DIMANCHE DE QUASIMODO
PRIÈRE
Faites, Dieu tout-puissant, qu'après avoir célébré les fêtes consacrées au mystère de la pâque, nous en conservions l'esprit par votre grâce dans toutes les actions de no^e vie., Bar iH^tre*<S6ignfiaf , etc.
LE DEUXIÈME DIMANCHE Al^MS PAQUES.
ÉPITRE (1 Pierre, II, 21-25).
Si en faisant le bien vous souffrez avec patience, c'est là ce qui est agréable à Dieu. Car c'est à quoi vous avez été appelés, parce que Jésus-Christ à souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous marchiez sur ses traces, lui qui n'avait commis aucun péché, et de la bouche duquel aucune parole trompeuse n'est jamais sortie. Quand on Ta chargé d'injures, il n'a point répondu par des injures; quand on Ta maltraité, il n'a point fait de menaces; mais il s'est livré entre les mains de celui qui le jugeait injustement. C'est lui qui a porté nos péchés dans son corps sur la croix, afin que, étant morts au péché, nous vivions pour la justice. C'est par son sang que vous avez été guéris. Car vous étiez comme des brebis égarées; mais maintenant vous êtes retournés au Pasteur et à TEvéque de vos âmes.
Nous lisons et relisons le livre de r Imitation de Jésus-Christ^ nous laduiirons, et dans Tédification qu'il nous procure et les bons sentiments qu'il excite en notre cœur, nous nous promettons de suivre les préceptes et les exemples qui y sont contenus. Nous nous croyons un peu meilleurs et plus avancés dans le bien , si après avoir ressenti la joie que procure le goût de la vérité^ nous nous sentons plus disposés à la réaliser. Cependant, qu'il survienne, au moment où nous y pensons le moins, une injustice ou ce que nous regardons comme tel, un mauvais traitement , un procédé inconvenant , une parole injurieuse ou seulement désagréable^ en&n un manque quelconque dans les égards que nous croyons nous être dus, le refus voulu ou non d'une marque d'estime ou d'honneur, et nous^ qui sommes appelés à suivre Jésus-Ghrist dans sa voie douloureuse jusqu'au Calvaire , et qui ne pouvons prendre part à sa gloire qu'en participant à ses souffrances, nous oublions les recommandations si persua* sives de r Imitation, et le ressentiment du mal dont nous nous croyons la victime absorbe toute notre âme. Nous avons encore quelque patience, et k grand'peine, si notre conscience nous convainc d'avoir mérité ce que nous souffrons, et de nous l'être attiré par notre faute. Mais elle nous échappe la plupart du temps, quand nous
penfioss être maltraités iojiistemeBt. Et cepen-^
dant, mcme aux yeux de la raison, qui peut se dire parfaiteme&tiiiuiocent? JN 'avons-nous point péché un jour ou Tantre , même sans en avdr gardé le souvenir? La justice perd-elle ses droits avec le temps ^ et ne peut-elle point ressaisir le eonpable échappé à sa vindicte dans nne antre occasion et sous une autre forme? Bien que ma conscience ne me reproche rien, dit saint Paul,, je ne suis pas innocent pour cela. (1 Cor.^IV, 4.y Notre récrimination dans ces cas est encore plus» insensée aux yeux de Dieu ; car Tefficacilé de Tex*-^ ]Hation par le sacrifice de Jésns-Ghrist vient jus* tement de ce qu'il a souflert innocent. S'il eût été coupable, son supplice eût été juste et n'aurait profité qu'à lui. La victime pure a seule une vertu expiatoire pour les autres. Le chrétien ne peut drâc participer aux mérites salutaires du Rédraip-* teur, qu'en souffrant avec lui et comme lui, c'est-à-dire saus l'avoir mérité, ou en victime innocente. Pour imiter vraiment ^ complètement Jésus*Christ , il ne lui suffit point de sulûr avec résignation un châtiment mérité, ce qui est déjà beaucoup. Car Jésus-Ghrist n'uvail mérité aucua châtiment, lui qui n^avait pas commis le péché , et dont le mensonge ou la ruse n'avaient jamais souillé les lèvres. La perisetioa^ le méhta infini da Sanvwr est dans son sacrifice, qui donne sa
vie pour le coupable et subit innocent el à sa place la peine et la mort cpi'il a méritées. C'est pour* quoi, ainsi q«'il l'a enseigné, il faine le mal par ie bien {Rom., XII, 21), et absorbe la mort dans la victoire. (1 Cor., XV» Voilà ca que nou& de*» vous tâcher de faire suivant nos forces pour devenir véritablement chrétiens, pour imiter pleinement le divin Maitre, et c'est dans ce sens qae l'Apôtre dit dans la même Épitre : quelle gloire y a-t-il é^m» durer de mauvais traitements pour vos fautes? Mais si en faisant le bien vous les souffrez avec patience , c est là ce qui est agféable à Dieu; car c'est à quoi vous avez été appelés, puisque le Christ a souffert pour nous , vous laissant sou exemple afin que vans suiviez ses traees.
ÉVANGILE SËXiON SAINT JEAN, X, 11-16.
Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, et celui qui n'est point le pasteur et à qui les brebis n'appartiennent point, voyant venir le loup, abandonne les brebis et s'enfuit, et le loup les ravit et disperse le troupeau. Or, le mercenaire s'enfuit parce qu41 est le mercenaîre et qu'il ne se met point en peine des brebis. Moi, je suis
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le bon pasteur^ et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît» et comme je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut que je les amène aussi. Elles écouteront ma voix, et il n'y aura qu'un troupeau et un pasteur.
Vérité bien consolante et qui nous est présentée sous la forme la plus douce. Jésus est le bon pasteur, et nous sommes ses brebis. Il conndt ses brebis, et ses brebis le connaissent. A quels signes les reconnait-il, et comment le reconuaissent- * elles?
1^ Les brebis fidèles écoutent* la voix du pas* teur. Cette voix se fait continuellement entendre dans l'Église, qui «st la bergerie du ciel sur la terre, par la prédication, par les instructions, parla lecture des saintes Écritures, par la direction par- » ticuliëre. Car non-seulement le pasteur parle pour toutes les brebis, maïs encore il les appelle chacune par leur nom, pour leur recommander en particulier ce qui peut leur être utile ou les préserver du mal. Sa voix se fait encore entendre au fond de leur cœur par le ministère des bons anges et les inspirations secrètes de la grâce.
DEUXIÈME DIMANCHE APi\ÈS PAQUES. 289
2** Les brebis suivent leur pasteur, parce qu'elles le connaissent. II marche devant elles et elles suiyent ses pas. C'est la pratique exacte et consciencieuse des préceptes et des conseils du divin Maître : c'est Tobservaiion pieuse des commandements de Dîen et de TÉglise. Yons aimerez Dieu par-dessus tout et votre prochain comme vous-même. Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Supportez-vons Fun Fautre, et aidez-vous réciproquement à porter votre fardeau. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. C'est rimit,ation de Jésus-Christ par le renoncement au monde et à soi-même, par l'acceptation et le portement de sa croix,
3® Elles fuient l'étranger parce qu'elles ne connaissent point sa voix. L'étranger est celui qui n'entre pas dans la bergerie par la porte, mais de toute autre manière. G^est le voleur, le brigand qui n'y pénètre que pour la piller et la bouleverser. C'est le loup ravissant, qid cherche à enlever et à disperser les brebis. Satan ou l'ennemi de Dieu est le chef de ces brigands qui menacent sans cesse le bercail divin ou l'Église, tâchant de l'envahir, de la ruiner par ses satellites, anges ou honmies, dévoués à sa méchanceté, et qui lui servent d'instruments pour déchirer les brebis et les arracher à leur pasteur, s'efforçant de les séduire
par Fesprit du monde contraire à l'esprit de Jésus- Ghristy les tentant par toutes les voies de la concopiscence pour les éloigner de Dieu.
Les brebis reconnaissenl le bon pasteur à ses J;)ieniaits :
C'est lui qui leur ouvre la porte. Je suis la
porte, dit Jésus-Christ; celui qui entre par moi sera sauvé ; il entrera, il sortira, et trouvera les pàtnnges. Jésns, en effet, nous a rouvert la porte
du Ciel gardée depuis le péché par l'épée 11 amtoyante de l'ange. On ne va au Père que par lui, et il s'est appelé lui-même la voie, la vérité et la vie. II a dit à ses disciples : Comme mou Père m'a envoyé, je vous envoie ; et c'est par lui et en son nom que les pasteurs qu'il a établis sur la terre pour soigner son bercail en ouvrent la porte par le Laptéme qui régénère les âmes, par la pénitence qui les ressuscite, parrex1réme-onctio& qui les fortifie dans le passage de la mort à la vie.
2° Le bon pasteur vient donner la nourriture aux brebis, afin qu'elles aient la vie et qu'elles l'aient plus abondante. Il la leur présente sous toutes les formes, en raison de leur faiblesse ou du degré de leur force, k ss^voir : le lait de rinstmc* tion familière, le pain plus solide de la parole doctrinale, le sel de la sagesse, 1 eau qui jaillit jusqu'à la vie étemelle, et enfin le pain vivant descendu du ciel, aliment au-desbus de toute substance, et
le sang divin de Jésus-Christ, qui est le vrai breuvagie. J& leiiiT donne la vie étarnelle^ dit k San* venr, et ib ne pénroBlÎKmaift#
3^ Enfin le bon pasteur donne sa vie pour ses bjmbis* Il les. défend contre le loup, contre sea n»> lenoee on contre ses nues. Jésue^Cîhrisl a passé
isa Vie sur la terre à faire le bien et a cuiabaltre le jdaL U a enseigné à tous la loi ds ûieiL et les nboyens de l'acoomplir ; à toms cens qui eul toahi l'écouter, il a prumis son esprit et sa ^aàce, pour €Qnibattre le mal à leur tour et en triompher. Il a rica parmi les hommes pour les înstniipe, les guérir, et les mettre dans la voie de la lumière et de la justice ; puis il esimai*t pour les racheter, et fBx Teffiifflan de sen sang, qui a payé lew dette il la justice divine, il les a arrachés au joug de Satan, il les a délivrés et réconciliés avec Dien» Bw pasteur^ il a donné sa. vie pow ses brebis, et ses ap6^ très, ses disciples, tous ceux qu'il a eLablis sur la ien*e pour gouverner son troupeau ou quelquesunes de ses hrebia^ doiveikl £dre ce qu'il a fai^ dans sa vie et par sa noort. De là la responsabilité et la sollicitude du pasteur des âmes^ afin de les conduire dans la bonne T^e^ ou de iee y ramener quand elles s'en écartent; de les nourrir de laliment salutaire en los préservant de toute chose malsaine ou empoisonnée, et enfin de les protéger par sa^ vigilance et son courage contre rennemi
qui tftche de les ravir par la violence on la séduction, en les défendant, s'il le faut, jusqu'au péril de ses joure et en donnant sa vie pour elles.
Les dernières paroles de cet ëvangile, qui sont celles de Nôtre -Seigneur, annoncent nettement Tnnité de l'Église en ce monde, et non pas la diversité des églises, comme le veulent les protestants. Le Sauveur, qui regarde tous les hommes comme ses brebis, puisqu'il est venu pour les sauver tons, ne veut pas qu'ils restent en d'autres bergeries. Il faut les ramener, dit-il, en leur annonçant ma parole, et quand ils l'auront entendue, il n'y aura plus qu'une bergerie et un pasteur. C'est ce que fait avec foi, avec constance, avec charité, et sans jamais se lasser, la véritable Église, r%lise une de Jésus-Christ, l'Église catholique, par la prédication dans toutes les parties du monde, par tous les moyens de la propagation de la foi ; et ceux qu'elle envoie ainsi porter la parole divine jusqu'aux extrémités de la terre pour ramener au bercail unique les brebis dispersées da Sauveur, ceux-là, à l'exemple du pasteur, donnent aussi leur vie et versent tout leur sang pour accomplir la parole de Jésus-Christ et compléter son troupean.
nUTIQUS.
Brebis de Jésus-Christ, ne fiûsons rien dans le ber-
DEUXIÈME DIMi^NGHE APRÈS PAQUES. 293
cail»ott hors du bercail sans la permission du pasteur qpi est chaîné de nourrir et de diriger notre âme ; et quand le loup ravissant tourne autour d'elle, cherchant à la dévorer ou à la séduire, invoquons son secours, et faisons exactenfient tout ce qu'il nous commandera pour nous sauver.
PRiiRE.
0 Dieu de bonté et de miséricorde, qui êtes mort sur la croix pour nous procurer la vie étemelle, daignez, lorsque nous sommes dans Taffliction, dans la souflhince et les tribulations, dans le feu de la tentation, dnigne» ranimer notre courage et notre espérance, et faire brillera nos yeux la gloire que vous préparez dans le ciel à tous ceux qui vous restent attachés comme les brebis le sont à leur pasteur. Ne permettez pas que nous nous séparions jamais de T0US| pour devenir la proie du loup ravissant..
£PITRE (1 PIERRE, n, 11-19).
Je vous exhorte, mes bien-aimés, à vous abstenir, comme étrangers et voyageurs en ce monde, des désirs c\m:ueis qui combattent contre Fftme. Gondotsez-Tous parmi les gentils é*vm manière édifiante, afin que, au lieu de médire de vous, comme si vous faisiez le mal, ils scneiit portés, par les bonnes œuvres qu'ils ^ous verront faire, à rendre gloire à Dieu an jour de sa viaile. Soyez donc soumis pour l'amour de Dieu à toutes sortes de personnes, soit au roi comme au souverain, soit aux gouverneurs comme à des hommes envoyés par lui pour punir ceux qui font mal et récompenser ceux qui font bien. Car la volonté de Dieu est que par votre bonne conduite vous fermiez la bouche aux ignorants et aux insensés, étant libres, non pour vous servir de votre liberté comme d'un voile à votre malice, mais pour agir en serviteurs de Dieu. Rendez à tous l'honneur qui leur
TROISIÈME DDIANCHE APRÈS PÂQUB& 295
est ëû; aimez tos frères; craignez Diea; respecr
tez,le roi. Serviteurs, soyez soumis à vos maîtres arec crainte , non-seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont rudes et fâcheux; car ce qui est agréable à Dieu c'est que, dans la vue de lui plaire, ncms supportions patiemment les injustices*
de qae TApitre rêcommandait aux païens coutertis de son temps, qui vivaient an milieu des infidèles, s'applique tout aussi bien aux chrétiens ds nos jours , mêlés à la multitude des hommes sans foi, sans religion ou sans pratique pieuse d'aucun genre, qui remplissent le monde. Eux aussi sont toujours prêts à nous aeeuser de toutes sortes de mal , à nous poursuivre de leurs médn sances et de leurs calonmies, comme s'ils croyaieM se justifier en nous trouvant coupables et que nos fontes fassent nne excuse de leur indifférence ou de leur impiété. Us ont au moins le prétexte spé* deux de dire, dans les cas où nous avons le mdheur de nous conduire comme eux : voyez, à quoi sert la religion, puisque ceux qui la pratiquent le plus exactement ne valent pas mieux que les antres, et vivent comme ceux qui n'en ont pas î C'est pourquoi l'Apotre nous recommande de ne point nous Àandonner aux désirs de la chair, qui combattent
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contre râme, d'abord parce qu'étant étrangers en ce monde et le traversant comme des voyageurs,
nous ne pouvons que perdre notre vie à nous y arrêter, à nous y attacher : ce qui nous éloigne de la patrie véritable; puis pour 6ter tout pré« texte à la mauvaise volonté des ennemis de Jésus- Christ, et les disposer au contraire à recevoir la grftce, quand elle les visitera, par Tédification de nos bonnes œuvres. Alors l'Apôtre nous rappelle sommairement à l'observation de tous nos devoirs, envers Dieu d'abord par la crainte et par l'amour; puis envers les hommes et toutes sortes de personnes à cause de Dieu : envers les princes , dont l'autorité vient d'en haut; envers leurs délégués , chargés de punir les méchants et de récompenser les bons; envers tous les hommes, parce qu'ils sont nos frères à double titre, par la nature et par la grâce, c'est-à-dire membres du même corps naturel qui est le genre humain, et membres aussi du corps spirituel, qui est TEglise. Que les inférieurs obéissent à leurs supérieurs , les serviteurs et les esclaves à leurs maîtres, même à ceux qui les traitent durement; car la grftce est justement dans le support des souffrances injustes et des peines imméritées.