BYAXGILE SELON SAINT MATTHIEU, IX
Jésus, étant monté dans une barque, traversa le lac de Génésareth et entra dans la ville de Gapharnaum, ou on lui présenta un paralytique couché sur un lit. Jésus voyant leur foi dit au paralytique : Mon iilSy ayez conHauce, vos péchés vous sont remis. Alors quelques-
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mu» des scribes dirent en eux-mêmes : Cet
homme blasphème. Mais Jésus, connaissant leur pensée, leur dit : Pourquoi pensez-vous de mauvaises choses dans vos cœurs ! Lequel est le plus facile de dire : Vos péchés vous sont remis, ou : Levez- vous et marchez? Or, atin que vous sachiez que le Fils de l'Homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Levezvouii, dit-il au paralytique, emportez votre lit et retournez dans votre maison. Le malade se leva aussitôt, et alla chez lui. A cette vue, le peuple fut rempli de crainte et rendit gloire à Dieu qui a donné une telle puissance à un homme*
Cet évangile présente ploaienis choses à la méditation.
Ici, comme en d'autres endroits , nous voyons que les miracles sont excités par la foi. Mais il y a dans le fait actuel deux circonstances particulières. La première, c'est qu'il existe une certaine solidarité dans la foi de ceux qui demandent une même grâce et de celui qui en est l'objet, conune aussi il y a une plus grande vertu dans rassociation des prières : ce qui encourage singulièreraeiil à prier pour ceux qu'on aime, afin d aidû
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.der leur incrédulité s'ils ne sont pas croyants, lOU id'accrûitre Tefficadlé de leur foi s'ils en ont. B est dit que Jésus opéra ce miracle après avoir vu la foi de ceux qui portaient le paralytique, et cette foi -devait être bien vive, puisque, suivant le récit de saint Marc et de saint Luc, ne pouvant entrer par la porte de la maison, à cause de la foule qm l'obstruait, ils découvrirent le toit et descendifênt le lit du malade par cette ouverture. La seconde, c'est que nous n'obtenons pas toujours la grâce demandée, mais quelquefois une plus grande ou qui nous est plus utile, comme il arrive dans ce cas oii Tâme est guérie avant le corps. Jésus, en remettant d'abord les péchés & ce pauvre bomme, va droit k la fia dernière de tous les miracles, qui est le bien véritable des âmes ou leur salut, il n'ajoute la guérison du corps que pour convaiocre les aftsistanls qu'il a le pouvoir plus grand de sauver les âmes.
Remarquons aussi que Jésus pénètre aussitôt la pensée des docteurs de la loi, qui Taccusent de blasphème. Ce qu'il fait encore en chacun de nous à tout instant; car rien ne lui est caché, et son regard saisit nos impressions, nos senti-» meots, nos pensées, et les jressorts les plus secrets qui les amènent. Soyons doue attentifs k ne rien laisser enlrer en nous qui soit contraire à sa vérité et à su j u lice, et surtout à ne point accorder
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le consentement de noire volontt^ aux tentations qui nous assaillent, et dont nous ne sommes point responsables ni coupables, quand non n^ aéDié-** ronspas. En quelque solitude que nous nous trou* viens, échappant à tons les regards humains, pensons que IKen est là qui voit les secrets de notre cnnur, et que seul, par la pénétration de son regard deseandant jusqu'au fond de notre ètrBy il peut juger pertinemment nos actes par les intentions qui les produisent, tandis que les hommes, ne voyant que le dehors, en sont réduits à présumer les intentions par les actes.
Ensuite les Pères disent que ce miracle physï* que, qui suit le miracle spirituel de la rémissiaD des péchés, en est aussi le symbole par les trois circonstances qui servent à l'accomplir. Jésus dit d'abord au paralytique de se lever; c'est le grm de Teniant prodigue, qui rassemble enfin toutes ses forces pour retourner vers son père. (Luc, XV| IB.) Ainsi la grâce divine, en commu-^ niquant an pécheur paralysé par Thabitude dn mid une force surnaturelle, le pousse mystérieusement à se lever, c'est-^-dire à sortir de son abaissement et de la servitude du mal. Lève-toi et marche, dit saint Pierre au boiteux du temple. (Act. III, 6.) parole qui serait vaine et même dérisoire, si une
vertu d'en haut, sortie de celui qui la prononce, ne venait en rendre la réalisation possible. Le Set*-
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gneur dit en second lieu : Emportez votre lit.
Bethsâïde. Ce grabat, où il a langui si longtemps^ consumant inutilement sa vie dans la douleur ou dans rinertie^ c'est, disent les Pères, la triste habitude du péché où l'âme est engagée et fixée, en sorte qu'elle ne peut rien faire que par son influence ou dans ses liens qui lui oient tonte force, toute capacité pour le bien. Emporte ton lit, c'est* à-dire par la force nouvelle que tu viens de recevoir brise librement par Teffort de ta propre volonté le joug qui pèse sur elle; car la grâce, qui t'est accordée pour ta délivrance ,* ne peut f affranchir sans le concours de ta liberté, s'associant par sa réaction à Taction de la puissance divine^ Puis retourne en ta maison , . c'est-à-dire rentre en toi-même , au fond de ton cœur où Dieu se plaît à habiter et où tu le retrouveras par le recueillement et la prière, comme le Prodigue re* venu à lui-même, in se reversa y a retrouvé son père et la maison paternelle. L effet du péché est d'éloigner l'homme de Dieu , et à cette fin il emploie l'excitation des choses extérieures, qui attirent l'âme hors d'elle par les plaisirs des sens ou la vaine curiosité , et ainsi l'erïe de son intérieur ou la vide d'elle-même. Elle y rentre avec joie, quand ses liens sont brisés, et se tournant alors vers Celui qui Ta rendue à elleméme et à lui,
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