‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 88 sur 161 · APRÈS LA P£NT£GOT · texte numérisé non relu

APRÈS LA P£NT£GOT

da cœur de Jéftas et qui s'est réalisée sur U terre par la donation de tout lui-même dans le

sacrifice de la croix, peut nous inspirer Thumilité qui arrête Torgueil et nos mépris, la doucenr qoi en<dia!ne la colère et ses violences, la patience qui fait tout absorber au nom de Jésus- Christ, aiia que le mal soit vaincu ou englouti dans le bien^ à l'exemple et suivant la parole du divin Maître. Aucune source bumaine ne peut produire une telle vertu, qui ne vient ni du tempéramment naturel , si heureux qu'il soit, ni de la politesse sociale , si délicate qu'on la suppose, ni de la prudence mondaine, si habile qu'on l'imagine. Ces causes, réunies ou séparées, bien que louables et utiles pour rapprocher les hommes et les porter à s'unir, ne produisent cependant qu'une unité superficielle et temporaire, amenée ou détruite successivemeùt par les accidents des choses humaines ou les instabilités des esprits, en sorte que la société fondée sur ces bases mouvantes en est toujours à se former et à se dissoudre. Il n*y a de solide, de stable que ce qui est uni par Tesprit de Dieu, parce que en élevant les volontés au-dessus d'elles-mêmes et de leurs intérêts ou impressions du moment, il les lie avec un ciment étemel, qui les pose et les maintient dans la construction de la cité divine, dont Jésus- Christ est la pierre angulaire, dont les apôtres sont les fondements^ et oh Dien est tont

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en* touji. Saûrt Paul noosinvite donc à comineii-^ cer k établir ioî>b&s entre nous à force d'humilité,

de patience^ et de charité, ce que nous sommes diesDinés à posséder au ciel avec plénitude et indé-fectiblement, Tunité du sentiment, de la pensée et de la volonté, ou la paix complète entre le& hommes par ime participation commune à TEsprît divin et Tapplication de tous ses dons à notre vie de chaque jour.

CVA^aiLE SELON SAIPiT MATTHIEU, XXII, 34-46.

Les pharisiens, ayant entendu dire que Jésus avait imposé silence aux sadducéens, s'assemblèrent, et Tun d eux, qui était docteur de la . loi, lui demanda pour le tenter : Maître, quel, est ie graod conunandement de la loi? Jésus lui répondit : Vous aimerez le Seigneur voire Dieu de tout votre cœur, de toute votre ftme et de tout votre esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement; et voici le second, qui lui est semblable : Vous aimerez votre prochain comme vous-mâme. Toute la loi et les prophètes sont reofero^ dans ces deux com^ mandemeiits* Or, peodaot que les i^tsiens

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éiâient «sseaiUés , Jéras les interrogea à son

tOTir, leur demandant : One pensez -vous du Christ? de qui est-il fils! De David, répondirent-ils. Comment donc, reprit-il, David, qui était inspiré par TEsprit-Saint, l'appelle-t-il son

Seigneur dans ces paroles ; Le Seigneur a dit à

mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à cet que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied. Si donc David l'appelle son Seigneur, comment est-il son fils? Aucun d'eux ne put lui répondre, et depuis ce jour personne n'osa, plus Tinterroger*

Admirons d'abord' la patience avee laquelle Nôtre-Seigneur écoute les questions de ceux qui veulent le tenter, afin de le surprendre dans ses psroles et de trouver vn motif de l'aecnser auprès du peuple ; puis le calme, la douceur de ses réjKmsee, quoiqu'il sente leur mauvaise volonté et reeafRnaisse leurs ruses* Prenons exemple et tâchons en des cas semblables de nous maintenir coan&e lui ; ce qui est bien difficile, comme nous répvcmvoiis tous les jours» La moindre résistance à notre opinion et surtout à notre volonté nous ir-ritOti La discussion, k cause des amiMurs^propres qui se choquent^ dégénère tout de suite en dispute.

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La contradiction devient une lutte personnelle ; et le fea de la colère, allumé intérienrement par le souffle de Topposition, nous pousse à des paroles dures ou à des actes fâcheux , surtout si nous croyons qu'on veut nous surprendre, nous tromper, ou nous rabaisser aux yeux des autres. Or, la colère est une mauvaise conseillère (Jacq., 1, 20), et on a presque toujours lieu de se repentir d*avoir suivi ses suggestions ou cédé à son entraînement.

Gomment dans notre conduite journalière pon* yons-nous observer le premier commandement? Sans doute, Dieu, qui est le souverain Bien, est seul digne de tout notre amour , dont le bien est robjet constant. Mais nous ne le connaissons point tel qu'il est en lui-même, dans toute sa perfection; et en outre Dieu, étant un Esprit pur qoi ne tombe pas sous les sens, ne doit pas être aimé comme les hommes ou les choses qui excitent la sensibilité et auxquels elle peut s'attacher. Aussi Jésus-Christ a dit : Celui qui m'aime observe mes commandements. (Jean, XIV, 15.) Vous m'aimerez ou vous serez vraiment mes amis, si vous faites les choses que je vous ai recommandées. (Jean, XV, 14.) Donc, celui qui subordoune toutes ses affections à l'accomplissement de la volonté divine, et les lui sacrifie au besoin, aime Dieu de tout son cœur^ puisqu'il le préfère à tout; et s*iJ emploie toutes ses facultés à tftdier de connaître

réternelle vérité , s'y attachant par Téner^e de sa

foi, par Tadliésion de sa pensée ^ et lui immolant au besoin sa raison propre et ses opinions particnliëres, il aimera Dieu de tout son esprit. Enfin, s'il hit de son corps et de ses membres des instruments de la justice et du bien, mettant sa vie tout entière au service de Dieu ponr faire arriver son règne sur la terre conme au ciel, il aimera Dieu de toutes ses forces et par tous ses moyens. Yoilà comment on peut pratiquer Pamour de Dieu en esprit et en vérité, même quand on ne réprouve pas d'une manière sensible mais surtout spiri* tuellement, parce que Dieu est esprit, et que, suivant la parole de Jésus-Clirist, il veut être aimé, aussi bien qu'adoré en esprit et en vérité. (Jean, IV, 23.)

Nous pouvons en dire autant de l'accomplissement du second commandement. U est évident que littéralement et selon le sentiment naturel il n'est pas possiLle d'avoir pour les autres l'affection instinctive qna chacun a pour soi. Gela même serait contraire à la nature, qui confie le soin de la conservation de l'individu à l'amour spontané qu'il a ponr lui, à l'amour de soi, qui, par conséquent , a sa raison providentielle et est légitime et bon dans la mesure de la justice. Ainsi, je ne puis ressentir la douleur de mon sem* blable dans la maladie ou le chagrin comme la

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itrienDe/Mes instincts, qui pourvoient aveuglément aux nécessités de mon existence, ne peuTent se mettre en jea ponr les siennes ; et la satisfaction de ses besoins ne me doime pas la jouissance, que procnre l'apaisement des miens. Mais j'aimerai mion prochain conmie moi-même, si, en tout ce^ qui ressort de ma raison et de ma liberté, je le traite à l'égal de moi, ne loi faisant point ce que je ne veux pas qu'on me fasse, faisant pour lui tout ce que je voudrais qu'on fit pour moi, et enfin lui appliquant dans toutes les circonstances où tiens nous trouvons ensemble la même mesure qu'à moi-même, sans me préférer à lui, ni le saarifier en rien à mon avantage. L'amour du prochain k l'égal de soi se réalise donc pleinement par l'observation exacte de la justice. Qu'après cela il y ait plus ou moins d'afiéction ou de tendresse dans nos rapports arec nos semblables, c'est une affaire de sentiment qni ne dépend pas de la volonté, et qui, par conséquent, n'impose point de responsabilité, quand on fait tout ce qu'on peut pour traiter son prochain comme soi-même avec une sincère équité, c'est-à-dire avec égalité.

A la fin de cet évangile Jésus pose à son tour à ses interrogateurs une question à laquelle ils ne peuvent répondre. Plusieurs fois il a employé ce

moyen pour les confondre ou les réduire au silence, comme, par exemple, quand il leur demande

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de qui était le baptême de saint Jean, au moment où ils lui voulaient savoir au nom de qui il faisait des miracles (Matth., XXI, 25);. ou encore dans le cas de la femme adultère, leur disant en réponse à leurs questions sur la peine à appliquer à cette femme : Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. (Jean, Vin, 7.) Ici il a l'air de vouloir appreudone àlmx, oommani le Ghrisly qui doit être le Fils de David, est cependant appelé par lui son Seigneur. Il y a là une indication claire de la double nature du Messie, Dieu fait homme : donc, Fils de Dieu par sa génération étemelle, et à ce titre Seigneur de David comme de tout le . reste, et néanmoins fila de David par sa mère qui en descendra. Le voile qui pesait sur Tesprit des juifs, quand ils lisaient Moïse et les prophètes, leur intercepte la divine lumière de cette prophétie, et âs ne savent que répondre. Ge qui, cette fois encore, leur fait passer Tenvie de poser des questions à Jésu&-Christ, et de chercher à le surprendre dans ses paroles.

PRATIQUE

Nous aimons Dieu par-dessns tout, si en effet nous

sommes prêts k obéir k ses commandements en toute occasion, quoi qu'il nous on coûte. Nous aimons notre prochain comme nous-mêmes, autant que cela est

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possible, si nous le traitons à Pégal de nous, et selon

la justice qui est pour tous.

nUÊRB.

Accordez à votre peuple, Seigneur, nous vous en prions, la grâce d'échapper aux contagions diaboliques et de ne suivre que vous, le Dieu unique, avec un cœur purj par notre Seigneur Jésus-Ghrist, etc.

LE

DIX-HUIÏIKMË DlMÂIiCHË ÂPÂÈS U FËNTËGOTË.

£P1TK£ (1 aux Corimb., I, 4-8).

Je rends pour vous à mon Dieu de continuelles actions de grâces^ à cause de la grâce qui vous a été donné en Jésus-Christ, et de toutes les richesses dont vous avez été comblés en lui en tout ce qui regarde la parole et la science. Le témoignage qu*on vous a rendu de Jésus-Christ a été ainsi conûrmé en vous; de telle sorte qu'il ne vous manque aucun de ses dons, en attendant la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ, qui vous affermira jusqu'à la lin dans la justice et sans crime pour le jour de son avènement.

Ces paroles, adressées par l'Apôtre aux Corinthiens au début de sa première Épître, où il les traite, ensuite si sévèrement à cause des divisions qui avaient éclaté parmi eux et du relâchement

de leur zèle et de leurs mœurs, nous avertissent

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aussi (l'être sans cesse sur nos gardes pour ne point manquer aux grâces si souvent reçues, et ' qui nous ont rendus capables de comprendre et de parler les choses étemelles. Veillez et priez, afin qae vous n'entriez feint i en taitation. (JMbldL, XXYI, 41.) Veillons pour ne pas être surpris par Tennemi, qui tourne autour de nos âmes comme un lion rugissant cherchant une proie à dévorer. (1 Pier., V, 8.) Il s'insinue dans notre intérieur, si nous ne lui en . fermons pas soigneusement l'accès 9 tantôt par la concupiscence des sens, tantôt par celle des yeux, tantôt par l'orgueil de la vie, ou reaaltatîon de la volonté en eHe-méme. Prions, afin que, nous tenant en nmon ceostante avec le Principe de toute foxce, nous devenions forts en celui qui nous fortifie dans notse faiblesse {Philip,, IV, 13), obtenant chaque jour la grâce qui lui suffit pour combattre le bon combat (S Tim.^ TV, 7) et vaincre le mal qui survient. Demandons surtout la grâce de la persévérance, dont saint Paul parie ici aux Corinthiens, sans laquelle l'œuvre de Dieu.sendt peidue en moM^

le salut de notre âme compromis; puisque de si beaux commencements aboutiraient à une triste &i, et qu'après avoir navigué une grande fttftie de notre vie sur la mer du monde avec le vent de la grâce, la boussole de la iùi et la direction 4es étoiles du ciel, noos pardriona notie route moio*

AHIËS lA PflNTBÛOT£. ^7

ssumi dô rachevei:^ ûu iioa&.£ârioii& peut-être xiaiir frage au port.

Tant que uous sommes dans réprenve de cette vie y nous pouvons nous égarer .dans les voies de Tenrenr et du mal ou succoxnber à la tentatkm, comme aussi par Téner^e de la liberté aidée de la grâce jusqu'à sou dernier moment le coupable peut revenir à Dieu et se relever de sa chute. Mais répreuve terminé^ par la mort, il n'y a plus de retour pos^^bie> et les âmes sont iixées dans la route qu'elles ont choisie. Elles ont ce qu'elles ont voulu, et sont unies à ce qu'elles ont aimé ; au mal,. si elles ont ont désiré le mal : auhien, si elles ont* préféré le bien. Ge disoernement, ce trifige des âmes s'opèrent spontanément par le seul fait «de leur, comparution après la mort devant Jésus-Gkristy asMs à la droite de son Père et juge souverain des vivants et des morts. L'£glise enseigne que cette manifestation aura lieu d'abord par un jugement particulier, lequel enverra préala- Llement chaque âme en son lieu, en raison de sou état et de ses mériteSi et jusqu'à ce que le jugement dernier, qui s'accomplira à la consommation des siècles, restaurant intégralement la justice, réhabilite ceqni avait été mal jugé par ies homaies et rétablisse Tordre universel. Le jugement qui s'exerce immédiatwent après la mort, .mettra le sceau ^à notre vie actuelle eaarrôtant ne mrieMr

frâS DIX-HUITIÈME DIMANCHE

les résultats de Tépreuve terrestre, et constatant Tétat de la liberté hnmaine qui en sort. C'est pour arriver en sûreté à ce terrible moment, qui décidera de notre éternité, que nous avons besoin de la grâce de la persévérance que saint Paul souhaite aux Corinthiens. Le jugement général scellera à son tour le jugement privé, dont toutes les conséquences auront été réalisées par la justice ou la miséricorde divine, soit par l'achèvement des expiations, des purifications, par la libération complète des ftmes dévouées au bien et admises dans le sein de Dieu, soit par la précipitation définitive dans les ténèbres extérieures de celles qui ont haï la lumière et méprisé la parole étemelle. Dans cette terrible alternative d'un bonheur ou d'un malheur sans fin il n'y aura rien d'arbitraire ; chacun sera traité suivant ses œuvres, ayant ce qu'il a choisi et possédant ce qu'il a aimé.

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