‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 80 sur 161 · VAI>(G£LE SELON SAINT LUC, XVUI · texte numérisé non relu

VAI>(G£LE SELON SAINT LUC, XVUI

Jésus dit cette parabole pour quelques-uns qui se regardaient comme des justes et méprisaient les autres ; Deux homnes montèrent au ' temple pour prier : l'un était pharisien et Tautre publkain. Le pharisien, se tenant debout, priait tmisi efi lui-même : Mon Dieu, je vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste

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des hommes, qui sont voleurs, injustes, adul-* tères, ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dlme de tout ce que je possède. Le publicain, au contraire, se tenant bien loin, n'osait pas même lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant : Mon Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur. Je vous déclare que celui-ci retourna chez lui justifié et non pas l'autre ; car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé.

Le tableau vivant, que présente cette parabole, fait ressortir lexcellence de rhumilité mise en face de l'orgueil qui corrompt les vertus les plus estimables, tandis que la première relève le pécheur de son abaissement et le réconcilie avec Dieu. L'orgueil en effet a perdu l'homme en le mettant en révolte contre son créateur, et c'est pourquoi il ne peut rentrer dans Tordre et réparer les tristes conséquences de sa chute qu'en s'abaissant volontairement, ou en s'humiliant devant Dieu. Or, c'est ce que ne fait point ici le pharisien. Tout au contraire, il est fier de sa po- , sition, et il a confiance en ses mérites. Les pharisiens étaient très-honorés en Israël à cause de

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leur exactitude à remplir les prescriptions de la loi, qu'ils observaient^ il est vrai, plus à la lettre que selon Tesprit. Celui-ci était persuadé que l'estime des hommes devait lui gagner la faveur de Dieu, et aussi il se présente devant Tautel , avec assurance], le téte haute, non pour lui demander son secours et ses grâces ni le don de la persévérance dans la justice, dont il ne croît pas avoir besoin, mais seulement pour le remercier de n'être point comme les autres hommes adonnt^s au péché, ni surtout comme ce misérable pubiicain ici présent, objet du mépris public à cause de ses fonctions et des iniquités qu*elles supposent. Cet homme, plein de lui-même, ne songe pas même à demander ce qui pourrait lui manquer, et il ne rend grâces au ciel (jue pour avoir occasion de se louer et de s'élever en lui-même, en même temps qu'if déprécie les autres, et en particulier ce pauvre homme, qui est venu comme lui prier au temple et qu'il ne connaît point. Il énumère avec complaisance devaût Dieu tout ce qu'il fait pour son service, les jeûnes, les aumuiius, les dîmes de toutes sortes, et il a Tair de lui dire : Âprès tout cela vous n'avez rien à me refuser; car je ne

manque à rien de ce que votre loi prescrit, et ainsi j'ai droit à la récompense. Or, c'est justement pour cela qu'il n'y a aucun droit; car attribuant à son propre mérite le peu de bien qu'il

bit, il le fait surtout pour acquérir TestimiB Àeé

hommes, et ainsi content de lui-même et jouissaui dd cette estime^ il a véritablement la récompense qu'il ambitioune/Son orgueil se paye loi* même par la satisfaction personnelle qu'il ressent, les louanges qa il se décerne , et le joaipris qu'il a pour les autres.

ATorgueilleux pharisien Jésus oppose Thumble publicain. Celui-là ne jouit pas de TesUme du monde; il en est au contraire méprisé, hooni, re« poussé. Il a le sentiment de son indignité devant Dieu et les hommes. C'est pourquoi il n'ose point approcher de Tautel; il se tient bien loin, au bas du temple, les yeux fixés à terre et se frappant la poitrine avec force, comme pour se punir de ses fautes, et accuser plus énergiquement ses péchés. Au lieu de se louer en face de Dieu, en lui rendant grâces de ce qu'il vaut mieux que les autres, il s'écrie au contraire du plus profond de son cœur : < Mon Dieu, ayez pitié de moi qui suis uu pécheur! » C'est un cœur contrit et humilié que * Dieu ne méprisera pas. (Ps. L, 19.) C'est Madeleine aux pieds de Jésus , qu'elle arrose de ses larmes et essuie de ses cheveux, sous les yeux de Simon le pharisien qui en prend du scandale. C'est la femme adultère, qui attend son sort de la miséricorde du Sauveur. C'est l'en&nt prodigue ramené par le malheur et le repentir aux genoux de

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mo. père^ qui lui ouvre ses Jbras., C'est le bon

larron, qui proclame au milieu des tortures de la croix, et en face de tout le peuple» riimocence ei la divinité de Jésus cruciiié» confèssant en mèma temps sa propre indignité et invoquant la pitié du JB'ils de JUieu. Ce sont tous les publiraias, tous les pécheurs, tous les gens de mauvaise vie, dont le médecin céleste, qui est venu pour les malades, se laissait entourer, et avec lesquels les justes en Israël lui reprochaient de converser et même de manger. C'est en un mot Pâme humaine, que Torgueil avait pervertie et rendue ennemie de Dieu; mais qm, touchée de la grâce et régénérée par l'humilité chrétienne, acquérant la conscience de sa misère et de sa faiblesse, reconnaît qu'elle doit tout à Dieu, qu'elle ne peut rien que par lui, et que sans sa miséricorde et sa grâce, tous ses mérites propres, toutes ses vertus personnelles, tous les efforts de sa volonté ne peuvent la sauver.

n y a aussi des pharisiens dans l'Église, qui mettent leur piété dans la multiplicité et l'exactitude des pratiq^ues extérieures, nettoyant les dehors du vase, dit PEvangile, et laissant l'impureté dans l'intérieur et au fond. (Matth. XXUI, 25.) Or la plus grande des impuretés, celle qui souille le plus le cœur de Thomme et le rend plus désagréable à Dieu, c'est la confiance en soi-même, lattache à sa justice propre qui l'exalte à ses yeux et lui inspire

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