‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 86 sur 161 · LE SEIZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE · texte numérisé non relu

LE SEIZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE

EPITRE (aux Éphés., IXI, 13-21).

Je vous prie de ne point perdre courage en me voyant tant souilrir pour vous, puisque c'est votre gloire. G^est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus- Christ, duquel toute paternité dans le ciel et sur la terre tire son origine, aQn que selon les richesses de sa gloire, il fortifie en vous rhomme intérieur par son esprit; qu'il fasse habiter Jésus-Christ dans vos cœurs par leii foi, et que, étant enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de ce mystère, et connaître aussila charité de Jésus-Christ, qui surpasse toute science, afin que vous soyez comblés de toute la plénitude des dons de Dieu. Que celui qui par sa puissance opérant en nous peut faire in- .finiment plus que nous ne demandons et n'imagainons soit glorifié dans l'Église et par Jésus-

Christ dans la succession des générations et des

' siècles. Ainsi soit-il.

Plusieurs réflexions nous sont suggérées par la lecture de cette épitre.

. 1^ Nous ne devons point perdre conrage, parce que DOS pères dans la foi sont exposés à de grandes tribulations dans le monde^ où ils annoncent et sontiennent la doctrine de Jésns-Ghrist. Us soulirent ce que Jésus a sou fie i t lui-même, puisque, selon la prophétie du vieux Siméen an temple, il A dû être en butle à toutes les contndk* tions. Mais ses souffrances ont fait sa gloire et la nôtre; car par sa patience et sa passicm il a vaincu le mal et nous en a délivrés. Les tribulations de rÉglise et de ses ministres achèvent, comme dit saint Paul {Colos.j I, 24), ce qui manque encore à celles de Jésus-Christ. Depuis son chef, le vicaire de Dieu sur la terre, jusqu'au plus humble pvètre, tous sont destinés à combattre en ce laoïide le grand combat de la foi, où, à l'exemple de leur divin maitre» ils triompheront par la souffrance et par la mort. Tâchons donc de les suivre dans ce glorieux coiubat, les yeux et le cœur tournés vers le ciel d*où leur vient leur force, et pour l'attirer sur eu et sur nous.

2** Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus--

Christ, est aussi le Père de toutes les créature h

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mais à iin autre degré et d'une autre manière. La paternité consiste à transmettre la vie et à Tentre*. tenir. Âu Fils éternel du Père, la Verbe dinn, k vie est donnée par la généraliun divine, et c'est la sub&tance même du Père qiii eet daiu» ie Jb^, Il eêt engendré» non fait, non créé, et congobstan* tiel à sou Père il lui est égal par la nature ul en divinité* Dians la création la vie est transmise aas&i, tranfimise par le Verbe, qui a tont fait, mais à des substances finies, spirituelles ou matérielles, ^e la parole divine produit 4e rien, et qu'elle conserve et soutient par sa vertu. Il y a donc là ausfii une paternité, bien que d'un ordre inférieur, puisque tous les êtres créés par la puissanee divine sont vivifiés par die. D y a une troisièma paternité divine qui tient le milieu entre les deux et partidpe à leur nature, c'est la paternité d'adoption, par laquelle Time bumame, fille naturelle de Dieu par sa création et la vie qu'elle en a reçue, devient sa &lle surnaturelle en Jésss^Cbristy o'esl* à*dire est élevée par le baptême, qui k r^énèiè et lui donne une nouvelle naissance, à la participaùùu deia vie divine on Jé&ms-Gbrist au moyen de scm bumanité on de «en corps glerieiiz dont elfe devient membre ; en sorte que le aouvel homme, auquel la vie du ciel se communique par la gièee Sabord et dans lair^oire ensuifee, devient par le fait frère de Jésus-Ghrist en vertu de l'adoption divine

qui lui est conférée, el ainsi cohéritier de sa gloire. •C'est pourquoi l'Apôtre dit que toute paternité dérive de Dieu dans le ciel et mr la terre, dans le Verbe divin, dans les créatures naturelles, et dans celles qui sont surnaturalisées ou incorporées, si Ton peut ainsi parler, à Jésus^hrist le principe, la soîirce de toute vie, la vie raêrae, ou Celui qui est. Notre-Seigneur a dit qu'il n'y a qu'un Père , eomme il n'y a qu'an roi, un senl maître, an législateur unique. (Matth., XXIII, 8 et 9.)

3» On ne peut bien comprendre la charité qu'en la pratiquant, et si elle est vraiment enracinée et fondée dans le cœur, qui alors communique à Tintelligence la lumière d'en haut reçue par sa foi et dans son amour. C'est ce qni arrive aux saints, qui

sont les héros de la charité, parce qu'ils se sacrifient jusqu'à la mort, donnant leur vie pour ce qu'ils

aiment, Dieu et le prochain. Les paroles employées

ici par l'Apôtre sont pleines de sens et de force. La largeur du mystère de la charité de Jé&us-Ghrist vient de ce qu'elle s'étend à tons les hommes de tons les pays, de toutes les conditions, Je toutes les races, et même par les hommes à toutes les créatures en rapport avec eox. Ge que saint Paul laisse entendre ailleurs, disant que toutes les créatures gémissent et sont comme dans Tenfantement, attendant la rédemption des enfants de Dieu, à laquelle elles prendront part, comme elles ont participé dans To*

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rigine aux suites de leur péché et à leur dégradation. (Rom., yill, 22.) La longueur signilie que ce mystère s*applique à tous les temps comme à tous les lieux, depuis le commencement du monde, où il aété.annoncéy jusqu'à la consommation des siècles, où il sera consommé. Par la profondeur est désignée Faction pénétrante de l'amour qui nous a retirés du fond de 1 enfer ou de la mort étemelle : amour que le Fils de Dieu est allé porter dans les lieux inférieurs, où il est descendu pour le salut de ceux qui avaient espéré en sa venue* Par la hauteur enfin, ou la sublimité du mystère, nous devons entendre que la vertu de Jésus-Christ a tout rempli, le ciel, la terre et les lieux inférieurs {Êphés.ylVy 10), et qu'ainsi sa charité, manifestée et réalisée par son immense sacrifice, a profité aux anges comme aux honunes, auxquels elle a rouvert le chemin du del etTaccès dans le seia de Dieu.

EVANGILE SEtON SA1.NT LUC, XIV, Ml.

Un jour de sabbat Jésus entra dans la maison d'un des principaux pharisiens pour y manger^ et ceux qui étaient là Tobservaient. Or il y avait devant lui un honune hydropique. Alors Jésus dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens :

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est-il permis de guérir le jour du sabbat? Mais ils gardèrent le sileoce, et lui, preaant cet homme par la main, le guérit et le renvoya. Il leur dît ensuite : Qui de vous» si son fine ou son bœuf tombe dans un puits, ne se hâta de l'en retirer^ même le j our du sal^bat. Ils ne poavamt eMOi» rien loi répondre. RemarqiAaat ensuite coihbw les conviés choisissuient les premières places, il leur proposa cette parabole : Quand vous serez invité à des noces, ne prenez point la première place, de peur qu'il ne se trouve là une personne plus considérable que vous, et et que eekii qoi voue aura invités Tun et l'autre ne vienne vous dire : Donnez votre place à celui-ei, et qu'alors vous n'ayez la honte de descendre au dernier rang. Mais, quand vous serez invité, allez vous mettre à la dernière place, afin que celui qui vous a invité vous dise, quand il viendra : Mon ami, tnontez plus haut ; ce qui sera un honneur pour vous devant toifs les convives. Car celui qui s'élève sera abaissé, et celui qui s'humilie sera élevé.

Cet évangile nons donne une double leçon. La première nous apprend comment nous devons ac*

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complir les commandements de Bien, en esprit et e» vérité^ et nos paB seokment pour la ferme et sefon la loMre qiR tue-. Gertes, c'est un grand conir mandement que celui d'observer le jour du Seigneur^ et la Id noufelle^ n'y attache pas moins d1ny|K>rlance que raneientte. Un des pins grrands malheurs parmi les chrétiens, et peut être la caasa la pàva efficace do riiMSTédulité et én déeordro^do nos jouro, est rinobsei-Tation du dimanche, qui, détournant entièrement l'àme de Dieu et de 80i> Egiise, la* prive des moytnis d*instniction, d*é- 14?ation, d'épuration, et de salut qu'il y a déposés. G'est pourquoi l'Église recommande instamment aua fidèles d'assisler à k* messe les dimandieB et

fêtes, et de sanctifier ces jours par des pratiques * pieuses. Néanmoins, bien que la célébration dn jour du Seigneur soit de précepte, elle eu dis«

pense en quelques circonstances pour des œuvres . de charité urgentes ou pour empêcher un mal notable que pourrait amener raceoinplissement de la loi. C'est ce que Jésus enseii^ne ici aux pharisiens en guérissant en leur présence un malade le jour duHMbbat; ce dont fls semèient sAnidaltBës. Mais lui dans sa bonté, comme il veut les éclairer, les persuader et ncm les confondre, il daigne leur expliquer pourquoi il le fait et quils devraieirt le faire eux-mêmes, ne pouvant pas refuser à l'un de leurs semblables aujourdn ssdbbat le service qu'ils

SBmÈUE DDftÂNC&B

rendent sans scrapnle à leurs animau» Antre leçon que nous donne le Sauveur, afin que nous apprenions par son exemple à ménager autant que possible les préjugés ou les préventions de ceux avec lesquels nous vivons, justifiant à leurs, yeux ceux de nos actes qui les scandalisenty bien qu'ils soient innocents , pour ne pas offenser leur conscience faible , comme saint Paul s'abstenait de manger certaines viandes devantceux qui y voyaient du mal.

. Bans la seconde partie de cet évangile le Seigneur nous enseigne rbumilité par un fait tiré de la vie du monde, où chacun, en effet, recherche les . distinaions , et prétend aux premières places. La vanité tâcbe de se pousser en haut, de se mettre en avant, et de là plus d'un mécompte par des humiliations qu'il faut dévorer en silence, tandis qu'en se tenant modestement au dernier rang, sans risquer d'être abaissé on a des chances d'être élevé| ce qui est une garantie ou une satisfaction pour Taiïiour-propre. Dans cette parabole, comme en toutes les autres, il faut saisir justement le rapport 4e similitude et d'analogie et laisser le reste. A coup sûr, Jésus*Gbristn'a pas voulu nous donner une leçon d'esprit de conduite dans le monde ou d'amour-propre bien entendu , qui mesurant exactement ses démarches et calculât tous ses pas pour ne point s'attirer d'humiliation

AHIËS LA P£NÏ£G0T£

ui de désappointement, sait se dissimuler ou s'effacer k propos pour paraître rasoite avec j^us d'avantage et s'élever après 8*etre abaissé. Mais il

veut nous montrer que ce que les mondains ou les enfimts da siècle, comme il les appelle , font par prudence , nons devons le faire vis-à-TÎs de Dieu

par un sentiment vrai d'humilité, qui nous convainque de notre misèris en face de sou infinie perfection, en même temps qu'H nons porte k croire les autres meilleurs que nous d'une manière ou de Fantre, parce que nous connaissons nos faiblesses et que nous ignorons les leurs, ne pouvant les juger avec vérité, comme nous nous jugeons nousmêmes dans notre conscience. La véritable humilité, qui nous est recommandée ici, n'est donc point celle des paroles et des démonstrations extérieures, par lesquelles nous avons l'air de nous rabaissër, même quand nous sommes le plus remplis de nousmêmes , et souvent c'est encore un moyen çubtil de satisfaire notre orgueil par les dénégations que nous espérons. Elle consiste dans l'abaissement sérieux de l'esprit propre, ou dans l'opinion peu avantageuse qu'on a de soi : ce qui empêche de juger les autres avec témérité , avec rierueur, et surtout de leur imposer ses jugements. Elle consiste surtout dans l'abnégation de la volonté qui, loin de prétendre commander à autrui , est prête à obéir à tous au nom de Dieu, et pour échapper

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