun, et ainsi ils forment un même corps mystique, qui est TÉgUse, dont le cœur de Jésus est le centre et dont tous les chrétiens sont les membres. Le baptême les y engendre et la sainte communion les y nourrit par la circulation et Tabsorption du sang émané de ce cœur divin, et Tassimilation de sa chair ou de son corps qui est le pain descendu du ciel. C'est pourquoi l'Église prescrit & ses enfants de communier au moins une fois dans Tannée, à Tépoque solennelle de la mort du Sauveur, pour que chaque ftme, purifiée de ses péchés, renouvelle son alliance vivante avec Dieu en mangeant le corps et en buvant le sang de THomme-Dieu, et se retrempe ainsi dans la vie du ciel, qui unit les hommes à Dieu et entre eux par la foi et Tespérance dans le temps, et par la chanté toujours.

ÊYAJSGILE SELOiN SAINT JEAN, XUI, M5.

Avant la féte de Pâques, Jésus, sachant que

son heure était venije de passer de ce mionde à

J£UDI 8AINT.- sa?

son Père, comme il avait aimé les siens qui

étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin. Et après le souper^ le diable ayant déjà mis dans le cœur de Judas fils de Simon Iscariote de le trahir, Jésus, qui savait que son Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu'il était sorti de Dieu et qu'il s'en retournerait k Dieu, se leva de table, ôta ses vêtements,^! ayant pris un linge, il le mit autour de lui. Puis, ayant versé de l'eau dans un bassin, il se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait autour de lui. Il vint donc à Simon Pierre; mais Pierre lui dit : Vous, Seigneur, me laver les pieds ! Jésus lui répon-» dit : Vous ne savez point maintenant ce que je fais, mais vous le saurez dans la suite. Pierre lui dit : Jamais vous ne me laverez les pieds. Si je ne vous les lave, reprit Jésus, vous n'aurez point de part avec moi. Simon Pierre lut dit : Seigneur, non-seulement les pieds, mais aussi les mains et la téte. Jé^is lui dit : Celui qui sort du bain n'a besoin que de se laver les pieds, car il est propre par tout le reste de son corps. Et vous aussi, vous êtes purs, mais non pas tous ;

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