‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 85 sur 161 · XIV' DIMANCHE APRÈS: LA P£NT£GOT · texte numérisé non relu

XIV' DIMANCHE APRÈS: LA P£NT£GOT

subliioe, et ainsi d'accomplir notre loi suprême^ en ehercbant avant tout le royaume de Diea et sa justice.

PRATIQUE

Sursum corda^ que nos cœurs s'élèvent vers le ciel, rimmortelle patrie 1 Nous ne devons soigner le corps que parce qu'il est l'instrument de râme dans la recherche de la vf'rité et du Lien, et pour conquérir le royaumedu ciel. Faisons Tosuvre de Dieu sur Ja terres et Dieu pourvoira i tous les besoins de ceux qui tra* vaillent pour lui.

PRXÈRB.

Conservez votre Église, Seigneur, par une assistance continuelle; et puisque Phonmie est si faible,

qu'il tombe si vous ne le soutenez, que votre secours le proserve de tout ce qui lui est nuisible et le porte vers ce qui peut contribuer à son salut, par notre Seigneur Jésus-Christ, etc.

LE QULNZlÈilE liliLLXCHE APRÈS U TILNIECÛTE.

£P1TRE (aux Galates, V, 26, 26i VI, MO).

Si nous vivons par l'esprit, conduisons-nous

aussi par rasprlt. Ne recherchons pas la vaine gloire, nous provoquant les uns les autres et nous portant envie. Mes irères, si quelqu'un est

tombé par surprise en quelque péché, vous qui êtes spirituels, relevez-le dans un esprit de douceur en revenant sur vous-mêmes, de peur d'être tentés comme lui. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Jésus-Christ. Car si quelqu'un estime être quelque chose, il se trompe luimême, parce qu'il n'est rien. Or que chacun éprouve ses propres œuvres, et alors il trouvera sa gloire en lui et non dans un autre, car chacun portera son propre fardeau. Que celui qu'on instruit des choses de la foi assiste de ses biens en toute manière celui qui Tinslruit. Ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu. L'homme recueillera ce qu*il aura semé.

Celui quî sème dans la chair recueillera de la chair la corruption, et celui qui sème dans ïeBprit recueillera de Tesprit la vie éternelle. Ne nous lassons donc point de faire de bonnes œuvres ; puisque en son temps nous moissonnerons aussi sans mesure. C'est pourquoi, pendant que nous en avons le temps, faisons du bien à tous» mais principalement aux fidèles.

^ L'Église nous donne ici par les paroles de TApôtre plusieurs conseils qui , à première vue, semblent une énumération ou un résumé plutôt qu'un développement. Us sont tous néanmoins liés entra eux par leur rapport à la vie chrétienne, qui est leur but commun. Que chacun, en les lisant, revienne sur soi, et considère s'il les met en pratique dans sa conduite de tous les jours.

Nous qui avons reçu l'Esprit de Dieu au baptême et par d'autres sacrements, vivons-nous selon Tesprit plus que selon la chair; en d'autres termes, sommes-nous plus occupés dans notre vie quotidienne des choses du ciel et du perfectionne* ment de notre âme que des affaires de la terre et du bien-être de notre corps?

Que désirons-nous le plus au fond du eœur : paraître avec éclat devant les hommes et devenir l'objet de leur admiration et de leurs louanges, ou vivre

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igxiords da&8 robsonrité, sub nous inquiéter de leur opinion ni de la renommée? Ne sommes- • lions pas jaloux, envieux des succès des autres? Gomment sommes-nous disposés à l'égard de

ceux qui commettent des fautes ou des imprudences, surtout s'ils dépendent de nous? Avons^ nous pour eux Findulgence, la patimœ que nous voudrions qu on eût pour nous dans les mêmes cas, et les aidons-^ums , suivant la parole de Jésus- Christ^ à porter leur fardeau pour en alléger le poids; ou bien ne sommes- nous pas portés à les juger avec sévérité, même avec mépris, comme si nous valions mieux qu'eux?

N 'éprouvons-nous pas quelquefois un plaisir malicieux à nous comparer à eux pour nous relever à nos yeux par leur abaissement y comme si leurs fautes nous rendaient plus justes devant Dieu, et diminuaient la responsabilité de nos pro* près péchés ?

Nous ne serons pas jugés par les actions des autres, mais par les nôtres* Chacun récoltera ce qu'il a semé, les fruits de la chair et de la corruption, s'il n'a semé que dans la chair, c'est-à-dire s'il a véeu surtout pour en satisfaire les appétits et en nourrir la concupiscence, comme font les hommes sensuels et esclaves de leur corps; les fruits de Tesprit, s'il a surtout vécu spirituellement , d*a- Lord par rinlelligence plus que par l'animalité,

puis par la motion prédominante de Pesprit divin,

qu'il a reçu par les sacrements de l'Église depuis son baptême jusqu'à sa mort. Or^ les fruits de l'esprit sont incormptiUes eomme l'esprit luimême, et ceux de la chair se dissolvent et périssent avec la chair. Semons donc abondamment dans le temps pour récoller dans réternité. Semons les paroles de la vérité qui contiennent des germes immortels ^ des actes de justice qui tendent à établir et a consolider ici-bas le royaume de Dieu, des œuvres d'amour ou de cliarité qui ramènent tout à Celui qui est rëtemel amour. Mais pour semer utilement, même quand le champ est le mieux préparé, il faut avoir de la bonne semence, et c'est l'Église qui en a le dépôt. Jésus- Christ en a l'ui comme le grenier d'abondance du ciel en ce monde, destiné à foui*nir à ses disciples les germes incorruptibles de tout ce qui est vrai, bien, et beau dans le ciel et sur la terre. Ou bien," si nous voulons employer une autre image, il a posé son Église sttr les hauteurs de la terre comme un réservoir intarissable^ qui épanche les eaux du ciel sur toutes les parties du monde par d'innombrables canaux, portant partout le rafraîchisse* ment et la vie.

APRÈS LA PE2sTEC0TE. ' 499 ÉVANOlLi: SELO:^ SALNT LUC, VU, U-16.

Peu de temps après, Jésus allait à une ville

appelée ^aim, et ses disciples raccompagoaieat avec une grande foule de peuple. Gomme II approchait de la porte de la ville, il arriva qu'on portait en terre un mort. C'était le fils unique de sa mère, qui était veuve, et il y avait autour d elle uii grand nomLre de personnes delà ville. Le Seigneui*^ 6n la royaut fut ému de compas* sion sur elle, et il lui dit : Ne pleurez point* Puis, s'étant approchét il toucha le eercueil.

Ceux qui le portaient s'arrêtèrent, et il dît : Jeune homme, levez-vous, je vous l'ordonne. Aussitôt celui qui était mort se leva sur son séant, et il commença à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. Tous ceux qui étaient présents fuient saisis de frayeur, et ils glorifiaient Dieu* en disant : Un grand prophète a paru au milieu de nous, et Dieu a visité son peuple.

Les saints Pères s accordent à voir dans la résurrection du fils de la veuve de Naïm la préfigor ration de la résurrection spirituelle de Tâme morte à la grâce par le péché, et entraînée au lieu de la

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perdition par les pasdons qui l'ont subjuguée» La

luère éplorée, dont la douleur émeut si vivement le cœur de JésuSi représente l'Église qui pleure Tenfant qu'elle a perdu et qu'elle suil dûs la voie de la mort aussi loin qu'elle le peut, ne pouvant se décider à s'eu séparer, et espérant toujours, même contre toute espérance, qu'il lui sera i*endu. L'Église, en effet, a enfanté nos âmes à la vie du ciel ; elle eu a fait de nouvelles créatures par l'eau régénératrice du baptême, et ensuite, elle les a nourries du lait de sa doctrine, du pain de son enseignement, et de la viande des forts. Elle est donc vraiment mère, puisqu'elle en accomplit les fonctions avec toute la tendresse, toute la sollicitude des mères. Aussi Notre - Seigneur est- il souvent touché de ses angoisses maternelles, quand elle pleure la perte de Tun de ses enfants, et il se plait dans sa miséricorde à lui rendre de temps en temps ce qu'elle a perdu, en ressuscitant une âme morte par le péché, ou en lui ramenant un fils prodigue. Mon fils était perdu, et je l'ai retrouvé; il était mort, et le voici ressuscité. (Luc, XY, 24.)

Jésus commence par s'approcher du mort qu'il va rendre à la vie, et c'est ce qu'il fait aussi avec les pécheurs qu'il veut convertir. 11 s'approche d eux par le remords qu'il eidte en'leur oœor, par les bons sentiments qu il leur inspire, par les avertis-

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sements qu'il leur envoie, par lee ad?eraités dont

il les accable, par les dégoûts de leur conduite et d'eux-mêmes qu'il leur domne. U s'approcbe d'eù par toutes les voies et de toutes les manières, même quand ils s'empressent de le fuir ou de repousser son influence.

Jésus touche le cercueil, et ceux qui le portent s'arrêtent. Alors sort de lui celte vertu secrète , qui a guéri instantanément la pauvre femme pleine de foi , et sûre de sa guérison , si eUe pouvait seulement toucher le bord de son vêtement. C'est cette même vertu qui pénètre quelquefois mystêriei:sementune ftme garrottée parle péché, et déjà paralysée par la mort spirituelle. Les liens en sont brisés; et la sensibilité de Tàme, stupéfiée et comme anéantie par le venin du mal, se réveille aussitôt. Ceux qui portent le cercueil s arrêtent, c'est-à-dire les passions de cette ftme, qui, après l'avoir tuée, Ici menaient à l'enfer, sont suspen* dues et perdent leur puissance. Leur entraînement cesse ; il y a un arrêt dans l^mal et sur le chemin de la perdition. Il se fait au-dedans un silence qui'permetlra à la voix du Seigneur de se faire entendre, cette voix puissante qui peut tout sauver comme elle a tout créé, ei a laquelle, k coup sûr, il ne coûte pas plus de ressusciter ce qui est mort que de donner l'être à ce qui n'est pas.

Ici s'accomplit le miracle : physique d'un côté, quand la vie est rendue à un corps qui l'avait perdue, ce qui est au<4essus de l'ordre naturel des choses : spirituel de l'autre, quand une âme, morte k la p^râce par sa faute et que la suite même de son péché devait précipiter en enfer, est restituée à la vie divine par une efTu^iou extraordinaire de la miséricorde céleste. Mais dans un cas comme dans l'autre Dieu n'agit point seul. A l'action de sa puissance doit correspondre la réaction de la créature^ et la part de la liberté humaine se retrouve toujours dans les miracles dont elle est Tobjet, soit par sa foi qui les attire, soit par sa bonne volonté qui en prohte. C'est pourquoi saint Augustin a dit que Dieu, qui a pu nous créer sans nous, ne peut nous sauver sans nous. Aussi le Seigneur commande-t-il au mort de se lever, adolescenSj surge ; comme il ordonne à Lazare de sortir du tombeau, exi foras; comme il donne la main à la iille de Jaire pour la remettre sur ses pieds. U est dit dant le cas pr^nt que le mort, après s'être dressé sur son séant, commença à parler. De même le pécheur, qui ressuscite spirituellement, doit réagir vers la vertu divine qui lui rend la vie par l'effort qu'il fait de son côté pour se lever, pour briser les liens de la mort et se tourner vers Dieu, comme le prodigue disait du plus profond de son cœur humilié et contrit ; Surgam et ibo ad

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patrcm meum, je me lèverai et j'irai vers mon père. (Luc, XV, 18.) Ici aussi le mort se'met à parler, à son sauveur d'abord sans doute, puis à sa mère ravie, comme aussi le pécheur ressuscité ou rendu à la vie de la grâce éprouve le besoin de dhanter les louanges du Seigneur, de lui rendre des actions de grâce, puis de se jeter dans les bras de sa mère spirituelle pour vivre de sa tendresse en devenant sa consolation, et ne plus jnmais la quitter. Qiielle joie que celle d une âme rcssuscitée, de rJÉglise qui la retrouve après l'avoir crue perdue, et de tous ses enfants fidèles, dont la foi, justifiée et exaltée par cette n nn elle manifestation de la puissance d'en haut, glorifie plus ardemment le Seigneur qui a daigné visiter son peuple I

PRATIQUE

N'oublions pas que si nous avons le malheur de mourir à la vie de la grâce par le péché mortel, et il ne faut qu'un moment d'aveuglement ou d'entraînement passionné pour nous précipiter, n'oublions pas que Jésus-Christ a établi dans son Ku-lise une piscine salutaire, dans laquelle, si nous voulons y descendre ou nous laisser porter, nous pouvons être lavés et revivifiés par la vertu de son sang. Adolescm^ surgit Lazare, exi foras !

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