ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, XIV
Jésus dit : Si quelqu'un m'aime , il gardera ma parole et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure. Celui qui ne m'aime pa« ne garde pas mes paroles , et la parole que vous^ avez entendue n'est point ma parole, mais celle de mon Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses, pendant que je demeurais avec vous. Mais le Consolateur, TEsprit-Saint, que mon Père enverra ' «n mon nom, vous enseignera toutes choses et vous expliquera tout ce que je vous ai dit. Je Tow laisse la pais, je vous^ donne ma pvx; je ne vous la donne point comme le monde la donne. Que ?otre cœur ne se trouble point, qu'il ne craigne point. Vous m'avez entendu dire : Je m*en vais et je reviens à vous. Si tous m'aimez , vous vous réjouirez de ce que je vais à maon Père, parce que mon Père est plus grand que moi. Je vous le dis maintenant, avant que * cela arrrre, «fin que Von» croyiez quand cela
340 DIMANGIif; DE LÀ P£NT£GOT£.
sera arrivé. Je ne vous parlerai plus longtemps; car le prince de ce monde vient et il n'a rien en moi qui lui appartienne. Mais c'est aûn que le monde connaisse que j*aime mon Père et que je fais ce que mon Père m'a ordonné.
Le mystère qui s*e8t accompli à pareil jour, on
la descente du Saint-Esprit sur les apôtres et parmi les hommes, est h la fois le complément de la mission de Jésus-Christ sur la terre, et le commencement de celle des apôtres : le complément , car les promesses divines et les prophéties sont réalisées; non-seulement l'Église est fondée , mais elle a encore reçu la plénitude des dons de r£sprit-Saint : le commencement, car c'est en ce jour que les disciples ont reçu d*en l)aut la science et la grâce pour annoncer la doctrine de leur miutre, et être les témoins ou les martyrs de sa divinité.
Ce qui frappe le plus dans la religion chrétienne, c'est l'ordre admirable avec lequel tiout s'y développe et s'enchaîne. Non-seulement la morale sort du dogme, mais les dogmes sortent les uns des autres, et tous émanent du dogme fondamental qui nous a révélé la nature de Dieu, l'ineffable Trinité du Père, du Fils et de l'Esprit.
Or, si telle est Tessence de Dieu, il suit que
pour se faire conDaître aux hommes, autant que leur faiblesse le comporte, il a dû se manifester de trois manières, et de là les trois grandes révélations qui constituent le plan de la religion chrétienne; ou les moyens principaux par lesquels l'humanité a pu être reliée ou réconoiliée avec la
Divinité.
La première a été faite aux patriarches et à Moïse par le ministère des anges. Elle manifeste
le Dieu créateur, le maître, le roi, le juge. Elle a préparé) préfî^niré et annoncé la seconde par la promesse du Messie faite à Adam, à Abraham, aux patriarches, à Moïse, et par les prophéties. Quand les temps sont accomplis, Dieu lui-même vient en personne.sur la terre, le Verbe divin, le Fils de Dieu s'est fait chair et a habité parmi les hommes. La révélation du Jb'ils se iaitpar sa parole, par les merveilles de sa vie et par le sacrifice de sa mort, qui, en expiant les iniquités du genre humain, institue le baptême du sang et de TEsprit. Jean a baptisé dans l'eau, disait le* Christ à ses disciples; mais vous, vous serez baptisés par l'Espritbaint. {Act.^ I, 5.) Mais pour que le Saint-Esprit * vienne sanctifier l'humanité, il faut d'abord qu'elle soit réunie au Père par le Fils, puisque TEsprit- Samt procède des deux, et c'est ce qui s'est opéré par Tascenrion du Fils, qui est retourné vers son Père, comme il l'avait annoncé à ses disciples, leur di-
842 DIMâNCHE DR LA PRNTECOTS.
«ant : En vérité, il vous est avantageux que je m'en
aille; car si je vais à mon Père, je vous enverrai le Paraclet, l Esprit de vérité qui vous enseignent toixtes choses etvMsezpIiquera tonice que jevow ai enseigné (Jean, XIV, 26). Ici est le nœud du mjfit^e. Le Yerbe était descendu da ciel comme Dieu, il y est remonté Dieu-Homme. C'est avec la nature humaine assumée par la nature divine qu'il retourne àsoa Père, et il la lait asseoir avec lui,, en sa personne, à la droite du Père. 0 gloire de rhomme, conséquence heureuse de sa faute ou plutôt de la miséricorde divine! Le voilà élevé plus qu'il n'était déchu, et supérieur k tous las anges. Uni intimement au Père en Jésus-Christ, il participe à la vie, à la sple^ideur, au l>onheur de Tadorâble Trinité ; car par son union avec le Père par le Fils, il est uni à TEsprit-Saint qui procède des deux et est le lien de leur éternel amour.Âlors aussi, comme dit saint Jean (VU, 29), le Saint-Esprit est donné aux Apôtres, parce qile Jésus est glorifié, et suivant les paroles de saint Pierre (Act. U, 33) , c'est Jésus exalté à la droite de Dieu qui a envoyé le Saint-Esprit, dont les effets merveilleux paraissent. Les Apôtres le reçoivent •d'abord, parce qu'ils sont un avec Dieu en Jésus-* Christ^, et unis entre eux de cœur et d ame. Membres principaux du corps dont il est le chef , rÉglise, ils doivent participer,, en tant que mamp
IHMANCHB DE. LA PE^hTEGOTE. 343
bres vivants, à sa vie divine et à la gloire de Thnjnanité régénérée .et divinisée en sa personne. Et conuiie riramanhé en Jésus-Christ reçoit an del . les prémices de l'E'sp rit-Saint, les Apôtres et les disciples assemblés au Cénacle en reçoivent aussi les prémices sur la (erre. Il répand en eux ses donssur tous les hommes qui écouteront leur parole. (Ps. LXYII, 19.) C'est l'eau vivante qui jaillira de leur sein jusqu'à la vie éternelle (Jean, IV, 14).
Ainsi s'est opérée la troisième révélation, préparée par la seconde, comme la seconde Tavait été par la première afin que l'homme pût connaître Dieu dans la plénitude de sa nature, dans Tunité de sa substance et dans la trinité des personnes, Dieu Père, Dieu Fils et Dieu Esprit-Saint.
PKATIÛUE.
Ne laissons point stériles en nous les dons de l'Es* prit-Saint, qui nous ont été transmis par le sacre* ment de confirmation. Ils nous ont rendus capables de tout faire, môme de mourir pour la cause de l'Ëvangile, comme il convient à un soldat de Jébus- Christ. Invoquons doAc avec confiance le Saint-Esprit en toute occasion importante, et soyons prêts à faire sous la conduite de TÉglise tout ce qu'il nous suggérera.
PRIÈRE
0 Dieu, qui avez instruit en ce jour les cœurs de
344 DIMANCHE D£ LA PENTECOTE.
vos fidèles par rillamination da Saint-Esprit, accordez-âous la grâce de connaître et de goûter la jastice dans ce même Esprit , et de nous réjouir de
ses consolations divines. Par Notre-Seigneur Jésus- Christ, etc.
.ACIKS DES ÂPUÏRËS, X, 42-48.
Dieu nous a ordonné de prêcher au peuple et d'attester que Jésus a été établi de Dieu juge des vivants et des morts. Tous les prophètes lui rendent ce témoignage, que tous ceux qui croient en lui reçoivent par son nom la rémission des péchés. Gomme Pierre parlait encore, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. £t les fidèles circoncis, qui • étaient venus avec Pierre, furent stupéfaits de ce que la gr&ce du Saint-Esprit se répandait aussi sur les gentils, car ils les entendaient parler plusieurs langues et gloriGer Dieu. Alors Pierre dit : Peut-on refuser Teau de baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit comme nous? Et il ordonna qu'on les baptisât au nom du Seigneur Jésus-Ghrist
Ge qui est rapporté dans cette épttre^ est tme
consolation pour les personnes pieuses, qui dé-
sirent Tivement la conversion de leurs amis infidèles ou séparés de TEglise, les uns ayant abandonné toute pratique religieuse, parce qu'ils n'ont point de foi ou croient n'en pas aroir, mais dans lesquels cependant il reste encore quelque chose de Tesprit chrétien; les autres appartenant encore à r£glise par leur foi en Jésus-Ghrist, mais n'ayant point de part a ses giaces , ])arce qu'ils ne participent point à ses sacrements. Le centurion Cornêilie, sa famille et ses senriteurs auxquels saint Pierre est envoyé par un avertissement du ciel, bien qu'ils passassent pour être des païens, avaient cependant dés sentimmts depiété, craignant Dieu, le priant et faisant du bien aux pauvres. C'est là sans doute ce qui leur a attiré la grâce extraordinaire qui leur a été faite et les miracles par lesquels elle a opéré, à savoir la vision de saint Pierre, celle du centurion et l'effusion de l'Esprit- Saint. Nous pouvons donc esp&rer une grftce semblable pour ceux que nous aimons, bien qu'ils soient éloignés de Dieu et de son £gli3e, quand an fond il y a dans leur cœur la crainte de Dieu^ jet l'amour de la jusiice qui se manifeste par ime conduite honnête et de bonnes œuvres. Leur irréligion ou leur défaut de religion vient souvent d'une erreur de leur esprit, d'nn écart d'imagination, préjugés de leur éducation, ou de préventions inspirées par de mauvais exemples. Un jour
LUJNJOI m LA PENTfIGOm S47
m l'autre, et ce fiera un des moyens secretB de la miséricorde divine, une parole du ciel entrera dans
leur âme avec sa lumière qui dissipera ces fantômes, avec son feu plus ibrt que l'ardeur des pas* sions chtmelles, et ces bonunes, qui semblent des ennemis de Jésus-Ghrist, ou au moins très-peu disposés à recevoir son Ësprit, en seront péné^ très, illuminés tout d'un coup, comme ces gentila qui reçurent les dons de TEsprit-Saint avant d'avoir étë régénérés par le baptême. G'est'la grim qma été accordée à saint Paul sur le diemin de Drâiaa et qui l'a rendu soudainement Tapotre de Celui qu'Û allait persécuter^ et cet ardent persécutenr est devenu le plus puissant des apôtres. Ce qni nous montre que TEsprit souffle oîi il veut et comme il lui plaît (Jean, UI, 8), et que la grâce divine n'est enchaînée par aucune forme ni par aucun moyen, pas même par les sacrements .qu!elie a établis et qui sont les canaux ordinaires de son effusion et des bénédictions du ciel. Que si malbeureusement ceux dont nous désirons et demandons la conversion, ne sont pas dans ces bonnes dispositions, nous avons la ressource , en priant avec persévérance pour ces chers infidèles, afin d attirer le rayon divin sur leur âme, d'appliquer à leur profit et conmie expiation de lefur incroyance ou de leurs fautes, nos bonnes œuvres, nos mortifications, nos communions fiailjdsàieur intentira, en suppléant à
leur manque de foi par l'ardeur de la aôtre, en nous substituant en une certaine manière & eux comme
victimes de leurs péchés, pour aider k les en délivrer par la grftce de Jésus-Christ, dont Timmolalion Tolontatre a affranchi le genre humain. Nons lisons dans rÊvangile de saint Marc (II, 4), qu'un jour on découvrit le toit d'une maison où se trouvait JésuSy pour loi présenter un paralytique qu'on ne pouvait introduire par la porte obstruée par la foule, «lésus voyant la foi de ceux qui portaient le malade, le guériL Offrons donc aussi nos pauvres malades au Sauveur, pour qu'il les guérisse à cause de notre foi, et cela en toute occasion et par toutes les voies*
£VAiNGILE SELON SALNT JMN, III, 16-21.
Dieu atellement aimé le monde qull a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais ait la vie étmielle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour le juger, mais afin que le monde fût sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est pas jugé. Mais celui qui ne croit pas , l'est déjà , parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu. Or, ce qui fait le jugement, c*e8t que la
lumière est venue dans le monde et que les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière , parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car celui qui fait le mal hait la lumière
et ne va pas à la lumière , de peur que ses œuvres ne soient découvertes. Mais celui qui agit selon la vérité va h la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées , parce qu'elles sont faites en Dieu.
Cette fois Jésus ne parle point en parabole. 11
annonce directement, d'une manière toute spirituelle, le mystère de la régénération, parce qu'il répond aux questions d'un maître en Israël ; et cependant le maître ne le comprend pas, confondant la renaissance spirituelle par l'eau et r£s« prit avec k naissance chamelle. Est-ce qu'un
homme peut renaître quand il est vieux? dit-il. £st-ce qu'il peut rentrer dans le sein de sa mère, pour en sortir de nouveau? Le Docteur d'Israël, malgré sa bonne volonté, a un voile sur le cœur, comme tous les juifs. U ne connaît que ce qui tombe sous les sens, et il interprète charnellement et pour ce monde les promesses de salut données au peuple de Dieu; tandis que le Sauveur lui annonce une autre vie, la vie même de Dieu, à
350 LUNDI D£ lA PENTECOTE..
laquelle les hommes sopt appelés à participer par le baptême* Or^ la chair n'a plus de part à cette génération. Elle est opr'rée par l'Esprit, qui par le moyen de Teau introduit le germe de la vie étemelle dans Tàme humamo , après Tavoir pa«rifiée du péché par la vertu du sanf:^ de Jésns- Gfaristdont elle est imprégz^, et par 1 application de ses mérites. C'est une génération nouvelle, ou une régénération toute spirituelle; donc une renaissance, et l'âme ainsi régénérée devient membre du corps mystique de Jésus-Christ, qui est rÉglise; et elle y puise l'aliment de la vie du ciel par les sacrements, dont le premier lui a transmis cette vie, dont les autres la conservent, raccroissenl, la raniment, et particulièrement celui de la confirmation qui l'unit personnellement à TEspnt-Saint et la remplit de l'abondanee de ses dons. C'est ainsi que Dieu, dans son amour pour le monde, y a envoyé son Fils, non pour le juger, mais pour le sauver (Jean, XII, 4), bien qu'il le jugera plus tard après la fin de la grande épreuve, et quand tous les moyens de sa miséricorde auront été épuisés. Mais alors ce jugement se fera comme de lui-inéme, par la simple comparution des âmes devant Dieu, entre la lumière et les ténèbres. Celles qui ici-]>as ont aimé par-dessus tout Jésus-Christ, qui est la lumière éternelle, iront droit à la lumière qui les accueillera à son
LUlï^DI D£ LA P£NT£GOT£. 351
tooi^etpar leur union spontanée avec la lumière, leurs œuvres, qui ont été faites en Dieu et ponr Dieu, seront manifestées. Mais Tàme qui, n'ayant point cru au Fils de Dieu fait homme, n'a point reçu ni pratiqué la parole, cellé-Ià hait la lumière, parce qu^elle lui a préféré les ténèbres à cause du mal qu elle a fait, et elle s'en détournera en présence de Dieu, de peur qu'elle ne révèle la maKce de ses actions. Le jugement universel, ou la séparation définitive des bons et des méchants, des amis de Dieu et de ses ennemis, le triage du bien et du mal s'opérera donc à la consommation des siècles par le seul aspect de Jésus-Ghrist. La lumière étemelle attirera à elle toutes les lumières du monde, ou les âmes illuminées de sa foi et de son esprit {Éph., V, 8), pendant qu'elle repoussera et précipitera dans les lieia inférieurs les ténèbres de l'humanité (Jean, I, 5), c'est-à-dire tous les hommes qui ont haï la lumière divine, descendue dans le monde pour les sauver, et se sont alliés - de préférence et par le choix de leur volonté libre k la puissance ténébreuse du mal.
PRATIQUB.
Si nous voulons la vérité et la justice avant tout,
nous marcherons droit et au grand jour devant Dieu et devant les hommes. ISous ne cherchons à nous
cacher par la dissimulation ou le mensonge, que quand nos œuvres sont mauvaises, c'est-à dire faites dans notre intérêt propre, au détriment de l'équité, et contre la loi de Dieu.
PRIÈRE
0 Dieu, qui avez donné le Saint-Eprit à vos Apôtres, daignez exaucer les pieuses demandes de votre peuple, afin que vous accordiez la paix du cœur à ceux qui ont déjà reçu la foi. Par Notre-Seigneur
Jésus-Christ, etc.
LE DIMANCHE DE U SàIMë-I&INITÉ.
ËPITRE (aoi Bom., XI, 33-36).
0 profondeur du trésor de la sagesse et de la science de Diea! Que ses jugements sont incompréhensibles et ses voies impénétrables! Car qui a connu les desseins de Dieu? Ou qui est entré dans le secret de ses conseils î Ou qui lui a donné quelque chose le premier, pour en attendre la récompense, puisque tout est de lui^ tout est par lui et tout est en lui. A lui soit la gloire dans tous les siècles. Ainsi soit-il«
A ces paroles de saint Paul nous ajoutons celles de saint Jean au chapitre v de sa I"^ Épitre, qui rendent le témoignage le plus éclatant an mystère de la Sainte-Trinité, dans le ciel et sur la terre ; dans réternelle génération de la divinité, et dans le sacrement de la régénération humaine.
c C'est ce même Jésus-Christ qui est venu avec l'eau et avec le sang, non seulement avec l'eau, mais avec Teau et avec le sang. Ët c'est
r£sprit qui rend témoignage que le Christ est la vérité. Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe , et le Saint-Esprit, cl ces trois sont une même chose. Et il y en a trois qui rendent técaoignage sur la terre : l'esprit, Teau et le sang, et ces trois sont une même chose*. Celui qui croit au Fils de Dieu a en soi-même le témoignage de Dieu. Celui qui ne croit pas au Fils fait Dieu menteur, parce qui! ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et ce témoignage est que Dieu nous a donné la vie éternelle et que c'est en son Fils que se trouve cette vie. Celui qui a le Fils a la vie : celui qui n'a point le Fils n'a point la vie. »
L'homme nait de Dieu, quand il reçoit en lui la vie divine, qui le fait participer par la grâce à la lumière, à la puissance, k Tamour de Dieu. C'est ce qui s'opère dans le baptême par la vertu du sang de Jésus-Christ, et la condition essentielle du baptême pour Thomme adulte est la foi à la rédemption par le sacrifice du Fils de Dieu fait homme pour expier en notre pl^ce et nous sauver. CSélui qui croira en moi et qui sera baptisé, a dit Jésus- Chmt, sera sauvé. C'est pourquoi saint Jea» dit :
Celui qui croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu. On ne peut aimer Bien sans aimer lee »fants de Dieu, c'est-à-dire que Tamour de Dien implique Tamour du prochain. L'amour de Dieu consiste surtout à garder les commandements, suivant la parole du Sauveur (Jean, XV, 14). Si vous m'aimez, vous observerez mes préceptes; v&us serez mes amis, si tous fautes ee que je vous ai commandé, et cela n'èst point pénible à celui qui aime. Or, ce qui est né de Dieu est plus fort que le monde, puisqu'il participe à la puissance divine
par la foi qui TaDit à Dieu en Jt'sus-Christ et lui en rend témoigi^age, non^seulement par l'eau du baptême, mais aussi par le sang divin dont cette eau est imprégnée, et par Pesprit qui transmet la vie divine, suivant la parole de Jésus-Christ : si vous ne renaissez de Teau et de Fesprit, vous n'aurez point la vie en vous (Jean, III, 6). En sorte que la vie de Dien se manifeste sur la terre dans l'humanité régénérée par trois choses qui lui rendcnt témoignage, Tesprit, Teau et le sang, el ces trois choses n'en sont qu'une dans leur essence, bien que diverses par leur forme, comme le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, ou les trois personnes par lesquelles se déploie la vie de Dieu au ciel, distinctes par leurs propriétés, sont une par leur substance et identiques par leur divinité. Nous ne connaissons ces mystèrea que {mu: la parole diviue
qui les a révélés, et cette révélation est le témoignage de Dieu lui-même touchant ce qu'il est dans sa nature j et sur rincamation du Verbe et sur la descente du Saint-Esprit dans Thumanité : témoignage qui n'a de valeur et d'efiicacité pour nous que par notre foi, laquelle nous atteste que Dieu nous a donné la vie éternelle en nous donnant son Fils, et que celui qui possède le Fils par sa foi, a la vie en lui. C'est pourquoi celui qui ne crmt pas au Fils de Dieu déclare Dieu menteur, puisqu'il n'admet pas le témoignage qu'il a rendu de son Fils.
ÉVANGILE SËLON SAINT MATTHIEU, XXYUI, 18-20.
Jésus s'approchant de ses disciples leur dit : Toute piiissance m'a élé donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations , les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai recommandées. £t voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation du siècle.
Après la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, les promesses du Sauveur sont accomplies et
DIMANCHE DE lA SAINTE-TRINITÉ. 357
rÉglise est fondée. Dieu s'est fait connaître aux hommes comme Père, comme F'ûs, comme Esprit- Sainty et par là les hommes ont reçu le gage du vrai bonheur, le plus grand de tous les biens, puisque la vie éternelle^ suivant la parole de Jésus- Christ, est de connaître Dieu et celui qu'il a envoyé (Jean, XVH, 3). C'est pourquoi l'Église célèbire la féte de la Sainte-Trinité après Taccomplissement de tous les mystères qui se rapportent au Fils et à TEsprit-Saint. Le but de cette solennité est d'élever notre âme vers 1 adorable Trinité^ et de renouveler notre foi au premier de tous les mystères par la profession publique de ce que nous croyons.
La Sainte-Trinité est le dogme fondamental du
christianisme; tous les autres dogmes en sortent et y aboutissent. C'est pourquoi TÉglise renseigne avant tous les antres. Elle n'opère qu'au nom de la Trinité sainte, qu'elle invoque à la fin de toutes ses prières. C'est au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit qu'elle baptise , instruit, bénit; ab sont, guérit, nourrit, confirme, marie, consacre, ordonne, soulage ou délivre au lit de la mort. C'est qu'en effet il n'y a rien au-dessus de l'ineffable Trinité, qui est le mystère de Dieu lui-même dans sou étemelle génération, où le Père et le Fils sont un; suivant les paroles de Jésus-Christ, mon Père est en moi et je suis dans mon Père.... Tout ce
qui est à mon Père est à moi.,., qui rae voit, voit le Père*... qu'ils soient im, comme vous el moi et moi sommes un.... et da rapport du Père et da Fils procède TEsprit-Saint, qui est le lien de leur éternel amour, un en substance avec le Père et le Fils, bien cpie distinct des deux par les propriétés de la personne. Donc en Dieu il y a une trinité de personnes dans l'unité de substance^ d'essence et da nature. S y a un seul Dieu en trois personnes, ou comme dit saint Paul (1 Cor., VIII, 8) : Il y afDieu le Père, ex quo sunt omnia^ le principe de toutes dioses, Celui qui est l'abime de l'Être, le feu dévorant, le fort, l'immuable ; Dieu le Fils, per qucm sunt omnia. Dieu se manifestant à lui-même par la génération de celui qui est sa parfaite image, qui est le caractère de sa splendeur, non fait, non créé, mais engendré de toute éternité , le Verbe de Dieu, qui était dans le principe, la parole, le Lo(juSy la lumière étemelle, par laquelle se manifeste le feu dévorant, lumière de lumière, Dieu de Dieu, splendeur de la gloire du Père, par qui tout a été fait, car il est Tintelligence et le Verbe du Père, qui supporte tout par la parole de sa vertu; Dieu EspritrSahit , in quo sunt amnia, procédant du Père el du Fils, qui est le produit de leur connaissance et de leur amour, et ainsi comprend toutes choses danason infinité comme dans le itoin de Dieu.
DIHANGflE B£ LA SAINTE-TRINITÉ. 359
La Trinité, consiitotion éternelle de'la divinité,
est aussi, et par cela même, la loi constitutive de toute créature, la loi de la vie, de la vie intellec- . tuelle par la conscienoe qui pose une trinité dans Tunité de la pensée humaine , le sujet pensant, Tobjet pensé et le rapport de l'un k raulre, ou plus à fond la volonté ou la puissance se manifes-. tant à elle-même par Tintelligence et par Tamour ; de la vie physique par le va-el-vient du procédé vital, qui constitue ce qu*nn grand physiologiste appelait le trépied de Vorganisme ; enfin de toute forme, de tout produit naturel ou humain; car il faut trois lignes pour déterminer une figure, trois dimrasions pour composer un corps, trois sons pour un accord, trois termes pour une proposition, trois propositions pour un raisonnement.
Ôn peut donc dire que le dogme fondamental ' du christianisme est aussi la loi universelle de la création, et cela doit étre^ puisque Dieu ayant fait l'homme h son image et imprimé ses vestiges dans Tunivers, la loi primordiale de la génération divine et de réternelle vie doit se retrouver dans toutes les sphères, une et la même en toutes dans ce qu*elle a d'essentiel et autant que le fini peut ressembler à l'infini, et cependant autre et diverse en chacune en raison de son degré dans l'échelle des êtres et des conditions de son existence. C'est pourquoi comme la vie naturelle, dont la création
est le point^de départ, s'exerce et se transmet par
la puissance du Créateur toujours appliquée à ses œavres, qu'il recrée sans cesse en les conservant, et ainsi par la yertn nne et triple du Dieu en trois personnes; du Père duquel toutes choses sont, du Fils par qui elles sont, de l'Esprit saint en qui elles sont, ainsi dans le reîioavellementda monde opéré parle Verbe incarné, parle Dieu fait homme, qui est venu apporter sur la terre la vie même de Dieu et communiquer aux ftmes cette vie surnaturelle, tout aussi dans cette transmission de la vie du cîel, dans cette régénération pour l'éternité, doit se faire an nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C'est pourquoi les Apôtres sont envoyés en ce nom sacré, pour révéler à tous les peuples le mystère de la nature divine, leur en donner nne connaissance infaillible; et s'ils reçoivent la parole de vérité avec foi, les régénérer par le baptême qui les fera enfants de Dieu, et les conduira dans les voies du salut avec la grâce du divin maître, et en leur apprenant à observer tous les commandements qu'il leur a laissés.
PRATIQUE
Conservons pure en notre âme la vie divine qu'elle a reçue au baptême par notre foi et notre bonne volonté, afin que nous reproduisions brillante et fidèle en nous l'ima-c divine de lui-môme qui y a été im-
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primée par le Créateur, Vimage do Père par la puissance de la Tolonté, Timage du Fils par la clarté de
Tintelligence , l'image du Saiiit-£s^iit par l'ardeur de l'amour.
PRliRE*
Dieu tout-puissant et éternel, qui avez fait à vos serviteurs la grâce de reconnaître dans la confession de la vraie foi la gloire de l'éternelle Trloitô des personnes divines, etdTadorer dans la puissance de votre majesté l'unité de nature, faites que par la fermeté de cette même foi nous soyons fortifiés contre toutes les adversités , par notre Seigneur Jésus-Christ , etc.
U FÉIË DU im-SAINI SACREMENT.
£PITR£ (1 aux Cor., XI, 23-29}.
C'est du Seigneur même que j'ai appris ce qae je vous ai enseigné, savoir que le Seigneur Jésus, la nuit même où il devait être livré, prit du pain, et ayant rendu grâces, le rompit et dit: Prenez et mangez, ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi. 11 prit de même le calice après avoir soupé, en disant : Ce calice est le calice de la nouvelle alliance en mon sang : toutes les fois que vous le boiri'Z, faites ceci ea mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice , vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. C'est pourquoi quiconque mangera ce pain et boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang du Seigneur. Que Thomme donc s'éprouve lui-même, et qu'après cela il mange de ce pain et boive de ce calice. Car celui qui en mange et en boit indignement