DU TRÈS- SAINT SACREMENT
hommes; et ensuite, parce que recevant le Seigneur au milieu de son péché , il le crucifie pour ainsi dire de nouveau par Teffasiou sacrilège de son sang, qui retombera sur sa tête comme sur celle des juifs déicides. Or, tout cela arriverait-il, et TApôtre nous en présenterait-il un tableau aussi terrible, si la Cène n'était qu'une pure cérémonie de commémoraison, pour rappeler aux chrétiens k vie et la mort de leur maître? Pourquoi le Seigneur eût-il fait intervenir son corps et son sang dans le pain et le vin, qu'il aurait partagés à ses disciples? N'aurait-il pas dû dire plus simplement et sans équivoque : Toutes les fois que vous mangerez et boirez en commun, faites-le en mémoire de moi et pensez à ma mort. Que si, au contraire, nous ne saurions nous préparer avec assez de sollicitude à la sainte communion; si, avant de nous ' présenter au banquet sacré, nous devons purifier notre âme par la confession qui désavoue le mal commis, et par la vertu du sacrement de pénitence qui nous délivre du péché , c'est que nous avons à recevoir le maître du ciel et de la terre. Dieu lui-même en la personne adorable du Verbe incarné, du Fila de Dieu fait homme ; c'est que nous devons manger sa chair et boire son sang, immolée et versé sur la croix pour nous racheter, et non pas seulement occuper notre esprit de son image, de son souvenir et de sa pensée.
LA FÉTB
£TANGIL£ SELON SALNT J£ÂPi, VI, 36-^9.
Jésus dit aux juifs : Ma chair est véritaUe-'
ment une nourriture, et mon sang est vérita*
blement un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Comme mon Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que je vis par mon Père, de même celui qui me mange, vivra aussi par moi. Ici est le pain qui est descendu do dM. Il o'enest pas de ce pain comme de la manne que vos pères ont mangée, et ils sont morts. Celui, qui mange ce pain vivra éternellement.
Celui qui mange mat diair et boit mon sang demeure en moi et moi en luî. Celui qui me mange vit par moi, comme je vis par mon Père qui m'a envoyé. — . Ces paroles sont mies à la lettre, puisque la fin de la nourriture et ce qui en fait Tefficacité est l'assimilation à celui qui mange de la chose mangée : ce qui le répare, le fortifie et le transforme. C'est pourquoi la consommation du mystère eucharistique, qui nous donne le pain descendu du del, est de nous communiquer la vie divine qui est dans ce pain, et ce pain au-dessus de toute substance, qui est la nourriture par excel*
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lence, c'est Xésas-Ghristy ou le Verbe Mt chair. Ego
sum partis vhms, guide cœlo descendi (Jean, VI, 41): je suis le pain vivant descendu du ciel, et si vous ne mngez ee pain, si tous ne me mangez, vous n'aurez point la vie en vous. Or, en recevant J/sus- Ghrist en nous par la communion, nous le recevons avec tcms les éléments de sa personne adorable, avec rhumanité et la divinité dont Tiinion le constitue, en sorte que toutes les parties de notre être sCHrt pénétrées par icm les éléments de la via de momme-Dieu, notre chair par sa chair, notre sang par son sang, notre esprit par son esprit, notre ftme par son âme, et enfin notre humanité par sa divinité.
Celui qui mange ma chair demeure en moi, — DcHic, la chair de Jésns-Ghrist se mêle à la nôtre dans la sainte communion, et il Ini en reste quelque chose, comme toujours dans l'assimilation de la nourriture. Donc, celui qui se nourrit souvent du corps du Sauveur participe en une certaine manière à la pureté, k la spiritualité, à l'incorruption de ee corps. H est transformé insensiblement par cet aliment divin, qui dépose en lui les germes de sa résurrection future et de son immortalité* Déjà en ee m^nde ce corps est moins matériel et devient plus beau, non d'une beauté sensible, mais d'un éclat spirituel qui le transfigure.
Gelai qm boit mon sang demeure en moi, car
LA FÉTË
mon sang est le véritable breuvage. En effet, la vie est dans le sang, et le saug de Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble, porte en lui la vie divine et la vie humaine indissolublement unies, n verse donc cette double vie dans notre sang, lequel est chargé de tous les ferments transmis dans la génération par nos parents , principes secrets de nos passions et de nos maladies. Le sang divin de Jésus-Gbrist infuse sa vertu purifiante dans la masse de ce sang plus ou moins impur; il en calme rardeur, en neutralise les venins accumulés, en précipite les parties malsaines. Il y répand la grâce, source intarissable de la pureté, de la chasteté. C'est le vin dont parle le prophète, qui fait germer les vierges (Zach., IX, 27) et qui donne au prêtre, au religieux, à la femme consacrée au Seigneur, la force de résister aux entraînements de la nature pour ne s'unir qu'au céleste époux.
Celui qui communie reçoit Tesprit de Jésus* Christ avec son corps et son sang, et par conséquent l'Esprit-Saint pénètre son esprit de la lumière du ciel. De là rillumination de la foi, qui nous éclaire assez pour nous faire connaître ce que nous ne comprenons pas, ce qui la mélange toujours de ténèbres; et à un degré supérieur, celle de laconlemplation des vérités élernelles, accordée déjà en ce monde à quelques intelligences d'élite dont Dieu veut faire les hérauts de sa parole