ÉVANGILE SELON SALNT LUC, XVII, 1M
Jésus, allant à Jérusalem, traversait laSama-
rie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, il rencontra éix lépreux qui s'arrêtèrent li^io de lui et s*écrièrent : Jésus, notre maître, ayez pitié de nous. Dès qu'il les aperçut, il leur dit : Allez, naontrez-vous aux prêtres. £t pendant qu'ils y allaient, ils se trouvèrent guéris. Mais l'un d'eux, aussitôt qu'il se vit guéri, retourna sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix, et il se prosterna aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Or celui-là était un Samaritain. Jésus dit alors : Tous les dix n'ont-ils pas été guéris! Où sont donc les neuf autres? 11 n'y a que cet étranger qui soit revenu pour rendre gloire à Dieu. Et s'adressant au Samaritaia : Levez-vous, lui dit-il; allez, votre foi vous a sauvé.
Cet évangile nous offre un nouvel eiemple de
refficacité de la foi pour exciter la puissance divine
m laveur dâs nusères luunaines^ et attirer sur ces
qui souffreBi la vertu d'en haut, qui peut seule les guérir. Ces pauvres lépreux , repoussés de tous à cause de leur hideuse infirmité, attendent Jésus au passage, et dès qu'ils rapercoivent, ils crient vers lui dans Péloignement où ils sont obligés de se tenir et implorent sou secours. Us croient donc qu'il a le pouvoir de les guérir, même par sa parole seulement, et ils cherchent à exciter sa compassion. C'est pourquoi le Sauveur demandait à ceux qui s* offraient à lui pour être guéris : Croyezvous que je puisse vous guérir? Pouvez-vous croire? Que voulez- vous que je vous fasse? Tournonsnous donc vers lui avec une foi entière daxu toutes les douleurs de Tâme et du corps ; crions vers lui de toutes nos forces, et d'une manière ou de l'autre nous éprouverons les effets de sa miséricorde et de sa puissance. H faut remarquer en outre qu'ils sont dix à l'implorer, et que la force de leur foi s'augmente par la réunion de leurs prières. Jésus a dit : Quand deux ou plusieurs sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux ; tout ce qu'ils demanderont en mon nom sera accordé par mon Père. De là Tutilité de la prière publique, nonseulement parce qu'elle produit Tédification de ceux qui y prennent part, mais encore parce que le concours des volontés et des sentiments lui donne une immense force 4*attraction , comme aussi elle multiplie les hommages rendus à Dieu
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et renforce Texpressioxi de la reconnaissance et de
la louange.
Jésus dit aux lépreux d*aller se présenter aux
prêtres. C'était leur annoncer qu'ils étaient guérLs, puisqu'il appartenait aux prêtres de Tancieune loi de constater la guérison de la lèpre, et eux seuls pouvaient permettre aux lépreux guéris de rentrer dans le commerce de la société. Or, la lèpre figure ici le péché, qui est véritablement la lèpre de l'ame, et que, d'après le pouvoir conféré , par Jésus-Christ à ses apôtres et à son Église, les prêtres seuls peuvent guérir; car il leur a été dit : Ce que vous délierez sur la terre sera délie dans le ciel, et ce que vous lierez ici-bas sera lié dans rétemité. (Matth., XV, 19.) Les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez et retenus à ceux auxquels vous les retiendrez. (Lue, XX, 23.) Les pouvoirs des ministres de la nouvelle lof sont donc bien supérieurs à ceux des prêtres de rancienne, puisque les seconds constataient seulement la guérison , et que les premiers sont chargés de l'opérer. C'est pourquoi il n'y a de salut que dans l'Église et par elle.
Cependant un des lépreux, et c'était un étranger, un Samaritain, poussé par la reconnaissance, vient se jeter aux pieds du Sauveur pour ladorer, avant d'avoir été trouver le prêtre. Dès (lu'il s'est senti guéri, il a éprouvé le besoin de remercier
462 TREIZIÈME DIMAlffCHB
son bianliuteiir. Ainsi il peut arriver aussi sous U
loi nouvelle, que rexti euie douleur de la pénitence, la vivacité de la contritioa, Tardeur de la foi et de la charité méritent et attirent le pardon de Dieu, avant que le prêtre Tait prononcé. Il n'est pas absoluiUÊnt nécessaire de se confesser formellemrat pour obtenir la rémissicm de ses pédiés, et le désir véhément du baptême peut opérer la purification d'une âme , et la régénérer par ÏM&^ prit-Saint qu'il y attire* C'est ce qui est indiqué ici par le retour prématuré vers Notre-Seigneur du lépreux reconnaissant.
Cependant dix ont été guéris, et un seul vient rendre grâces ! Où sont donc les neuf autres? Les neuf autres sont tout à la Joie d'avoir recouvré la santé, et le bonheur qu'ils éprouvent d'être délivrés de cette terrible maladie, qui les séparait du monde, l'emporte dans leur cœur sur la gratitude due à celui qui les a guéris. C'est ce qui nous arrive le plus ordinairement dans nos peines de râme, de Tesprit, ou du corps « Tant que nous soumies dans le feu de la souffrance, nous crions misère, et toute notre existence est tendue par la désir d'être soulagé ou délivré vers Celui donluous
implorons rassistance. Une fois guciis, ou au moins le mal diminué| la joie de la sauté recouvrée ou de la douleur suspendue nous ramène à
nous-mêmes, et d^ la préoccupation exclusive
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notre bien-être, nous oublions aisément la souffrance passée et Celui qui nous en a affranchis. Heureux encore quand les hommes ne font qu'oublier ou négliger celui qui leur a (ait du bien, et que leur orgueil ne les tourne point contre lui pour se dispenser de la reconnaissance. Dans le cas présent, un seul sur dix est Tenu avant tout rendre gloire à Dieu, pensant à remercier le bienfaiteur avant de jouir, du bienfait. C'est le dixième de ceux qui ont reçu la même grâce , et nous ne croyons pas que la proportion soit autre encore aujourd'hui. La gratitude, qui semble si naturelle, si conforme à la justice, est cependant chose rare parmi les hommes, auxquels le péché d origine, principe de leur orgueil natif, a inoculé Tinp^tude. Aussi le bon lépreux, qui était un étranger, ce qui montre que la grâce divine fructihe souvent plus dans les pécheurs ou en ceux qui paraissent le plus éloignés de l'Église, le bon lépreux, dis-je, pour prix de l'hommage de sa reconnaissance, reçoit un double salut : d'abord la santé de son corps, comme les autres, envertu de la première parole de Jésus-Ghrist adressée à tousj puis le salut de son âme, par une seconde parole à lui seul adressée, récompense du nouvel acte de foi qui le laïuèna aux pieds du Sauveur,
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PRATIQUE
Après avoir invoqué Dieu vivement dans la peine et dans le malheur, criant vers lui de toutes nos forces pour être délivrés du mal, ne Toublions pas quand nous avons été exaucés, et que le sentiment dé la reconnaissance nous pousse aussitôt à ses pieds. L'ingratitude est ce qui l'offense le plus.-
Dieu tout-puissant et étemel, augmentez en nous
la foi, rcspérance cl la charité, et afin que nous méritions d'obtenir les Liens que vous nous avez promis, faites-nous aimer tout ce que vous nous ordonnez, par Notre-Seigneur, etc.
LS
quatûrzimë; DIMAN(M âphus u peniegoïë.
SpitRë (aur Galates, V,
Mes frères, je vous le dis, conduisez-vous selon l'esprit, et vous ne suivrez pas les désirs de la chair; car la chair a des désirs contraires à Tesprit, et lesprit en a de contraires à la chair, et ils sont opposés Tun à Tautre, en sorte que vous ne faites pas toujours ce que vous voudriez. Que si vous êtes- conduits par l'esprit, vous n'êtes point sous la loi. Or, il est facile de connaître les œuvres de la chair, qui sont la fornication, l'impureté, l'impudicité, la luxure,
l'idolâtrie, les empoisonnements, les inimitiés, les contestations, les jalousies, les colères, les querelles, les dissensions, les sectes, l'envie, les meurtres, l'ivrognerie, les débauches et autres choses semblables'; et je vous déclare, comme je vous l'ai déjà dit, que ceux qui les commettent ne posséderont point le royaume de
Dieu. Mais les^fruits de Tesprît sont la charité^ la joie, la paix, la patience, la clémence, la bonté, la longanimité, la douceur^ la loi, la mo« destie, la continence, la chasteté. Il n'y a point de loi contre ceux qui vivent de la sorte. Or ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec aos vices et ses concupiscences.
L'épilre et l'évangile de ce jour s'accordent à nous montrer que les désirs de Tesprît sont ior
conciliables avec ceui: Je la cliair, ou qu'un no peut servir deux mailres à la fois. (Matth, VI, 24.) Cette malheureuse scission entre Tàmeetle corps, et leur opposition instinctive dans l'état présent de notre existence proviennent du péché d'origine, qui « înlerverti leur rapport eû âdsant prédominer la concupiscence charnelle sur la tendance sublime de l'âme vers le ciel. Dans Tordre normal de la création le corps était soumis à l'âme c(mmie un serviteur obéissant, nn instrument docile. Mais quand l'âme, cédant à la tentation du prince du mensonge, s'est révoltée contre la loi divine, le corps à son tour s'est mis en révolte contre elle, et depuis ce temps, il cherche à l'entraîner et à la subjuguer par sa concupiscence. C'est jusiemmt ce désordre que l'esprit de Dieu, infus dans Tàme
par le haptéme et les autres sacrements ^ tend à
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redresser^ afin de rétablir Tempire légitime de rhomme sur son corps et sur la matière par la
grâce de Jésus- Christ. De Ik la dignité et la puissance du chrétien, et ce que TApôtre appelle la liberté des enfants de Dieu par Taffranchissement du joug de la chair et de ses œuvres* (Rom., Vm, 21.)
Toutefois, et il faut y penser sérieusement, nous ne deviendi^oiis vraiment chrétiens que si nous suivons dans notre conduite de tous les jours Tesprit de Jésus-Christ reçu au baptême, et que ' l'Église s efforce de renouveler et d'augmenter en nous par tous les moyens de Tinstruction et du culte. Et cet esprit nous pousse sans cesse à combattre les désii's déréglés de la chair, alin de ramener rhomme terrestre par la mortification à la subordination qu'il doit à lame, comme Tàme doit obéir à la loi divine. Ge qui constitue pour chaque chrétien une sorte de crucifiement, par lequel il participe suivant ses forces à la passion du Sauveur, dont le corps n'a subi tant de dou« leurs et les angoisses de la plus horrible mort que pour expier nos fautes en notre place et laver nos iniquités dans son sang.
Si donc nous nous laissons aller à la concupiscence charnelle d'une manière quelconque, accomplissant l'une des œuvres de la chair énumerées par TApdtre, non pas seulement les plus gros*-
sîères, comme radoltère, la fornication, l'ivrogne*
« rie, la débauche et tout ce qui ressort de la sensualité^ mais même les plus délicates, les plus subtiles, et celles que l'Apôtre appelle ailleurs 5p{ritvalia nequitiœ (Ephés., M, 12), comme par exemple leuvie, la jalousie , le ressentiment , .la vengeance, etc. ; quand nous suivrions l'esprit de Dieu en tout le reste, que nous aurions de la foi, de la piété, le goût des choses divines, la persévérance dans la prière, et que nous ferions d'abondantes aniLÔnes, dominas en un seul point par la chair et esclaves de sa concupiscence au moins par ce Ken qui suffit à nous captiver, nous dépendons à la fois de deux maîti es, que nous tâchons de servir ensemble; et ainsi, n'étant vraiment ni à l'un ni à l'autre, nous les mécontentons tous les deux. C'est ce qui arrive k plusieurs personnes de piété, ou qui croient en avoir, et qui vivent dans le monde et de la vie du monde. Elles mêlent dans leur conduite la vie chrétienne à la vie mondaine, et prétendent accommoder les exigences de Tune et de Tantre, donnant ordinairement une partie de la matinée à Jésus-Ghrist et à son Église, et le reste de la journée aux instincts et aux délicatesses du corps, aux entraînements de resprit du monde qui s'expriment et se satisfont par le luxe, les amosenients et les fêtes de la société, où tout est employé à exciter la concupiscence des sens, celle
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des jeuX| et l'orgueil de la vie. Or, le salut de ces personnes est d'autant plus exposé, que la plupart
du teraps elles se croient en rè^'le auprès de Dieu à cause des pieux exercices qu'elles suivent, des œuvres charitables auxquelles elles prennent part, ne voyant pas qu elles n'y participent que par la forme, selon la lettre, sans en recevoir Tesprit, qui seul communique la vie de la grâce et opère Fa-* nion avec Jésus-Ghrist.
ÉVANGILE S£LO^ SALNT MATTHIBU, VI, 24-33.
Jésus dit à ses disciples ; Personne ne peut
servir deux maîtres; car, ou il haïra l'un et aimera Vautre, ou sMl respecte Tun, il méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent. C'est pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez point de ce que vous mangerez ni comment vous couvrirez votre corps. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture^ et le corps plus que le vêtement? Considérez les oiseaux du ciel : ils ne sèment point, ils ne moissonnent point» et ils n'amassent rien dans les greniers j mais votre Père céleste les nourrit. N'étes-vous pas beau* coup plus qu'eux? Qui d'entre vous avec toute sa pensée peut ajouter à sa taille une coudée?
Kt le yétement, pourquoi vous en inquiétezvous? Voyez les lis des champs, comme ils croissent! Us ne travaillent point, ils ne filent point, et cependant je vous déclare que Salomon lui-même dans toute sa gloire n'a jamais été vôtu comme Tun d'eux. Si donc Dieu vêtit ainsi une herbe des champs qui existe aujourd'hui et qu'on jettera demain au four, comment n'aurait-il pas soin de vous, hommes de peu de foi! Ne vous inquiétez donc point en disant : Que mangerons-nous? ou que boirons-nous? ou de quoi nous couvrirons-nous? Ge sont les païens qui se préoccupent surtout de ces ctioses ; mais pour vous, votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez donc d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroit.
En général les hommes, même ceux qui ont
de la piété, ont une préoccupaiioA excessive pour tout ce qui tient à la vie du corps, aux moyens de
la conserver et de la rendre plus longue et plus agréable. La plupart consument leur vie entière à se procurer les ressources pour vivre en ce monde,
sans s'inquiéter de la fin dernière de celte exis-
APRÈS LA PENTECOTE.
teDce, et oh elle doit les mener par la mort. Les
soucis de la vie matérielle leur font oublier les soins de la vie spirituelle. Combien dliommes, en effet, dans cette grande ville où s'agitent tant de passions et d'intérêts, où Ton cherche la fortune ou le plaisir de tant de manières et par tant de voies, toutes estimées bonnes si elles réussissent, passent les jours^ les années, la vie entière sans penser qu'ils ont nne âme dont iis devront rendre compte II Dieu au sortir de cette terre, à laquelle ils laisseront cependant malgré eux tout ce qu'ils 7 ont acquis avec tant de peines et de risques. H n'est donc pas digne d'un chrétien de se laisser absorber par les soins du manger, du boire, du vêtement, du logement, en un mot, de ce qui ne regarde que le corps; car le chrétien a reçu au baptême une antre vie, une vie surnaturelle, qu'il doit, avec l'aide de Dieu, s'efforcer de développer et de perfectionner en lui, afin d'en trouver un jour le complément dans le sein et dans la gloire de Dieu^ qui a daigné l'y initier par la grftce. C'est pourquoi Notre-Seigneur affirme que ce sont les païens qui se conduisent de la sorte.
Toutefois, cela ne veut pas dire que le chrétien lui-même ne doive pas travailler pour se procurer ce qui est nécessaire an soutien de son existence. Seulement il doit le fttire avec modération , sans * inquiétude exagérée ni surtout exclusive, n y met-
4dB QUATORZIÈMS DIMANCHE
tant point Tarder principale de son âme, ni soA plus vif et son premier désir. Ge qu'il doit demander avant tout, en sa qualité d'être intelligent et libre, c'est la vérité pour son esprit et la justice pour sa volonté, fût-il même un païen, puisque les besoins de l'âme doivent passer avant ceux du corps. Mais celui qui a le bonheur d'être chrétien, c'est-à-dire initié à la vie même de Dieu et participant aux dons de son Esprit, doit chercher pardessus tout le royaume du ciel et sa justice, c'està-dire raccomplissement de la volonté divine sur la terre ; et alors le reste lui sera donné par sur- * croit. Alors, en effet, la parole de cet évangile se réalisera en lui. L'oiseau que Dieu nourrit si généreusement, la fleur des champs qu'il vêtit avec tant de splendeur , font ce qu'ils doivent faire dans le monde , eonfoi mument à la destination que le Créateur leur a donnée. Ils accomplissent sans le savoir la loi qxd leur a été imposée, et c'est pourquoi la Providence pourvoit a tous leurs Lesoins.
Aux petits des oiseaux il donne la pâture £t sa bonté s'étend sur toute la nature.
C'est pourquoi, si, comme eux, nous observons notre loi en faisant aussi tout ce qui se rapporte à • notre destination, comme eux aussi nous serons dans Tordre de notre existence, et nous pourrons
APRÈS LA PfiNT£GOT£. 403 .
compter sur la même soUieilude de sa Pio?idraoe« Or, puisque Diea nous a donné de plus qn*à enx
la raison et la volonté^ et que par ces nobles facultés il nous a remis le soin de soutenir et de diriger notre vie , nous devons par le travail nous procurer ce qui nous est nécessaire^ mais sans y mettre notre préoccupation principale et notre zèle exclusif, conmie si nous n'étions ici-bas que pour y soigner notre corps et satisfaire ses appétits gros* siers. Rappelons-nous toujours que la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement! L'âme aussi est plus que le corps^ qui n'en est que Tenveloppe. Donc, quand nous avons pris à l'égard de Texistence matérielle les précautions indispen- • sables à sa conservation, et travaillé , autant qu'il dépend de nous, à subvenir à ses besoins, abandonnons le reste entre les mains de Dieu, qui aura encore plus soin de nous que des oiseaux du ciel et des plantes de la terre, si nous suivons notre loi
comme ces créatures, et parce que nous sommes plus précieux à ses yeux. C'est pourquoi, sans négliger ce qui regarde le corps, ayons confiance en la bonne Provideuce dont le regard est toujours sur nous; et comme Dieu nous a créés et mis au ^ monde pour le connaître, Taimer, le servir, et par là obtenir la vie éternelle, efforçons-nous par notre bonne volonté, éclairée de sa lumière et soutenue de sa grâce, de répondre à cette destination